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SIGNES FOURNIS PAR LES FLATUOSITÉS ET PAR LES BORBORYGMES

Les gaz qui se développent dans le canal alimentaire sont : l'oxygène, l'hy-' drogène carboné, l'acide suif hydrique et le gaz acide carbonique. Leur présence en excès constitue la pneumatose gastro-intestinale, généralement désignée sous le nom de flaluosités.

On appelle borborygmes (de gopSopucCw, je fais un bruit sourd), les bruits sourds et spontanés que ces gaz produisent en circulant dans l'intestin.

On donne le nom à' éructation ou rot à l'éruption des gaz qui, sortant de l'estomac, s'échappent au dehors par la bouche.

On désigne plus particulièrement sous le nom de uen^s les gaz qui sortent, ou avec sans bruit, par le rectum.

Les borborygmes, les éructations, les vents, annoncent la présence d'un excès de gaz dans les voies digeslives. Certaines circonstances morbides peuvent faire varier la quantité de ces gaz, et donner lieu à des coliques et à des douleurs abdominales aiguës plus ou moins vives. On observe ces flaluosités chez les convalescents, lorsque les forces digestivcs n'ont ()as repris encore toute leur activité, chez les gens valétudinaires, les enfants, les vieillards, les hommes de cabinet, à vie sédentaire, hypochondriaques, les goutteux, les femmes grosses, dans la fièvre puerpérale, dans les phlegmasics intestinales chroniques, etc.

(1) Hippocrate, A'phorimes, § 6, 4 7.

SÉMÉIOLOGIE.

Loî borborygmos aiiiionccnl babimellement la vomie prochaine d'évacuations alvines.

« Dans les maladies aiguës, dit Landré-Beauvais, c'est un signe dangereux quand, des borborygmes se faisant entendre et le ventre étant très-gonllé, il ne sort ni vents ni déjections. »

Dans l'hystérie, il se produit, souvent en fort peu de temps, une énorme quantité de flatuosités stomacales, intestinales. Il en résulte de la douleur et une gêne très-sensible. Ces phénomènes ne cessent que par l'expulsion ou l'absorption de ces flatuosités.

Les borborygmes s'observent très-souvent chez les aliénés et en particulier chez les maniaques et les lypémaniaques. Chez ces derniers, il est fort curieux de les voir devenir l'occasion d'hallucinations étranges. Ces malheureux se croient fort malades, en danger de mort, ou bien ils s'imaginent que leur ventre renferme des ennemis, des cires vivants, comme des serpents, des crapauds, etc.

Les borborygmes résultent fréquemment de l'ingestion de certains aliments

surnommés flalulents, comme les farineux et les crucifères.

La présence des vers intestinaux a un semblable résultat. % On les rencontre, comme symptômes, dans la hernie étranglée, dans

l'étranglement interne, dans la péritonite, dans les cancers de l'estomac et de

l'intestin.

Les borborygmes n'ont aucune valeur diagnostique. Ils indiquent seulement qu'il se produit une grande quantité de gaz et de liquides, et que ces matières circulent difficilement dans l'intestin.

SECTION XIll

Les borborygmes et le gargouillement sont deux signes fournis par les bruits intestinaux, mais il existe cependant entre eux une notable difl^érence. Les premiers s'entendent spontanément, souvent à distance, tandis que le gargouillement ne se perçoit que si l'on comprime avec les mains les parois abdominales et les intestins.

Il y a trois sortes de gargouillements, gargouillement œsophagien, le bruit de fluctuation stomacale ou gargouillement de l'estomac, et le gargouillenunt intestinal.

§ fl<=^ — Onrgoiiillcincnt œsoplinglcn.

Il y a un bruit stomacal et quelque peu œsophagien qui s'entend lorsqu'on donne à boire à un malade et que les boissons tombent avec bruit de clapotement dons l'oesophage et dans l'estomac, sans y être conduites par la contraction œsophagienne. Ce bruit indique la paralysie de l'œsophage. Ce gargouillement œsophagien est l'indice d'une mort prochaine.

§ «. — Gnrgouilleuicnt de rostomac.

