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CAUSES DES ÉPIDÉMIES

Oui pourra jamais pénétrer la cause d'une épidémie? Malgré toutes les hypothèses faites à cet égard, nous ne savons rien de positif. Les effets de l'induence épidémique se font sentir et seuls sont appréciables. C'est quelque chose de prodigieux à penser que la multiplicité des maladies épidémiques connues dans leurs rapports avec les désordres matériels de l'organisme et l'altération probable de l'atmosphère qui en est la cause, II est absolument impossible de comprendre et de matérialiser ces miasmes, ces effluves divers, qui, à toute heure, s'entremêlent dans l'air d'une grande ville, où ils développent tant d'épidémies à la fois. Quand un chimiste, comme M. Boussingault, s'écrie que Paris n'est qu'un immense amas de fumier, il le démontre par la quantité d'ammoniaque renfermée dans ses eaux pluviales; mais la médecine ne peut presque rien pour démontrer l'existence d'un foyer d'infection autrement que par ses résultats L'air est le véhicule de la plupart des influences épidémiques : cela me paraît incon-

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lestablo ; niais au môme monieiit règiiont h Paris des varioles, des rougeoles, des scnrlatinos, des diplitliériles, des dysenteries, des grippes, des fièvres typhoïdes, des érysipèlcs, des lièvres puerpérales, etc. Il faut donc que tous les germes de CCS maladies se trouvent incorporés dans l'air; si cela est vrai, comment s'y trouvent-ils? quelle est leur forme? est-ce quelque chose de matériel ou d'invisible et d'impondérable? Si ces intluonces avaient la forme de corps matériels, il y en aurait assez pour obscurcir le jour, et l'on aurait pu les isoler ou les saisir. Cela n'a pas été fait. C'est donc un agent impondérable. Mais quelle est sa puissance? On les absorbe, et il en résulte ici une rougeole, là un typhus, ailleurs un croup, etc. On ne les connaît pas, on ne les voit pas, et voici qu'à une dose infinitésimale ils produisent des effets terribles, des désordres matériels considérables et la mort.

On a bien découvert au bout de quelques heures de fermentation, dans la vapeur condensée de l'atmosphère ayant servi à la respiration d'hommes bien portants, ayant dormi toute une nuit dans une chambre, des infusoires et des monades qui prouvent l'existence de leurs germes dans l'air de la localité; mais de la présence de ces germes de bactéries, de monades et de vibrions, ou, comme le disait Raspail, de ces animalcules dans l'air qui nous entoure à la conclusion que ces germes d'infusoires forment les miasmes, et de plus, que ces êtres microscopiques sont l'origine des difl'éreutes maladies épidémiques, il y a loin. — Il y a des germes de bactéries dans l'air altéré ; il y a des bactéries dans l'expectoration de la coqueluche, dans le sang de la variole, de la fièvre typhoïde et de la fièvre puerpérale; il y a des bacléridies dans le sang de rate; mais les bactéries sont-elles l'agent de transmission de ces maladies? Non. Les bactériesdans le sang des maladies putrides sont comme les globules du pus morveux, syphilitique, varioleux, etc., toujours les mêmes; mais rien ne dit que les uns ou les autres soient l'agent de transmission du mal et qu'avec le hquide interposé ou avec la matière amorphe qui les sépare on ne puisse produire des effets de contagion aussi évidents. — Toute conclusion sur ce point me paraît.prématurée.

Quoi qu'il en soit de la nature inconnue des épidémies, les concUtions physiques au milieu desquelles elles se produisent, telles que les modifications constitutives de l'atmosphère, son altération par les effluves, les miasmes, Talimentation des peuples, toutes ces conditions doivent être recherchées avec soin. C'est ce que les auteurs appellent les causes des épidémies. Sans parler de l'inQuence des astres, accréditée par Cardan, Valesco de ïarente, de la course des comètes et des révolutions du globe, telles que tremblements de terre, éruptions volcaniques; des modifications atmosphériques par ce que van Helmont et Paraccise, dans le langage du temps, appelaient l'alcali, le soufre et le sel, j'indiquerai seulement ce qui a été dit au sujet de l'influence des saisons, des variations atmosphériques et de l'alimentation. Ces conditions occultes ne sont pas toutes essentielles au développement des épidémies ; leur influence n'est pas à l'abr. de contestation, mais elles ne méritent pas le dédain jeté sur elles par quelques auteurs. Si l'on ne devait croire en médecine qu'à ce qu'on touche, entend ou voit, de préférence à ce que la raison devine et comprend, il faudrait renoncer

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