‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologieChapitre 421 sur 439 · SIGNES FOURNIS PAR L'AMÉNORRHÉE ET PAR LA DYSMÉNORRHÉE · texte numérisé non relu

SIGNES FOURNIS PAR L'AMÉNORRHÉE ET PAR LA DYSMÉNORRHÉE

V aménorrhée consiste dans la suppression des règles à l'âge où elles doivent exister. On donne le nom de dysménorrhée à la menstruation tardive, difficile et douloureuse. Ces deux phénomènes se lient intimement l'un à l'autre et s'observent dans les mêmes circonstances et sous l'influence des mêmes causes.

L'aménorrhée est quelquefois un signe de faiblesse organique , de lymphatisme, de chlorose et d'anémie ; ailleurs elle résulte d'une impression nerveuse physique ou morale; chez d'autres enfin elle dépend d'une maladie de l'utérus, d'un obstacle au cours du sang et d'une .iltération matérielle des organes génitaux. De là, trois espèces d'aménorrhée : 1° aménorrhée constitutionnelle ; 2° aménorrhée idiopathique ; 3° aménorrhée symptomatique.

V aménorrhée symptomatique dépend de l'absence ou de l'atrophie de l'utérus; de l'oblitération du museau de tanche ; des vices de conformation du vagin, de l'impcrforation de l'hymen ; de cicatrices vicieuses à la suite de brûlures, de blessures et de l'accouchement. Souvent bornée à un défaut d'excrétion, il lui arrive quelquefois d'être formée par une simple rétention; alors on observe dans le vagin ou dans l'utérus une dilatation énorme due à l'accumulation du sang menstruel.

L'aménorrhée constitutionnelle s'observe chez les jeunes filles d'une constitution délicate et qui se forment tard, chez celles dont le tempérament est lymphatique et dans la chlorose. On la rencontre aussi dans les maladies chroniques avec cachexie, et principalement dans le cours de la tuberculisation pulmonaire. Elle est priQiitive en ce sens que les règles ne s'établissent point, ou secondaire

SÉMfelOLOr.IE.

lorsque après leur appaiiiion régulière elles viennent à disparaître accidentellement. C'est dans cette espèce d'aménorrhée, surtout chez les clilorotiques et chez les femmes nerveuses, qu'on trouve la suppression des règles alternant avec la dysménorrhée. Il n'en est pas de même dans les cachexies et lorsque l'aménorrhée dépend d'un affaiblissement général par les maiaches cin-oniques.

L'aménorrhée idiopathique est la plus rare de toutes. On l'observe chez les femmes qui ont éprouvé une impression morale vive au moment de la menstruation et chez celles dont le corps et les pieds ont été soumis à l'action du froid et de l'eau froide. Un état nerveux spasmodique de l'utérus arrête l'écoulement sanguin qui ne peut plus revenir de longtemps, et de celte suppression naissent un certain nombre d'accidents morbides.

Comme on le voit, l'aménorrhée ne peut servir au diagnostic d'un grand ■ nombre de maladies différentes^ mais il faut tenir compte en même temps des autres phénomènes morbides offerts par les malades, car seule elle n'indique rien de précis. Il en est de même pour le pronostic. Les lumières qu'elle lui apporte n'ont rien de spécial, et dépendent tout à fait de la cause qui a produit l'aménorrhée.

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