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CONSTITUTION DE LA MAL4DIE. — DOULEUR

pendant de touie lésion somatique, et ailleurs, au contraire, il est excité par une altération de ce genre devenne cause morbif.que à son tour. La fièvre de a composition littéraire, de l'ambition, de l'envie, du pla.s.r, la f.evre de la fatigue musculaire, la fièvre éphémère, la fièvre des maladies essentielles et pérLliques sont des troubles dynamiques de la circulation, préalables a toute lésion matérielle du corps. Ici l'impression morale, ailleurs l'excès d'exercice et l'impression miasmatique ou effluvique, ont produit ce trouble passager dans un cas continu ou intermittent dans l'autre, et les altérations organiques sont alors absolument secondaires. Ainsi, dans la variole, la fièvre intense qui signale l'invasion des accidents disparaît lorsque l'éruption est accomplie, et elle ne revient qu'au moment où elle se trouve excitée par le travail local de la suppuration des pustules. N'est-ce pas là une fièvre primaire essentielle à laquelle succède une fièvre secondaire symptomatique, même dans les cas où la fièvre paraît dépendre d'une lésion organique et semble intimement liée à cette lésion, dont elle suit les degrés par des variations proportionnelles ?

Je ne suis pas sûr que l'élément morbide, fièvre, ne puisse pas être abstrait de la lésion organique. En effet, parmi les inflammations locales ordinairement accompagnées de fièvre, combien se présentent à nous sans offrir cet élément morbide ! Je n'en veux citer qu'un petit nombre d'exemples : la pneumonie des vieillards, certaines pleurésies considérables chez l'adulte, certaines inflammations de l'intestin, etc. La fièvre existe donc comme élément morbide unique ou associé à d'autres éléments morbides, dans les cas de lésions de structure du corps.

§ s. — nonicur.

La douleur est un élément morbide qui est souvent symptomatique de lésions organiques intéressant les nerfs ; mais, en d'autres cas, elle se développe sans qu'il soit possible d'en découvrir la cause anatomique. Elle est alors idiopathique, et forme l'élément spécial de la maladie. Un grand nombre de névralgies, le tic douloureux, la gastrodynie, le clou hystérique, les élancements aigus, et les mille douleurs des nervosiques ou des hypochondriaques, la migraine, etc., sont dans ce cas et ne résultent pas toujours d'altération matérielle des nerfs. En voici un exemple très-remarquable dont la mort a été la conséquence.

Observation. — Une jeune femme de vingt-trois ans, bien réglée, un peu constipée, entra, le 12 octobre 1857, à l'Hôlel-Dieu, dans le service de clinique auquel j'étais allaché. — Elle était malade depuis cinq jours, et souffrait de vives douleurs dans tous les membres et dans les lombes, sans fièvre. — C'étaient des cris aio-us sans interruption, troublant le repos de tous les malades voisins. — Un purgatif, des préparations calmantes, furent administrés. Cela ne diminua pas les douleurs. On fil une saignée, qui ne produisit pas meilleur effet; les cris continuaient toujours. Enfin, sous l'intluence de l'efforL continu dû à des cris incessants ne laissant aucune trêve, il se fit des hémorrhagies a la peau sous forme de puerpéra très-confluent une hémorrhagie utérine, et la malade succomba au bout de deux jours.

A l'auJopsie, on ne trouva aucune lésion du cerveau, des poumons ou du cœur • rien de particulier dans les intestins ou dans les viscères du ventre. Il n'y avait

que l'ulérus qui fût un peu plus volumineux que de coutume ; mais son tissu ne présentait pas d'altération.

Dans les cas même où les viscères sont malades; quand le tissu nerveux est désorganisé, quanti une pierre distend les calices du rein, quand e périoste est malade, pourquoi les douleurs sont-elles intermittentes, viennent-elles seulement toutes les nuits, ou tous les mois, et aux intervalles les plus varias? C'est que la douleur n'est pas nécessairement produite par ces altérations, et qu'il y a d'autres conditions nécessaires à son développement. Elle disparaît, sous une influence morale, comme l'odontalgie en présence du dentiste; sous une impression douloureuse plus forte, comme la sciatique par la cautérisation du lobule de l'oreille par le fer rouge ; par de simples applications d'armure* métalliques; enfin par le traitement narcotique au moyen des opiacés, de la jusquiarae, de la belladone, etc.

