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SPÉCIFICITÉ. — SPÉCIFICITÉ PATHOGÉNIQUE

pliis opiniâtres clans les pays chauds que dans les contrées froides? Autant de questions qui se reproduisent sous une autre forme à propD^ de toutes les maladies douées de spécificité et que la différence d'activité du spécifique et de la résistance individuelle peut seule résoudre d'une manière satisfaisante. On sait qu'au début de certaines épidémies, l'énergie de la cause spécifique es tellement terrible qu'elle occasionne la mort de tous ceux clu'elle atteint, tandis qu à son déclin la même cause spécifique épargne la vie du plu^ grand nombre de ses vlciimés — Dans le choléra de 1S32, pendant la première semaine, tout le monde a succombé, et dans la dernière, au contraire, lâ plupart des malades ont "uéri et le mot de cholérine, diminutif de choléra, a été imagine pour désig'iier la maladie produite par la diminution d'cilergie dû miasme cholérique. — C'est l'histoire de toutes les maladies contagieuses et infectieuses virulentes et miasmatiques. La preuve d'ailleurs que la spécificité a ses degrés, c'est qu'aii temps de l'inoculation variolique, avant la vaccine, on sè préservait de la variole en se donnant, après une préparation spéciale et par inoculation, une variole bénigne qui ne laissait pas de grandes traces, et garantissait dans l"àVeriir d'uné variole grave, en donnant l'immunité. Le fait est refconliu depuis longtemps, et les vétérinaires le mettent encore en pratique pour l'iiidculation du claveaù, de la péripneumonic des bêtes bovines, etc.

Les maladies spécifiques sont quelquefois contagieuses, exemple : le^ spédhques virulentes et quelques maladies diathésiques et miasmatiques; infectieuses, exemple : les maladies spécifiques miasmatiques et effluviques ; indi'uiduelles, exemple : les maladies spécifiques toxiques et venimeuses, et à leur occasion se présentent toutes les questions de contagion, d'infection, d'immunité naturelle ou acquise, que soulèvent ces conditions de développement des maladies dont l'exposition a été faite précédemment avec détails.

Les maladies spécifiques sont toutes des maladies générales, et je ne saurais comprendre qu'il en soit autrement. 11 n'y a pas de spécificité locale. Lors même qu'une maladie spécifique paraît être localisée sur un seul point de l'économie, dans un tissu ou dans un organe, comme le sont la grippe, la goutte, la névralgie, l'angine, l'ophthalmie purulente, etc., la maladie n'en est pas moins une affection générale, dont la manifestation unique est localisée sur un seiil point. Ce n'est pas la multiplicité des lésions matérielles ou des troubles dynamiques qui révèle l'existence d'une maladie générale, c'est le mode d'action des causes morbifiques.

Est-ce que les médicaments spécifiques, qui exercent leur actioh sur un seul organe, n'agissent pas en liiême temps sur toute l'économie? Est-ce que le mercure, qui ulcère les gencives ; le phosphore, qui iiécrose les os maxillaires ; l'aloès, qui enflamme le rectum; le plomb, qui paralyse les extenseurs des doigts, etc., ne sont pas des causes spécifiques générales, bien que leur manifestation soit très-locale et circonscrite en un tissu ou un appareil d'organes? Il est tout aussi impossible de faire de ces agents spécifiques des moyens locaux qu'il est impossible de considérer les affections spécifiques bornées à un seul tissu extérieur comme de simples maladies locales. Le fait thérapeutique jette

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ici une grande lumière sur le fait nosoj^rapliique laissé dans l'ombre par la plupart des pathologistes.

ARTICLE Iir.

SPÉCIFICITÉ THÉlUPEUTinUlî.

La spécificité thérnpeutique est la qualité essentielle d'une substance propre à guérir une maladie ou h modifier les fonctions d'un tissu. C'est un fait qui domine la matière médicale, et qui est la base de toute la médecine. Sans sa connaissance, point de pratique, car il est impossible d'employer avec discernement des remèdes dont on ignore les propriétés spécifiques. Jadis la recherche des spécifiques s'appelait la recherche des antidotes, dont l'action est précisément de neutraliser une action vénéneuse morbifique ; mais ce mot a été abandonné et on ne l'emploie plus ([ue comme synonyme de contre -poison.

La spécificité thérapeutique, depuis longtemps connue, a révélé à l'homme les faits les plus curieux qu'il lui soit donné de provoquer et d'observer sur lui-même pour établir sa personnalité. Lui montrer les phénomènes constants et variés dont son organisation est le théâtre, sous l'influence d'une sul> stance particulière, c'était lui indiquer à la fois dans cette substance et dans son organisation une manière d'être spéciale, une vertu propre qui spécifie l'une et l'autre. Il l'a compris, et de ce fait il a dû logiquement remonter plus haut, pour reconnaître les qualités propres de toutes les substances simples et de chaque individu vivant mis en rapjiort avec ces substances. C'est ainsi que la spécificité de la matière a fait découvrir à la fois la spécificité des êtres et celle des troubles de leur organisation aux prises avec les agents spécifiques.

En observant avec soin l'action des divers agents thérapeutiques sur l'homme, on découvre vite qu'il en est dont l'action se révèle par des manifestations circonscrites à un tissu, ou à des tissus de même nature; à des organes particuliers ou à un système d'organes. L'impression qu'ils produisent sur l'organisme se transforme en modification organique particulière d'une partie de système. Ce sont les spécifiques d'organes. Leur nombre est grand, et, à ne citer que ceux d'une action incontestable, la liste serait très-longue. L'action de l'alcool sur le cerveau et sur le développement du tremblement musculaire et de la folie; celle du plomb sur la production des paralysies des intestins, des muscles extenseurs de la main et du cerveau; celle du mercure sur le développement de la phlegmasie des gencives, des glandes salivaires et sur le tremblement des muscles; celle des cantharides sur la vessie et sur les reins; celle de l'ergot de seigle sur la production de la gangrène des membres; de l'aloès sur l'inflammation du rectum ; de l'opium sur la congestion du cerveau et le resserrement de la pupille; de la belladone sur l'affaiblissement de la contractilité musculaire et sur la dilatation de la pupille ; de la strychnine sur le développement des convulsions; de l'iode sur l'atrophie des glandes; de la digitale sur la contractdite du cœur; du chromatc de potasse sur la perforation de la cloison nasale, etc., prouvent cette spécificité thérapeutique d'organes dans laquelle on voit des substances médicamenteuses, prises à l'intérieur, réagir au dehorè et manifester

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