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CONTRACTURE

s.j La conlractiu-c est une convulsion d'apparence toute particulière, caractérisée par la contraction tonique, permanente et douloureuse des doigts ou des jj membres chez l'adulte et chez les enfants. Elle existe comme névrose ou comme pvsymptôme des maladies de l'encéphale et des nerfs. (]'est une sorte de tétanos ît! local signalé par tous les médecins ; mais son étude, comme maladie esseiiél tielle, a été faite par Daiice, Lucien Corvisart, qui lui a donné le nom de tétanie, 1 par Delpech, etc. C'est le symptôme d'un grand nombre de maladies diffé- 9 rentes.

f| Il y a des contractures occasionnées par une lésion organique du cerveau, j par une indammation aiguë ou chronique des méninges, par une altération des ironcs nerveux et des parties constituantes d'un membre, etc., ce sont les . contractures sympfomatiqiies. Quant aux contractures sans lésion appréciable de la substance nerveuse causées par un poison, par la maladie d'un viscère, par le froid ou par une cause entièrement inconnue, ce sont des contractures essentielle,^, sympathiques ou réflexes.

Je parlerai d'abord de la contracture dite essentielle afin de faire connaître les caractères de cet état convulsif.

La contracture idiopathique, sympathique ou essentielle, c'est-à-dire celle qui se produit, dit-on, en dehors de toute altération du cerveau et des nerfs, se inoutre fréquemment clans l'enfance, quelquefois chez l'adulte, comme je l'ai vu si souvent dans la convalescence du choléra, de la fièvre typhoïde et des maladies aiguës, ainsi qu'il résulte des observations de Delaberge, de Delpech et de Corvisart. Elle est plus commune dans les trois premières années de la vie que dans toute la période cfui sépare cet âge de la puberté. Elle s'observe plus souvent chez les garçons que chez les filles, et chez les enfants nouveau-nés issus de parents nerveux, irritables, atteints eux-mêmes de névroses, ou en ayant eu dans lour enfance. iVlurdoch a vu deux enfants dfe la même famille atteints de contrac- Uire. Elle se développe en hiver et sous l'influence du froid, ce qui indique sa parenté avec le rhumatisme. Elle a des alternatives nombreuses, elle existe par moment et disparaît, elle récidive même après être restée assez longtemps absente pour qu'on ait cru à sa guérison. Enfin, dans les cas où elle constitue une névrose sympathi([ue, c'est pendant le travail de la dentition, chez les sujets titeints des vers intestinaux,^ de convulsions essentielles, de phréno-glottisme, î convalescence de la fièvre typhoïde, du choléra, de la rougeole et de diffé- '"ites maladies aiguës qu'elle se développe; à cette classe appartiennent les ontractures déterminées par certains poisons, et en particulier par ceux qu'on lolire de la famille des strychnécs.

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C'est quelquclbis une névrose rliumalismale occupant un ou plusieuimuscles Qéchisscurs des doigts ou des orteils, de manière à dîtermiiier leur contracture tonique permanente et douloureuse. Alors la rétracliou est bornée à quelques muscles isolées des membres, soil les interosseux, soit les fléchisseur de la main, soit les extenseurs du pied, ce ({ui donne aux membres un aspect tout particulier. Dans quelques cas elle occupe les muscles de la face et du cou mais cela est rare.

La contracture des extrémités peut être continue ou intermittente. Elle conimence ordinairement par l'intermittence ; elle est d'abord passagère, fugitive, et c'est au bout de plusieurs semaines seulement qu'elle devient continue ei reste permanente. Quand elle est intermittente, elle revient sous forme d'acci plus ou moins douloureux, fréquents et prolongés.

J'ai eu dans mon service à l'hôpital des enfants, une petite fille qui avait six a huit accès quotidiens de contracture des doigts et des orteils, lesquels duraient une demi-heure, venaient le jour et la nuit, durant le sommeil, qui en était for- | tement troublé, et qui disparaissent sans laisser de traces, en laissant l'usai

complet des mouvements.

La contracture existe ordinairement seule, mais elle peut être accompagné, de tremblement du membre aflecté, conmie je l'ai vu sur le bras et ravani-br> gauche d'une jeune 011e placée dans mon hôpital et qui n'avait qu'une simple contracture de l'index et du pouce.-

Cet état convulsif débute par un ou par les deux membres supérieuret par les doigts, où elle peut rester limitée. Elle s'étend quelquefois un poignets, aux coudes, et se manifeste aussi aux orteils de l'un ou des deux membres inférieurs, puis gagne les pieds, qui sont fortement portés eu arricr. les genoux, et très-rarement la hanche. Dans ce cas, le mal amenant la flexion de la cuisse sur le bassin simule parfaitement une coxalgie. La contracture ^ montre quelquefois sur le tronc, qui est renversé, comme dans le tétanos, . cou et forme le torticolis spasmodique, qu'il ne faut pas confondre avec celui .J que détermine une aiïection ganglionnaire du cou, ou une maladie vertébrale. En effet, j'ai vu un exemple dans lequel on croyait à une contracture essentielle, ^ et ce n'était pas moins ([u'une ostéite des vertèbres du cou.