§ a. — Spasme.

Le spasme est un élément qui constitue à lui seul plusieurs états morbides, suivant le tissu où il se montre, et qui accompagne, en assez grand nombre, d'autres maladies de nature différente. C'est la conséquence d'une susceptibilité très-grande du système nerveux, et il s'observe souvent chez les femmes, les enfants, chez les hommes hypochondriaques et chez les convalescents, dont le sang est appauvri. Caractérisé par le tiraillement et la contraction tonique et clonique des tissus, depois le simple mouvement fibrillaire jusqu'à la convulsion la plus évidente, il existe à l'état d'élément morbide essentiel dans les étouffements que présentent certaines femmes, dans l'agacement du caractère devenu très-irritable; dans l'épilepsie, l'hystérie, la catalepsie, le tétanos, le trismus, l'éclampsie, la chorée, le tic non douloureux, l'asthme, la coqueluche, le faux croup, les palpitations, la toux nerveuse, le choléra, etc. ; mais on le trouve aussi comme élément surajouté à d'autres maladies du système nerveux, dans la névrite, la méningite, l'inflammation du cerveau, de la moelle, etc. Il cesse souvent par l'action des toniques, des ferrugineux, des opiacés, des antispasmodiques, des révulsifs, par les armures métalliques, les plaques aimantées, etc.

§ 4. — Élément catarrlinl.

L'élément catarrhal est un élément assez commun, qui se montre surtout chez les enfants et les vieillards, au printemps et à l'automne, concurremment avec les inflammations, dont il modifie le caractère, la forme, la durée et le traitement. Aussi, pour désigner la présence de cet élément, dit-on : les inflammations catarrhalcs, quand il s'agit de l'état aigu ; et le catarrhe, à l'occasion des flux chroniques des muqueuses. On l'observe aussi dans le cours du riiumatisme, de certaines fièvres éruptives, el, en particulier, de la scarialine et de la rougeole. Il est caractérisé par la présence d'un état inflammatoire donnant lieu à des lésions anatomiqucs sans plasticité, fournissant un pus mal formé, plutôt

CONSTITUTION DE LA MALADIIÎ. — ÉLÉMENT ADYNAMIQUE. 269

du mucus que du pus. II y a des ophilialmies, des pneumonies, des entérites catarrhales. Toutes les phlcgmasies peuvent oirrir ce caractère, et, chose remarquable, les émissions sanguines ne réussissent pas, ou réussissent moins iiien contre elles que les vomitifs, les purgatifs et les révulsifs cutanés.

§ 5. — Ûlciucnt innaiiiuiiUoirc.

L'élément inflammatoire, caractérisé par la chaleur vive de la peau, la rougeur excessive du visage, la turgescence considérable des tissus, la force, la fréquence et la plénitude du pouls, accompagne ordinairement les inflammations viscérales et membraneuses; mais sa présence n'a rien de constant, et l'ouest quelquefois fort longtemps avant de l'observer. Il se développe surtout dans le cours des maladies des sujets jeunes et pléthoriques, ainsi que dans certaines formes de la fièvre typhoïde. Il réclame l'emploi des boissons acidulées, de la diète et de la saignée.

§ 6. — Élément flnxionnaire.

Vélément fluxionnaire, admis par Barthez et par les disciples de l'École de Montpellier, est assez difficile à caractériser. Ce n'est pas l'élément inflammatoire ni l'inflammation; c'est un trouble moindre, qui rappelle un peu ce que nous entendons d'ailleurs par congestion active. Ainsi, pour Barthez (1), la fluxion est un mouvement qui porte le sang ou une autre humeur vers un organe particulier avec plus de force, suivant un autre ordre que dans l'état naturel. Elle peut être locale ou générale, et se développer directement ou par sympathie. En ce cas, la partie qui détermine la fluxion sur un lieu plus ou moins éloigné, comme dans l'utérus malade qui entraîne la fluxron de la mamelle, est appelée le pars mandans, et celle sur laquelle s'opère la fluxion, le pars recipiens. La fluxion est ordinairement sanguine, et s'ellectue sur les principaux viscères; mais elle peut être, dit-on, séreuse, purulente, et former les flux de l'intestin, des bronches, etc. Ce sont là des observations à vérifier.

