‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologieChapitre 420 sur 439 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

La métrorrhagie est une hémorrhagic utérine abondante provoquée par l'apparition régulière des règles, ou en dehors de cette époque par une maladie de l'utérus ou de la constitution en général.

Les règles très-abondantes sont des métrorrliagies dangereuses qui épuisent les femmes, qui appauvrissent le sang et déterminent l'anémie avec tout son cortège d'accidents nerveux. Le sang est pâle, séreux, et tache le linge en rouge

SIGNES FOURNIS PAR LES FONCTIONS GÉNÉRATRICES. 1287

avec une large auréole jaunâtre. Cette espèce de métrorrhagie est le signe d'une faible constitution et d'un état chlorolique grave souvent suivi de tuberculisalion pulmonaire. Ici, comme on le voit, la cause première, qui est la chlorose, s'aggrave à chaque époque menstruelle par l'effet morbide dont le résultat est d'appauvrir encore le sang.

La métrorrhagie s'observe en dehors des règles dans les fièvres graves, et dans le scorbut comme le signe d'un vice constitutionnel caractérisé par le changement de qualité ou de proportion du sang. Il existe de même à l'époque de la ménopause et de l'âge critique, où l'on voit si souvent paraître des hémorrhagies utérines qui peuvent momentanément faire croire à une maladie organique.

Viennent enfin les métrorrhagies liées aux troubles matériels de l'utérus et de la circulation utérine. On les observe dans la grossesse, les tumeurs fibreuses et les polypes de l'utérus, le cancer utérin, etc. Ainsi une hémorrhagie chez une jeune femme, après une suppression momentanée des règles, est l'indice probable d'une grossesse terminée par l'avortement. Des hémorrhagies reproduites à de courts intervalles et assez abondantes pour déterminer l'anémie annoncent au contraire l'existence d'une maladie organique des parois ou de la cavité utérine.

Page 1