‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologieChapitre 358 sur 439 · BRUITS RESPIRATOIRES ANORMAUX. — SOUFFLE BRONCHIQUE · texte numérisé non relu

BRUITS RESPIRATOIRES ANORMAUX. — SOUFFLE BRONCHIQUE

dantsefnit le plus souvent entendre pendant l'expiration, peut varier d'intensité, depuis le moment où elle est à peine appréciable jusqu'à celui où elle constitue un véritable bruit de souffle bronchique. Dans certaines circonstances, il existe une respiration rude de retour qui succède au souffle bronchique et qui établit la transition entre ce souffle bronchique et la respiration normale.

Cette radesse de la respiration est due à une diminution de souplesse des bronches, soit par suite de leur état de sécheresse, soit par l'accumulation du mucus à leur surface, soit eniin par des productions morbides du poumon ; elle indique, suivant les cas, et en tenant compte des phénomènes qui existent en même temps qu'elle, tantôt le premier degré de la bronchite, tantôt un comimencement d'emphysème, une phthisie pulmonaire à son début, quelquefois il'état hyperhémique qui précède la pneumonie franche. C'est principalement à une phthisie pulmonaire tuberculeuse ou à une pneumonie chronique que l'on doit songer lorsque la respiration rude existe depuis un temps assez long comme phénomène prédominant ; lorsqu'on la rencontre au sommet de la poitrine et d'un côté seulement, on peut presque à coup sûr la considérer comme l'indice de tubercules à l'état cru.

ARTICLE PREMIER

SOUFFLE BRONCHIQUE.

Quand la rudesse du bruit respiratoire augmente beaucoup, il arrive un Tioment où l'on entend un véritable souffle analogue au bruit que l'on produit

i Bn aspirant et en soufflant tour à tour, avec force et rapidité, h travers la main

■■ irrondie en tube, ou dans un rouleau de papier. Ce bruit, désigné par Laennec ■ous les noms de souffle tubaire ou bronchique, souffle, respiration soufflante, '6 fait entendre pendant les deux bruits d'inspiration et d'expiration ; mais c'est lans ce dernier temps qu'on le trouve ordinairement le plus fort ; c'est aussi

\ )endant l'expiration qu'il existe tout d'abord. Le souffle bronchique est un )hénomène continu, existant d'une manière permanente dans le môme point t non sujet à des intermittences, comme le sont certains autres bruits patho- ■Jgiques. ]1 peut être entendu dans toutes les parties de la poitrine, mais de iréférence dans les parties postérieure et inférieure du poumon. Il est plus ou

1 noins superficiel ou profond, tantôt paraissant se produire immédiatement sous oreille, tantôt semblant arriver de fort loin.

La cause de sa production est l'augmentation de densité du poumon, comrimé dans ses parties les moins résistantes, ou dont le tissu est induré, le tout vec conservation du calibre des bronches. De ces dispositions résulte une '• nipossibilité pour les cellules aériennes de se déplisser, et, par suite, le murlure vésiculaire se trouve aboli. Le retentissement de l'air dans les principales ' ivisions bronchiques constitue le souffle, dont l'intensité est en rapport avec ' étendue des dispositions physiques que nous venons de signaler, avec la proxi- ' lilé du point où .se produit le bruit anomal, cl enfin avec le silence des régions

1158 SÉMÉIOLOGIE.

environnantes. Il peut être en partie marqué par la persistance du murmurevésiculaire dans une lame de poumon interposée entre la partie indurée el Voreille, et l'on comprend même qu'il puisse y avoir des circonstances, dans la pneumonie centrale, par exemple, où le souffle existe réellement, sans être perçu par l'observateur. Dans ce cas, il est complètement couvert par le murmure vésiculaire normal.

Le souffle bronchique caractérise de nombreuses affections, que je vais passer rapidement en revue d'après leur ordre de fréquence.

Le second et le troisième degré de la pneumonie, caractérisés par l'état d'hépatisation du tissu pulmonaire, tiennent certainement le premier rang parmi les affections dans lesquelles on constate la présence du souffle bronchique. Ici, sont rassemblées au plus haut degré les conditions favorables à la production du phénomène : la fréquence de la respiration est augmentée; la densité du tissu pulmonaire hépatisé est beaucoup plus grande, et le son se propage de la manière la plus directe aux parois thoraciques, sur lesquelles est appliquée l'oreille. Le souffle varie suivant l'étendue de la partie hépatisée du poumon, le degré d'hépatisation et la situation plus ou moins profonde du mal, selon que h pneumonie est superficielle ou centrale.

La respiration bronchique peut se faire entendre dans la pneumonie chro-* nique, dans les affections du poumon où existe une compression de cet organe par une couche de liquide encore peu épaisse, par des productions solides, cancéreuses, mélaniques, etc., dans l'œdème et dans l'hémorrhagie du poumon: mais ce sont des cas exceptionnels, et dans ces deux dernières maladies ou ^ observe beaucoup plus souvent de la crépitation.

La dilatation des bronches donne lieu fréquemment au souffle bronchique, mais presque toujours ce souffle présente un caractère caverneux particulier. Il y a, dans les cas où on l'observe, une abondante expectoration, une réson nance normale du thorax, et surtout la santé générale ne paraît pas être sen<i blement altérée.

On entend assez souvent le bruit de souffle dans la phthisie pulmonaire; r. est ordinairement borné à une petite étendue, et, le plus souvent, au sommet^ de plus, il s'accompagne fréquemment de craquements humides, plus ou nioin« abondants. On peut dire que, dans ces cas, c'est plutôt une respiration rude e râpeuse qu'un souffle tubaire véritable. Cependant, lorsque rinfdtration tuberculeuse a envahi ou tout un poumon, ou tout un lobe, le souffle alors se rencontre d'une manière très-marquée; mais l'ensemble des phénomènes genérau. et les circonstances commémoratives suffisent, le plus souvent, pour éclairer -

diagnostic. , j.

Enfin le souffle tubaire est aussi quelquefois un signe d'épanchemeni liquide dans la cavité de la plèvre, lors(|ue le poumon n'est qu'à demi co primé et que les grosses branches restent perméables ; -à ce titre, on le renco dans la pleurésie, mais beaucoup moins souvent que dans l'hépatisation pui nairc; il est peu intense, peu distinct, se déplace lorsque le malade change position, n'est jamais mêlé de crépitation, et s'accompagne d'une matnc

Page 1