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II. — Classification des maladies virulentes

Si l'on jette un coup d'œil rapide sur le tableau des maladies virulentes, on voit qu'un certain nombre d'entre elles s'observent à la fois chez l'homme et chez les animaux, et que d'autres, au contraire, sont l'exclusif et triste apanage de l'espèce humaine. L'histoire de la médecine révèle les diverses phases de cette communauté d'affections morbides, et, avec le secours de la pathologie comparée, dont l'intervention a été si heureuse pour la médecine, on est remonté à l'origine de plusieurs de ces maladies. Il est à peu près impossible de bien connaître les affections virulentes de l'homme si on ne les étudie d'une manière comparative avec les maladies identiques observées chez les animaux. C'est en effet, je crois, le meilleur moyen de saisir les analogies ou de faire ressortir les différences qui existent entre elles. C'est le seul, s'il s'agit de constater les modifications imprimées à l'activité des virus par leur transmission à des espèces animales différentes, témoin le virus rabique. qui perd successivement ses propriétés contagieuses lorsqu'on le transmet aux herbivores

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Qu'il me soit donc permis, en raison même de l'utilité de ces recherches, de faire entrer dans mon tableau de classification les maladies contagieuses virulentes des animaux. Pour la description, j'y mettrai un peu plus de réserve, je ne ferai d'emprunts à la pathologie comparée que pour jeter sur des faits incertains les lumières de la médecine expérimentale.

Chez l'homme, les maladies virulentes, c'est-à-dire toujours inoculables, tirent leur origine, les unes de l'espèce elle-même, comme la variole, la syphilis, la rougeole, etc.; les autres des animaux, comme la vaccine, la rage, la morve, etc.; d'autres enfin se sont montrées d'une manière primitive chez l'homme et chez les animaux : telles sont les affections charbonneuses. De là trois ordres de maladies virulentes : 1° originaires de l'homme; 1" originaires des animaux ; 3° communes, c'est-à-dire originaires à la fois des animaux et de l'homme. Chacun de ces ordres est divisible en plusieurs genres, d'après un caractère important, celui de la transmissibilité ou de la non-transmissibilité par inoculation à des espèces différentes. Ainsi la variole originaire de l'homme est transmissible à l'espèce bovine (Siinderland, Naumann); la syphilis, également originaire de l'homme, peut être communiquée aux animaux. Les expériences de M. Auzias-Tm^enne ont, je crois, décidé cette question d'une manière très-positive. On ne peut appeler syphilis les écoulements des organes génitaux provoqués par l'inoculation d'un pus virulent, et jamais, dans ces cas, on n'a vu les accidents constitutionnels caractéristiques de l'infection vénérienne, c'est-à-dire du passage du virus syphiUtique dans l'économie. — Parmi les maladies virulentes originaires des animaux, il y en a de trausmissibles à d'autres espèces, comme la rage, qui du chien se communique au loup et au renard; il y en a de trausmissibles à l'homme : le cow-pox, la morve, la ra"-e, etc. ; il y en a enfin qui ne sont pas trausmissibles à l'homme : tels sont la clavelée chez les moutons, le piétin et le typhus du gros bétail.

Je place ici le tableau de cette division, qui a l'avantage de représenter ma pensée d'une manière plus nette et plus claire que je n'ai pu le faire dans ma description :

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