‹ Nouveaux éléments de pathologie généraleChapitre 70 sur 102 · SYMPTOMES GÉNÉRAUX DE LA GANGRÈNE · texte numérisé non relu

SYMPTOMES GÉNÉRAUX DE LA GANGRÈNE

Ils font souvent défaut si la gangrène n'envahit que de petites portions de tissus internes ou externes, si le processus consiste en une simple atrophie ou en une dessiccation, si la cause est purement externe, ou enfin si la partie mortifiée s'enkyste immédiatement. Ils se manifestent au contraire quand le foyer gangreneux est trèsé tendu, qu'il offre de nombreux points de contact avec les tissus sains et que ceux-ci ne sont pas bientôt protégés par des thromboses ou des granulations. C'est dans la gangrène étendue par écrasement et dans la gangrène humide en général qu'ils se développent le plus rapidement.

Us constituent ce qu'on désigne sous le nom de fièvre gangreneuse (septicémie, ichorémie) qui se caractérise par un collapsus prononcé, par une élévation ordinairement modérée de température, par la petitesse et la fréquence du pouls, l'accélération de la respiration, la soif, etc. Il n'est pas rare d'observer des frissons répétés (intermittence pernicieuse). Dans d'autres cas, il se présente des symptômes analogues à ceux du choléra, spécialement d'abondantes déjections, lesquelles exercent parfois, ainsi que les vomissements, une influence favorable. Dans la pourriture d'hôpital, ce sont souvent les symptômes gastriques qui prédominent. Ordinairement la fièvre est d'autant plus violente que l'inflammation éliminatrice est moins vive et la gangrène plus humide.

L'infection générale est occasionnée par l'introduction de substances mortifiées dans les veines rongées et non oblitérées par thrombose, avec embolie consécutive; mais elle est due surtout à la résorption d'humeurs en voie de putréfaction par l'intermédiaire des vaisseaux capillaires et lymphatiques.

Récemment, Kussmaul a démontré qu'un membre en roie de décomposition ne jxmt pas être considéré uniquement comme un appendice inerte, même quand il n'existe plus aucune circulation ; mais qu'il se produit encore un échange très-actif de sucs entre ce membre et les parties vivantes ; il a prouvé en outre que les phénomènes physiques et même chimiques sont autres dans le sphacôle que dans la décomposition cadavérique, et enfin que le danger dans la gangrène d'un membre n'est

:..*is NorvF.vix ï:u:mkm^ de pathologie i.knePiAik.

jus seulement cm rapport avee lol'iulm* «le la surfare de eontael des partie* vt\an'«-> et des parties moites, mais encore avec la niasse des tissus t*n \oie de pnlrel u \u>\\. Kii efiet, après que toute eireulation eut cessé dans la jainlu* ri dans la plus uivnl-' pallie de la cuisse à la suite d'uuo thrnmliose, on injecta nue solution omcenlm d'iodmv potasM<[ue sous la peau de la plante du pied; quatre heures et demie apu\ on retrouvait déjà ce sol dans l'urine, et la sécrétion augmenta graduellement pendant \in^l-quatre heures ju^qu à la mort de ranimai.

MAKCiii-: et teumlnaisos he la casgkkne.

La gangrène diffuse progresse jusqu'à la mort de l'individu, nu bien elle se limite et se transforme en uamrrène circonscrite.

Quand l'issue est favorable, la thrombose des lésions atteintes; provoque une hyperémie eollalérale dans les tissus environnants ; la partie gangrenée elle-même agit comme irritant sur ees derniers, et en détermine l'inflammation. Il se forme ainsi une ligne de démarcat ion , c'est-à-dire une bande de tissus hyperéiuiés et suppurants. D'abord superlicielle, elle devient de plus en plus profonde, et finit par séparer tYsehare ou le foyer gangreneux des parties saines. Si Ton arrache violemment celte eschare, il se produit facilement des héniorrhagie>. Quand, au contraire, la séparation se fait lentement et spontanément, l'écoulement du sang est empêché par les thromboses. Les dangers qui résultent de la production de cette ligne de démarcation varient d'après les tisstis; ainsi les ulcérations intestinales typhique>, les ulcérations cutanées et pulmonaires (dans ce dernier cas, il en résulte presque toujours une pleurésie sanieuse et un pneuino-thorax). Le temps nécessaire à la séparation des parties vivantes d'avec les parties mortifiées \arie notablement, surtout d'après la structure et la vascularité îles tissus. C'est dans les tumeurs molles et vasetilaires, dans le tissu cellulaire sous-cutané et dans les muscles qu'elle se produit le plus rapidement; elle est plus lente à s'effectuer dans la peau et les muqueuses, et surtout dans les veines, les aponévroses, et particulièrement dans les os. Ce temps dépend encore du volume de la partie mortifiée et de l'état général du malade. — Sur les surfaces qui sont en contact avec l'air (peau, muqueuse intestinale, poumons), la séparation ou l'élimination des parties mortiliées a lieu dans la plupart des cas, à moins que la \ie ne ee>se auparavant.

Parfois, surtout dans la gangrène sèche de parties internes, linflammation élimiuatrire donne nai>sanee à du tissu conjonctif et consécutivement à l'enkystement des parties gangrenées : c'est ce que l'un observe pour les tubercules, les eschares typhiques, les séquestres osseux qui s'entourent du tissu conjonctif ou osseux.

La gué ri son de la gangrène n'est possible que par l'élimination ou l'cnkystement de l'eschare ; ce dernier cas ne se produit que dans certaines circonstances. L'élimination est beaucoup plus fréquente; elle s'effectue plus ou moins facilement, suivant le volume de la partie mortifiée, et sa situation plus ou moins profonde ; dans les parties internes elle est ordinairement très-lente. Le tissu gangrené est le plus souvent remplacé par une cicatrice.

On trouve des exemples de ces divers modes de guérison dans l'élimination de membres mortifiés (Fart toutefois doit souvent intervenir); dans la séparation des portions de muqueuses atteintes de diphthérite et des eschares lyphiques de la muqueuse intestinale L'élimination de parties gangrenées» situées au milieu de masses osseuses ou parenchymateuses, est plus difficile, ainsi pour les parties centrales des os, les portions de poumons gangrenées, etc. Dans le furoncle et l'anthrax, la gangrène s'empare d'abord d'une portion de peau ou de tissu cellulaire sous-cutané, autour de laquelle se forme un abcès. .

Une partie nécrosée n'est plus susceptible de revenir à la vie; dans les cas d'embolie, il se produit parfois une mortification apparente, et la partie anémiée peut devenir pâle, froide et paralysée; toutefois elle n'est pas encore alors gangrenée; la mort ne s'en empare que si l'afflux du sang reste plus longtemps entravé. S'il s'établit une circulation collatérale, elle revient de nouveau à la vie. On observe également la guérison de parties mortifiées en apparence sur les portions d'intestin étranglées.

