TROUBLES DU MOUVEMENT. — CONVULSIONS
, ;((iies. L'autopsie n'en révèle pas mieux la cause (lue celle des phénomènes convulsifs eux-mC'ines. • i ' i
Les convulsions essentielles ou sympathiques s'observent dans la choree, clans 'hystérie, dans l'ôpilepsie, dans le tétanos, dans l'éclanipsie des femmes et des riifaiiis ; dans les nosohémies par diminution de l'urée, des globules, ou par intoxication; dans les maladies des voies digestives, inflammatoires ou vermiiieuses, au début de quelques fièvres éruptives et des phlegmasies, etc. Dans chacune de ces conditions morbides, elles offrent des caractères particuliers, une marche et une durée toutes spéciales.
Dans la chorée, ce sont des convulsions cloniques permanentes, occupant les opscles de la vie de relation dans tout le corps ou dans l'une de ses moitiés, efccaractérisées par des mouvements saccadés de la tète et des membres comparables à ceux d'une dapse sauvage. L'intelligence reste libre, et elles ne sont jSinais accompagnées de fièvre.
■ Dans l'hysiérie, les convulsions sont intcrmillenles, apyrétiques, reviennent sous forme d'accès caractérisés par des mouvements ioniques et cloniques de tous les muscles, enfin, par une demi-perte d'inteUigence et de sentiment.
Dans l'épilepsie, les convulsions apyrétiques et inlermillentes sont générales, toniques et cloniques, reviennent par accès et s'accompagnent toujours d'une perte entière de l'intelligence et du sentiment.
Dans le tétanos, les convulsions sont toni([ues, continues, sans diminution de l'intelligence, et caractérisées par une roideur convulsivc des mâchoires, du tronc et des membres, interrompue par des secousses musculaires excessivement douloureuses. Le coi ps se fléchit en arc de cercle, formant une concavité postérieure ou opisthotonos, une concavité antérieure ou emprostliolonos, enfin, une concavité latérale ou pleurost/ioionos. La roideur tétanique et convulsive dès mâchoires porte le nom de trismus.
Dans l'éclanipsie chez les femmes et chez les enfants, les convulsions sont générales ou partielles, apyrétiques ou fébriles, toniques ou cloniques, internes on externes, et elles reviennent par accès plus ou moins rapprochés, donnant lieu en même temps à une perte entière ou incomplète de l'intelligence et de la sensibilité.
Les convulsions des nosohémies ou altérations du sang, par la diminution de ses principes constitutifs, ressemblent beaucoup à celles de l'éclampsie. Ce sont dfes attaques convulsivcs plus ou moins fortes, caractérisées par des convulsions Kiniques ou cloniques, générales ou partielles, avec demi-perle de l'intolligencc et du sentiment. Il en est de même des convulsions produites par une douleur vive, une impression morale accablante, une joie extrême, ou par dilTérenls troubles organiques tels que l'indigestion, les vers de l'intestin ou l'invasion des phlegmasies et des fièvres éruptives chez qucicjues enlauls nerveux et chez des femmes impressionnables. Dans ce cas cependant, l'éclampsie est accompagnée de fièvre, c'est le phénomène initial de l'élat morbide, et ce début particulier doit faire pressentir la nature sympathique de la convulsion. Il est très-rare Qu'elles se montrent dans le cours des maladies aiguës sans complication du
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côté des méninges ou du cerveau, quand ce ne serait qu'une simple congestion; ij mais alors ce sont des accidents syraptomatiques.
Les convulsions produites par les poisons, les virus et les venins, sont eu t rapport avec la nature et l'activité de l'agent toxique. Elles sont toniques et cloniques, générales, permanentes, autant que l'iniluence du poison, dans les in- • toxications par le curare, par les venins, par le virus rabique, etc.; elles sont, l, au contraire, générales et toniques dans l'intoxication par la strychnine, la brucine, et elles rappellent entièrement les convulsions du tétanos.
Marche des convulsions symptomatiques. — Les convulsions produites par « une inflammation aiguë des méninges et du cerveau où de la moelle, parles maladies chroniques, tumeurs, hydatides de ces organes ou des nerfs, ressemblent H beaucoup, dans la forme, aux convulsions dites essentielles ou sympathiques. Évidemment placées sous la dépendance d'une altération matérielle appréciable de la substance nerveuse, on les observe avec ou sans fièvre, dans une ? partie ou dans la totaUté du corps, et sous forme de mouvements musculaires, toniques ou cloniques. Ce sont des phénomènes secondaires dont la nature f ne peut être appréciée que par l'étude des autres phénomènes qui les accompagnent.
Dans la méningite, elles viennent à la dernière période, après des vomisse- ■ ments, de la constipation et une fièvre prolongée. Dans l'hémorrhagie cérébrale ou méningée, elles succèdent à une perte de connaissance ou à une paralysie musculaire de quelques heures ou de quelques jours, et, s'il y a fièvre, elles >j indiquent un commencement d'encéphahte. Celles qui accompagnent les tu- -| meurs du crâne et du cerveau, les hydatides des méninges, etc., sont toujours précédées de troubles variables plus ou moins marqués de l'intelligence, du sentiment et du mouvement, etc.
Dans la plupart des cas, elles produisent dans l'œil des lésions qui en indi- quent la nature organique. En effet, d'après la loi de coïncidence que j'ai établie entre les lésions cérébro-spinales et les altérations liévro-rétiniennes (1), on peut être sûr que chez un sujet affecté de convulsions intermittentes, s'il y a une lésion» de la papille, de la rétine ou de la choroïde, ces convulsions dépendent d'une maladie cérébro-spinale organique.
En résumé, les convulsions sont de trois espèces : essentielles, quand elles > 1 ne dépendent d'aucun trouble matériel appréciable ; sympathiques, quand elles • I signalent l'invasion d'une maladie ou d'un trouble organique éloigné du cerveau i et de la moelle ; symptomatiques enfin, quand une altération de l'appareil cérébro-spinal et nerveux les engendre.
Elles sont toniques ou cloniques; générales ou partielles; apyrétiques ou > fébriles; intermittentes ou continues; permanentes ou passagères, suivant leur nature et l'intensité du trouble qui les produit; initiales et primitives on secondaires : celles-ci sont infiniment plus dangereuses et dépendent générale- ment d'une maladie des méninges et du cerveau,-
(1) Bouchut, ouvrage cité.