§ — Élément ndynamiqne.

L'élément faiblesse, ou état adynamique, accompagne un grand nombre de maladies, et surtout les fièvres graves. Caractérisé dans quelques cas par le manque d'énergie de toutes les fonctions, la lenteur des mouvements, l'imperfection de l'hématose, la fatigue musculaire et l'afl-aiblissement intellectuel, il se présente ailleurs avec un ensemble de phénomènes bien autrement graves : stupeur, abattement, hébétude, résolution des membres, ralentissement de la circulation capillaire et des mouvements respiratoires, faiblesse et dicrotisme du pouls délire, pétéchies, hémorrhagies nasales et intestinales, voilà les principaux phénomènes de la véritable adynamie (2).

(1) Barthez, Des (luxions, 1816, p. 3.

(2) Voyez deuxième partie, Sémiotique, arl. Adynamie.

g 8. — Élément niulin.

La malignité esl un élément morbide qui s'ajoute h un très-grand nombre de maladies d'une marche régulière, pour eu modilier les caractères, les périodes et le pronostic. Sa présence les rend tout à coup excessivement graves, sans qu'on en sache la raison. Il se rencontre surtout dans les maladies des membranes muqueuses, et dans les fièvres de toute espèce, typhoïdes, éru|)tives ou autres.

§ O. — ïllémcnt ataxlque.

Vataxie est un élément morbide caractérisé par le désordre aigu de l'intelliaence en délire et des mouvements musculaires mal régularisés, tels que le tremblement des mâchoires, des mains, de la langue, les soubresauts des tendons, etc. Il se rapproche et se confond souvent avec l'élément adynamique, sous le nom à' ataxo-adynamie.

§ tO. — Élément périodique.

Vêlement périodique surajouté aux maladies produit, dans ses phénomènes, une intermittence régulière ou irrégulière des plus curieuses. Les maladies paraissent alors sous forme de paroxysmes séparés par des intervalles plus ou moins longs de bien-être complet, ou elles présentent des paroxysmes violents au milieu de symptômes modérés. Ces paroxysmes reviennent, suivant les maladies, tous les jours, tous les deux, trois, quatre ou cinq jours, plusieurs ois par j^ur, tous les mois, et ainsi de suite. Toutes les fois que l'analyse fa.t découvrir cet élément, et on l'observe dans les névroses, les névralgies, les hémorrhagies; les rhumatismes, certaines fièvres et les inflammations, il faut le combattre par les amers, les toniques et les préparations de qumqmna, qm en font généralement prompte justice. Il n'y a pas jusqu à la pneumonie qui, dans les pays de fièvres, ne se présente quelquefois sous forme mtermittente et ne guérisse par l'action salutaire du sulfate de qumine.

§ **. — Élément spéclOque.

Les élément, spécifiques sont trop variés dans leur nature et en trop grami . nombre pour être de nouveau signalés, dans cet endroit, à l'attent.on du lec teun ôuT s'agisse des spécifiques virulents, z,j,nottques, mtasmm,ques. purulents, clftumqL, toxiques, leur ituportance est la même, et je reuvo.e ;ourirra!de, \ ce que j'ai déjà dit de la spécificité et des nMes spcdfmes Je rappellerai seulement que, dans certaines maladies (ébnies, dans clS es névr^s, dans quelques inflammations, etc., qui ont une man.fesu,tiorextérieùre semblable, la présence d'un élément spécifqne joue un tre - Tnd rteet en change complètement la marche, le pronostic et le tra'teme . Sn"?i tpP^se une inflammation des amygdales : sans élément spéc.r.que e gTé a ra,*ment, par les n.oi ens les plus simples ; avec une SP^^^ ve« ou syphiUtique, elle ne guérira pas, ou ne guénra que sous Imflocnce

CONSTITUTION DE LA MALADIE. — ÉLÉMENTS ORGANIQUES. "271 d'un seul remède,, le mercure. Connaître la spécialité d'une maladie, savoir qu'elle est causée par tel virus, tel miasme ou tel venin, c'est avoir trouvé sa nature, résultat immense, qui décide la pratique du médecin, et, comme dans beaucoup de maladies il y a un élément spécifique caché, il faut toujours s'appliquer à le découvrir,

§ 1%. — Eléments (lia(héfiii<|UCN.

