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CONSTITUTION DE LA MALADTK. — ÉLÉMENTS MORBIDES

étranger; tous les troubles suscités par la compression d'un nerf ou d'un organe par une tumeur ; les obstacles au passage de l'air dans les bronches et le larynx, du sang dans les veines, de l'urine dans son canal, elc, lorsqu'il y a dans l'intérieur de ces différents conduits des corps étrangers formés sur place ou venus du dehors, etc. Il faudrait énuniérer une grande partie de l£| pathologie, pour indiquer tous les cas où un état organique joue le rôle d'élément morbide vis-h-vis des maladies très-graves, souvent mortelles. J'indique seulement ces faits pour justifier ma manière de comprendre la constitution des maladies. Dans ces cas, l'évacuation du corps étranger à l'aide des moyens médicaux expulsifs, ou par une opération chirurgicale, est la seule indic^tipp à remplir.

§ 9. — Parasitas.

La présence des pnrasifpf: forme un élément morbide qui prend place à côté de celui que constituent les corps étrangers.

Quand des entozoaires, des microphytes et des microzoaires se développent chez l'homme, il en résulte des phlegmasies muqueuses ou cutanées, quelquefois des tumeurs qui ne guérissent que par l'évacuation ou par l'extirpation des parasites. — L'entérite et les névroses sympathiques occasionnées par le ténia, les oxyures, les lombrics et les trichocéphales ne cessent que par l'emploi des vermifuges, qui supprinient l'élément mordide cause de tout le mal. — Le sycosis de la nientagre, la phlegmasie de l'herpès circiné, l'érosion de la peau du crâne dans la teigne faveuse, etc. , ne disparaissent que par la destruction des mucédinces parasitaires. — Le muguet n'est guéri que parla destruclion de Voïdivm olhicons; les tumeurs à échinocoques ont besoin d'être vidées au moyen des caustiques ou du bistouri. Quant aux maladies dans lesquelles l'élément parasitaire est inabordable, comme la trichinose, ou la ladrerie, ou les cysticerques du cerveau, elles sont à peu près incurables.

§8» — Continuités vicieuses.

Les continuitéH v.icieimes sont aussi des éléments morbides qui ont une trèsgrande part dans la production de certains phénomènes pathologiques. Les continuités vicieuses, soit qu'elles existent à l'extérieur, sur les doigts, au visage, aux ouvertures naturelles, etc., soit qu'elles existent à l'intérieur, entre les surfaces articulaires, entre les plèvres, les feuillets du péritoine, entre des vaisseaux, des nerfs ou des organes importants, modifient les fonctions de ces organes et engendrent des troubles dont elles sont l'élément principal, et qu sont sous leur dépendance immédiate. C'est à la chirurgie d'y remédier. '

§ *• — Solutions de continuftc.

Il en est de même des .solutions de continnifé, extérieures ou intérieures des plaies par piqûre, par incision ou par déchirure, des ruptures des tissus supeiliciels ou profonds, des ruptures de vaisseaux, des brûlures, etc., q^i déter-

minent des maladies spéciales, accompagnées des sympLônies les plus diiïérents et les plus variés. Ainsi la solution de continuité du tendon d'Achille, de l'os du bras, de la rotule, de l'aorte, du poumon, du diaphragme, etc. , ne produisent pas des troubles morbides très-diiïérents, mais il y a pour chacun d'eux un élément morbide qui les rapproche au point de vue de la nature de la lésion, c'est la solution de continuité. A cet égard, ce caractère doit être considéré comme un élément morbide des plus importants. Qu'arriverait-il, en eiïet, si, croyant avoir affaire à un corps étranger du bras, formé par la tête de l'humérus sartie delà cavité glénoïde, c'est-à-dire à une luxation, il s'agissait d'une difformilé produite par la solution de continuité de cet os, en un mol, d'une véritable fracture? Faute d'avoir distingué l'élément morbide, on ferait des tentatives de réduction qu'un médecin plus éclairé aurait remplacées par un simple appareil contentif. Ce que je dis ici de la solution de continuité d'un os peut être facilement généralisé pour les autres solutions de continuité. La connaissance de cet élément morbide est la base d'un diagnostic assuré et d'une thérapeutique convenable.

§ lO. — Absence d'organe.

