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SIGNES FOURNIS PAR LA PERCUSSION DES POUMONS

affaire à un épanchement occupant loule la hauteur du thorax, ce qui n'est pas très-conmuin. Si l'épanchement occupe la plèvre gauche, il peut donner lieu, quand il est considérable, à un refoulement du cœur à droite, et l'on constate la matité dans une région beaucoup plus étendue de ce côté que dans l'éiat normal. Déplus, dans les cas d'épanchement séreux, il est souvent possible, et ceci est pathognoinonique, de faire changer la matité de place et d'étendue en faisant varier l'attitude du sujet. Le déplacement du liquide est beaucoup plus commun dans l'hydrothorax, où nulle fausse membrane ni adhérence ne gêne les mouvements du sérum, que dans la pleurésie, qui s'accompagne ordinairement de la formation de l'une ou de l'autre de ces altérations anatomiques.

3° Augmentation de résonnance des parois tkoraciques. — Les cas dans lesquels il y a augmentation de sonorité sont plus rares que les précédents. Là aussi on observe plusieurs nuances, ce que l'on a appelé le son clair et le son tympanique.

Le son clair n'est autre chose que le son normal un peu exagéré, et conservant le caractère de la résonnance naturelle; il peut être plus ou moins étendu; lorsqu'il occupe toute la poitrine, en conservant les divers degrés d'intensité relative qui ont été signalés précédemment lorsque nous avons décrit les résultats de la percussion à l'état normal, il n'est en général que le signe d'un amaigrissement général ; cependant il peut être aussi déterminé par un emphysème des parois thoraciques ; mais alors il se reconnaît facilement à la tuméfaction des parties molles et à la crépitation qu'elles font entendre sous la pression du doigt. Limité au point où existe une tumeur molle, élastique, des parois thoraciques, c'est le signe d'une hernie du poumon. Mais l'affection dont il est le plus ordinairement le symptôme est l'emphysème pulmonaire.

Dans ce cas, il peut être étendu à toute la poitrine; mais il est rare qu'il n'y ait pas quelque point où il soit plus marqué que dans d'autres, au niveau par exemple des cartilages costaux. Le plus ordinairement aussi la poitrine est modifiée dans sa forme, plus bombée ; les espaces intercostaux sont saillants, et par contre les clavicules paraissent presque déprimées. Si l'emphysème n'est que partiel, la sonorité exagérée coïncide habituellement avec une voussure plus fréquente à la partie antérieure que partout ailleurs.

Si l'emphysème est considérable, la matité précordiale et normale disparaît presque entièrement, le cœur se trouvant alors recouvert par le bord antérieur du poumon gauche ; la limite inférieure du son mat descend alors plus bas que dans l'état normal, par suite de l'abaissement du diaphragme.

Il arrive quelquefois que l'on constate un son clair au niveau d'une grande excavation pulmonaire tuberculeuse; mais c'est une exception, et il faut, pour qu'il en soit ainsi, que les cavernes soient spacieuses, complètement vides de liquides, et en même temps que le tissu environnant soit resté souple, sans la moindre induration. Ce phénomène ne se rencontre jamais que dans le sommet du poumon.

On serait assez porté à croire, à priori, qu'il doit y avoir augmentation de sonorité dans la dilatation des bronches. C'est tout le contraire que l'on observe,

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cette lésion élaiil le plus ordinairement accompagnée d'une sorte de condensation « du parenchyme pulmonaire.

Enfin on doit h M. Skoda deux observations assez importantes confirmantii des faits déjà connus. La première, c'est que, dans quelques cas d'emphysème « pulmonaire généralisé, excessif et accompagné d'une forte tension des parois i thoraciques, le son, au lieu d'être exagéré, peut paraître moins intense qu'à l'état normal ; l'auscultation suffit pour faire reconnaître cette exception à la loi commune. La seconde, c'est que, dans la plupart des cas d'épanchenient pleurélique un peu abondant, il y a exagération de la résonnance, son tympanique, au-dessus du niveau du liquide; dans cette circonstance, le son clair a son siège au-dessous de la clavicule, et quelquefois dans toute la partie latérale antérieure de la poitrine. Plus bas et en arrière il y a toujours une matité d'autant plus grande que l'on percute plus inférieurement. Chez un malade observé par M. Landouzy, le son tympanique existait dans une pleurésie chronique datant de six mois, avec rétrécissement du thorax et sans épanchement. Pareil phénomène se rencontre quelquefois dans la pneumonie au-dessus des parties hépatisées dans la région du thorax correspondant au tissu pulnionau-e resté sain, dans la tuberculose pulmonaire, dans quelques cas de bronchite, etc. Cette observation dont on a fait beaucoup de bruit, et que l'on a voulu caractériser par le nom de bruit sJwdique, n'a pas, comme on le voit, de signification précise, et d'ailleurs si c'est une découverte tout l'honneur en revient non à Skoda, mais à Avenbrugger qui a dit : Verum si média pars agud repleta fuerit, i^evocabitur resonantia major in illa parte quam aquosus humor non occupaverit. Mais si le côté n'est rempli d'eau qu'à moitié, on obtiendra un son plus fort dans la partie du poumon que ne touche pas l'humeur aqueuse (1).

Le son tympanique ressemble tout à fait à celui que rend l'hypochondre gauche, lorsque l'on percute sur la région de l'estomac distendu par des gaz. . | Il ne se fait guère entendre dans la percussion du thorax que lorsqu'il existe un épanchement gazeux dans la plèvre, quelle qu'en ait été la cause. Son intensité est en général proportionnée à la quantité de gaz épanché. Il n'est pas ^ d'ordinaire fort étendu, parce que le phénomène ne survient que chez des ^ sujets phthisiques et dont les poumons ont contracté des adhérences dans une ■ grande partie de leur surface.

U° Modifications de timbre dans le son que donne la percussion. — Assez f souvent le son est modifié dans son timbre, et h cette modification se rattachent i le son hydro-aérique et le bruit de pot fêlé.

Son hydro-aérique. — On constate souvent un son clair et creux, circonscrit, au sommet du poumon, et dépendant d'une caverne superficielle, fort vasie'et remplie d'air. Dans les cas où il se rencontre à la fois dans la caverne ■ de l'air et des liquides, ce bruit prend souvent un timbre particulier; on le désigne sous le nom de bruit hydro-aérique.

Bruit de pot fêlé. — D'autres fois, et ceci est beaucoup plus fréquent, on

(1) Avenbrugger, i808, page 374.

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