DES CRISES ET DES JOURS CRITIQUES
crate a indiqué la roule où de plus avenlurcux se sont |)erdus par une cxag^ra- ' tion manifeste et par une sysléuiatisaliou prématurée.
, Il y a des crises dans les maladies, cela est incontestable, si l'on conserve au 1 mot de crise son ancienne signification, qui est celle d'un changement ou dune 1 addition de symptômes, coïncidant avec une amélioration, ou, au contraire, avec une aggravation des accidents morbides. A cet égard, tout le moude doit être d'accord. Reste à savoir si ces changements ou crises ont l'importance qu'on leur a voulu accorder, si elles sont véritablement la cause de l'amélioration et de l'aggravation observées, ou si, au contraire, elles ne sont qu'un elïet de l'évolution morbide; c'est ce que je discuterai plus loin. I Laissant un instant de côté l'explication, pour ne ra'occuper que du fait, je vais, dans une élude rétrospective, faire connaître les crises et l'époque de leur apparition, d'après la tradition de Galien, de Baillou, de FerUel, de Baglivi, de Sydcnham, de Stahl, de Boerhaave, de Bordeu, de Landré-Beauvais, etc., et de ceux qui nous ont transmis cette doctrine, aujourd'hui tombée dans le plus complet discrédil.
Une crise est le changement qui signale l'issue de la maladie. II y a des crises salutaires et des crises défavorables ; mais quand on emploie le mot Cl'ise tout seul, il signifie terminaison heureuse. C'est du moins ainsi qu'il est généralement employé par Galien et par les auteurs qui l'ont suivi.
Presque toujours les crises sont accompagnées d'une évacuation morbide particulière, qui est la condition du changement qui va s'opérer.
Les crises sont complètes et parfaites lorsque l'amélioration qui les suit est immédiate; elles sont m contrake imparfaites on incomplètes, lorsque après leur apparition la maladie reste longtemps sans se terminer.
Toutes les maladies ne présentent pas de C7nses ni de phénomènes critiques appréciables. Ainsi il n'y en a pas dans les maladies chroniques, ou du moins elles s'y font mal, et on ne les observe que dans les maladies aiguës dont la marche est rapide, et qui surviennent chez des individus vigoureux. Elles sont difficiles dans les maladies irrégulières et chez les personnes délicates.
Les crises enfin sont plus manifestes et plus fréquentes dans les pays chauds ((ue dans les pays froids ou tempérés, et c'est à cette circonstance sans doute qu'il faut attribuer le désaccord existant à leur égard entre les médecins des diverses contrées du globe.
D'une autre part, les crises ne peuvent être appréciées dans leur ensem|)le et idaus leur régularité que chez des sujets dont la maladie n'est pas soumise à un traitement perturbateur énergique qui domine toute la situaliun et fait obstacle aux réactions spontanées de la nature. Or cela est dllFicilc à rencontrer, et la médecine active des temps modernes, qui arrête et jugule dans leur effort un certain nombre de maladies, introduit dans l'état morbide un élément nouveau, qui bouleverse le champ d'observation des crises et les empêche souvenl de se 'produire.
Les crises sont quelquefois précédées de phénomènes considérés par Hii)pocrate comme l'indice de leur apparition prochaine, mais il annonce qu'ils sont
PATHOLOGIli GÉNÉRALE.
cxcessivemenl difficiles à disliiiguer el ne donne pas beaucoup de détails à leur sujet. Ces phénomènes consistent ordinairement dans une aggravation générale des symptômes, turbatio critica des anciens (1) ; (luelquefois des frissons (2), des rêves, selon Galien, du délire, l'état du pouls très-particulièrement étudié sous ce rapport par Bordcu, dont la prétention a été de découvrir autant de nuances de pouls qu'il y avait de parties du corps par où devaient s'opérer les crises.
Les phénomènes critiques s'observent ordinairement dans les appareils de sécrétion, sur les muqueuses, à la peau, dans le tissu cellulaire ou séreux, et dans les glandes. Ce sont des fluxions, comme dans les engorgements de glandes ou de tissu cellulaire des membres; des hémorrhagies ; des flux séreux, muqueux, purulent, bilieux par les muqueuses; des flux gazeux, ou pneumatoses; des vomissements; des flux d'urine; des éruptions variées, etc.
Voici le tableau qu'en a donné Landré-Beauvais :
/ du nez (épistaxis).
l des bronclies (tiémoptysie).
) de l'estomac (hématémèse).