La gangrène n'agit que rarement d une manière favorable en détruisant des produits inflammatoires (pus), ou en provoquant l'élimination de néoplasmes, tels que l'eschare typhique, les tumeurs hémorrhoïdales et autres productions analogues, les polypes, etc.

La terminaison fatale de la gangrène est le résultat des troubles locaux ou de l'infection générale.

Le danger des troubles locaux provient de la gangrène elle-même ou de l'inflammation qui la circonscrit. Il se produit alors des perforations (de la plèvre dans le cas de gangrène pulmonaire, du péritoine dans les ulcères intestinaux et gastriques) ; des hémorrhagies graves si la thrombose fait défaut ou n'est qu'incomplète, si la pression sanguine est intense, si les parois vasculaires sont altérées, etc. (extrémités, estomac, intestin) ; des inflammations des séreuses avec exsudats sanieux, même sans perforation, etc. Parfois la gangrène se propage à des organes importants, par exemple au cerveau. Dans d'autres cas, l'organisme s'épuise, soit par inanition, soit par la fièvre hectique, ainsi que par les douleurs dont les parties mortifiées sont le siège*

3(10 NOVVR.UX KLKMLNTS DE l'A I HOUXilE (iK.NlR ALK.

Les troubles généraux qu'amène la gangrène sont ordinairement mortels, quand ils sont prononcés.

A l'autopsie, ou ne trouve ordinairement rien de particulier, si ce n'est le lover gangreneux, l'inllamniation réaetionnellc qui l'entoure et les altérations primitives. Parfois on rencontre des pblegmasies intestinales ordinaires ou eroupalcs. Les loyers métastatiques que l'mi observe dans certains organes offrent quebjuefois un caractère gangreneux (métastase gangreneuse!.

II F - — Métamorphose progressive.

(lîypcrlmj'lih' M nûoplasic, iv<,vrn;:-alion il « uatrwition.)

Abernethy, Surgirai works, 11, 1811. — Homo, On the format, of tumours, IS.'O. Millier, Arili., 18,">(ï. — Veber den feinem liait und die Formen (1er binni''.haften Geselnridste. I.X5N. — Ilawkins, Lowl. med. fiuz., IS.">7 et ÎN.'S. — W.irren, 7*;*. bemerk. itber biatjn. u. Car. <l. Gesehw., 18.V.I. — Voi:el, lu'uebr m palhol. Mus. in ]\. Wa^ner's Udwint. d. bJtus., 1Sik2, I, p. 707. — l'reu. r. Meli't. cirea eroi. !. ne formas rieufrirnni, INI,">. — Ituldmann, beilr. z. hennin d. kranlen Seh/eimhaut, u. s. w., IN i.">. -Keinhardl, in Traulu- s beilr.. 1 S 45. If,— \irrh. Arrh., I, p. .*» ^ S . — J . «t 11 . (îoodsir, Anal, and pat h. Itbserr., 1 K » T» . — Rruch, l)iï. Diatjnose der bîisarlujen (îesehiriïhte. I S i 7 . — Vncliow, W'ùrzb. Ycrlt., I8.M), 1, |». M et \7v\- II, p. K.O. — Arrli., I. p. \)\ IV, ]>. 515: MU. p. ."i7l: M, p. Nil; XIV. p. 1. — Die Kranklt. Uesehwidste, 181m, I, l8til-<i.V IL 181)7; III, 1 p. — Fùhrer, DeutseJte KUniL, î8'-fcJ. - f'a-ol, I.erturrs <>n /.-moins, IS.M. — Scluanl, brijsr. orer de (joed-en Kiraadart. gezrr., 5 «'-dit.. ÎN.YJ. -llcmak, /// Muller's Arel,., 1S.V2, p." 47.— \inli Arch.. XX, p. J!»S. -- Rohin, Gaz. mal.. 1 Sî>7>, n' M. — Scliuli, l'eb.d. Frk. d. Vseudopl.^ 1N5#. — Vatii.it. 'Hier. d. PsendopL. iN.Yi. - llis, licitr. z. norm.u. pat h. Ilit>f<d de Cornea, 1NM>. — Wiliich., in Vinh. Arch., 18î)(>, IX, p. 18.*). — 0. Welier, in Vir* :i. .l/r/< , 1S;»S. XIII, p. 7i; XXIX, p. «Si cl 11),". — Udb. d. CJùr.. 18<ï.\ 1, p. 'Jin.

— liillmtli, Beilr. zupatlud. l'isl., InT.S. — Deutsehe hlinik, 18.V.J, n 40 et suiv.— lUihl, m Yiroli. Arrli., IS.V.I. XVI, p. IliX: XXI, p. 480. — UinrfflrU. h in Virrh. Areh., I S;>**, XVII, p. ^.">il; XXI, p. iNfj. — F.rperimentalstudien itb.d Hislid. d. blutes. y lNo\">. — lieeklin-Jiausen, in Vin h. in//., 1805, XXVlll, p. 17.

— Tliierseli, I)er Epitheliulkrebs nain, der Haut, 180J.

(Pour les tuiiK'ius, voyez, eu outr«î, les anciens ouvrages de lîalicn, ln<:ras>ia, Fallope, Aslnir, l'Iemk, etc., el les Ira il es recenls d'analomie pathologique et Je chirurgie, ainsi que les monographies sur ce sujet.)

La métamorphose progressive consiste en la production nouvelle, a la suite d un processus morbide connu ou inconnu, d'un ou plusieurs tissus ou éléments semblables ou analogues à ceux de l'organisme normal, ou bien en différant plus ou moins.

Les néoplasmes palbologiqnes peuvent être constitués soit par des tissus qui ressemblent à ceux de l'organisme normal, quant au \olume, à la forme, à la disposition, à la fonction, etc. : hypertropnic*

en général, homéoplasmes, néoplasmes homologues ; soit par des tissus qui n'offrent ni ressemblance, ni analogie avec les tissus normaux : hétéroplasmes , néoplasmes hétérologues. Les homéoplasmes et les hétéroplasmes passent de l'un à l'autre de façons diverses. — L'hypertrophie peut être simple ou vraie, c'est-à-dire que les éléments existent en quantité normale, mais qu'ils sont agrandis; ou bien numérique (hyperplasie), c'est-à-dire que tous les éléments ou les éléments essentiels , sont augmentés en nombre. L'hypertrophie simple et l'hypertrophie numérique passent de l'une à l'autre de différentes manières, ou se rapprochent de l'état physiologique, spécialement dans les muscles et dans les os. L'hypertrophie peut atteindre un organe tout entier, par exemple les muscles, les os, le tissu adipeux; ou bien une partie d'organe, et alors on ne sait si Ton doit appeler la production hypertrophie ou tumeur ; ainsi l'hypertrophie des papilles cutanées ou verrues, condylomes; l'hypertrophie muqueuse locale ou polype muqueux ; l'hypertrophie osseuse partielle ou ostéophyte, exostose. L'hypertrophie locale ou générale du tissu conjonctif dans laquelle les éléments essentiels de l'organe conserven1 leur nombre normal ou sont diminués (libres musculaires, cellules glandulaires, etc.), s'appelle ordinairement induration ou sclérose.

