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CAUSES OCCASIONNELLES

Toutes les causes en général qui ont pour effet de produire un afflux plus considérable de matériaux nutritifs, soit par hypérénie ou par stase, soit par diminution de l'écoulement de la lymphe :

L'augmentation de l'afflux de sang artériel a généralement pour conséquence une exagération de la nutrition. Donders et Snellen (/. c.),0. Weber (BerL med. Centr., 1864, n* 10) ont observé qu'à la suite de la congestion résultant de la section du grand sympathique au cou, les blessures, les cautérisations, les plaies produites par la pénétration de corps étrangers, guérissent plus rapidement que dans les parties saines. Si l'on transplante l'ergot des poules sur la créle où existe un tissu très-vaaculaire et où il reçoit plus de matériaux nutritifs, il se développe à un degré excessif (il peut atteindre 6", Paget); sur les tumeurs volumineuses et à croissance lente des extrémités, les poils et les ongles deviennent parfois énormes, les vaisseaux et même les nerfs s'hypertrophient. Chez les jeunes individus, on a vu, dans la nécrose, les os malades devenir plus longs, etc. (Paget, Stanley, 0. Weber.)

1° Exagération de la fonction : Hypertrophie des muscles de tout genre, par exemple de ceux du tronc et des extrémités chez les manouvriers, les gymnastes , etc. ; celle des muscles du bras droit chez les forgerons ; de ceux du mollet chez les danseuses, etc. ; l'hy-

:>S(> NOlTVE.\UX KLKMFNTS DE PATHOLOGIE GENERALE.

pcrlrophie du cœur succédant à toutes les causes qui augmentent d'une manière continuelle ou intermittente, la fonction de cet organe (dilatation anormale du cœur, rétrécissement des orifices, obstacles à la circulation siégeant dans l'aorte ou dans l'artère pulmonaire >: riiypcrtrophic de la vessie due à des obstacles à l'évacuation de l'urine ; l'hypertrophie de l'estomac ou de l'intestin au-dessus de points rétrécis, etc.

La diminution de la fonction, surtout le défaut de mouvement, aboutit souvent .'i l'obésité.

"2° Irritations mécaniques et chimiques, surtout quand elles sont répétées fréquemment et d'intensité modérée ; hypertrophies de ht peau ((p.ils de perdrix, eondylomcs, etc.), des muqueuses, des os, do certaines glandes, surtout des glandes lymphatiques ; développement du pus, des granulations, du tissu cicatriciel; enkystement des corps étrangers; cancer épithélial de la lèvre inférieure; cancer de la langue et de l'irsopha^e; foie granulé des buveurs; tubercules anatomiques de la peau, surtout à la lace dorsale chez les anatomistes : tumeurs du testicule non descendu, des cicatrices, etc.

Les observations faites sur les plantes ainsi que sur les animaux inférieurs, formés nnii|uement de cellules, montrent que l'action des cellules peut être ici indépendante du système vasculaire : les cellules réagissent contre l'irritation. L'irritation est considérée par Yircbow comme l'élément essentiel dans le développement des tumeurs.

r>" Fonction supplémentaire : hypertrophie de l'os restant dans les membres à deux os; hypertrophie de l'un des reins quand l'autre est détruit; hypertrophie des glandes lymphatiques dans l'atrophie de la rate, etc.

i° Virus morb'ujènes : variole, blennorrhagie , syphilis, morve, typhus, etc.

L'action de ces virus démontre également que les poisons spécifiques excitent une aeli\iîé cellulaire spécifique, qui parait être tout à fait indépendante des svstèmes Nasculaire et nerveux.

f>° La transmissibilite d'un néoplasme de l'homme à l'homme, ou bien de l'homme à ranimai et réciproquement , n'est démontrée jusqu'à présent que pour ceux que nous venons de mentionner (i), et qui sont ordinairement cellulaires et à marche ai"iic. Relativement à la transmissibilite du cancer et du tubercule (voyez les articles eorrespondants), nous manquons encore de preuves cliniques et expérimentales positives.

