‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologieChapitre 409 sur 439 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Il est aujourd'hui très-aisé de remonter d'une modification des qualités physiques ou chimiques de l'urine à l'altération anatomique correspondante de l'appareil génito-urinaire. La science moderne a, sous ce rapport, confirmé le plus grand nombre des observations de l'ancienne médecine, qui accordait une très-grande importance à l'examen du liquide sécrété par les reins, et elle a singulièrement agrandi le champ de cette observation par les découvertes de la ch imie moderne. Au double point de vue du diagnostic et du pronostic, l'examen physique et chimique des urines occupe une place très-importante dans les moyens d'exploration, et les signes qu'il fournit sont tellement précieux, qu'il n'y a souvent pas d'autre moyen de déterminer la nature et le siège de certains accidents morbides.

Les urines diffèrent un peu de composition, à l'état normal, le matin au réveil, dans la digestion, et après l'ingurgitation d'une certaine quantité de boissons. Les anciens considéraient les premières urines comme des urines de sang, c'està-dire provenant de la sécrétion rénale sans mélange avec des éléments étrangers. Ce sont celles-là qu'il faut examiner surtout pour y trouver les altérations significatives de composition. Les autres étaient appelées urines de digestion ou de chyle et urines de boisson, parce qu'on y trouve une certaine quantité des produits de la digestion ou de l'eau introduite en boisson.

Pour analyser les urines, il faut réunir toutes les urines de la journée et opérer sur la masse rendue en vingt-quatre heures, afin de se mettre dans des condilions chaque jour semblables, susceptibles d'éviter les chances d'erreur (1).

Les urines habituellement claires, jaunâtres, d'une densité de 1,017 à 1,018, sont composées comme il suit d'après les analyses publiées par MM. Becquerel et Rodier. Sur 1000 parties d'urine il y a :

Matières autres que l'eau et données par l'évaporation directe. . 971,935

Eau 28,066

Urée 12,102

Acide urique 0,398

Sels 0,919

Matières organiques impossibles à isoler 8,6â7 '

Dans l'état pathologique, les urines peuvent être modifiées : 1" dans lem* quantité; 2" dans leur densité; 3° dans leur coloration ; /i" dans leur odeur; 5" dans leur transparence ; 6° dans leur acidité ; 7° dans leur composition chimique par addition de substances nouvelles.

(1) Voyez Beale, De l'urine, des dépôts urinaires et des calculs, Irad. de l'anglais par A. OllivirrelG. lîergeron. Paris, 1865.

SIGNES FOURNiS PAR L'eXAMEN DES URINES,

ARTICLE PREMIER

Page 1