Heraorrhagie.<j^^^i^j^3^;^^/
f de rulérus(mélrorihagie).
( Exhalation sangume. . \ \ ^^-^^^ urinaires (hématurie).
Crises \ \ p,„„ ! mestruel.
par } j hémorrlioïdal.
les muqueuses. I ( Écoulement muqueux du nez.
( . \ Crachats, bronchorrhée.
\ Exhalation muqueuse. . l vomissements.
( Déjections.
Crises ( Sueurs, par la peau. | Éruplions aiguës et chroniques.
I Flux d'urine.
Crises par \ Salivation, les glandes, i Parotides.
[ Bubons.
[ Fluxions de diverses parties du corps. Crises l Charbon, par le tissu < Furoncle, cellulaire. J Gangrène.
[ Dépôls purulents.
Les crises par liémorrhagie s'observent.dans les fièvres inflammatoires, dans la phlegmasic ou dans lu pléthore. V épistaxis est un phénomène critique trèscommun dans les maladies des jeunes gens pléthoriques et chez les personnes atteintes de maladies inflammatoires ou de fièvres graves. Il s'annonce par de la rougeur au visage, des pesanteurs de tête, de la céphalalgie, des étourdisseinents, des tintements d'oreilles, de l'assoupissement, des rêves, selon Galien; un pouls fort, quelquefois dicrote, d'après Solano ; dur et redoublé, d'après les recherches de Bordeu (3). C'est un phénomène critique salutaire à la fm des
(1) Robert, Trailé des principaux objets de médecine. Paris, 1766. t.'I, p. 343.
(2) Hippocrate, Des épidémies, liv. I, OEuvres traduites par Liltré, t. H.
(3) Eordeu, Recherches sur le pouls, t. I, p. 51.
niS CRISES ET DES .lOUHS CRITIQUIS. S.'iS
maladies inflainmatoires; partout ailleurs, c'est une crise iiisigniliaiite ou nuisible. — V hémoptysie, Vhématémèse et Vhématurie, en tant que crises ou changements survenus dans les maladies, sont des phénomènes critiques favorables lorsqu'ils remplacent le fltix mens(rucl supprimé, ou lorsqu'ils surviennent dans le cours de la pléthore. Ordinairement, ces hémorrhagies ont lieu dans le cours de maladies graves des viscères, dans les fièvres graves, telles que la fièvre jaune, la peste, les typhus adynann'que et ataxique, la petite vérole, le scorbut, etc. Ce sont alors des crises ou des changements funestes. — Le flux hémorrhoidal est la crise des maladies du foie, des maladies chroniques, des voies digestives et de toutes les tumeurs, de quelque nature qu'elles soient, dont le volume est tel, qu'il en résulte obstacle à la circulation générale ou à la circulation de la veine porte. — Le flux menstruel est une crise qui se montre dans un certain nombre de maladies aiguës et dont l'apparition est généralement favorable ; elle est précédée de tension et de gonflement dans les parties génitales avec tuméfaction des glandes mammaires et plénitude du pouls.
Les exhalations muqueuses sont les crises de plilegmasies aiguës ou chroniques des membranes muqueuses. Ainsi le flux muqueux épais, trouble, visqueux, qui succède à l'écoulement séreux des fosses nasales, est la crise qui annonce la fin du coryza. Il en est de même des crachats épais sortis des bronches enflammées; et le flux muqueux, sanguinolent, fibrineux, est une crise de la pneumonie. — Les vomissements sont la crise qui accompagne les maladies dans lesquelles existe un embarras de l'estomac. Ce sont plutôt des crises I funestes que des crises salutaires. —Le flux d'entrailles se montre au milieu ou à ' la fin de beaucoup de maladies aiguës, et, dans quelques maladies chroniques, a été considéré comme crise; la qualité des matières rendues, difTérenlè selon la maladie, avait une importance spéciale. Des matières abondantes, liées homogènes, demi- liquides, jaunes ou brunes, ont été indiquées comme crises de l'embarras gastrique et intestinal, des maladies de poitrine avec embarras gastrique, etc. — Des matières muqueuses abondantes sont la crise qui annonce la fin de la dysenterie; enfin des matières aqueuses abondantes jugent quelquefois l'hydropisie, dont elles font disparaître la trace. - Ces flux sont ordinaii ement annoncés par des borborygmes, de la tension aux lombes, et un état particuher du pouls caractérisé par le développement et l'intermittence des pulsations.
