U. TROUBLES GÉNÉRAUX DE LA NUTRITION
La nutrition consiste en phénomènes morphologiques et en phénomènes chimiques.
Ces derniers attirent de plus en plus l'attention dans l'étendue de la nutrition normale, dans laquelle on cherche à savoir ce qui est consommé et ce qui est éliminé. Ainsi, par exemple, on sait que le muscle consomme des substances protéiniques et qu'il rejette de l'urée, de la créatine, de la créatinine et d'autres produits de régression ; et l'on croit avoir compris ainsi la nutrition du muscle. Si on l'examine au microscope, on trouve que ses éléments restent toujours les mêmes à l'état de nutrition normale.
Les troubles de la nutrition, au moins pour ce qui concerne les formations nouvelles, n'ont pas encore été étudiés aussi explicitement au point de vue chimique ; mais, par contre, toute l'attention des observateurs s'est tournée vers les modifications histologiques. Relativement aux altérations de régression, les recherches ont été jusqu'à présent dirigées dans l'un et l'autre sens.
Le mouvement qui se passe dans les éléments et qui a pour résultat la conservation de l'organisme, peut s'altérer de trois façons différentes :
1° // s'accroît : la partie absorbe un excès de matériaux et la production augmente ; c'est la métamorphose progressive qui a lieu :
a. Dans le sens de l'ancien tissu : hypertrophie, hyperplasie;
b. Dans un sens différent : hétéroplasie, néoplasie.
2° La partie se nourrit incomplètement ; le mouvement diminue, la régression augmente ; la forme s'altère ainsi que la composition et la fonction : c'est la métamorphose régressive.
3° La nutrition est interrompue nettement : nécrose, gangrène.
Les divers troubles de la nutrition s'observent isolément ou bien combinés les uns avec les autres, et souvent ils sont accompagnés de désordres circulatoires (inflammation).