RALES SECS
Râles sibilant et ronflant. — Le râle sibilant est un sifflement musical, plus ou moins aigu, qui accompagne ou masque le bruit vésiculaire ; tantôt il est de courte durée; tantôt, plus prolongé , il offre des nuances diverses, q"'
RALES SIBILANT ET RONFLANT. ilUi
rappellent des bruits bien connus et auxquels on est Instinctivement porté à le comparer : le bruit du vent à travers une serrure, le roucoulement d'une tourterelle, le bruit d'une soupape.
Le râle ronflant est beaucoup plus grave et ressemble au ronflement d'un homme endormi, au grognement d'un cochon, ou, mieux encore, au ronflement d'une corde de basse. Il est rare que ces deux râles ou rhonchus n'existent pas ensemble dans divers points de la poitrine ; ils alternent souvent, se remplacent l'un l'autre, et ont tous les deux la même signification, car tous les deux ils ont un même caractère de sécheresse et de vibration.
Souvent, lorsqu'ils sont intenses, principalement le râle ronflant, ils déterminent un frémissement appréciable à la main appliquée sur les parois tlioraciques ; il est rare qu'ils soient circonscrits et limités ; le plus ordinairement ils se font entendre dans toute l'étendue de la poitrine; on les trouve pendant l'inspiration comme pendant l'expiration; ils peuvent enfin disparaître tout d'un coup, après une secousse de toux, pour reparaître quelques secondes après, disparaître de nouveau, et se reproduire un peu plus tard. La cause physique en est évidemment le rétrécissement partiel du calibre des tuyaux bronchiques; Laennec pensait que ce rétrécissement était presque toujours dû à un gonflement de la muqueuse pulmonaire. Mais les intermittences fréquentes que l'on observe dans la production de ces rhonchus, leur déplacement soudain, leurs variations de force, de siège, de timbre, portent plutôt à croire que le rétrécissement des parties de l'arbre bronchique où ils se produisent tient à la présence des sécrétions morbides de cette muqueuse, qui peuvent augmenter ou diminuer, se déplacer, disparaître même momentanément tout à fait; ces sécrétions forment, à l'intérieur des bronches, des obstacles sur lesquels l'air, en passant, détermine des vibrations plus ou moins fortes, suivant le diamètre des tuyaux bronchiques. D'après Beau, le siège de l'obstacle à la libre circulation de l'air rendrait parfaitement compte de la différence des tons. Les râles sibilants les plus aigus se passeraient dans les rameaux bronchiques les plus fins ; les râles sonores dans ceux de moyen calibre, et enfin les râles ronflants et sonores graves dans les tuyaux les plus larges. Une circonstance
I qui semblerait confirmer cette opinion, c'est que les râles sibilants sont les plus étendus, et les râles ronflants les plus rares; or les rameaux bronchiques d'un petit diamètre sont bien plus nombreux que ceux d'un calibre moyen et considérable.
Les râles sonores, sibilant ou ronflant, peuvent être entendus dans plusieurs
1 maladies, soit des bronches^ soit du parenchyme pulmonaire, principalement dans les phlegmasies catarrhales des bronches, aiguës ou chroniques, lorsque la sécrétion muqueuse est peu abondante ou n'est pas encore établie; dans l'emphysème pulmonaire; ils sont plus rares dans les cas de compression des conduits aérifères par des tumeurs situées sur leur trajet; tous ces états pathologiques ont pour élément commun le rétrécissement momentané ou permanent d'un ou de plusieurs points des voies aériennes. Il n'est pas exlrêmoinent rare
f de rencontrer les râles sonores dans la pneumonie, dans la plithisio pninioiinire,
SÉMÉLOLOGIE.
OÙ ils masquent quelquefois les bruits pathognomoniques et empêchent dei porter un diagnostic certain.
Il est important de ne pas oublier que les aiïections que l'on a rangées sous i| le nom de fièvre typhoïde, les râles sibilant et ronflant (bronchite typhoïde) ) sont tellement fréquents que quelques médecins les ont considérés comme £ai- sant partie du cortège symptomalologique obligé de la maladie, et comme se v rattachant à la même cause que celle qui produit la fièvre typhoïde.
En résumé si les râles ronflant et sibilant peuvent s'observer dans beaucoup i de maladies des organes respiratoires, ils indiquent essentiellement la bronchite ; compliquant ces maladies et seuls ils indiquent infailliblement la phlegmasie des w bronches.
ARTICLE II
EALES HUMIDES OD BULLEDX.
Les râles humides ou huileux se divisent en trois groupes : 1° râle crè- •' pilant; 1° nlle sous-crépitant o\x muqueux;et 3° râle caverneux, ou gar- i gouillement. On leur donne le nom de râles huileux, parce qu'ils donnent à l'oreille la sensation d'une bulle plus ou moins grosse que formerait l'air en i passant au travers d'un liquide, et qui viendrait éclater à sa surface.
Râle crépitant. — Le bruit que l'on entend dans les points où existe le râle crépitant ressemble, dit Laennec, au bruit que produit du sel que l'on fait décrépiter dans une bassine placée sur le feu, ou que l'on projette sur des char- l( bons ardents. Une des meilleures comparaisons que l'on ait pu faire pour en donner une idée exacte, est celle de la sensation que fait éprouver le froissement d'une mèche de cheveux entre les doigts ; le bruit d'expansion d'une éponge humide le représente encore assez exactement.
Le râle crépitant est composé de petites bulles sèches, égales en volume, très-nombreuses. Il se fait entendre exclusivement dans l'inspiration, presque toujours pendant toute l'inspiration. Quelquefois, chez les sujets qui ne respirent pas profondément, soit qu'une douleur pleuréliquc leur fasse diminuer l'ampleur des mouvements respiratoires, soit qu'une faiblesse résultant de leur état de maladie ne leur permette pas de dilater suffisamment la poitrine, on n'entend que peu et très-incomplétement la crépitation. Il est alors nécessaire, pour rendre le phénomène évident, de faire tousser le malade ; h la secousse de toux succède forcément une profonde inspiration, pendant laquelle le râle crépitant se produit d'une manière très-évidente. Contrairement aux autres râles, qui disparaissent souvent ou qui sont modifiés après l'expectoration ou après la toux, le râle crépitant persiste.
Il existe tantôt seul, tantôt accompagné du souille bronchique, ou même, mais rarement, de quelques autres râles. On le rencontre le plus souvent à la partie postérieure et inférieure d'un des poumons, quelquefois des deux, rarement an sommet; dans ce dernier cas, il indique une pneumonie qui passe pour être plus grave que la pneumonie de la base. 11 est presque exclusivement