L^s sueurs s'observent dans un grand nombre de fièvres inflammatoires typhoïdes, dans la pleurésie, la pneumonie, le rhumatisme, etc., et notammen't chez les sujets jeunes dont la peau est fine, et qui offrent les caractères du tempérament lymphatico-sanguin. Elles sont précédées d'une chaleur un peu f nnf n I ^^^"-P^§"ées d'un pouls fort souple, plein et ZI
loppé. Quand elles sont générales, la crise est souvent salutaire tandis qu'L œn..ire elle est mcomplè.e ou même mauvaise quand la sueur l^Z
Différentes éruptions, telles que les érythèmes, la miliairc, le pemphi.us Urysq>ele, 1 impet.go, l'herpès, qui se montrent dans ie cours des maîS
15 PATIlOLOfilE (;ÊNÊRALE.
aiguës, ont été signalées connue étant le résultat de crises tantôt utiles et tantôt nuisibles, ha nombre de ces éruptions est très-considérable. Il y en a dans beaucoup de maladies. Tout le monde connaît l'urticaire de l'intoxication par les moules, les exanthèmes de la convalescence du choléra, l'herpès labialis de la pneumonie, i[m indiijue constamment sa terminaison heureuse, etc.
Les urines changent souvent de composition dans le cours des maladies aiguës, et il est une sorte d'altération que l'on a de tout temps consi.lérée comme le résultat d'une crise opérée dans l'économie. Ainsi, dans les maladies aiguës et dans les fièvres, chez certains individus nerveux, irritables, dont la peau est sèche, au moment de la convalescence elles renferment en suspension un nuage plus ou moins circonscrit, (m un sédiment épais, cohérent, blanc ou rosé. - Cette modification est accompagnée, d'après Hippocrate (1), d'une certaine pesanteur lombaire et de tension aux hypochondrcs. - Le pouls, selon Galien, est alors irrégulier, diminuant de force au bout de queUiues pulsations, pour reprendre et diminuer encore alternativement. C'est ce que l'on a désigné sous
le nom de pouls rmjurc. , . ,
Quelquefois aussi, à la fin de certaines maladies aiguës sans lésion des rems, il y a de l'albumine dans les urines, et Marlin-Solon, qui a signalé cette modification, l'a considérée comme une crise salutaire.
La salivation se montre dans le cours des angines et des stomatites, dans la grossesse, dans la manie, dans la petite vérole, au moment de l'éruption jusau'au douzième et treizième jour, etc.
Les parotides des fièvres graves, typhus, fièvres typhoïdes et fièvres eruptives, caractérisées par le gonflement de la région parotidienne et de la parotide, ont touiours été considérées comme le résultat de crises fâcheuses. En effet, la mort en est presque toujours la conséquence. Elles se terminent par suppuration, et il est rare de les voir disparaître par résolution.
Les bubons, considérés comme des phénomènes critiqu.s,ne s observent guère que dans la peste. Ils constituent de bonnes crises, lorsque la «"IM^uration est franche et rapide; ce sont, au contraire, des crises défavorables loisque l'inflammation est lente, ou lorsque, ayant commencé d'une manière assez vive, elle cesse tout à coup et amène l'allaissement subit de la tumeur.
D'autres crises salutaires ou funestes ont été indiquées par les partisans de a doctrine des crises comme ayant leur siège dans le tissu cellulaire Ainsi
:nûeu,ent du visage, des mains et des pieds dans la -^^^^^^^^ îes furoncles de certaines fièvres éphémères, de la variole et de 1 h pocl ondr e le gangrènes des fièvres graves et des maladies charbonneuses; les abcès des
V sc^e et de la profondeur des membres, ont été considérés comme des phéno-
" n r^::cn.^,... ^Non-seulementrancienne mé ecinecr^ couvert dans la marche des maladies des phénomènes naturels ^'>^erau^^^^^^^^^^^^^ l'apparition était le résultat d'une crise, mais elle prétendit fixer, par 1 obsen at.on.
(1) Hippocrate, Aphor. 73, secl. iv {OEm Irad. par Liltré, t. IV).