Là où existe la contracture des extrémités, qu'elle soit bornée à quclqu muscles à un seul membre, ou à un grand nombre de muscles .sur plusieure i membres, il existe toujours de la douleur au début; cela est surtout cvidenl • dans les contractures intermittentes et |)assagères. Plus tard, (|uand la contrac- . lure est permanente, la douleur disparaît complètement. Celte douleur aiignieu le . , quand on veut redresser ces parties conlracturées, ou si, quand olies onl ais- • paru, on presse sur le trajet des nerfs du membre pour le.s faù^ ''«^f

Les parties contracturées sont roides. quelquefois couvcrles <1 "«^^ et les extrémités des membres toutes déformées. Les poignets .sont denn-floch.^ et les doigts rapprochés en pointe, tenant le pouce collé sur 1 annulan o Ai pieds l'extension est considérable et les orteils fortement flecliis, ce qui k ml • marche impossible. On comprend d'après cela combien la préhension des objcL,

TROUBLES nu MOUVKMENT. — CONTRACTURE. 1039

la slalion cl la marche, doivent être pénibles. La difliculté des mouvements est en rapport avec le degré et l'étendue de la contracture dés doigts, des orteils et des pieds.

Sauf la déformation, les parties contracturées n'offrent généralement pas de modification extérieure appréciable aux sens. C'est par exception qu'il y existe du gonflement, de l'œdème, et une teinte légèrement ardoisée avec ou sans éèchymose.

' La petite fille dont je viens de parler ol que j'ai eue dans mon service d'hôpital m'a présenté ce phénomène au pied droit. Le dos du pied, gonflé, douloureux, offrait une teinte bleuâtre, eccliymotique, évidemment due à l'extravasion du saug dans le tissu cellulaire. Je ne serais pas éloigné de croire que, dans la rétraction convulsive des muscles, l'effort et la pression exercés sur les vaisseaux ne puissent en quelque point rompre leurs tuniques et occasionner des hémorrhagies sous-cutanées. C'est du moins ce qui a lieu chez ma petite malade.

Maintenant, cette contracture est-elle bien essentielle et sans lésion d'une partie du système nerveux? — Je ne le crois pas. Mes recherches récentes de cérébroscopie tendent à me faire croire le contraire. — En effet dans cinq cas de contracture dite essentielle sur sept; j'ai rencontré une hypérémie sympathique de la papille qui m'a paru être le résultat d'une hypérémie spinale agissant sur le nerf grand sympathique pour produire une paralysie des nerfs vaso-moteurs du fond de l'céil.

La contracture essentielle des extrémités existe toujours sans fièvre, à moins de complications spéciales, et sans trouble de l'intelligence ou des sens. Elle se termine par la guérison, sauf récidives, ou passe quelquefois à l'état chronique, devient permanente et définitive. Elle s'accompagne alors de paralysie, 'd'atrophie et de dégénérescence graisseuse des musctes, de difformités des surfaces articulaires et des articulations contracturées, ce qui est fort grave, eu raiso"ki de la difformité extérieure qui en résulte.

De la contracture symptomatiqiie. — La contracture symptomatique d'une tumeur cérébrale ou d'une encéphalite offre des caractères extérieurs presque semblables à ceux de la contracture essentielle. Sa cause seule est moins difficile à deviner. Elle s'observe dans la dernière période de la méningite aiguë, dans l'hémorrhagie du cerveau, lorsqu'une inflammation s'est produite autour du foyer sanguin; dans l'hémorrhagie des méninges, peu après la perle de connaissance et l'invasion de la paralysie, dans les tumeurs chroniques du cerveau, dans le ramollissement cérébral chronique, dans la méningite cérébro-spinale, dans la névrite, dans les tumeurs qui compriment les nerfs, etc. — C'est un symptôme de signification douteuse et qui appartient, sans modification générique, à un très-grand nombre de maladies ayant pour siège le cerveau, la iiioclle et ses enveloppes. On en reconnaîtra la nature organique au moyeu de l'ophthasmocope.

SÉMÉIOLOGIE.

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