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SPÉCIFICITÉ

Chomel, etc., et dans tous les traités de pathologie, d'une manière accidentelle, à l'occasion de chacune des maladies ou des médications aujourd hui considérées par tout le monde comme ayant quelque chose de spécifique.

La spécificité (de speciem, espèce; facere, faire), appliquée aux choses de a médecine, indique en elles une propriété, une qualité, une nature ou une vertu propres, qui en font des espèces distinctes au milieu d'espèces semblables dans un même genre et dans une même classe. Elle permet de distinguer des causes ou des espèces morbides, qu'on pourrait facileiïiént confondre, et elle caracletérise tel ou tel ordre de médicaments stimulants propres d'un organe, ou seulement curatifs d'une maladie. La spécificilé est ce qui fait Vespece en particulier, au milieu de Vespèce en générai, en vertu de qualités inconnues, et si elle s'applique surtout à des phénomènes d'une nature mystérieuse et occulte, c'est que jusqu'ici il a été assez facile de caractériser les espèces morbides vu gaires que tout le monde a pii distinguer. Mais, lorsque, poussée plus loin, la science a eu à briser des groupes nosographiques que l'on s'était habitué a regarder comme simples et unitaires, il a fallu démontrer que les distinctions nouvelles reposaient sur quelque chose de réel et de spécifique, c'est-à-dire sar une qualité capable de faire espèce. Or, ce qui ii'àvait pas été vu, faute d'évidence, devait offrir quelque chose de difficile et d'obscur, et la spécificité s'est trouvée dans ce cas, et presque toujours relative à des qualités occultes des phénomènes morbides. Ainsi les angines, les laryngites, jadis considérées comme des inflammations simples de la gorge ou du larynx, se présentent sous des formes différentes, engendrées par le scrofulisme, la diphthérie, le syphilisme, la morve, etc., et forment des angines ou des laryngites spécifiques de nature scrofuleuse, diphthérique, syphilitiiiue, morveuse, etc. La pneumonie, jadis unitaire, s'offre à l'observateur sous des formes variées, dues à la présence d'une cause spécifique; exemple : la pneumonie catarrhale, la pneumonie librineuse, la pneumonie gangréneuse, la pneumonie lobulaire de la diathèse purulente. La péritonite n'est pas toujours de même nature et peut offrir dans sa forme, dans sa marche, dans sa durée et dans sès terminaisons des différences en rapport avec les causes qui lui ont donné naissance : telles sont les péritonites tuherculeuse et puerpémle. Les névralgies et les paralysies, dans lesquelles il y en a d'organiques ou de dynamiques; et, parmi ces dernières, un grand nombre d'espèces désignées sous le nom de chloro-anémiques, saturnines, syphilitiques, goutteuses, etc., constituent autant de paralysies et de névralgies spécifiques. Au temps du systématique Broussais, l'irritation, l'inflammation étaient la cause de toutes les maladies, et une médication antiphlogistique unique leur était généralement appliquée. Il a suffi de faire voir que toute inflammation se distingue de sa voisine par une nature propre, spécifique^ pour entraîner la chute de cl= système dichotomique, et apprendre à ceux qui l'ignoraient qu'il vaut quelquefois mieux recourir à une cuillerée de vin ou à Une dose déterminée de quinine, plutôt qu'à la saignée, pour guérir telle ou telle espèce d'inflammation.

La spécificité ne révèle pas la nature du mal, mais elle en indique l'espèce

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pariiculière, et, une fois spécifiée, il n'y a pas de confusion possible avec les espèces voisines. Elle coiuliiit à la recherche d'une médication spécifique, et elle empêche (|u'ou ne perde un temps précieux à faire celle triste médecine de symptômes tant glorifiée des micrologues et des organiciens exclusifs.

La spécificité morbide peut être étudiée dans l'individu et hors de lui, dans les causes morbifiques qui l'entourent, dans les caractères nosologiques et dans les divers agents de la matière médicale : ce sont les spécificités individuelle et thérapeutique dont je vais parler,

ARTICLE PREMIER

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