V absence d'organe a été considérée par F. Bérard comme un élément morbide. C'est avec infiniment de raison. En effet, si l'absence congénitale ou accidentelle d'organes importants est incompatible avec la vie, il y a d'autres cas où cette absence produit l'exercice incomplet des fonctions, et engendrent des troubles morbides plus ou moins bien caractérisés. Ainsi la destruction de la glande lacrymale est l'élément principal des altérations graves éprouvées par l'œil correspondant ; l'absence de dents tient sous sa dépendance immédiate une forme particulière de la dyspepsie. L'absence ou la disparition accidentelle d'un nerf produit, dans les tissus où il se ramifie, des troubles dynamiques et matériels incontestables et bien connus. Cet élément, quelquefois primitif, mais plus ordinairement secondaire, mérite donc d'être pris en considération.

Je ne finirais pas si je voulais continuer cette énumération, et si je prétendais faire connaître ici dans tous leurs détails, avec leurs caractères particuliers et différentiels, tous les éléments morbides qui entrent dans la constitution des maladies. Ce serait reprendre sous une autre forme l'exposé des causes morbifiques dont j'ai précédemment tracé le tableau. Les éléments morbides expriment la nature et souvent la cause du mal ; ses effets primitifs et les conséquences secondaires, tertiaires ou quaternaires de ces effets, devenus àjeur tour cause de nouveaux accidents morbides; ils comprennent ainsi tout ce qui est relatif à la pathogénie et à la connaissance des causes dynamiques, mécaniques, physiques et traumatiques dont j'ai parlé. Réduite à la connaissance des éléments dynamiques, d'après Barthez, Alquié, Quissac, la doctrine des éléments morbides ne se soutient pas dans l'application qu'on en veut faire à la pratique; et, pour être acceptée, il faut l'étendre à la manière de Forgct, lit, comme je viens de l'indiquer sommairement, à tous les éléments primitifs,

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secondaires, organiques et dynamiques dôcouveris dans chaque maladie. Nous sommes encore loin du jour où l'analyse cliiii(|uc aura rigoureusement fixé le nombre et la nature des éléments morbides; mais, si jamais il arrive, nous n'aurons qu'à les chiffrer et no en servir pou exprimer, en formules algébriques, la dénomination des maladies, en y exposant tous leurs éléments conslitulifs.

Les éléments morbides existent très-rarement à l'état de simplicité et d'isolement; et ils sont presque toujours, au contraire, réunis plusieurs ensemble pour constituer une maladie. Il y en a quelquefois deux, trois, quatre, six et même plus, associés les uns aux autres. Parmi les maladies qui ne présentent qu'un seul élément dynamique, essentiel, j'indiquerai la fièvre éphémère, le spasme, la douleur, etc. D'autres, en plus grand nombre, sont formées par l'association de plusieurs éléments, tels que la fièvre, la malignilé, l'adynamie, l'état organique, et consécutivement d'autres éléments secondaires, qui sont l'origine de nouveaux accidents, qu'on désigne sous le nom de complications. La variole est quelquefois composée des éléments : fièvre, malignité, éruption confluente étendue aux yeux, qu'elle détruit, et au larynx, qu'elle ferme plus ou moins complètement. La fièvre typhoïde peut offrir l'élément fièvre, avec l'élément adynamique et un élément organique, l'ulcération intestinale, qui, tout à coup, au moment où le malade semble guéri, amène une perforation qui produit sa mort. Les inflammations sont souvent accompagnées de l'élément muqueux, bilieux ou malin. L'intermittence se lie au spasme, à l'élément inflammatoire, et ainsi de suite. Tous les éléments morbides peuvent être ainsi associés les uns aux autres et former des combinaisons morbides, binaires, ternan-es, quaternaires, etc. Malheureusement nous ne sommes pas assez avancés dans l'analyse clinique pour connaître tous les éléments qui entrent dans la constitution des maladies, et nos recherches sont encore insuffisantes pour permettre la momdre généralisation à l'égard de leurs combinaisons. A moins de vouloir se perdre dans les hypothèses et s'aventurer dans l'inconnu, il est impossible daller plus loin sur ce terrain.

■ En résumé, une maladie est l'expression d'un ou de plusieurs éléments morbides développés dans l'organisme.

Rechercher les éléments morbides au moyen de l'analyse clinique, c'est déterminer la constitution de la maladie.

vitalel ' ^'•^'"^'"« '«o'-bides dynamiques constitués par le trouble des forces Il y a des éléments morbides organiques constitués par des lésions destrur-

ca::ts3e"r' f I ^'^'^"^^ ^«"^ p^^-- ^-^^^

cause des accidents observés chez les malades.

PATHOLOGIE GÉNÉBALE.

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