Les néoplasies pathologiques peuvent être diffuses, infiltrées, c'està-dire que leurs éléments sont déposés entre ceux du tissu normal sans qu'il existe de délimitation, ou qu'ils occupent la place de ceux-ci après en avoir déterminé la disparition (substitution). Tantôt elles sont circonscrites, c'est-à-dire qu'elles constituent une masse ordinairement arrondie qui a refoulé les tissus normaux , et elles s'appellent alors excroissances ou tumeurs (néoplasmes, pseudoplasmes) ; toutefois on donne ces noms à un grand nombre de productions nouvelles in61trées, spécialement aux productions hctéropl astiques.

On ne peut donner une définition exacte du mot tumeur, ni dans le sens qui lui est attribué ici, ni dans son acception générale. On dit tumeur de la rate, de la face, sans qu'il soit question de tumeur proprement dite, tandis que le mot tumeur du testicule ne s'emploie que dans le dernier cas. Kuss admet une tumeur inflammatoire sous le nom' de phlogome. Dans tous les cas, il est préféra Me de s'en rapporter à l'usage.

La régénération ou reproduction d'un tissu détruit tient le milieu

entre la formation normale et la formation pathologique. 11 est pro-

• bable que tous les tissus de notre corps se renouvellent constamment ;

c'est du moins un fait démontré non-seulement pour les cheveux,

les ongles et les cellules épithéliales stratifiées, mais aussi pour les os,

:>wi .WVE.UW ELEMENTS DE l'AlHOLOGIL bENiJULF.

les fibres musculaires lisses et striées, et d'une manière presque certaine pour toutes les cellules épithéliales vraies, pour les cellules glandulaires, etc. La régénération n'est dite pathologique que dans les cas où les tissus qui se reproduisent ont été détruits, non pas a Ja suite de leur fonctionnement normal, mais par une action extérieure accidentelle.

La régénération peut être vraie, parfaite, quand il se produit un tissu tout à lait semblable au tissu détruit (épidémie, épithéliuin, cheveux, ongles, tissus cellulaire, osseux et nerveux, libres musculaires lisses et striées, parfois cristallin, et peut-être corps vitré}; dans d'autres cas elle est fausse, imparfaite, et la perte de substance est comblée par du tissu cicatriciel (peau et muqueuses, glandes, etc., souvent aussi les muscles). Le tissu cicatriciel persiste sans modification (cicatrice permanente dans les cartilages, les muscles, les glandes, etc.), ou bien il s'y développe ultérieurement des éléments normaux du tissu {cicatrice provisoire).

(Ihez l'homme, la régénération s'observe pour certains tissus (épitliéliurn, tissu conjonetif) ou systèmes de tissus (v-.iisscnux, os, muscles); mais jamais pour îles organes tout entiers ou des parties d'organes. (.liiez les animaux inférieurs, elle se produit dans une mesure beaucoup plus lar^e: chez les salamandres et les lézards, on a \u" la régénération de la queue et même de la portion de moelle correspondante; chez les triions, on a observé celle des jambes, de la mâchoire inférieure et même celle de l'œil. On peut démontrer dire< lemcntla réjrénératir n des parties extérieures (peau, os); mais dans certains cas, nous ne l'admettons que d'après le rétablissement de la fonction . par exemple pour les nerfs : et dans d'autres cas encore, on ne peut v arriver qu'après un examen attentif, surtout par l'observation microscopique.

La réunion de parties complètement séparées se rattache à la régénération. On ne l'observe que dans les cas où la partie n'a pas été détachée du corps assez longtemps que pour perdre sa chaleur et sa vitalité. Nous citerons pour exemple les dents (on a même vu des dents mortes se fixer dans l'alvéole) , les cheveux, les os, des portions de peau diverses, des nez, des oreilles, des phalanges complètement séparées, etc. Ce n'est pas seulement la communication vasculaire avec le reste du corps qui se rétablit, mais encore la communication nerveuse; on voit même le lupus et le cancer épilhélial se développer et parfois de préférence sur ces parties.

Nous devons également mentionner ici le développement dans des organes préexistants, de la structure et de la fonction des parties détruites; ainsi la transformation des artérioles et des veinules en gros vaisseaux dans la circulation collatérale; l'hypertrophie compen-

salrice d'un rein, consécutive à l'atrophie de l'autre ; celle des glandes lymphatiques, à la suite de l'extirpation de la rate, etc.

Voy. sur la régénération : Spallanzani, Opusc di fisica anim. et veget., 1776. — Murray, De redintegrat. part. corp. anim. nexu suo sol. vel arnisso., 1787. — Blumenbach, Ueb. d. Bildungstriebe, 1791. — Eggers, Von d. Wiedererzeugung., 1821. — Dieiïenbach, Nonn. de regener. et transplanta 1822. — H. Millier, Verh. d. Senk. Ces., 1864, V, p. 113. Comp. les ouvrages sur la chirurgie plastiquera littérature concernant la production nouvelle des tissus conjonctif, osseux, nerveux, des vaisseaux, etc.

Les hypertrophies et les néoplasmes se développent d'une façon très-variable dans les divers organes et tissus.

Certaines hypertrophies et certains néoplasmes se rencontrent dans tous ou presque tous les organes et tissus, tels sont le tissu cellulaire, les vaisseaux et le pus, ensuite le tubercule et le cancer, et probablement le syphilome et le sarcome : on les observe avec une égale fréquence dans tous les organes, ou bien cette fréquence varie d'après chacun d'eux (ordre de fréquence du tubercule et du cancer).

Les mêmes néoplasmes offrent des différences marquées, selon que leur développement est primitif ou secondaire. (Voy. plus bas.)

Certains néoplasmes ne se produisent que dans des organes ou tissus déterminés, et dans ces cas la structure du néoplasme et celle de l'organe sont ordinairement analogues : le tissu conjonctif s'observe le plus souvent dans le tissu conjonctif, le tissu osseux dans les os et le périoste, le tissu adipeux dans les régions à contenu graisseux, les fibres musculaires organiques dans les organes qui en sont formés, le tissu glandulaire dans les organes glandulaires analogues, etc. Le tissu dont dérivent ordinairement la plupart des néoplasmes est le tissu conjonctif sous toutes ses formes : tissu primordial du corps.

