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SIGNES FOURNIS PAR LA PERCUSSION DES POUMONS

produit dans ces circonstances un son clair accompagné d'un petit claquement sec, analogue à celui que donnerait, par la percussion du doigt, un vase fêlé, d'où le nom de bmit de pot fêlé. Ce phénomène ne se manifeste que lorsque le malade tient la bouche ouverte pendant qu'on pratique la percussion, et il indique presque toujours l'existence d'une caverne pulmonaire, tuberculeuse, vaste, superficielle, et contenant des gaz et des liquides.

Un médecin anglais, M. Richard Cotton, a fait de nombreuses recherches sur les circonstances qui favorisent la production de ce bruit. Suivant ce praticien, la valeur diagnostique du bruit de pot fêlé a .été appréciée de diverses façons : les uns le regardent comme un signe certain d'une cavité pulmonaire, d'autres le rattachent à des états pathologiques très-différents entre eux; quelques-uns enfin révoquent en doute la signification pathologique.

Pour obtenir le son de pot fêlé, il faut faire ouvrir la bouche du malade et lui faire tourner la figure du côté de l'observateur. En effet, des malades chez lesquels existe le bruit de pot ielé ne le présentent plus à d'autres examens, parce qu'ils tournaient la figure du côté opposé à l'observateur.

Souvent le bruit de pot fêlé, très-sensible et très-évident au premier choc de percussion, disparaît après un ou deux chocs du doigt : quelquefois, au contraire, on ne l'obtient pas du premier coup ; quoi qu'il en soit, le bruit de pot fêlé vrai donne toujours une sensation de vide, unie à un tintement métallique plus ou moins vibrant.

Mais il existe une modification du son donné par la percussion, qui se rapproche beaucoup du bruit de pot fèlé, et que l'on nomme son de bois; il faut une oreille bien exercée pour le distinguer du bruit de pot fêlé, et alors il s'en distmgue aux caractères suivants : la percussion prolongée ou répétée n'altère en rien et ne fait jamais disparaître le son de bois; il est plus dur, plus résistant, moins vibrant et jamais métalhque; enfin, on l'obtient également la bouche étant ouverte ou fermée.

Les conditions pathologiques qui donnent lieu à ce son de bois, qui simule le bruit de pot fêlé, sont un épaississement partiel du tissu pulmonaire, ou de la plèvre. Le bruit de pot fêlé, au contraire, indique toujours certainement l'existence d'une cavité pulmonaire.

M. Cotton affirme avoir rencontré plusieurs fois, chez déjeunes enfants parfaitement portants, le bruit de pot fêlé bien manifeste, et entièrement semblable à celui que donne une large excavation pulmonaire. C'est sur les enfants de cinq à six ans que ce bruit diî pot fêlé se faisait entendre, la bouche étant largement ouverte; si, au contraire, la bouche était fermée, le son devenait résistant, vibrant, comme du bois. Le bruit de pot fêlé se rencontre souvent enfin, chez déjeunes enfants atteints de bronchite chronique, d'emphysèmes ou ^de tubercules pulmonaires au premier degré, les portions de poumon tubercu- Jisées étant entourées de tissu sain, mais probablement hypertrophié En résumé :

J" Le véritable bruit de pot fèlé est, chez l'adullc. un signe certain d'cxcavation pulmonaire. ^^"^^

B. — PATIIOL. OÉN.

SÉMÉIOLOGIE.

2" On le rencontre souvent chez des enfants bien portants, ou chez de jeunes t sujets atteints de bronchite chronique on d'emphysème. On le trouve quelque- fois aussi chez de jeunes enfants atteints de phthisie an premier degré.

3° On le confond facilement et souvent avec un autre son donné par la per- . cussion, et qui indique des états pathologiques très-différents (1).

SECTION XYl

SIGNES FOURNIS ÀU DIAGNOSTIC DES MALADIES DES ORGANES RESPIRATOIRES PAR LA PERCUSSION DU CœUR ET DES GROS VAISSEAUX.

A l'état normal, on constate dans la région précordiale une matité dont l'éten- • due et les caractères sont excessivement variables, suivant les individus. Chez i les uns, le cœur est très-superficiel, et une partie du péricarde se trouve en i contact direct avec les parois Ihoraciques; chez d'autres, il en est séparé par • une lame du poumon gauche, qui le recouvre plus ou moins complètement. Il en résulte de grandes différences dans l'étendue de la matité. Cependant, si i l'on cherche à établir une moyenne entre toutes les dimensions qui se rencon- • trent le plus habituellement, on est conduit à admettre que la matité normale de la région précordiale est de à 5 centimètres carrés, depuis la quatrième côte jusqu'à la sixième ; le maximum de l'obscurité du son est au centre de ce carré; , | il va en diminuant de chaque côté et se confond avec la résonnance du poumon : en bas, elle se perd dans la résonnance stomacale; quelquefois, en bas et à droite, elle se cominue avec le lobe gauche du foie. (Voyez page 1061 la figure 247. Une percussion plus forte et plus profonde fait reconnaître que l'étendue réelle de la matité précordiale est plus considérable que celle que nous venons d'indl-

^^La présence des gros vaisseaux à la base du cœur modifie légèrement la résonnance sternale. „ II! , Il y a une autre manière de percuter le cœur et que l'on doit au docteur Bacce U . de Rome (2). Ce médecin ayant constaté que le cœur forme une espèce de triangle ■ curviligne équilatéral dont l'un des bords est couché sur le diaphragme, mesure alors la ligne de matité horizontale du cœur. - Ayant marqué la longueur de la ligne transversale du cœur couché sur le diaphragme, il prend cette longueur à l'aide d'un compas et de l'une et l'autre extrémité il décrit deux arcs de cercle ' du côté du mamelon, lesquels se croisent en un point. Il réunit ce point aux . deux extrémités de la ligne fixée par la percussion, et il a, dii-il le triangle équilatéral dans lequel se trouve le cœur. - Gela fait, ,)ar des Ç^'^uls analogu^. en joignant l'angle gauche du triangle à l'épaule droite et l angle droit à 1 epau^ gauche, il prétend séparer les cavités gauches des cavités droites, mais cela me

(1) Collon, The Lancet, avril 18B7.

[2) Voyez (lazeUe hebdomadaire, année 1868, page 32t.

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