Les éléments diathésiques se rapprochent et se confondent, en certains points, avec les éléments spécifiques. Ils sont très-nombreux, comme on pourra le voir en consultant le chapitre consacré aux diathèses (1), et ils ont une part très-considérable dans le développement, la marche et le traitement des maladies qu'ils accompagnent. Les éléments scrofuleux, herpétique, cancéreux, rhumatismal, goutteux, et tous les autres éléments diathésiques, donnent aux maladies une physionomie spéciale, que l'analyse et l'observation permettent de reconnaître assez facilement. J'ai déjà indiqué tous ces faits, et il me paraît inutile d'y revenir.

§ 13. — Habitude.

L'habitude est une influence morbifique dont j'ai fait connaître l'importance à propos de l'étiologie (2), et qui peut, d'après Fr. Bérard, jouer le rôle d'élément morbide. C'est quelquefois vrai. Ainsi une maladie dont la cause bien connue est détruite, se prolonge indéfiniment par cela seul qu'elle a din'é très-longtemps, exemple : les névralgies, une migraine provoquée par l'asphyxie, etc. L'économie a une grande tendance à reproduire les actes dynamiques qu'elle s'est habituée à accomplir. Tout le monde connaît l'histoire de Brachet (de Lyon), qui, s'étant baigné huit jours de suite à minuit dans la Saône, pour se donner un accès de fièvre artificiel, eut, le neuvième jour, sans bain nocturne, un même accès de fièvre avec sueur abondante. Que de gastralgiques soulTrent par habitude, et, parmi ceux qui ne peuvent avaler que de l'eau de gomme, combien digèrent quelquefois très-bien, lorsqu'on les y force pour les guérir, plusieurs côtelettes grillées ! L'habitude de ne pas aller à la garde-robe quand cela est nécessaire rend souvent malade, et provoque une colite chronique dont on guérit en prenant l'habitude opposée. Quelque contestable et limitée que soit l'action de l'élément habitude dans la forme des maladies, il y a cependant là quelque chose de réel dont l'analyse clinique oblige à tenir compte.

ARTICLE li ÉLÉMENTS ORGANIQUES.

Les éléments morbides organiques sont laissés dans l'ombre et complètement méconnus par les médecins de l'École de Montpellier; sauf F. Bérard (3), qui

(1) Voyez p. 238.

(2) Voyez p. 67.

(3) F. Bérard, Dict, des sciences médirales. Pari% ISIô, I. XI, p. 33:5, art. Élément.