Le nombre des néoplasmes que l'on observe chez un individu est très-variable; parfois on n'en trouve qu'un seul ou quelques-uns, d'autres fois la quantité en est très-grande et même innombrable. Dans ces derniers cas, les néoplasmes ont une structure différente, et leur coexistence est purement accidentelle (kystes et cancers); ou bien ils offrent une structure semblable (tubercules, cancers, etc.). Quand les néoplasmes existent en grand nombre, ils se trouvent, soit dans un seul et même organe (kystes de la peau et des reins, iibroïdes de l'utérus), soit dans des parties de structure semblable (enchondromes des os) ; soit enfin, dans des organes différents (cancers de l'estomac, du foie et des poumons). En général, les néoplasmes homéomorphes se rencontrent dans un seul organe ou dans des organes de

."W NOrVEAI'X K LDI FM S DE PATHOLOGIE GENERAI/.

structure semblable, et les hétéromorphes dans des tissus et de.^ oruanes divers.

Le volume des néoplasmes varie depuis la limite des objet* visibles (tubercules, cancers miliaires) jusqu'à la grosseur d'une cerise, d'un ii'iif, du poing cl au delà, Cet tains néoplasmes atteignent un volume colossal, et parfois un poids de 100 livres.

La forme du néoplasme est tout aussi variable, et dépend soit de l'endroit où il s est développé, soit de conditions inconnues. Les hypertrophies diffuses offrent, eu général, la forme de l'organe tpii en est le siège. Les tumeurs sont ordinairement rondes ou arrondies, rarement i meulières ; elles sont membraniformes, aplaties ou sphérimies. Llies sont eu connexion avec l'organe par toute leur périphérie, ou seulement par un point unique (tumeurs pédiculées, polvpeusesi. Leur surface est lisse, bosselée ou lobulée.

La consistance des néoplasmes dépend essentiellement de leur structure et de leurs métamorphoses, et présente tous les degrés imaginables.

Les principes constituants des hypertrophies et des néoplasmes sont tout à fait pareils à ceux des tissus normaux : ce sont des granulations, des noyaux, des cellules, îles substances fondamentales diverses, et surtout du tissu conjonctif et osseux, des vaisseaux, etc.

l»an> son en-emlde, le néoplasme peut différer notablement des tissus normaux. nuis <f< éléments, les re'iiile>. lev ii:»tv*, etc., «ttïieut toujours la même structure et «-oui v(l|iini> .iti\ iiiriiii'v l<iv que les tiluvs et les cllulev normales. Par conséquent. ltv n.'.»|'l;jx!ii»'> vfl.M^iiciit de* l.»u* normaux par leur tevture et non par îles élément* <pev itique> particuliers: 1- tir strurtuie u'o^t M>u\eut pa> anomale, mais ils sont anomaux, pathologique^, parce qu'il> >•• développent en un point ou à une époque où ils n'existent pn* à : état U"iinal h< Jcmtopie et hrtèrvlirimie*.

l';iprès leur ( onij o-ition. Yiuhow donne 1.' nom de tumrurs histiouies à cel!<< qui <o\\\ forint -s d'un seul et iim. m»' Ii>mi i pithélium, ti»u conjonctif i; le nom de tumeurs orijnnn'i'lrs a irllc< qui >e t ompo<ent de pluMeuis tissus, et eutin le nom <ir tumeurs stistèmat'H'li-s ou 1rrat")>lrs a cello qui >ont constituées par des tissus et de* partie* d'orjanes divers, a olle*. par exemple, qui. comme la peau, renferment du h>Hi lonjonitif. lie i'epiilernie. des j: ande* >ud.iripare< et séparées, etc. Il faut emorea enter celir* dan> lesquelles on troine un-' eomoinaison de plusieurs espèces de tumeurs : tumeurs compostes, musse* riistimilaires. jn< duelions )iiijcte$.

Parmi les cléments des tissus pathologiques, c'est la cellule que l'on rencontre le plus souvent à l'examen microscopique. Par ses propriétés histologiques , chimiques i \olume. forme, matière de la cellule, enveloppe, noyau, etc.) et \itales (ctoissance, assimilation et désassimilation , multiplication et, chez quelques-unes, propriété de changer de forme et de lieu ) , elle ressemble tout à

fait à la cellule physiologique, avec oette différence, toutefois, que ces propriétés parviennent généralement à leurs dernières limites. On rencontre aussi, en même temps que les cellules, des corps appelés proloblastes (cytoblastes) qui sont constitués par un noyau, entouré d'une substance visqueuse ou muqueuse, claire ou granulée, condensée parfois à la périphérie, mais non membraneuse 'protoplasma). Parfois encore on trouve des corps composés d'un noyau et d'une substance corticale qui l'entoure incomplètement. Enfin, on y rencontre quelquefois des noyaux libres. Le noyau est l'élément le plus] essentiel de la cellule et du protoblaste : il préside aux fonctions des cellules (assimilation et désassimilatton , transformation du contenu cellulaire, etc.), et il joue un rôle des plus essentiels dans leur multiplication. Entre les cellules, on trouve constamment une substance intercellulaire plus ou moins abondante, tantôt liquide, tantôt solide, laquelle, dans le premier cas, ressemble probablement à la matière unissante normale des tissus, et se colore ordinairement en noir par le nitrate d'argent.

On n'a pas encore observé d'une manière certaine, comme produits pathologiques, de cellules d'une structure plus compliquée, et notamment les cellules a ouvertures Ipius ou moins grandes, analogues au micropyle de l'œuf, aux canaliculcs des cellules épithéliales cylindriques de l'intestin ou aux cellules nerveuses.

Relativement à 1 importance réelle de la membrane cellulaire, qui a été encore contestée rëcemment,Yoyez surtout Schultze (Mu 11, Arch.t 1861, p. 1), elftrùcbe (Sitzgtber. d. Wien. Acad., XLIY, p. 581 : Elemeniar Organismen). Beale distingue deux substances dans les éléments des tissus : Tune vivante ou substance germinale (germinal matter, protoplasma de Schultze), l'autre non vivante ou substance figurée (formedmatter). La première absorbe la solution ammoniacale de carmin et se colore en rouge; la seconde reste incolore. Celle-là croit, fonctionne et subit des modifications ; celle-ci dérive de la substance germinale, mais elle joue un rôle passif et n'est pas susceptible de s'accroître ; elle est extérieure à la première et s'épaissit par le dépôt de nouveaux matériaux à sa face interne.

Dans la suite, quand il sera question de cellules en général, il s'agira des cellules pourvues d'une membrane appréciable ou des proloblastes.

Les cellules pathologiques s'altèrent et se détruisent souvent plus aisément que les cellules physiologiques. C'est surtout par une addition d'eau qu'il se produit en elles des modifications notables. Certaines cellules sont alors plus ou moins régulièrement agrandies ; elles deviennent plus claires ou plus troubles, et se détruisent parfois complètement. Dans d'autres cas, l'eau pénètre dans la cellule et s'y rassemble sous forme d'une tache nettement limitée, arrondie, claire et plus ou moins grande, qui refoule le contenu de la cellule et môme le noyau. Il peut aussi se former plusieurs taches semblables dans la cellule, et on voit sortir à travers la membrane cellulaire des sphères hyalines qui bientôt se détachent,1 s'éloignent et disparaissent.