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l'époque et le jour de l'apparilioii de ces phénomènes, ^lle compléta ainsi sa doi-Li iiie dos crises par celle des jours critiques. Hippocrate, promoteur de ces idées, qu'il semblait tirer de l'observation des maladies, après avoir indiqué l'existence de certaines crises morbides, fut le premier qui fixa les jours de leur apparition, sans rien établir d'absolu à cet égard. Ce ii'est que plus lard, et sous la plume (le Galien, elle-même critique de son œuvre, que l'on vit sortir la doctrine systématique des crises et des jours criticiues à peu près telle que nous la connaissons aujourd'hui ; « Dieux immortels! vous le savez, c'est à la prière do mes amis et en quelque sorte forcé par eux que j'ai écrit ces lignes en faveur d'une doctrine queje ne partage pas (1). » Cotte dernière partie de la doctrine des crises n'a vraiment plus qu'un intérêt historique, et je n'en parlerai (jue d'une manière très-succincte, pour faire connaître ce qui a été longtemps professé sur ce point.
Les jours critiques sont ceux dans lesquels se font les crises. On les divisait en jours critiques décrétoires, en jours critiques indicateurs, et en jours intei'ccdaires.
Les jours critiques décrétoires, joui's dans lesquels ont lieu le plus ordinairement les crises, sont les septième, quatorzième, vingtièmCj vingt- septième, trente-quatrième, quarantième, soixantième, quatre vingtième, centième, cent vingtième; mais entre chacune de ces périodes de sept ou de vingt jours, la crise peut également avoir lieu ou être indiquée pour le quaternaire suivant. Ce sont les jours indicateurs ou contemplatifs, les quatrième, onzième, dix-septième, vingt-quatrième, trente et unième, etc. Uu aphorisme d'Hippocrat^ (2) les signale de la manière suivante : « Le quatre est l'indicateur du sept ; le huit ouvre la semaine suivante. Observez le onzième, c'est le quatrième de cette seconde semaine. Observez encore le dix-septième, c'est le quatrième depuis le quatorziènje, et le septième depuis le onzième. »
Indépendamment des jours critiques décrétoires et des jours indicateurs, il y en a d'autres, nommés intercalaires, les troisième, cinquième, sixième, neuvième, seizième, dans lesquels la crise n'a lieu qu'imparfaitement et d'une manière irrégulière, souvent funeste. Viennent ensuite des jours vides ou non décrétoires, les deuxième, huitième, dixième, douzième, treizième, quinzième, ainsi nommés parce qu'ils ne sont ni indicateurs, ni décrétoires, ni intercalaires! et parce qu'il ne s'y fait presque jamais de crises, ou du moins pas de crises favorables. Enfin, d'après iJippocrate lui-même (3), les crises peuvent quelquefois se montrer la veille ou le lendemain du jour indiqué, ce qui revient à dire qu'elles peuvent avoir lieu à n'importe quel jour de la durée des maladies, et en conséquence qu'il n'y a rien de précis ni d'absolu dans la doctrine des jours critiques.
J-!! P^™se e^t^'aite du livre Des purs décré^
(2) llippocrute, Aphor. U, sect. ii {OEuvres, trad. par Lillré, t. IV) W Uippocrale, Eyidémios, liv. I [OEuvres, trad. par Lillré, l. 11, p.
Cet exposé monlre suOisamment rincertitude et le vague de la doctrine des crises et des jours critiques enseignée jadis dans les écoles, d'après H.ppocme et Galien, abandonnée aujourd'hui malgré la justesse des observal.ons qu die renferme. D'abord, le mol crise est mal défmi, et, à le considérer comme au temps d'Ilippocrate, c'esl-à-dire comme un changement, une aggravation ou un alïaiblissement des symptômes, il est évident qu'il s'applique a tous les phénomènes morbides, quels qu'ils soient, accidentellement observés dans es maladies, ce qui est absurde. En effet, la plupart des crises indiquées par 1 s anciens auteurs sont ou des complications ou la terminaison naturelle et obli- 1" des maladies. Est-ce que l'hémorrhagie intestinale d'une fièvre typhoïde ou mmTtémè.e d'un cancer^du pylore sont des crises? Est-ce que l'-P-'o-^jus de pruneaux, mélangée de fausses membranes ^^P' ."'