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SPÉCIFICITÉ INDIVIDUELLE

La spécificité mot^bide individuelle est la résultante de l'idiosyncrasie des sujets ou spécificité physiologique, et de l'action des agents morbifiques et curatifs. C'est quelque chose d'analogue h la prédisposition. Chaque individu malade a sa manière de souffrir et de réagir distincte de celle de son voisin affecté de la même maladie, et il m'a toujours paru impossible de traiter les malades d'une même espèce comme des unités de même nature, qu'on peut additionner, soustraire, multiplier et diviser dans un tableau de statistique. Il n'y a pas d'unité morbide, et, partant, pas d'addition possible des cas morbides, en vue d'une application thérapeutique précise. On ne trouve en pratique que des individus malades, et c'est à l'occasion de chacun d'eux, c'est-à-dire de leur spécificité individuelle, qu'il faut appliquer les ressources générales de la médecine. Comme l'a dit Requin (1), c'est peut-être chose à jamais impossible que deux cas de maladie aient entre eux une similitude absolue. Cela ne se voit pas dans l'infinie variété des maladies qui affligent les divers individus, pas plus qu'on ne voit deux animaux de la même race, deux feuilles du même végétal, se ressembler au point d'avoir une parfaite conformité. Sur chaque individu, chaque cas de maladie présente ses particularités, ses traits distinctifs et philosophiquement sa spécificité propre. C'est un principe qu'il ne faut jamais oublier, et qui seul, au lit des malades, fait le grand médecin. Que, pour les besoins de l'étude et de la nosographie, on fasse des groupes morbides fondés sur des ressemblances particulières ; que 'on crée des abstractions désignées sous le nom de maladie, rien de mieux, si 'on ne perd pas de vue que ces descriptions symptomatiques, purement approxunatives, ne sont jamais conformes au tableau de la spécificité individuelle aux prises avec ce que l'on appelle la maladie.

Ainsi chaque individu ressent à sa manière les causes morbifiques, et, une fois sous le coup de la maladie, il réagit contre les troubles organiques et dynamiques du mal d'une façon particulière, en sa qualité d'être vivant, et d'après sa spécificité individuelle. Chez lui, tout, dans la marche des accidents, dans leur durée, dans leur terminaison et dans l'action curative des remèdes, est

(1) Requin, Éléments de pathologie. Paris, 1843, l. 1, [). 19.

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régi par co fait principal. Lors même que la maladie est de nature spécifique, et^éclaine un iraiiement du même genre, la spécificité individuelle ne fait pas défaut, et elle se manifeste par l'aide ou la résistance qu'elle apporte k une terminaison favorable.

Je citerai comme exemples, l'action du froid et de l'immidité qui déterminent souvent, mais non pas toujours, des phlegmasies ; riniluencc du refroidissement des pieds sur la menstruation qui en est quelquefois suspendue; l'action du miasme cholérique et des autres miasmes qui ne frappent pas tout le monde à la fois, et qui agissent d'une façon plus ou moins dangereuse suivant les individus, etc.

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