Quand on trouve des cellules en un point quelconque , à l'état

r>t)0 SOrVEAl'X ÉI>ÊMi;>'TS DIS PATHOLOGIE GÉNÉRALE.

pathologique, on doit supposer qu'elles vont été amenées ou qu'ellese sont formées sur place.

L'immigration de cellules, démontrée seulement jusqu'à ce joui pour les globules Idanes du sang et ceux du pus, doit peut-être encore être admise pour d'autres tissus considérés jusqu'à présent comm étant des produits nom eaux proprement dits, et particulièrement pour le tissu cicatriciel, les pseudoinembrancs et le tissu conjoneth hyperplastique.

Depuis que (lobnhoini a découvert la migration des dobules blancs du sang, les productions, qui se composant < 1 •*• s le principe de petites cellules rondes, semblables à ces «jlobules sanguins, ne doivent pins être comidérées exclusivement comme ê'.uit des produits des cellules èpitbéli.des M*aies ou fausses ou des corpuscules conj«»:ictiis. mais on d<>il se d>ni;inder, dans tous les cas douteux, si elles ne seraient p> constituées parées corpuscules sanguins. Jusqu'à présent, nous n*a\ons mie «les niovennégatifs puur arriver à une cundusion sur ce point pour ce qui concerne les productions prises sur Diminue vivant ou mort : la démonstration de l'existence des degrés intérieurs de dé\el<<ppement des cellules provenant de l'épilliélium ou du tissu eoiijonctit est une preuve contre rmuniuration. fans les expériences surl«» animaux, on .1 chargé les globules bl.mcs du sanir de matières colorées (\ov. 1. 1 1* I •. et les cellules rondes, indifférentes dans lesquelles on a retrouvé c^tte matière, oiil été eopsidtMéev comme provenant d'une iuuui^ration deijloluiles blancs, et non d'une production nouvelle. L'avenir seul ponria trancberla question relativement aux né**plasnies de ebaque tissu.

Les cellules pathologiques dérivent, soit par division, soit par formation endogène, de cellules normales ou pathologiques préexistantes, dépourvues sans doute, dans les deux cas, d'une membrane propre. La formation du noyau précède probablement toujours celle de la cellule.

La cellule se divise dans son entier, c'est-à-dire dans toutes ses parties : membrane, contenu, noyau et nucléole, et cette division se produit suivant la longueur, rarement suivant la largeur ; il eh résulte ordinairement deux, parfois trois ou un plus grand nombre de cellules. Le nucléole s'allonge d'abord, puis le noyau : ils s'étranglent ensuite par le milieu, et se divisent. A ce montent la cellule s'étrangle aussi, d'abord en un point, puis dans tout son pourtour, pour se diviser enfin, de manière à donner naissance à deux, trois ou plusieurs cellules, pourvues d'un novan chacune.

ba multiplication par bourgeonnement n'est qu'une variété de ce mode de division. Le noyau se divise une ou plusieurs t'ois, et les noyaux nouvellement l'ormés se rapprochent de la périphérie de la cellule : celle-ci se rentle, à l'endroit correspondant, en forme de

bourgeon, lequel reçoit un noyau. Ce bourgeon, enfin, s'étrangle et se détache pour constituer une cellule à noyau.

Dans la formation cellulaire endogène (division endogène), le noyau, après division préalable du nucléole, se partage en deux, rarement en plusieurs segments. La cellule augmente de volume pendant que les noyaux nouvellement formés se divisent de nouveau, et, finalement, elle en renferme quatre, huit, ou un plus grand nombre. Ces cellules restent inaltérées (cellules mères, pourvues de noyaux secondaires, — myéloplaxes), ou bien les noyaux se transforment en cellules dans l'intérieur même de la cellule mère (sans doute par une espèce de division du contenu : cellules mères renfermant des cellules filles, ou bien des cellules filles et des noyaux secondaires) ; enfin, les noyaux secondaires, ainsi que les cellules filles peuvent être mis en liberté par la déchirure de la membrane de la cellule mère qui se détruit.

Quand la formation endogène se produit dans des cellules à double membrane, (c'est-à-dire qui sont munies d'une membrane eitérieure, la capsule, et d'une membrane intérieure, utricule primordiale), par exemple dans les cellules cartilagineuses, h membrane extérieure ne se modifie pas, tandis que l'utriculc primordiale se divise une ou plusieurs fois successivement. Tantôt les cellules ainsi formées présentent une enveloppe simple, correspondante à l'utricule primordiale, tantôt celle-ci sécrète plus tard une membrane externe ou capsule pendant que la capsule de la cellule mère se confond insensiblement avec la substance intermédiaire.

Dans certains cas, le noyau, au lieu de se diviser simplement dans la cellule, produit plusieurs bourgeons à la fois, lesquels finissent par se détacher et par se développer librement dans le contenu cellulaire.

Dans la formation endogène libre, le contenu cellulaire produit indépendamment du noyau, d'une façon encore peu connue et par une espèce de division partielle, un ou plusieurs noyaux nouveaux qui dans la suite 6e transforment en cellules et abandonnent enfin la cellule mère.

Ce mode de formation cellulaire n'a été observé, jusqu'à présent, que dans les globules du mucus et du pus. Buhl Ta rencontré d'abord dans un poumon enflammé, plus tard dans les cellules épithéliales des conduits biliaires, dans un cas de pyléphlébile ulcérative; Remak Ta observé dans le catarrhe de la vessie, et Rindfleisch dans les catarrhes purulents des muqueuses en général. Les recherches récentes sur la migration des cellules font révoquer en doute un grand nombre de ces faits; il est surtout certains produits microscopiques de la suppuration épithéliale dont l'origine pourra être expliquée plus facilement d'une manière autre que celle qui a été admise jusqu'aujourd'hui. D'après Volkmann et Steudcner (JM. Centr., 4868, n* 47), dans le cancer [et la suppuration, on peut croire à l'existence d'une fonnation endogène

si de petites cellules (des globules blancs du sang, par exemple, dans la suppuration1 pénè'renl dans de plus grandes et en sont enveloppées ensuite.

(lonlrniremeul ii l'opinion la plus connnune qui considère la multiplication dis noyaux connue une iiietamorplin.se progressive, Rindllcisch (Yireh. Arch. XXlll, p. Mil) admet que, dans certaines circonstances, elle constitue un progrès vus la destruction delà cellule. Eu effet, Kmdflcisch en supprimant la respiration pulmonaire à Laide d'une ligature, et la respiral ion cutanée en plongeant l'animal dais Peau, a pu transformer en cellules analogues aux illobules de pus, les globules Liants du saiii; de la grenouille, rpii, comme on le sait, ne renferment qu'un seul noyau.

