MODIFICATIONS DU RHYTHME ET DE LA FRÉQUENCE DES BRUITS DU COEUR
Les modifications apportées au rhythme des bruits du cœur portent sur leur fféquence, qui est augmentée ou diminuée; sur leur succession qui est lente, rapide ou irrégulière; sur leur >?orrt/>»?v' qui peut être accru, etc.
L'augmentation de fréquence des battements et des bruits du cœur est un phénomène très-ordinaire qui ne se rattache pas essentiellement à l'état morbide. — Une émotion morale vive, l'action de courir, de monter, donnent
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aux bruits du cœur une fréquonco inomonlanée plus ou moins grande qui ne dépend point de la maladie.
Au contraire, il y a une augmentation de fréquence des bruits cardiaques produite sympathiquement par la fièvre, par certaines altérations dii sang et par les maladies du cœur. Les fièvres et les maladies aiguës, fébriles ou inllainniatoires accélèrent les bruits du cœur, et de 80 elles les portent à 120, 1/|0, ,i 180, et même au delà de ce chiffre. Au-dessus de 160 le pronostic est toujours" très-grave, et il est rare que la maladie ne soit pas suivie de mort.
La fréquence des bruits et des battements du cœur s'observe aussi dans la i pléthore, lorsque le sang trop riche est surchargé de globules, et dans la cldoro- anémie, lorsque le sang appauvri ne dirige plus convenablement les fonctions S' du système nerveux régulateur des mouvements cardiaques. Trop ou trop peu i de globules rouges dans le sang engendrent des effets analogues. Mais c'est i principalement dans la chloro-anémie que s'observe la plus grande fréquence ? des bruits cardiaques sous l'influence de la moindre émotion et du plus faible ; exercice.
La fréquence des bruits est aussi un signe de l'état particulier du cœur qui i produit les palpitations nerveuses. Elle caractérise également un certain nombre ? de maladies organiques du cœur, telles que les rétrécissements des orifices « aortiques et auriculo-ventriculaire. Alors les bruits sont généralement tumul-tueux et offrent de remarquables irrégularités. On voit quelquefois, dans ce cas, . une grande fréquence se produire tout à coup, coïncider avec des accidentsgraves de suflbcation et de cyanose, et il faut en conclure avec Laennec qu'il I s'est fait subitement une concrétion fibrineuse dans le cœur. D'après des • expériences récentes, cette augmentation de fréquence des mouvements du i cœur résulte de l'action du nerf cardiaque modérateur, découvert par Cyon, et qui, lorsque le pneumogastrique a ralenti le cœur et accumulé le sang dans ; ses cavités, active les contractions ventriculaires et débarrasse les ventricules en i dilatant le réseau capillaire périphérique du corps. Par ce nerf, le cœur est le premier qui sente les impressions morales ou physiques, et sa sensibilité propre met en jeu des organes voisins chargés de le servir dans ses fonctions.
La diminution de la fréquence des battements et des bruits, en tant que phénomène permanent, est un symptôme assez rare. C'est un signe de quelques maladies de la moelle et du cerveau, et MM. Andral et Bouillaud ont ciié des faits de ce genre dans lesquels les bruits du cœur étaient réduits à 20 et 30 par minute. J'ai vu un cas semblable chez un dyspeptique affecté de nervosisnie chronique. On l'observe également dans l'ictère simple et dans l'état dynamique produit par la digitale et par le sulfate de quinine. A la suite de l'ictère, le pouls tombe h kO et 50 par minute. Il en est de même à la suite de l'aduiinistraiioii de la digitale et de hantes doses de sulfate de quinine.
Cette diminution de fréquence des bruits du cœur peut enfin dépondre d'une idiosyncrasie particulière et n'avoir aucun rapport avec l'élai morbide. 11 n'est pas très-rare, en effet, de rencontrer des personnes bien portantes qui n'ont, à l'état normal, que 60 h 50 battements du cœur par minute.
Les iniermidences et YinégaUté des bruiUàxx cœur, donnant lieu à des bruits fort entremêlés de bruits faibles ou avortés sont des phénomènes assez communs dans les maladies du cœur et sur lesquels M. Bouillaud a lixé l'état de la science.
Chez quelques malades, les bruits sont entremêlés d'une façon régulière ou irrégulière par des bruits faibles plus ou moins souvent renouvelés. On dirait quelquefois que le cœur se contracte à vide et que le bruit avorte; c'est ce que M. Bouillaud a quelquefois appelé un faux pas du cœur. A ces irrégularités de bruits correspondent des inégalités ou des intermittences plus ou moins marquées dans le pouls qui ont reçu de Laennec le nom de fausses intermittences. • Chez d'autres individus, il y a au cœur une véritable intermittence dans les bruits, qui se traduit par un phénomène semblable dans les artères du pouls.
Les inégalités de bruits correspondant à un défaut de pouls ou fausse intermittence ont, d'après M. Bouillaud, une extrême importance séméiotique. Elles indiquent que le cœur ne reçoit pas le sang nécessaire à l'ondée artérielle, ou qu'il ne peut chasser dans les artères le sang qu'il renferme, ce qui annonce une lésion valvulaire faisant obstacle à l'entrée ou îi la sortie du fluide sanguin.
Il n'en est pas de même de l'intermittence des bruils accompagnée d'une intermittence du pouls. C'est l'intermittence pivpr-ement dite. Celle-ci s'observe à la fois dans les maladies nerveuses du cœur et dans les altérations organiques de sa substance ; mais, dans le premier cas, les intermittences sont passagères, tandis qu'elles sont permanentes dans l'autre. On l'observe également dans la méningite, dans la compression du cerveau ou une chute sur la tête et dans quelques alTcctions cérébrales. J'en reparlerai à l'occasion du pouls.