^^^ ' irise de la pneumonie librineuse, ou la terminaison obligée de c tte phl^ma^ sie? Peut-on appeler crise la formation du pus dans un abcès? Et de m ne pour une quantité de phénomènes jadis appelés crises, parce qu ils etaien ; l'augmentation, l'affaiblissement ou l'apparition de «V-P»-"^^, J'" ^ avec nssue des maladies » . Il est évident que l'ancienne -^ecme^^^es^^^^^^^^^ et nue prenant l'effet pour la cause, elle a, dans son ignorance des lésions o n arc ùe Tun grand nombre de zmladies, désigné sous le nom de cm., des Smines qui nous considérons plus naturellement ^^^^^^^^^l^ 'évolution naturelle et aux complications des maladies «ans d u . i y d crises et des phénomènes critiques, mais il faut savoir les -con- e^^^^ P^ les confondre avec des phénomènes morbides dus a des causes mécaniques spéciales. Une meilleure définition eût -P^f-^; ,7,; ™ ! le mal est produit, et il me paraît bien difficile a ^'^P-^; ^i!"^ tiin c'est ciue tant que restera la définition ancienne des crises appucaoïe a r les hLi.ènes Lervés dans le. cours des maladies sans d— or gine, la Ltrine des crises ne pourra être acceptée sans de f^^"/^^;^^ , nou;elle étude, qui permettrait de séparer les Vf—^^^^^^^ conduisant au bien ou au mal d'avec certains Pl-;«"-"^^,^Xne seule, siques, chimiques et mécaniques produites dans le ^orps, - -^^^^^^^^^^ J la^ie. En effet, si l'on sépare des crises, pour
caniques ou chimiques, la ingestion passive des poumon c a- ^^^^^^^^^^^^^ graves, les perforations d'organes dues à un vio eut effo , td que le p et l'intestin, les irritations de tissus par un liquide excré t^a e. 1 P de l'urine longtemps retenue dans la vessie, etc. H ne re i^us qu de p mènes spontanés, naturels, qui annoncent le ^^bangenient fa lab e ou vable des maladies : ce sont de véritables phénomènes - ; ^ ^^^ comprend qu'il y ait une doctrine des crises, car elle se présente al e.p cl S ceinable'et facile à vérifier par l'observation. En l-^'^^^^ ^^^^^^^^^ L crises sont des cbangements favorables ou funestes ^^^^^ die sous l'inlluenced'un effort naturel et spontané de 1 o\S' "^^^^l""' ' ^^^^
critiques ne peuvent plus être confondus avec - P— ^ chimiques ou mécaniques, qui jouent un s. grand lole dans les ttim
DES GRlSiiS ET DES JOURS CRITIQUES. 337
morbides, et leur étude mérite qu'on y apporte la plus grande attention. Fluxions "landulaires, hémorrhagics, flux, érujilions cutanées, tous ces phénomènes reprennent leur place et leur signiiicalion, embrouillée jadis par une confusion fâcheuse. Une fois leur caractère bien dûment déterminé, toute difliculté disparaît, et l'existence de la crise est établie.
Reste à savoir si la C7nse ou jugement des maladies est bien un effort de la nature, ayant sur la terminaison définitive une influence réelle, positive, incontestable; si celte crise est la cause de la terminaison heureuse ou malheureuse, ou si, au contraire, elle n'est pas un effet de l'évolution morbide vers le rétablissement des fonctions ou vers la mort. Ce sont là autant de questions controversées par les partisans et les contradicteui'S de la doctrine des crises. Ceux qui les regardent comme un effort ayant une influence sur l'issue des maladies disent avec raison que les crises et les phénomènes critiques précèdent l'amélioration observée chez les malades ; c'est également ce qui arrive dans la menstruation et la sécrétion lactée, après l'accouchement, lorsque l'écoulement du sang ou du lait fait cesser la fièvre et le trouble fonctionnel préexistant En outre, l'arrêt des crises détermine l'apparition de nouveaux accidents morbides dissipés par le retoin- du phénomène critique; ainsi la sueur, qui favorise la disparition des douleurs musculaires, vient-elle à cesser, les douleurs reparaissent jusqu'au retour d'une nouvelle crise sudorale.