272 PATHOLOGIE GliNÉRA.LK.

a justemeiil considéré les corps étrangers nalurellemenl développés dans les tissus ou venus du dehors, et les solutions de continuité, comme des éléments constitutifs de la maladie, la plupart s'en tiennent à la considération pure et simple des éléments morl^ides formant ce ([u'ils a|)pellent une aiïeclion essentielle : l'état dynamique, par exemple. Alquié (1) et Quissac (2) ne parlent pas plus des éléments organiques que s'ils n'existaient pas, de sorte qu'il y a, pour ces médecins et tous ceux (jui partagent leurs opinions, deux sortes de maladies, les unes avec éléments et les autres sans éléments morbides. Je n'accepte pas cette manière d'établir la constitution de la maladie, et, par cela même qu'on entre dans la voie féconde de l'analyse clinique, il faut que tous les faits et toutes les maladies décomposées par elle donnent et fournissent leurs élémentij constitutifs à la masse commune. Gomme Forget (3), je repousse celte défmition de l'élément qui en fait une affection essentielle et abstraite, et, à mon point de vue, j'appelle élément la partie ou les parties qui composent le tout. Or il y a dans les maladies des éléments dynamiques ; je les ai signalés, mais il y a aussi des éléments organiques qui jouent un très-grand rôle dans la production d'accidents dynamiques et mécaniques; ces éléments sont quelquefois des effets je le veux bien, mais, devenus cause à leur tour, ils sont l'élément prmcipal d'accidents nouveaux qu'on ne peut guérir qu'après avoir tenu de leur cause le compte nécessaire. Si la doctrine des éléments morbides est bonne, comme je le crois, c'est à la condition de s'appliquer à tout, et non à moitié de la pathologie. Or, n'accepter pour éléments morbides que des affections essentielles c'est la détourner de son but et ne pas l'employer à établir la constitution de la maladie. En effet, si, prenant pour exemple une maladie caractérisée nar l'anxiété, la petitesse du pouls, les vomissements stercoraux, l'absence de L-de-robe, et produite, je suppose, par une bride péritonéale, suite d une ancienne phlegmasie du péritoine, ou par un rein mobile, ou par un ileus ou nar un paquet d'ascarides, ou par un entérolithe, ou par une petite hernie dans le trou obturateur, je cherche en vain un élément morbide dynamique, ou une affection essentielle je n'y vois qu'un obstacle mécanique au cours des >Batieres et ie dis que c'est là l'élément morbide principal, si important, qu il fera pérn r ndivddu si on ne le peut faire disparaître. Or, à faire l'analyse des éléments d cl m^ar d'après la doctrine de M. Quissac, il n'y aurait pas là d'élément morbide appréciable, puisque les élémenis organiques n^y ont aucune part Cette manière de voir est insoutenable et ne résiste pas à l'analyse clinique. La mahd e q e j'ai prise pour exemple a ses éléments morbides comme toutes les r^l^s et entre'eux, le corps étranger, ou l'obstacle, doit occuper une place

'ri:.:- Organiques d'une maladie, c'est-à-dire les lésions organiques,

(1) Alquié, Trailà émenlaire de pathologie, d'après la doctrine de MoMpelUer.

Montpellier, 1853-56.

(2 Quissac, De Jadoclrine des eidmants. Montpellier, 18o7

(3) Forget, Principes de thérapeutique. Pans, 1860.

CONSTITUTION DE LA MALADlli. — ÉLÉMENTS MORBIDES. 21?)

ne sont très-souveut que les effets du trouble des forces de la vie ; mais, dans ces cas mêmes, bien qu'éléments secondaires, ils jouent le rôle d'éléments principaux vis-à-vis de phénomènes morbides dont ils sont la cause immédiate. Ainsi la pneumatose intestinale des fièvres graves est un effet de l'élément ataxo-adynamique, mais h son tour, d'une manière mécanique, en refoulant en haut le diaphragme, il est l'élément de l'asphyxie qui va précipiter la fin du malade. L'hémorrhagie du scorbut amène l'anémie, qui engendre l'état nerveux, le spasme et les névralgies. L'élément inflammatoire produit un abcès qui devient putride, et cette putridité produit une résorption qui amène la mort, etc. D'une manière générale, les éléments organiques produisent des effets qui peuvent devenir causes à leur tour et former des états morbides successifs et complexes très-graves.

Parmi les éléments organiques, les uns ont pour siège le sang et les humeurs, et les autres occupent les solides.

Anémie.

L'anémie est un élément morbide constitué par l'insuffisance et l'appauvrissement de l'albumine et des globules du sang. Sa présence joue un rôle considérable dans les maladies en produisant des spasmes, des convulsions, des névralgies, des affections mentales, des paralysies, de l'œdème et des hydropisies, etc. , en prolongeant la marche des maladies, et diminuant les ressources qu'on peut tirer des émissions sanguines. Cet élément, qui n'est pas toujours facile à distinguer, mérite dans le présent ou dans l'avenir l'usage des médicaments toniques et des préparations ferrugineuses ou manganésiennes.

§ «. — néthore.

