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DE LA CONVALESCENCE

La convalescence est considérée de la même manière par un grand nombre de médecins. Sauf la différence de langage, les définitions de Chomel, Londe (1), MlVl. Bouillaud (2), Dubois (d'Amiens), Michel Lévy (3), Hardy et Béhier sont les mêmes. Pour les uns et pour les autres, la convalescence est un état intermédiaire entre la maladie qui n'existe plus et la santé qui n'existe pas encore ; elle commence lorsque les symptômes qui caractérisent la maladie ont disparu, et finit à l'époque où l'exercice libre et régulier des fonctions, qui constitue la santé, est pleinement rétabli. Cela est vrai; mais qu'y a-t-il dans cette définition qui fasse connaître la nature de l'objet à étudier? Rien : c'est une définition dfe l'objet par l'objet lui-même, et pas davantage,

La convalescence, dil-on, est un état intermédiaire entre la maladie et la santé, sans doute ; mais quel est cet état, et à quelle cause spéciale faut-il attribuer les troubles qui le caractérisent? Voilà ce qu'il s'agit de faire connaître.

La convalescence est un état de faiblesse chloro-anémique produit par le travail morbide qui précède la guérison des maladies. C'est une maladie secondaire, transitoire, qui survit plus ou moins de temps à celle qui a été l'occasion de son développement. La convalescence est un résultat de la dyspepsie initiale des maladies aiguës, de la résorption de certains produits morbides, enfin de la diète et du repos prolongés, joints à l'action plus ou moins marquée des médications énergiques, dans lesquelles émissions sanguines, purgatifs, altérants, stupéfiants, etc., ont tour à tour été niLs en usage. La preuve, c'est que les indispositions, les maladies locales peu intenses et une foule de maladies de courte durée n'ont pas de convalescence. Les malades passent delà maladie à la santé sans état intermédiaire ; ils n'ont pas eu le temps de perdre leurs forces et de devenir anémiques par le repos au lit, par la diète et par la thérapeutique exténuante d'un très-grand nombre de médecins. Ensuite, la convalescence est caractérisée par la pâleur, la bouffissure, la faiblesse mus-

(1) Londe, Nouveaux éléments d'hygiène, 3" édition. Paris, 18Ù7.

(2) Bouillaud, Traité de nosoyraphie médicale, Paris, 1846,

(3) Michel Lévy, Trailc d'hygiène, h' édition. Paris, 1862, t. I, p. 302.

culaire, l'cxcilabililé générale, la boulimie, la constipation, les palpitations, le souffle cardiaque et vasculaire artériel, la décoloration du sang, la diminution des globules et de l'albumine, caractère évident de l'anémie globulaire ou albumineuse et de l'étal chlorotique.

Il faut donc considérer la convalescence comme une cbloro-anémie spéciale produite par les maladies graves, à la suite desquelles elle se prolonge plus ou , moins longtemps. C'est le résultat de rinOuence combinée d'une diète rigoureuse, jointe à l'action des agents de la thérapeutique. C'est un état morbide secondaire. Il guérit, après la disparition de la maladie principale, par une alimentation forte et réparatrice, par l'inlluence excitante de l'exercice au soleil et à l'air libre de la campagne, par l'usage du quinquina et des préparations ferru- ' gineuses.

La convalescence ne peut donc être considérée comme un état qui commence subitement à la guérison des maladies en attendant le retour a la santé parfaite. Elle se prépare par degrés dans le cours de la maladie, et elle apparaît ou se démasque lorsque les fonctions en repos, reprenant leur exercice après la cessation du mal, sont gênées par cet état particulier de l'organisme. L'epu.sement des forces et du sang se manifeste alors dans toute son étendue, et il ne cesse qu'au bout de quelque temps par le fait de l'exercice et de l'alimentation.

La convalescence ne s'observe que dans les maladies graves et de quelque durée II n'y en a pas dans les indispositions légères et dans les maladies locales qui n'ont point troublé les fonctions de l'estomac. Elle est ordinairement treslîiarquée, nette, franche, dans les maladies aiguës, inflammatoires; mais elle est incertaine et douteuse chez quelques malades et dans toutes les maladies chroniques.

ARTICLE PREMIER

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