Au contraire, ceux qui doutent de l'influence des crises sur la terminaison heureuse ou fatale des maladies disent, mais à tort, que les crises n'existent qu'à l'état d'exception, et principalement dans les maladies aiguës; qu'elles ne précèdent pas toujours l'amélioration, et qu'elles lui succèdent souvent; enfin, que ce sont des symptômes nécessaires à l'évolution des maladies. Toutes ces raisons sont insuffisantes et pèchent par la base. En effet, de ce qu'un certain nombre de maladies se terminent sans crises appréciables, par lysis, c'est-à-dire par une décroissance graduelle des symptômes, il ne s'ensuit pas rigoureusement que, dans les cas où survient un phénomène dit critique, celui-ci soit sans influence ur l'issue heureuse ou malheureuse des maladies. La conséquence n'est nécessaire. En outre, il faudrait démontrer que des phénomènes dits critiques se sont montrés après l'amélioration de la maladie, ce qui paraît diflTicile à établir. Du moment où ils se montrent après l'amélioration, ce ne sont pas des crises, puisque crise signifie jugement, c'est-à-dire indication préalable, et ce sont des complications ou des symptômes annonçant une maladie nouvelle. C'est là un argument qui est en opposition avec la définition acceptée des crises. Enfin, quoique les phénomènes critiques soient souvent des symptômes nécessaires de l'évolution morbide, ils n'en sont pas moins l'expression d'une crise c cst-à-dire du jugement de la maladie. Toujours le coryza et la bronchite se terminent par l'évacuation d'une matière purifoime opaque; c'est là un des symptômes de la maladie, d'accord; mais il ne s'ensuit pas que ce changement indicateur de l'issue de la maladie, de la coclion, comme on disait jadis, ne soit aussi une crise. Je l'ai déjà dit, on a tort de se faire des crises l'idée de quelque chose de violent ou d'extraordinaire. Il est au contraire très-rare qu'il
B. — PATHOL. GÉN. 22
33g PATHOLOGIE GÉNÉRALE.
en soit ainsi. Souvent c'est un pliénomène morbide qui ne paraît avoir aucun rapport avec la maladie dans le cours de laquelle il se développe, exemples : V herpès dans la pneumonie; les parotides des fièvres graves; mais quelquefois aussi c'est l'un des symptômes ordinaires de la maladie, qui, par son augmentation ou sa diminution, indique \e jugement, l'issue favorable ou la terminaison
^^Ïla dilTiculté de défmir, de comprendre et de limiter les crises est grande, nue faut-il dire de leur apparition à des jours déterminés, dils critiques? En effet c'est Ih la pierre d'achoppement de la doctrine des crises. Heureusement les deux choses ne sont pas si intimement liées l'une à l'autre, que le rejet de l'une des deux compromette le sort de l'autre. On peut très-bien croire à l'existence des crises, sans accepter ce qui a été dit des jours critiques, dont l'observation très-difficile, ne laisse après elle que doute dans l'esprit. Personne ne neut nier en dehors des phénomènes physiques, chimiques, mécaniques, pro- Inits dans les maladies, la réalité de phénomènes dynamiques nouveaux, de rhangements symptomatiques ou crises, dont l'apparition coïncide avec une terminaison favorable ou funeste. Mais la détermination rigoureuse de cette annarition, à certains jours fixes que j'ai fait connaître précédemment, soulevé au ourÏhd contre l'antiquité une improbation presque générale C'est justice. En effet bien qu'Hippocrate n'ait pas déclaré d'une manière absolue que les e s s' montrent aux jours qu'il indique, ses idées, un peu dénaturées par
ux qui ont suivi ses traces, ont donné heu à la doctrine trop systématique d onrs critiques. Or il est avéré que, si les crises peuvent avoir heu au jour repu é Ih P elles se montrent également la veille ou le lendemain du jour indiqué. ZtnTZ^eAe la lecture d'Hippocrate (1), de Galien (2), et de la plunar de ceux qui ont étudié les jours critiques. Il en résulte que les crises neùvent avoir îeu à n'importe quel jour d'une maladie, car e les sont toujours 'Xl^^^J^ er la veille ou le lendemain d'un jour critique, indicateur ou mterc ^-e Z qu'il y eût plus de probabihtés en faveur de leur manifestation au. io 1 dit crWques, la possibilité de leur apparition à d'autres époques suffit
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tÏ^ramle majori é des cas, de fixer rigoureusement le premier jour de
I p A Ihis de symptômes manifestes, comme la sensation de froid, de nialadie. ^ ^^.l^j.es préalables peu caractérisés, et la dé-
douleur etc 1 y a ouven ^^^^^^^^ ^,
termmatiop de 1 invasion moi m , d'un point ^^^^^;^^^^2^2nce ce fait, que parmi les mé- Sl:rC ''-rc?Hippocrate, comptent pour premier jour des
(1) Hippocrate, Des épidémies, liv. I {Œuvres, trad. Liltré, t. II).
(2) Galien, De diebus decreloriis, t. U, P- 1^7.
Dli LA CONVALESCENCE.
maladies celui de l'invasion, tandis que d'autres ne le comptent qu'à l'expiratloL dJs vingt-quatre heures, on verra que, de dinicultés en dillicultés, et avec une détcrnu^iaiion aussi vague des jours de l'évolution morbide, il doit Ûtre impossible de trouver, dans la doctrine des jours critiques, quelque chose d'utile, confirmé par l'observation clinique.