Dans les mouvements brusques du tronc, on peut entendre une nuclualion qui ressemble assez au bruit qui est produit par l'agitation d'un liquide dans un vase de verre à moitié plein. Pour que ce bruit de fluctuation stomacale puisse se produire, il faut donc dans l'estomac la présence d'un liquide et de gaz. Du reste, il ne se développe pas seulement par les mouvements spontanés, on le fait se développer par la succussion eu divers sens. Il est souvent assez fort pour s'entendre h une grande distance, plusieurs mètres par exemple; le plus souvent il faut, pour le percevoir, approcher l'oreille de la paroi abdominale, pendant qu'une autre personne fait la succussion.

Le gargouillement stomacal indique une dilatation de l'estomac, et il s'observe assez souvent dans l'état de santé. — Lorsqu'on le rencontre dans l'état morbide, avec une paralysie des membres ou des vomissements, il est toujours le symptôme, soit d'une nosorganie cérébrale, soit d'un obstacle apporté au cours des matières contenues dans l'estomac, au niveau de l'orifice pylorique.

Cet obstacle est habituellement constitué par un cancer, ou par un épithélioma du pylore et par des tumeurs extra-stomacales, qui compriment celte ouverture. Il en résulte que le bruit de fluctuation stomacale devient quelquefois un signe des rétrécissements du pylore.

§ 3. — Gargouillement intestinal.

Pour que le gargouillement intestinal puisse se produire, il faut dans l'intestin la présence de gaz et de matières liquides. On détermine ce gargouillement en appuyant avec une certaine force sur la paroi abdominale.

Le plus souvent, la personne qui, par la manœuvre indiquée, provoque le gargouillement, n'est pas seule à l'entendre. Eneiïet,ce bruit est habituellement assez fort et assez prononcé pour être perçu à distance. D'autres fois, on l'enlendii peine, et il faut avoir l'oreille presque appliquée sur la paroi abdominale. Dans ce cas, il convient d'exercer soi-même la pression pour percevoir sous le doigt la crépitation des liquides et de l'air, dont le choc produit le gargouillement.

Pour déterminer le gargouillement, on doit procéder de la manière suivante: appliquer les deux mains à plat sur l'abdomen, à une petite dislance l'une de l'autre, et appuyer graduellement de manière à déprimer profondément la paroi abdominale. Pendant qu'une main est immobile, fixée par tous les points de sa face palmaire sur la paroi abdominale, l'autre imprime des mouvcmenls brusques et secs ; au bout d'un instant, s'il y a des gaz et des liquides dans l'intestin, le gargouillement se produit. Il faut exercer ces mouvements d'abaissement de la paroi du ventre avec beaucoup de modération, car ils peuvent déterminer de la douleur.

JiC bruit de gargouillement est un phénomène passager. Après l'avoir pro-

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duit, on ne le perçoit bientôt plus au même endroit, parce que les liquides et les gaz se sont déplacés.

Il est rare de trouver le gargouillement sur tous les points de la surface de l'abdomen. On l'entend babituellemcnt sur le trajet du gros intestin, mais plus ordinairement encore au milieu du cœcum, dans la fosse iliaque droite. Il existe quelquefois sans qu'on puisse l'apprécier distinctement, ce qui arrive dans les cas de volume exagéré du ventre par les altérations anatomiques de la tympanite, de l'ascite, des tumeurs du ventre, etc.

Quelquefois le gargouillement est abondant, et à bulles fines. Dans ce cas, il est souvent très-étendu et accompagne les flatuosités; on le rencontre chez les gastralgiques, chez tous les individus dont les digestions ne sont pas normales.

Ailleurs, il est h grosses bulles et moins abondant. — Souvent placé dans le gros intestin, il peut être limité à une partie de cet organe, dans le caecum au niveau de la fosse iliaque droite. On le rencontre au début et pendant le cours même de certaines maladies de l'intestin, l'entérite, la dysenterie, la fièvre typhoïde, les obstructions du cœcum, etc. D'une manière générale, on peut dire : que le gargouillement de la fosse iliaque droite chez un fébricitant ataxoadynamique est le signe de l'affection typhoïde.

Il est bon de noter que c'est presque toujours dans l'intestin que se produit le gargouillement, beaucoup plus rarement dans la cavité d'un abcès, plus rarement encore certainement dans la cavité du péritoine.

SECTION XIV

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