Les expériences faites sur ce sujet par Langenbeck, Lebert et Follin ne sont pas concluantes. 0. Weber a tu, au contraire (Chir. Erf.y p. 289), chez un chien et un chat, qu'une portion de fongus médullaire porté sous la peau y produisait une prolifération analogue , fait qu'on peut considérer peut-être comme constituant une prolifération directe des cellules inoculées?

Les causes prédisposantes et occasionnelles, mentionnées ci-dessus, ne se rapportent qu'aux néoplasmes et aux tumeurs primitifs. Nous avons déjà dit que d'autres conditions président au développement des productions secondaires.

Il est un grand nombre d'hypertrophies dont le développement est spontané, c'est-à-dire dont nous ne connaissons pas la cause ; il en est de même pour la plupart des néoplasmes.

Nous ne connaissons aucunement la cause de l'immunité dont jouis* sent certains organes ou tissus (cartilage, glande thyroïde, ovaire), à l'égard de la plupart des néoplasmes ou de quelques-uns d'entre eux seulement.

La nomenclature des néoplasmes est, ou bien si ancienne, que le sens primitif des termes a été complètement oublié (tubercule, cancer, sarcome), ou bien histologique (épithéliome, myome, névrome). Les néoplasmes composés tirent ordinairement leur nom d'une partie de leur tissu, et le plus souvent de la plus importante ; ainsi tumeurs glandulaires, myomes, enchondromes.

La classification des néoplasmes peut s'appuyer sur des bases différentes. Dans la pratique, la division en néoplasmes bénins et malins est la plus importante. Jusqu'à présent, on ne peut pas encore classer exactement les néoplasmes d'après leurs éléments histologiques, d'après leur genèse, la persistance de leurs éléments, etc.

La division des néoplasmes que nous avons mentionnée plus haut, en homéomorphes et hétéromorphes, concorde presque entièrement avec la classification, non anatomopathologique, mais importante pour la pratique, en tumeurs bénignes et malignes. Les néoplasmes bénins (ou euplastiques), qui sont tantôt utiles et tantôt indifférents, sont ordinairement des homéoplasmes, et les néoplasmes malins (ou cacoplastiqucs) des hétéroplasmcs.

Au point de vue histologique, on distingue : (a) les néoplasmes formés entièrement ou presque entièrement de noyaux : productions tuberculeuses et lymphatiques; (b) eux qui se composent essentiellement de cellules : cancer, certains sarcomes et syphilomes; (c) ceux qui renferment exclusivement ou principalement des éléments plus élevés : fibres musculaires, vaisseaux, etc. ; (d) ceux qui sont constitués par des cellules et une substance intercellulaire : tissus conjonctif, cartilagineux et osseux, certains sarcomes et cancers, etc.; (e) ceux enfin qui contiennent différents dissus : la plupart des cancers, toutes les tumeurs composées, etc. — Cette classification n'est nulle part nettement limitée.

D'après leur genèse, on distingue les néoplasmes formés par le feuillet germiuatif supérieur ou inférieur (spécialement les productions épithéliales) ; ceux qui sont

produits |inr le feuillet moyen (\ aisseaux d'un côté et tissu conjonctif de l'autrci, et enfin ceux qui proviennent de celui-ci combiné avec l'un des deux premiers. D'après la durée de leurs éléments constitutifs, les néoplasmes peuvent être

(a) transitoires (productions lymphatiques, certains tubercules et caïuers). etc ;

(b) permanents (presque tous ceux qui se composent de cellules et de su b> lance intercellulaire) : [O mixtes (uuérison par seconde intention, un grand nombre <!•■ cancers, etc.).

Voici la clas.silication de \irchuw pour les tumeurs en général : 1" tumeurs qui proviennent de principes constituants du sang, tumeurs par e.rtravasation et cjsudation (hématome, hygrome) ; 2" tumeurs qui se composent de produits de sécrétion, tumeurs par rétention ou dilatation (athéromes, kxsles îmujueux, etc.) ; 5* tumeurs résultant d un travail de prolifération, tumeurs par prolifération, pseurfoplasmcs.

Nous ne nous en tiendrons, dans ce qui va suivie, à aucune de ce ï> classifications ; nous adopterons une division des néoplasmes, reposant sur des principes multiples, car chacune des précédente* offre des lacunes.

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