La plupart des cellules peuvent se multiplier : ce sont surtout les corpuscules mobiles ou non mobiles du tissu eonjonctif, les corpuscules osseux jeunes, les cellules de cartilage-, les cellules épithéliales et glandulaires (les cellule* épithéliales dans leurs couches les plus récentes seulement), peut-être aussi les globules blancs du sang, qui constituent le plus souvent le point de départ des néoplasies pathologiques. Les noyaux des capillaires et de l'adventice des vaisseaux possèdent aussi celte propriété, mais d'une manière moins marquée, et elle est moins évidente encore pour les noyaux du névrilème, du sarcolemme et des fibres musculaires organiques.

Pour ce qui concerne la participation des globules blanrs du sang à la formation du tissu eonjonctif et des vaisseaux, peut-être aussi d'autres néoplasmes, participation admise par Kindfleisih, Killroth et O. Weher, vovez plus haut.

Hindlleiscb a pu continuer par rexpérimenta'iou [F.rpt'r. iïh. d. Ilisl.d. i>7. 18 vé la supposition qu'il avait émise ( irrh. d. llrilk. IV, p. .Vu) que dans le> thiomh?> et les extravasals, les globules routes se trausfoi'iuei aient réelleiuenl en globule* blancs du sau^r. Il croit que, pendant la vie, il se produit continuellement, et sain doute dans la rate, une transformation «les globules roiucs en globules blancs et des globule* blancs en globules louues.

b'après llolm et Stricker (W'ien. Sitzysbcr. )Iar:. 18(i7, p. 4951, dans l'inHaiumatiou Ir.uunatiqiie du foie, les cellules hépatiques se transforment non-seulement en cellules à granulations graisseuses, mais encore en libres, de sorte que la c -llule lîiauuleiise devient d'abord fibre granuleuse. Les cellules hépatiques, ainsi que les capillaires, tourmssent donc une partie des matériaux nécessaires à la production du tisMi fibreux cicatriciel. — Les cel nies hépatiques peinent encore se transformer eu cellules de granulation.

Les cellulo superficielles de la peau et de la plupart des muqueuses, les corpuscules osseux ordinaires et, suivant certains auteurs, les cellules épithéliales des >éreuses et des vaisseaux, ainsi que les cellules follement dégénérées, ont perdu la propriété de se multiplier. 11 n'est pn> démontré davantage que les cellules nerveuses des ganglions du cerveau et de la moelle contribuent à la prolifération cellulaire.

Kindlleisch (Lehrb., p. 221 'i a unis l'opinion que répithélium de< séreuses doaue naissance aux néoplasmes malins. — Reckliughau*eii profes-se une opinion analojjc

relativement à l'épithélium des lymphatiques (Grsf s Arch. f. Ophthalm. 1864. XII II. 2, p. 62. — Sitz.Ber. d. Wûrzb. phys. med. Ge*. 1865-66. — Kœsler, Virch. Arch. XL, p. 468).

On ne connaît pas encore le mode suivant lequel le noyau, de quelque façon qu'il soit formé, se transforme en cellule.

Les jeunes cellules de nouvelle formation sont ordinairement petites, arrondies et pourvues d'un noyau manifeste avec ou sans nucléole. Elles ne présentent à cette époque aucune propriété qui puisse taire présumer quels seront plus tard leur forme, leur volume, leur disposition, etc. De même que les tissus chez l'embryon, ces jeunes cellules (cellules formatives, primordiales ou de granulation) ne se différencient qu'ultérieurement; elles peuvent prendre les caractères du corpuscule conjonctif ou osseux, de la cellule épithéliale, de la fibre musculaire, de la cellule cancéreuse, sarcomateuse, etc., et sécréter une substance intercellulaire qui reste liquide ou devient solide, reste homogène ou devient fibreuse, etc.

Les cellules provenant des différents tissus ne donnent habituellement naissance qu'à des néoplasmes déterminés : l'épithélium vrai notamment donne lieu à des productions épithéliales (épithélium de régénération, néoplasmes glandulaires, cancers épithéliaux) ; le tissu conjonctif produit du tissu conjonctif plus ou moins riche en cellules (tissu cicatriciel, fibrome, sarcome; etc.) ; les vaisseaux donnent naissance à des vaisseaux, etc. 11 n'y a qu'un certain nombre de néoplasmes peu caractérisés, formés surtout de noyaux et de petites cellules qui puissent dériver de tissus divers, à l'exception du tissu épithélial vrai ; ainsi probablement le tubercule, le cancer non épithélial, etc.) — Les globules de pus sont probablement toujours des globules blancs du sang extra vase.

Il est fort probable que les lois qui président au développement normal des cellules des trois feuillets embryonnaires et de leurs dérivés s'appliquent aussi aux cellules qui naissent sous l'influence d'une irritation furinative pathologique. Ainsi toutes les productions épithéliales pathologiques proviendraient du feuillet cutané et glandulaire ; les productions conjonctives, osseuses, etc., dériveraient du feuillet moyen. Les pseudo-épithéliums des vaisseaux sanguins et lymphatiques, des séreuses, des ganglions lymphatiques, etc., peuvent reproduire des cellules épithéliales fausses, mais probablement aussi du tissu conjonctif. D'après l'opinion ancienne, les globules du pus peuvent dériver des organes et des tissus des trois feuillets embryonnaires. (Voy. plus bas.)

Le développement des hypertrophies et des néoplasies ressemble en général à celui des tissus normaux ; il est tantôt régulier dès le début, tantôt irrégulier et même périodique; dans certains cas, il

CMLE «T WACNr.B. — l'ATII. CIIN. "H

est sous la dépendance d'irritations locales, de maladies générales. de la menstruation, de la grossesse, etc. Le mode de développement varie suivant <|iie le néoplasme est circonscrit ou diffus, qu'il coustitue une tumeur ou une infiltration. Les tumeurs, à peu d'exception* près, restent limitées à l'organe où elles ont pris naissance, tandis que les intiltratious peuvent se propager à presque tous les tissus sans distinction; les première* peuvent acquérir un volume colossal dan- Porgane mère, tandis (pie les secondes n'y prennent ordinairement que peu d'extension.

Les tumeurs circonscrites s'accroissent par le grossissement ou l.i multiplication de leurs éléments ; les parties voisines ne prennent aucune part à laeeroissement ; elles sont refoulées : déveluppemeu' concentrique. Les néoplasmes infiltrés ou diffus présentent parfois le même mode d'accroissement; mais ils se développent surtout par la transformation, couche par couche, des parties voisines, développement excentrique ou périphérique. Dans certains cas, les néoplasmes et spécialement les cancers, s'accroissent par l'addition de nouvelles tumeurs aux premières et par la fusion insensible des unes avec le? autres.

