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ÉTENDUE ET INTENSITÉ PLUS GRANDES DU BRUIT RESPIRATOIRE

murmure vésiculaire peut être plus fort qu'à l'état normal et raugmeniation peut occuper les deux bruits de l'inspiration et de l'expiration.

Lorsqu'il y a augmentation d'intensité du bruit d'inspiration et d'expiration, c'est alors que l'on entend la respiration que nous venons de décrire il ny a qu'un instant sous le nom de respiration puérile; ici l'inspiration et I expi-

(1) Beau, Traita expérimental et clinique d'auscuUatton. Paris, 1856, p. 3 et suiv.

BRUITS RESPIUATOIRES ANORMAUX. 1155

ration sont devenues un peu plus longues et plus bruyantes, 'd'une façon absolue, leur durée relative restant la même. Ce phénomène se remarque dans certaines névroses, mais c'est surtout lorsqu'un des poumons est devenu impropre à la respiration, soit partiellement, soit dans toute son étendue, que la respiration prend le caractère puéril, non-seulement dans le poumon resté sain, mais encore dans la partie restée saine du poumon malade. Cette respiration puérile peut exister ou seule ou concurremment avec d'autres bruits morbides; elle est due à l'introduction dans le poumon d'une grande quantité d'air dans un temps donné, par conséquent, à l'augmentation du frottement contre les parois des cellules, peut-être à l'ampliation d'un plus grand nombre de cellules.

Dans tous les cas, elle annonce une altération des poumons, dans un point autre que celui où elle se fait entendre, et sans donner de renseignements plus précis, ni sur le siège ni sur la nature de raffeciion. Sa valeur n'est donc pas bien grande au point de vue du diagnostic.

Quelquefois, de forte et de puérile qu'elle était, la respiration devient rude; mais la signification de ces bruits n'a rien de spécial, et ce ne sont là que des nuancesà l'appréciation desquellesdoiventconcourird'autressymptômes, soit généraux, comme la fièvre, soit locaux, comme une diminution de résonnance ou même la coïncidence d'autres bruits stétboscopiques. Alors cette rudesse est souvent le premier degré de la respiration bronchique. D'autres fois, enfin, elle n'existe qu'au sommet du poumon, principalement pendant l'expiration, qui alors semble prolongée.

Expiration prolongée. — A l'augmentation d'intensité des bruits respiratoires se rattache Vexpiration prolongée, phénomène morbide caractérisé par un bruit d'expiration plus fort et plus rude que celui de l'inspiration qui garde son caractère moelleux ordinaire. Elle résulte de l'hypérémie chronique des poumons avec ou sans tubercules miliaires, ni infiltration tuberculeuse. Ce phénomène a été considéré comme l'un des signes de la tuberculisation commençante. Cela n'est pas exact, et il indique également bien la congestion pulmonaire chronique (1) ou la phlegmasie chronique des poumons.

DiMtNUTiON D'INTENSITÉ DU MURMURE VÉSICULAIRE. — Le bruit respiratoire peut diminuer d'intensité ou même disparaîti-e complètement.

Dans la respiration faible, la diminution porte ordinairement sur les deux temps de la respiration, mais plus spécialement sur le premier, et coïncide avec une brièveté plus grande du temps auquel on l'observe. Ses caractères peuvent varier en ce sens que le murmure, quoique faible, paraît quelquefois se passer tout près de l'oreille, tandis que, d'autres fois, il semble profond et fort éloigné- 'enfin, cette diminution porte sur des espaces plus ou moins étendus; le plus I ordinairement permanente, elle peut cependant être passagère et mobile.

Les causes de la diminution du bruit respiratoire sont de i)lusieurs sortes- le I murmure vésiculaire peut être produit avec moins de force qu'à l'état normal •

(1) E. Bouchut, JJo la congcUion pulmonaire chronique simulanl la lubcrculo.r ..m monaire. {Gasetle des hôpitaux, Paris, 1805.) ^^^^c, culosc pul^

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il en est ainsi clans les maladies pendant lesquelles la dilatation du thorax s'opère moins complètement, la pleurodynie , par exemple; — un obstacle à la libre^ entrée de l'air dans les bronches, la trachée ou le larynx, — la présence d'une tumeur ou dans les plèvres ou en dehors, — un amas de tubercules des ganglions bronchiques, — un anévrysme de l'aorte, des kystes du poumon ; le ralentissement de la respiration, — la perméabilité moins grande des cellules pulmonaires, la congestion pulmonaire chronique ou atélectasie chronique, produisent k même résultat.

Dans d'autres circonstances, le murmure vésiculaire se produit avec la même intensité, mais la transmission n'en a pas lieu aussi facilement ; l'interposition d'une couche de liquide ou d'un corps solide entre le poumon et l'oreille, un épanchement de gaz dans la cavité des plèvres, peuvent amener ce résultat. Lei plus souvent, lorsque cette diminution du bruit respiratoire existe au sommet du poumon, on peut croire qu'elle tient à une affection tuberculeuse ; quand, au contraire, c'est en bas qu'on la constate, elle annonce un épanchement de liquide dans la plèvre. On a vu des fausses membranes épaisses être la cause d'une diminution dans la transmission du bruit respiratoire.

Cette diminution peut être plus ou moins considérable suivant la gravité ou l'étendue de la lésion organique. 11 peut arriver même qu'à un moment donné la respiration cesse tout à fait de se faire entendre, et que le silence soit complet. C'est V absence de murmure vésiculaire. Il en est ainsi dans les grands épanchcments qui remplissent en entier la cavité pleurale, dans certains cas de spléuisation du poumon, dans l'emphysème pulmonaire et dans la congestion pulmonaire chronique. Mais, dans les deux premiers cas, il y a matité à la percussion, tandis que dans l'emphysème, l'absence de tout murmure coïncide avec une exagération de la résonnancethoracique. Laennec a constaté dans le caiarrbe pulmonaire des absences complètes de murmure vésiculaire, variant de siège, d'étendue, disparaissant quelquefois complètement, pour reparaître en d autres points. Il pense que dans ces cas il y a obstruction momentanée de quelques rameaux bronchiques par la sécrétion visqueuse, tenace, qui accompagne cette affection Enfin on observe encore cette suspension complète, mais passageie ci. mobile, du murmure vésiculaire dans les cas où un corps étranger, de moyen' volume, a été introduit dans les voies aériennes. Les déplacements de ce corp-sont indiqués par les changements de place et d'étendue du silence respiratoire constaté par l'auscultation.

Il est bien entendu que, dans tout ce que nous venons de dire, nous avon considéré la diminution ou l'abolition du murmure respiratoire independamnieni. de tous les autres phénomènes stéthoscopiques qui peuvent être perçus. La pr -, sence des autres bruits, tels que râles et souilles, quand il en existe, su lit ^ plus ordinairement pour indiquer, sans le moindre doute, la nature de la icsio. nui produit ce changement dans l'intensité de ce silence complet.

llsniration rude. - Nous avons dit, il n'y a qu'un instant, que la lesp.r lion, de simplement forte et puérile, pouvait devenir rude. Cette rudesse, q peut indifféremment accompagner les deux bruits ou un seul, mais qui cèpe

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