‹ Nouveaux éléments de pathologie générale et de séméiologieChapitre 68 sur 439 · SPÉCIFICITÉ. — SPÉCIFICITÉ THÉRAPEUTIQUE · texte numérisé non relu

SPÉCIFICITÉ. — SPÉCIFICITÉ THÉRAPEUTIQUE

leur présence par la fluxion sanguine ou rinflammation des tissus, parla surexcitation de la force nerveuse d'un organe, par la production de convulsions et de paralysies variées, etc. Tous ces phénomènes sont connus depn.s longtemps, et je n'ai pas à y insister avec plus de détails. En les reproduisant, j ai voulu faire comprendre leur importance et montrer la place qu'ils doivent occuper

dans l'esprit du lecteur. . , . , „

Une autre forme de la spécificité thérapeutique, la plus importante, et celle, malheureusement, dont nous avons le moins d'exemples, c'est la spécificité de tel ou tel agent de la matière médicale vis-h-vis d'une maladie déterminée. Il y a dos agents thérapeutiques dont l'impression sur l'homme modifie et fait disparaître proraptement el sûrement la constitution morbide que font naître certaines impressions niorbifiques. Leur impression se transforme en réaction ou vertu curative, et la maladie ne tarde pas à disparaître. Ce sont les spécifiques des maladies. Leur nombre n'est pas considérable, mais, si restreint qu'il soit, il prouve victorieusement la possibilité de guérir empiriquement, par des moyens irrationnels, occultes même, des maladies graves et redoutables dont on ne peut guère se débarrasser sans eux. Parmi ces spécifiques, les uns jouissent sans contestation de leur titre, mais il eu est d'autres sur lesquels tout le monde n'est pas d'accord. Ceci n'est qu'une affaire de temps et d'expérience. Par cela même qu'il existe un seul spécifique, on peut être assuré qu'il en existe d'autres. Honneur à qui pourra les découvrir! — V ammoniaque qm{ le spécifique de l'ivresse, c'est-à-dire de l'alcoolisme aigu.— La quinine est le spécifique des impressions effluviques, c'est-à-dire des maladies paludéennes, quelle que soit la forme sous laquelle elles se montrent. — La belladone est le spécifique de la scarlatine dans un foyer d'épidémie avant l'impression morbifique de l'agent contagieux. Il en est de même du soufi^e dans la rougeole. — La vératriiie et le sulfate de quinine sont des spécifiques du rhunialisme articulaire aigu. — L'iode est un spécifique de la scrofule et des maladies scrofuleuses ; — le mercure et Viodure de potassium sont des spécifiques du syphilisme et de ses manifestations primitives, secondaires et tertiaires; — le fer esl un spécifique de la chlorose ; — l'arsenic guérit le psoriasis; — le vaccin est le spécifique de la variole; — Vergot de seigle, par son action sur l'utérus, est un spécifique des hémorrhagies utérines ; — le seme7i contra est un remède certain contrôles oxyures et les lombrics, tandis que Vécorce de grenadier ou le kousso sont les spécifiques du ténia ; — les cantliarides contre l'impuissance ; etc.

Je ne mentionnerai que d'une manière accessoire aux spécifiques des maladies les inoculations prophylactiques d'agents spécifiques et la médication caustique qu'on leur oppose quelquefois. Dans le premier cas, on se préserve d'une maladie spécifique en se la donnant à faible dose, sous l'inspiration de l'art qui comprime et règle ce mal, qu'il a fait naître dans le but de produire l'immunité. Dans le second, le caustique prophylactique détruit les germes de la maladie sur place, avant que l'impression morbifique ait eu le temps de se produire, et, si elle guérit, c'est d'une façon presque mécanique, comme aurait pu faire l'ablation de la partie infectée. Ce ne sont pas là des médications spécifiques.

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