Toutes les tumeurs malignes, circonscrites (en réalité ou en apparence) ou dilfuses, présentent, d'après \ irchow, le mode d'accroissement suivant : la tumeur pr,milive (tubercule mère) cesse de se dé\el.ippi-r quand elle a acquis un certain volum** : et il se produit dans le voisinage de nouvelles tumeurs qui finissent par se loucher t' se confondre les unes ;ivee les autres, puis par se réunir à la masse principale. Il iwit ensuite de nouveaux tubercules à la périphérie de la tumeur, et ainsi de Miite. L' développement des tubercules secondaires est dû, d'après Virchow, à la difùh..«r. d'une matière contagieuse, dune substance infectieuse, d'un miasme qui >e rép.ui'l dans les parties voisines par voie d'imbibiliou directe ou d'endosmose simple.

Le développement des hypertrophies, vraies ou fausses, est généralement lent, et celui des tumeurs est très-variable dans sa marche, même pour celles de même nature.

Les lois qui président à la circulation et à la nutrition des hypertrophies et des néoplasmes sont les mêmes que pour les tissus normaux; ou y rencontre par conséquent non-seulement les trouble? circulatoires ordinaires (anémie, hyperémie et hémorrhagie) , mais encore presque tous les désordres nutritifs (surtout l'atrophie simple, la métamorphose graisseuse et muqueuse), l'innainnialion avec suppuration et gangrène; tous ces troubles v sont même relativement communs, à cause de la distribution ordinairement irrégulière des vaisseaux. Tous le* troubles nutritifs qu'on y observe exercent une influence marquée sur le néoplasme lui-même et sur l'économie : il>

peuvent altérer et même faire disparaître le premier, et exercer sur celle-ci une action favorable ou défavorable.

Les hypertrophies et les néoplasmes se comportent ultérieurement suivant les modes suivants ;

Ils persistent dans le mime état sans se modifier; ainsi un grand nombre de tumeurs congénitales de la peau, certains lipomes et fibromes, et même quelques sarcomes peuvent rester inaltérés pendant de nombreuses années;

Ils continuent de s1 accroître jusqu'à ce que la chirurgie ou la thérapeutique interviennent, ou bien jusqu'à la mort;

Ils subissent des atrophies et des dégénérescences diverses, spécialement l'atrophie simple et la métamorphose graisseuse, qui sont une cause fréquente de troubles circulatoires dans le néoplasme ou dans les parties voisines. Cette dégénérescence présente une importance particulière dans les muscles striés et lisses ; elle est normale dans le tubercule (tubercule jaune) et assez fréquente dans le cancer, etc. ;

Ils sont atteints de gangrène, qui est ordinairement sèche, trèsrarement suivie d'une élimination complète ; ainsi pour certains polypes muqueux et certains cancers ;

Ils éprouvent une transformation régressive spontanée; tels sont certaines verrues et œils de perdrix, les condylomes larges ou acuminés ; parfois le cal qui entoure les fractures, et jusqu'à un certain point certains syphilomes, kystes, sarcomes et carcinomes ;

Ils subissent une régression apparente : ainsi certaines hypertrophies des muscles du corps et probablement aussi du cœur quand ces organes deviennent moins actifs ; les hypertrophies de la vessie quand les voies uréthrales sont rétablies ; l'obésité dans la vieillesse ;

Ils se transforment en une autre production, spécialement les boméomorphes en hétéromorphes, sans cause appréciable, ou bien à la suite d'irritations répétées : dégénérations. Nous citerons la production du cancer dans les cicatrices de tout genre, dans presque toutes les hypertrophies et tous les néoplasmes ; le développement du sarcome, dans les tumeurs fibroides ; celui du sarcome et du carcinome dans les nœvi, etc. Ces transformations ou dégénérations se produisent sans cause connue, ou bien à la suite d'irritations mécaniques ou chimiques qui atteignent le néoplasme. 11 faut noter aussi, pour les néoplasmes extérieurs/ les irritations thérapeutiques de toute nature, notamment la ponction et l'extirpation. Il faut distinguer des cas précédents les tumeurs mixtes qui, dès le début, se composent de

.Tri NOUVEAUX ÊLÉMKNTS I>i; PATHOLOGIE GÉNÉRALE.

Jeux ou plusieurs tissus se développant souvent indépendamment l'un de l'autre. (Voy. plus bas.)

Quand le néoplasme a disparu, soif spontanément, soit sous l'inlluenee de; la thérapeutique, et notamment à la suite d'une opération chirurgicale (extirpation, etc.), il peut arriver qu'il ne se reproduise plus, ou bien qu'il réapparaisse, soit au même point, soit dans la cicatrice, soit dans le voisinage : récidive. La récidive s observe rarement pour les tumeurs enkystées, dures, pauvres en cellules, qui ont été totalement extirpées; elle est fréquente, au contraire, pourceIle> qui sont iuiillrées et riches en cellules, et spécialement pour les sarcomes et les cancers de ce genre. La propriété de récidiver au même endroit résulte en réalité d'une extirpation incomplète, de la persistance de masses néoplastiques formées ou en voie de développement.

Thiersrh [admet une récidive continue, une récidive régionnaire et une récif lire d'infection ; la première se produit quand l'extirpation a été incomplète ; la seconde s'observe qu.md les altérations aiiatomiques <pii se sont produites au sié^e primitif de la maladie, comme cau>e prédisposante, se montrent ultérieurement dans le voi>ina..e; l;« troisième enfin esi le résultat de la pénétration d'éléments infectants dans le> Noies circulatoires. — Uillrolh (Wien. Wochensciir. 18(17, n" 72) préHimc que b récidive légionnaire dans les liordsde la cicatrice est duc à l'inoculation de> élément* delà tumeur, se produisant par le couteau de l'opérateur.

Les symptômes (jënéranx des hypertrophies et des néoplasmes varient selon (pie ces productions sont diffuses ou en forme de tumeur.

Dans le premier cas, la partie malade offre une augmentation générale de volume et ordinairement aussi de poids. Cette augmentation de volume se produit dans les organes solides, sous forme d'hypertrophie, avec conservation de la l'orme normale de celui-ci, ou hieu avec production d'une configuration plus massive; telles sont l'hypertrophie musculaire ou osseuse, l'hypertrophie cérébrale, celle du foie ou de la rate. Dans les organes creux, elle se présente sous les diverses formes d'hypertrophie, dans le eo'ur par exemple, sous forme d'hspertrophie simple, concentrique et excentrique; dans l'utérus, sous forme d'infarctus, et accompagnée, dans ce dernier cas, ainsi que pour l'estomac, l'intestin et la vessie, de dilatation, plu> rarement de rétrécissement de la cavité. Dans les hypertrophies vraies, il se produit sans doute constamment une exagération de la fonction, très-appréciable ordinairement et fort importante dans les organes inusculeux, mais qu'on n'a pu démontrer positivement dans les glandes.

