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DUS ÉPIDÉMIES. — CAUSES

(liait, en temps de choléra, le niaximuin d'intensité et de mortalité de l'épidéinie. Ces faits sont trop récents pour légitimer aucune conclusion ; mais ils correspondent avec ce que j'ai dit de l'influeuce des orages sur le choléra, et le rapport est trop évident pour être passé sous silence.

L'influence des orages sur les épidémies est si réelle, qu'elle agit quelquefois, non-seulement sur l'homme, mais encore sm- certains animaux. On a vu quel qiiefois se déclarer, au moment d'une épidémie et après un orage, de graves épizooties sur les poules. Alibert (1) a indiqué des exemples de mortalité subite chez les poissons. M. Lecadre rapporte qu'en 1832, au Havre, pendant un orage survenu dans l'épidémie de choléra, les poissons du double fossé d'enceinte (le cette ville furent comme empoisonnés, et le fléau redoubla d'intensité. En mai 1833, nouvel orage très-violent et pareille mortalité des poissons; en même temps la grippe fit invasion au Havre.

Les altérations occultes de l'air par les effluves, les émanations putrides, les miasmes nés de l'encombrenient, agissent d'une façon sinon plus intelligible, du moins plus certaine et moins contestable. Malgré la connaissance des particules végétales ou animales, garnies d'infusoires ou autres, qu'on trouve dans l'air qu'on suppose chargé de miasmes, on ignore, ainsi que je l'ai dit plus haut, quelle est la véritable nature et quelle est l'essence de ces agents occultes, dont l'action est si funeste ; mais leur existence se révèle par des effets si désastreux, qu'il n'y a pas lieu de la mettre en doute.

L'atmosphère accidentellement surchargée des effluves et détritus végétaux (voy. pl. I, II, m et IV, fig. 1, 2, 3, ^, 5 et 6) sortis d'un marais ou de la terre remuée par des travaux de terrassement est une cause d'épidémie de fièvres intermittentes pernicieuses, et de maladies paludéennes dont la forme est quelquefois si variée, qu'il est très-difficile de reconnaître leur nature. Portées par les vents dans les lieux exempts de marais, elles y produisent des épidémies plus ou moins graves. Aux impressions effluviques correspondent les maladies spéciales dont j'ai parlé précédemment à propos des effluves.

Les émanations putrides et les miasmes nés de l'encombrement ou de l'agglomération de grandes masses d'hommes sur un point, fût-ce en plein air, ont l'influence la plus fâcheuse sur la santé de l'homme, et font naître les épidémies les plus meurtrières. La peste doit souvent son origine à la putréfaction de millions de sauterelles dont les éléments dissociés se répandent dans l'air, qui tombent sur le sol de l'Égypte, et elle disparaît lorsque le Nil, dans sa crue, vient couvrir les terres dans une grande étendue. Le choléra naît sur les bords du Gange, de la funeste habitude qu'ont les Indiens de jeter tous les cadavres dans le fleuve, ce qui, par la chaleur, produit des miasmes spéciaux ; et c'est de là qu'il est venu jusqu'à nous (2). La fièvre typhoïde se développe dans les

(1) Alibert, Revue médicale, 1833, p. 67.

(2) Voyez Desnos, Nouveau Diclionnaire de médecine et do chirurgie pratiques. Paris

! 1867, t. article Choléra. — Griesinger, Traité des maladies infectieuses, trad par ■ G. Lemattre. Paris, 1868.

«franclcs villes et dans les collèges par le fait des iiiiasincs nés de l'enlassenient. Il en esl de même des ophlhalniies purulentes, des lièvres puerpérales, des érysipèles, de la dysenterie, de la pourriture d'hôpital, dont les germes invisibles sont répandus dans l'atmosphère, etc. Le typhus des camps et des armées est la conséquence nécessaire et fatale de l'agglonjération de trop grandes masses d'hommes dans un lieu rétréci, bien qu'il soit à ciel ouvert.

Les épidémies se développent souvent dans les temps de disette, de mauvaise qualité des grains, des viandes, de l'eau, et dans les temps de misère. Cela se comprend : l'action dépressive d'une nourriture insuffisante ou de mauvaise qualité, des soulTrances causées par les privations de feu, de vêtements, etc., est la porte ouverte aux influences épidémiqucs. Elles se développent alors de préférence à la lin de l'hiver et au printemps qui succèdent à la n)oisson qui a manqué. Si les épidémies sont aujourd'hui moins fréquentes et moins meurtrières, qu'au moyen âge, nous le devons au progrès de la civilisation, de la culture, de la salubrité des logements des villes et. de l'aisance devenue plus générale. De nos jours encore, lorsqu'une épidémie fait ses ravages à Paris, c'est parmi les gens du peuple, et entre eux, parmi les plus misérables, qu'elle

fait le plus de victimes.

C'est à la mauvaise qualité de l'alimentation par des céréales avariées qu'il faut rapporter, soit les épidémies iVergotisîne produites par le pain rempli d'ergot de seigle; soit les épidémies d'aaW2/n<e observées à Paris en 1829; les endémies de pellagre sous l'inQuence du blé ou du maïs verderamé ; enfin les épidémies de scorbut du siècle dernier, par le fait d'aliments salés ou par la privation de végétaux frais.

Il y a enfin des épidémies d'une nature particulière, caractérisées exclusivement par des troubles nerveux, et qui sont engendrées par l'imitation ou par l'impression des émanations névrosiques d'individus malades sur un grand nombre de personnes. C'est ainsi que se propagent quelquefois les affections convulsives, l'hystérie, la contracture, la folie, etc. L'épidémie de suicide des filles de Milet; celle de possession des religieuses de Louduu, au dix-septième siècle ; celle des convulsionnaires du cimetière Saint-Médard, n'ont pas d'autre origine. Il en esl de même des épidémies de chorée observées en Westphalie; de répidémiede mélancolie hystérique observée par ^Yerlhof eu 1733, et de l'affection hypocliondriaque décrite par Tissot en 1776.

Si les épidémies naissent d'une influence morbifique occulte, qui est probablement une altération de l'atmosphère par des germes invisibles, elles se propagent directement par les émanations spécifiques des malades. Ces émanations se répandent au loin, s'ajoulent h l'altération primitive de l'atmosphère, et il en résulte un foyer épidémique ou foyer d'infection qui augmente rmtensile de l'épidémie ; et cela est si vrai, qu'il suflil quelquefois de disperser les malade, dans la campagne, à de grandes dislances, pour diluer le poison dans l'atmosnhère et le rendre inollènsif. Chaque jour, on voit ce moyeu fau-e disparaître une épidémie. AiUeurs, les épidémies se propagent directement et a courte distance, par contact direct, ou par contact indirect, au moyen d'objeis ajaui

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