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MODIFICATIONS DU NOMBRE DES BRUITS DU C0EU

I e nombre des bruils du cœur peut être modifié et peut être dédoublé. Au lieu du double bruit naturel ou tic-tac normal, on peut n'entendre qu'un seul ou trois, et quelquefois quatre bruits.

II n'y a qu'un seul bruit lorsque les valvules auriculo-ventriculaires, dont le redressement produit le premier tac, sont tellement altérées, qu'elles ne peuvent plus fonctionner, et le seul bruit perçu est produit par le claquement des valvules sigmoïdes lors du reirichcmcnt des ventricules. Souvent alors ce bruit est difficile à entendre, couvert comme il l'est d'habitude par le souille de l'altération valvulaire. Dans ces cas, il n'y a qu'un bruil, mais c'est un bruit de souffle.

Lorsqu'on entend à la région précordiale trois bruils et même quatre, on admet généralement qu'ils sont le résultat d'un défaut d'isochronisme entre les contractions des cavités similaires droites et gauches. Cela est possible, mais il n'y a rien de positif à cet égard. On croirait entendre le bruit d'un marteau

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sur l'enclume, le bruit d'un galop de cheval ou de rappel, ici sous la nolaiion : tic-tac, ^ac; ailleurs, tac, tac-tic, etc. Ces triples ou quadruples bruits existent souvent à l'état normal sous l'influence des mouvements respiratoires qui modifient la pression cardiaque. D'après Potain, ils existent sur le cinquième des sujets qu'on examine, et lorsque la respiration est libre et régulière, le dédoublement du premier bruit s'entend surtout à la fin de l'expiration et au cora- . mencement de l'inspiration; celui du second bruit à la fin de l'inspiration et au i commencement de l'expiration. Les dédoublements morbides, au contraire, , ne sont point influencés par l'acte de la respiration. — Les dédoublements i normaux résultent du claquement successif des valvules semblables des deux i cœurs. Ils dépendent des variations de pression que la respiration provoque à i l'origine des deux systèmes artériels et veineux. Le premier bruit se dédouble ! parce qu'un excès de pression dans le cœur droit retarde l'occlusion de la val- • vule tricuspide; et le second bruit parce qu'un excès de pression dans l'aorte il accélère la chute des valvules sigmoïdes. i

Le dédoublement des bruits du cœur existe également dans l'état patholo- | gique; il est alors le signe d'une altération organique du cœur, et ordinairement, d'après M. Bouillaud, du rétrécissement de l'un des orifices avec incrustation calcaire des valvules.

Les plus fréquents de ces dédoublements sont ceux du second bruit et ils . résultent de ce que la diminution de pression dans l'aorte amène un retour moins rapide du sang vers la cavité du ventricule lors de la diastole et par conséquent une chute des valvules aortiques moins rapide que celle des valvules de l'artère pulmonaire.

Les dédoublements du premier bruit sont plus rares et résultent du retard i apporté au claquement de la valvule mitrale. '

Enfin, comme l'a établi Potain, ce qui distingue les dédoublements normaux | du cœur de ses dédoublements pathologiques, c'est que les premiers sont I influencés par les mouvements respiratoires et que les autres ne le sont pas.

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