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MODIFICATIONS DE QUANTITÉ DES URINES

La sécrétion d'urine qui dépasse le chiffre de 1500 grammes par vingt-qualre heures est un état pathologique caractérisant ce qu'on appelle la polycUpsie, ou polyurie, ou diabète insipide, et quelquefois le diabète sucré ou glycosurie. Ce phénomène résulte ordinairement de l'ingurgitation d'une grande quantité de liquides.

La diminution et la suppression des urines sont des signes plus importants. Leur suppression s'observe dans la rétention d'urine, et alors la vessie distendue est appréciable au-dessus des pubis ; elle existe également dans Vanurie du choléra et de quelques m.aladies aiguës, mais ici la sécrétion ne se fait plus; — leur diminution accompagne l'état fébrile intense et les hydropisies causées par une maladie du foie.

ARTICLE II

DENSITÉ DES UfilNFS.

La densité des urines peut être appréciée par un aréomètre ordinaire ou par un p'ese-urine dont le zéro correspond à la moyenne de l'urino normale. Toutes les fois que les matériaux solides de l'urine augmentent, la densité s'élève ; elle monte à 1,020 et 1,030 de l'aréomètre, ou à 3, 'x et 5 du pèse-urine. Les chiffres 1 ,025 de l'aréomètre, 4 et 5 du pèse-urine, sont les signes certains du diabète sucré ou glycosurie.

La densité des urines diminue, au contraire, quand le chiflre des matériaux solides s'abaisse, ce qu'on observe dans la variété d'urine dite anémique par A. Becquerel. La diminution de densité est le signe delà chloro-anémie.

ARTICLE III

COLOllATION DES UIUNKS.

La couleur jaumltrc de l'urine augmente et devient safranée, rougcfilre, dans l'ictère ou dans la fièvre ; — elle est ([uelquefois rouge par suite de son mélange avec du sang dans la première période de la néphrite albumineuse, dans la néphrite calculeuse , dans le cancer de vessie, etc. ; — elle est quelquefois blanchâtre, laiteuse, lorsqu'elle est mélangée à du phosphate ammoniaco-magnésien, chez certains hypochondriaques, ou à des matières grasses, dans les urines chyleuses, et à du pus dans la cystite chronique. — Les urines sont très-claires limpides et rares dans le froid de la fièvre intermittente, dans les maladies nerveuses et dans les attaques d'hystérie; - elles sont claires, légèrement troubles comme du bouillon de poulet, dans la néphrite albumineuse chronique et d'-.nrôs ce caractère seul on peut pressentir l'existence de cette grave maladie

1262 SÉMÉIOLOGIE.

Certaines substances changent la coloration : ainsi le bois de garance et de Campêche la colorent en rouge ; l'indigo en bleu ; la santonine en jaune de safran ; et la rhubarbe en jaune foncé. Il suffit de signaler ces faits pour montrer leur importance, afin d'éviter l'erreur que pourrait pi'oduire un hasard ou la supercherie des malades.

ARTICLE IV

ODEUU DES URIHES.

L'odeur de l'urine, habituellement fade, devient fétide dans l'état fébrile chronique, ammoniacale dans la décomposition putride, et elle ne change complètement que sous l'influence de certaines substances médicamenteuses. L'usage de la térébenthine lui communique une odeur de violettes, celui des asperges une odeur très-fétide, et celui du copahu une odeur résineuse trèsprononcée.

ARTICLE V

ÏRANSPARENCE DES URINES.

Les urines, ordinairement claires, transparentes, sortent troubles dans l'étal fébrile aigu, dans la période de chaleur des fièvres intermittentes et dans les premières urines rendues par les malades momentanément affectés à'anurie. Ce sont des sels, principalement des urates, qui se déposent au bout de quelques heures au fond du vase. — Elles sont troubles, blanchâtres comme du lait, dans certains étals cachectiques, et elles déposent une matière blanche, saline ou graisseuse. Le microscope montre, dans le premier cas, les éléments du phosphate ammoniaco-magnésien, et, dans le second, des gouttelettes d'huile comme dans le lait. Ces urines laiteuses ou chyleuses indiquent un vice encore peu connu de la nutrition, mais justement considéré comme très-grave.

Après le repos, la transparence des urines est souvent altérée par des matières déposées ou suspendues dont la forme et l'apparence, minutieusement étudiées par les anciens, étaient considérées comme ayant un rapport avec les crises oi pouvant indiquer la terminaison prochaine des maladies. On y observe souveni quatre couches superposées : 1» une pellicule superficielle irisée formée de matière grasse {/ajestcine), et qui n'a aucune signification ; T à la partie supérieure, et en suspension, un nuar/e supérieur très-clair, dont la présence indique encore une certaine durée de l'état morbide ; un nuage inférieur plus épais, appelé cnéorème, suspendu tant que doit durer la maladie et tombant au fond du vase dès qu'elle approche de sa fin ; /i" enfin, le dépôt ou sédimeut, de composition variable, formé de mucus, de pus, de sang, d'urates ou de phosphates, d'acide urique, de graviers, de sperme, de poils, etc. - Sauf l'imporiance pour le diagnostic des dépôts ou sédiments de l'urine, d'après leur nature, les caractères tirés de la présence du nuage supérieur ou inférieur n'onfaucune signification précise, et tout ce qui a été dit h cet égard aurait besoin d'être confirme par de nouvelles obsei-vations.

S[GNES FOURNIS PAK L'eXAMIÎN DliS URINES.

ARTICLE VI

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