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DE LA PAROLE ET DE L'APHASIE

Les altérations de la parole, si intimement liées à celles de la voix, peuvent accompagner ces dernières ou se produire sans elles; elles résultent d'une maladie du cerveau ou de la langue et d'une névrose, tandis que les altérations de la voix sont, en général, la conséquence d'une maladie du larynx. Voyons ce qui est relatif aux altérations de la parole, sans nous préoccuper maintenant de lâ voix.

Il est des pyrexies fort graves, telles que la fièvre typhoïde adynamique, où les mots ne sont prononcés qu'avec hésitation et tremblement, tanchs que dans Ta manie aiguë furieuse, par exemple, les mots et les phrases s'échappent des lèvres du malade sans liaison, sans suite, avec une extrême volubilité.

Dans quelques névroses, tantôt la langue et les lèvres exécutent tous les mouvements qu'exige l'acte de la parole, sans qu'il y ait production de son, et dans l'hystérie ce phénomène, que l'on a appelé la mussitation, n'est pas très-rare; tantôt, au contraire, la parole est brusque, accentuée, sonore. Mais, entre ces cas extrêmes, il existe une foule de nuances appréciables. Ainsi, sans parler de la stomatite, des angines du pharynx et de toutes les affections du larynx qui rendent la parole est souvent difficile, douloureuse; il faut savoir que dans l'état de profonde adynamie, dans la paralysie de la langue, dans certaines apoplexies, dans certains accidents consécutifs à l'hypérémie cérébrale, telles que la destruction des lobes antérieurs du cerveau, d'après Gall et Bouillaud (1), des lobes postérieurs, d'après M. Foville, de la lésion nécessaire de l'hémisphère gauche à la partie antérieure et externe d'après G. Dax; de la lésion de la partie moyenne du lobe frontal de l'hémisphère gauche à la partie postérieure de la troisième circonvolution dans l'znsw/a de Reil; d'après Broca, èlle est lente et vacillante ou tellement modifiée que les malades disent un mot pour un autre, répétant toujours ce même mot, ou ne trouvent pas les noms qu'ils cherchent. C'est ce que Lordat appelle alalie et d'autres aphasie ou aphémie. ~ On a longuement parlé de ce sujet dans ces dernières années en liii donnant plus d'importance qu'il ne le mérite, mais la discussion aura etJ ce bon effet qu'elle aura éclairci un peu la question du siège anaiomiquc de la parole en le plaçant à la troisième circonvoluion de V hémisphère cérébral gauche de l'insula, je dis un peu, car il y a des observations de Charcot, Velpèau,, Fernet et Parrot qui prouvent le contraire. - Pour ma part, j'ai vu un cas d'hémichorée droite avec aphasie, suite immédiate d'une impression morale vive, dans lequel il n'y avait certainement pas de lésion cérébrale. A côté de

ïcJtl ^""'"^"'••/''^''«'•''''«^ '^'^^1^<^' propres à démontrer que la perte de la parole 17 Z t v.n v" ''^ '825.

P. 282 ; 1847-48, t. XIII, p. 699 et 778 ; ^864-65, t. XXX, p. 575, 004, 724)

B. — PATIIOL. GÉN.

;j^Q6 SÉMÉIOLOGIK.

l'aphasie, il faut placer VemOarras de la parole qui existe dans certains cas de surexcitation ui..ralc, cl.oz queUpies vieillards, mais c'est princpalenient an début de la paralysie progressive des aliénés, que l'embarras de la prononc.alion a de l'importance, car c'est l'un des signes pathognnmoniques de la maladie.

perie de la voix entraîne toujours avec elle la perle de la parole, la perte de la parole n'in.plique pas fatalen.ent celle de la voix et le nm^.^ nTest l'impossibilité d'articuler des sons, en est une preuve évidente, car les sourds-muels poussent des cris aigus et inarticulés.

Q ant au ijgayernent, ce vice du langage qui force à répéter et a suspendr • la prononciation d'une ou de plusieurs syllabes, il ne dépend ..as toujour. un ■ l'nvaise conformation de la langue, d un élat de faiblesse ou d une anesthe e • Ts muscles qui servent à l'arliculation des mois; il est dû, dans quelques ca . à m'alfection cérébrale, à une ûèvre grave ou à un état nerveux et spasmoduiue.

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