‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologieChapitre 354 sur 439 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

BRUITS RESPIRATOlllES NORMAUX.

Lorsque l'on applique l'oreille sur les diverses parties de la poitrine, soit immédiatement, soit médialement en interposant entre elle elles parois thoraciques le stéthoscope, on entend, à l'état normal, une série de bruits toujours les mêmes, quand ou examine les points semblables de l'appareil respiratoire, mais variables suivant les diflérentes régions que l'on explore. Ce sont ces bruits, découverts par Laennec et dont cet illustre médecin a tiré un si merveilleux parti pour le diagnostic des maladies du poumon, qui constituent les bruits

respiratoires normaux.

Au niveau du larynx, l'oreille ou mieux le stéthoscope permet d'entendre un double bruit de souffle doux ; le premier souffle produit par l'inspiration, est plus prolongé et moins fort que le second, déterminé par l'expiration. La durée des deux bruits est à peu près égale chez l'enfant, chez lequel la différence d' m-

tensité seule persiste. /

Sur le trajet de la trachée-artère, le bruit est le même, soufflant, maismonis fort qu'au niveau du larynx, ce quinient à deux causes, d'abord au cahbre plus crrand et plus uniforme de la trachée, dans laquelle, par conséquent, l'air cuxule plus librement et sans frottements aussi marqués, puis à la profondeur plus grande des parties que recouvrent le sternum, les téguments et le tissu cellulaire plus ou moins épais, tandis que le larynx est tout à fait sous-culane. Ce : bruit se prolonge, mais faible encore, dans les grosses bronches, d'où les noms i qu'il a reçus suivant les différentes régions de bruit laryngé, trachéal et bran- chir/ue. Dans les points correspondants au poumon lui-même, on entend, peu- • dant rinspiration et l'expiration, un murmure léger, mais bien distmct, quiindique la pénétration de l'air dans le tissu pulmonaire et son expulsion. Ce murmure, auquel on a donné les noms de bruit ou murmure vésmdan-e, ressemble assez bien, pour nous servir delà comparaison de Laennec, auquel il faut toujours revenir, même aujourd'hui, quand il s'agit d'auscultation, à celu d'un soufflet dont la soupape ne ferait aucun bruit, ou encore a celui que f^ entendre à l'oreille nue un homme qui, pendant un sommeil profond, mais paisible, fait de temps en temps une grande inspiration.

Doux et moelleux à l'oreille, assez fort et assez prolongé pendant l inspiration, il est plus faible et plus court pendant l'expiration; mais. Pendant cliacun de ces deux temps, il est continu et non saccadé. Cette différence de durée du bruit vésiculaire normal pendant les deux mouvements respiratoires est tellement marquée, qu'en cherchant à l'évaluer mathématiquement on e.st arme à cette proportion approximative : l'inspiration est à l'expiration dans le i appor de 3 à 1. On voit que ce rapport est tout h fait opposé à celui que nous avons

Page 1