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BRUITS RESPIRATOIRES NORMAUX

indiqué en étudiant le rhythme apparent de la respiration, le mouvement expi- • ratoire paraissant alors deux fois au moins plus prolongé que l'inspiration.

Le murmure vésiculaire ou bruit respiratoù^e normal se fait entendre dans . toute l'étendue de la poitrine avec les mômes caractères. Il n'y a d'autres dilférences que des nuances d'intensité. Il est d'autant plus fort et d'autant plufacile à entendre qu'on l'écoute dans une région où le poumon est plus voisin de l'oreille, et où il y a une épaisseur moins grande des parois thoraciques, par exemple dans les parties antérieure-supérieure, latérale-axillaire et postérieureinférieure. Le creux de l'aisselle et l'espace compris entre la clavicule et le bord supérieur du trapèze sont les points où il a le plus de force. Chez les sujets très-maigres, il est un peu rude, surtout dans la région correspondante à la racine des grosses bronches. Cette rudesse lui a fait donner le nom de respiration bronchique normale.

On a souvent remarqué que le bruit respiratoire normal était plus fort au sommet du poumon droit que dans le même point du côté gauche. C'est surtout pendant l'expiration que cette inégalité du murmure vésiculaire des deux sommets se fait remarquer, suivant M. Louis. Quant à la cause de cette différence, on ne sait à quoi l'attribuer ; un médecin distingué de Philadelphie, M. Gerhard, a cru pouvoir l'expliquer par les dimensions plus grandes de la bronche droite. Nous n'oserions pas affirmer que cette explication fût complètement fausse ; mais il nous semble cependant, comme à d'autres observateurs, que cette disposition est trop peu marquée pour avoir une inQuence évidente.

L'intensité du bruit respiratoire est beaucoup plus grande chez les enfants que chez les adultes, ce qui s'explique par la fréquence de la respiration chez les premiers, le murmure vésiculaire étant d'autant plus fort que les inspiralions se font avec plus de rapidité. Si, par une circonstance quelconque, la respiration s'accélère chez l'adulte, sans qu'il y ait cependant lésion des organes respiratoires, le bruit reprendra chez lui le caractère qu'il présentait chez l'enfant, d'où le nom de respiration puérile qu'on lui a conservé. On l'observe souvent dans un poumon sain lorsqu'il s'y établit une respiration supplémentaire, l'autre ne fonctionnant plus ou ne fonctionnant que d'une manière insuffisante. Enfin, et sans disposition particulière appréciable, il est des sujets qui, jusque dans l'extrême vieillesse, conservent une respiration puérile. Ce sont' fait remarquer Laennec, presque toujours des femmes ou des hommes d'une constitution nerveuse.

Sans vouloir entrer ici dans des détails qui sont plutôt du domaine de la physiologie, nous dirons cependant quelques mots de la théorie que l'on a donnée (lu bruit respiratoire normal.

L'opinion la plus répandue et la plus généralement admise encore auiour- *l liui est celle de Laennec, qui attribuait le murmure de la respiration au pas ^age de l'air dans l'arbre aérien et aux vibrations qu'il détermine dans se. tl'verses parties. Au contraire, d'après M. Beau, Ce qu'on croit être le mur ' mure vésiculaire n'est autre chose que le retentissement, dans la colonne "dan- inspiré et expiré, du bruit guttural résultant du refoulomenl de c

B PATUOL. CÉN.

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colonne d'air contre le voile du palais ou des parties voisines (1). Cette théorie, que l'auteur a essayé de soutenir au moyea d'expériences nombreuses et d'ob- ■ servations multipliées, ne paraît pas avoir prévalu près de la généralité des i médecins, et il nous semble qu'on l'a péremptoirement réfutée en faisant : observer que le murmure vésiculaire se fait entendre avec autant de force et de ' netteté chez les sujets qui ont accidentellement été privés du voile du palais. MM. Barth et Roger ont cilé un cas de ce genre.

Ces derniers auteurs ont longuement étudié le mode de production du bruit respiratoire et ses modifications suivant les points du thorax où l'on pratique l'auscultation. Ils se sont demandé quelles sont les conditions de vibrations et de frottement sur la membrane lisse, unie et molle des bronches. Dans les conduits v aérifères, il existe des portions pourvues de cartilages, d'autres seulement formées i par des membranes; de plus, le calibre des ramifications bronchiques varie dans • l'expansion et dans le resserrement alternatifs de l'appareil pulmonaire; une colonne d'air silencieuse produit du bruit dès qu'elle est coupée par une lame située au devant d'elle, et les innombrables divisions de l'arbre bronchique forment au i devant de la colonne d'air inspiré autant d'éperons faisant office de la lame à i laquelle nous venons de faire allusion. Enfin, le déplissement des vésicules pul- ■ monaires n'est certainement pas sans avoir une influence réelle dans la production du murmure respiratoire.

Ces dispositions anatomiques suffisent pour rendre compte de la différence de ? longueur et de force des deux bruits inspiratoire et expiratoire, dont le premier r est surtout déterminé par la résistance qu'opposent à la colonne d'air les épe- ■ rons bronchiques et l'affaissement du poumon, il est facile de comprendre que > ces mêmes obstacles n'existant point pendant l'expiration, le bruit respiratoire i est nécessairement et plus court et plus faible.

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