La plédiore est un élément morbide constitué par l'abondance et la richesse de la matière colorante du sang; aussi observe-t-on, chez ceux qui offrent cette disposition, une coloration rouge vermeille de la face avec une injection considérable des capillaires, qui augmente beaucoup par l'effort et le mouvement ; un pouls fort et plein, et une grande tendance aux hémorrhagies nasales. Cet élément existe quelquefois seul, ou associé aux fièvres inflammatoires, aux mflammations, et à certaines hémorrhagies. Il détermine les congestions, et doit être combattu par les acides minéraux, les laxatifs et les émissions sanguines.

§ a. — Putridité.

La putridité est un élément morbide constitué par la fluidité du san- qui est altéré par des matières putrescentes, par la mollesse de la fibrine et par la coloration rougeâtre lie-de-vin de la matière colorante. Il est caractérisé au dehors par un état typhoïde très-marqué, une prostration considérable, des déjections abondantes fétides, une tendance aux hémorrhagies cutanées, aux eschares, etc. Cet élément n existe jamais seul. Il est toujours associé à des fièvres graves

B l'ATHOL. cm. '

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aux maladies septiques, au typhus et à certaines formes de la fièvre typhoïde. Il doit être combattu par le jus de viande, le bouillon, le vin, les boissons aromatiques stimulantes, les acides végétaux et le quinquina.

§ 4. — Glémont bilieux.

l'élément bilieux est une disposition humorale constituée par la rétention dp quelques-uns des matériau^ do ]a bile dans Ip sang, et il manifeste sa présence par une légère teinte ictérique du vijjage, des conjonctives et de la peau ; pij" de§ éVficqalipnii bilipuses ]c[p l'eijfomîic, des bronches op dp l'intestin. Cet él^ Riept, ?uque} 91} a jadis fait jpppr un rf)le très-in)portant, pe mérite pas, fl^ps

plirnat dp Paris ^u rppins, l'altcption dont ailleurs i( a {ité l'objet. Il s'o))servp encore assez souvent, rarement seul, plus soijyent asi?opié ^ d'oi^fes pif)laflies, ~ tçllps que l'e^bqrrss gastrique, pcrlainps foripes dp choléra, la fièvre ^ypljoïde à forme bilieuse, la fièvre jaune, certaines fièvre? intpripjttpiUes, les ipjlaipraations, et en particulier la pneumonie, etc. Il réclame l'emploi des vomitifs, et en particulier de l'ipécacuanha.

§ 5. — Elénjent saburral ou inuqucux.

Vçlément saburral ou muqueux est une disposition morbide mal définie, qui se rapproche un peu de l'étaf bilieux, dont elle diffère, m ce sen^ qu'au lieu d'avoir des évacuations gnstriques bilieuses, les malades rejettent de l'estomac des matières muqueuses et saburrales. C'est un état organique spécial des voies diges'tives supérieures, qui s'observe quelquefois seul, avep oij sans fièvre, et constitue l'une des formes légères de la fièvre typhoïde. On l'observe égalerpent à un degré plus ou moins prononcé dans la plupart des maladies aiguës, mais il n'a pas une grande importance sur leur terminaison, et il disparaît en même temps qu'elles. Sa présence exige souvent l'emploi d'un vomitif.

§ «. — Corps étrangers.

Les corps étranger? dans les tissus et les cavités des viscères sont »des éléments morbides qui ont une très-grande importance en pathologie, et ils sont la cause d'une foule d'accidents morbides qu'il? tiennent absolument sous leur dépendance. Il y en a depx espèces. Les uns sont formés au sein des tissus et des organes, comme les calculs vésicapx, rénaux et biliaires, ou constitués par les dégénérescences organiques, par des liquides epanrhés du sang, du sérum, des fausses membranes, des gaz, de 1 air, etc.: les autres viennent du dehors : tels sont les projectiles, les corps étrangers, arêtes ou autres, avalés avec les aliments, etc. Tous ces corps étrangers jouent ' s-à-vis des troubles qu'ils occasionnent, le rôle d'éléments morbides , qu il suffit souvent de découvrir à l'aide de l'analyse pour engager la thorapeuiqu dl une voie convenable et salutaire. Dans cette catégorie rentrent ôTs les accidents d'inflammation ou d'hémorrhagie produits par le corps

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