ÉTDDE PHYSIOLOGIQUE DES MOUVEMENTS ET DES BRUITS DU COEUR
dnire, comme on peut le voir dans l'ivresse alcoolique, dans l'éihérisation par l-éthe'r et par le chloroforme, dans l'inloxication par le plomb, par l'opium, par les solanées vireuses et dans l'asphyxie.
l LIVRE QUATRIÈME
IIE<« SIGIÏES FOURNIS PAR I/EXAMEIS »E f. APPAREII. CIRCCIiATOIRE.
-, L'appareil de la circulation est le siégo. de troubles nombreux dont la connaissance est de la plus grande importance pour le diagnostic en général, et pour diagnostic des maladies du cœur en particulier. Ce sont : des troubles généraux, sympathiques, tels que la force, l'énergie et la rapidité du courant sanguin, ou, au contraire, la lenteur, la faiblesse et la suspension de ce même épurant dans plusieurs névroses et dans un certain nombre de maladies chroniques,—2°desjrQjihl£s.partiels observés dans le cœur et les vaisseaux veineux ou artériels. — Mais, pour bien connaître ces désordres, il faut avoir déterminé d'avance ce qui concerne la physiologie des mouvements et des bruits du cœur, C^'est par celte exposition succincte que je vais commencer, sans avoir la prétention d'indiquer tout ce qui a été fait à cet égard. La théorie que j'adopte et qai me mo paraît être le mieux établie par l'expérience et l'observation est ç^lle qui rapproche les appréciations de MM. Hope, Bouillaud (1), Rouanet, Barth et Roger, Monneret, Faivre et Chauveau, etc. Elle repose sur le fait du choc avec systole ventriculaire, formant le premier bruit du cœur, et du redressement des valvules comme cause de ce bruit. C'est la théorie combattue par MM. Beau (2), Hardy et Béhier, Valleix (3) et quelques autres médecins.
SECTION PREMIÈRE
ftlUDE PHYSIOLOGIQUE DES MOUVEMENTS ET DES BRUITS DU COKUR.
(i Depuis Ilarvcy et Haller, on n'a cessé de faire des expériences pour découvrir i i lc rhythme des mouvements du cœur et pour faire connaître la véritable cause ' ! des bruils qu'il engendre. Ces expériences n'ont pas fourni tous les résultats désirables, et elles n'ont pas dissipé les incertitudes du sujet. Si quelques points
(1) Bouillaud, Trailc cliniqiio des tnaladits du cœur. Paris, IS.'i l.
(2) ^ean. Traité expérimental et clinique d'auncullalion, Paris, 1856, et Discussion sur lus mouvemcnls du cœur {Bulletin de l'Académie de médecine). i\iris, l8fi3-6/i, t. XXIX p. 598 el siiiv.
(3) Valleix, Guide du médecin praticien, 5" rtriit. Paris, 18G(i.
SÉMÉIOLOr.IE.
semblent acquis à la science, il en est un grand nombre sur lesquels on n'est point d'accord. Cela résulte de la difficulté qu'on éprouve à observer le cœur sur des animaux dont la poitrine est ouverte et qui sont dans les plus fâcheuses conditions qu'il soit possible d'imaginer. En effet, la mort est si rapide chez les coqs, chez les lapins, chez les chiens et chez les mammifères auxquels on enlève le sternum, qu'il est impossible de rien saisir du véritable rhythme des mouvements du cœur. Les poumons s'affaissent et l'asphyxie se produit en quelques ., minutes. Pour obtenir un résultat convenable dans ces recherches, il faut entre- ^ tenir l'hématose par la respiration artificielle durant toute l'expérience, et * choisir un mammifère dont les battements ordinairement peu rapides peuvent faciliter l'étude. Le cheval adulte, qui a vingt à quarante battements du cœur par minute et dont la vitalité se rapproche assez de celle de l'homme, offre toutes les conditions favorables à ce genre d'expériences. Son cœur est analomiquement semblable à celui de l'homme, et c'est sur lui qu'il faut opérer de préférence. L'âne a été souvent mis en expérience dans le même but.
Une autre cause d'erreur résulte de ce que plusieurs physiologistes ont choisi pour sujets d'expérimentation la grenouille, animal à sang froid, dont le cœur n'a qu'un ventricule et qu'une oreillette, et dont les battements ont été pris pour modèle des battements du cœur humain. Sans doute, elle peut vivre quarante-huit heures la poitrine ouverte et le cœur à nu continuant à fonctionner, ce qui facilite beaucoup l'examen; mais est-il possible de conclure d'un être si inférieur à l'homme? Je ne le crois pas. La conformation analomique des deux cœurs est trop différente pour que leurs mouvemenis soient analogues et comparables. Il y a entre eux une telle dissemblance de structure et de fonction, que toute comparaison est impossible, et la théorie des mouvements du cœur de l'homme déduite de l'aspect des mouvements du cœur de la la grenouille ne peut être que fausse ou entachée d'erreurs.
J'ai répété toutes ces expériences sur la grenouille, sur le lapin, sur les chiens, et aucune ne m'a paru donner des résultats satisfaisants. Il faut préférer celles qui ont été faites sur des chevaux adultes, dont on a coupé la moelle entre l'occiput et la première vertèbre ou à la région atloïdo-axoïdienne, et chez lesquels on a entretenu l'hématose et les mouvements réguliei-s du cœur par la respiration artificielle.