Dans le second cas, il se développe une tumeur. Tantôt celle-ci est

AN.VTOMIE ET PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUES GÉiNKIULES. 373

nettement circonscrite pendant toute son existence; tantôt elle devient de plus en plus diffuse ; tantôt enfin elle est diffuse dès le début et se propage à presque tous les tissus sans distinction, soudant le tissu ou l'organe primitif avec les parties voisines (adhérence des tumeurs malignes). Le développement de ces tumeurs peut être lent, spécialement dans les tumeurs homéomorphes et pauvres en cellules, ou très-rapide, par exemple dans certains sarcomes et dans les cancers mous ; dans les deux cas, il est ordinairement irrégulier et excentrique. Les tumeurs qui se développent vers les surfaces ou les cavités se ramollissent ordinairement et crèvent : ce dernier phénomène se produit soit de dehors en dedans, à la suite de la distension de la peau ou de la muqueuse, soit de dedans en dehors, à la suite d'un ramollissement central préalable delà tumeur et delà peau ou de la muqueuse dégénérée.

L'influence de Fhypertrophie et du néoplasme se fait sentir d'abord sur l'organe atteint, ensuite sur les parties voisines, et enfin sur l'organisme tout entier.

L'organe malade augmente de volume, et dans les hypertrophies vraies la fonction est ordinairement exagérée (muscles, cœur, vessie, etc.) ; les parties atteintes disparaissent par substitution dans les infiltrations, et par compression dans les tumeurs ; les cavités et les canaux se rétrécissent, etc. Les parties de l'organe non atteintes peuvent ne présenter aucune altération; mais parfois elles s'atrophient ou elles s'hypertrophient. — On comprend que les conséquences varient d'après l'importance de l'organe ou de la partie d'organe atteints.

Les parties voisines subissent une compression qui entraine les conséquences ordinaires ; elles deviennent moins mobiles, il s'y développe des troubles circulatoires, de l'inflammation, etc.

Le pouvoir de résistance que possèdent les tissus à l'égard des néoplasmes dépend en partie de la nature du tissu, et en partie du genre du néoplasme(hypertrophie ou hétéroplasie infiltrée ou en tumeur). Dans les hypertrophies, les éléments primitifs du tissu persistent en partie ou en totalité, et ordinairement à l'état intact. Les néoplasmes hétéroplastiques infiltrés détruisent, en général, plus rapidement et plus complètement la structure normale surtout par obstacle à l'afflux du sang et du blastème, tandis que les tumeurs circonscrites ne produisent habituellement qu'une compression variable.

Relativement aux tissus, on peut poser les règles générales qui suivent : le tissu conjonctif ordinaire persifle longtemps, mais il devient habituellement moins ondulé

•*»7-i NOrVEAUX ÉLÉMENTS DE PATHOLOGIE GÉNÉRALE.

et moins fibreux, moins souple et plus homogène; ses corpuscules diminuent de \oluine ou disparaissent complètement ; parfois il subit une espèce de rauiol'i^emenl qui en détermine la destruction. Le tissu osseux s'use, se nécrose on perd >•■> >els calcaires, tandis que la substance fondamentale fibreuse persiste. Le li^su cuti- Laineux résiste aux néoplasmes pendant un temps relativement long; nrdiiuiivinent ce n'es! qu'après nue compression très-prononcée ou rintillration complète du périebondre, qu'il se produit des altérations diverses, même la nécrose, dans la Mibstance fondamentale et les cellules. Ce sont les tissus élastiques "et les parties qui en sont principalement formées — certains ligaments, la membrane moyenne dos arbres, le tissu pulmonaire — qui nièrent le plus de résistance aux néoplasmes. La inanièiv dont les vaisseaux se compoi lent, à lézard des diliéreuts néoplasmes, varie d'api t s la structure de la paroi vasculaire et la fonction du vaisseau; parfois ils sont détruis (tubercule), tandis (pie, dans d'autres cas. ils servent h la nutrition dn néoplasme. Ls artères opposent une grande résistance à toutes les tumeurs : tes veines, quand elle* ne sont pas comprimées par le néoplasme, sont beaucoup plus facilement envahit s. «l'abord dans leur tunique adventice, plus tard et beaucoup plus difficilement dans bui tunique interne. Les vaisseaux lympbatiques sont parfois comprimés par le néoplasme, parfois ils sont en valus par celui-ci. Ou ne sait pas comment se comportent les ir.uii.* lions lymphatiques. Les orjanes cellulaires (peau, muqueuses, glandes), de menu* que le tissu musculaire et nerveux sont le plus souvent détruits avec rapidité, à l'exception des nerfs périphériques qui sont ordinairement épargnés pendant longtemps

L'influence» qu'exercent les hypertrophies et les néoplasmes sur l'organisme varie non-seulement pour les productions de nature différente, tuais pour celles de même genre, et il est difficile d'en donner une idée générale. Dans certains cas, elle est favorable; ainsi notamment pour la régénération de certains tissus, pour un grand nombre de cicatrices, pour certaines hypertrophies, principalement celles d'organes musculeux. Dans d'autres cas, les hypertrophies et les néoplasmes restent sans aucune influence : nous citerons, par exemple, les petites productions enkystées qui se forment dans des organes ou des parties peu importants. Mais le plus souvent les hypertrophies et les tumeurs néoplastiques exercent sur l'organisme une action défavorable, et qui résulte d'abord de l'affection do l'organe atteint et des parties voisines, et ensuite du nombre, du volume, de la structure et des métamorphoses des hypertrophies et des néoplasmes.

Certaines lnpertrophies vraies et numériques, en neutralisant l'influence mû?ibl> de lésions particulières, exercent une adion bienfaisante sur l'organisme: telles sont les lnpertrophies du cœur dans les vices de cet organe, l'hvperlrophie des fibre? mu*culaires organiques au-dessus de points rétrécis, celle d'un rein dans l'atrophie de l'autre, etc. Les symptômes de l'affection primitive, qui souvent étaient restés latents jusqu'alors, se manifestent dès que le tissu ou l'oivane hypertrophié sont atteints de troubles nutritifs.

On comprend aisément que le nombre et le volume des néoplasmes soient de quelque importance relativement à l'organisme.

Les néoplasmes et surtout les tumeurs sont généralement d'autant pros indifférents qu'ils se rapprochent davantage du tissu normal dans leur structure, qu'ils sont plus durs, moins vasculaires et moins riches en cellules, et qu'ils sont mieux séparés des parties voisines. Ils offrent, au contraire, d'autant plus de danger qu'ils réunissent, d'une manière plus complète, les conditions opposées et notamment qu'ils sont plus riches en cellules, et qu'ils ont plus de connexion avec les tissus primitifs qui les entourent. Nous avons déjà dit que des tumeurs, d'abord indifférentes, peuvent se transformer plus tard en productions riches en cellules. (P. 371.)

Quand les hypertrophies et les néoplasmes agissent comme compensateur* (la plupart des productions musculaires nouvelles, etc.), les métamorphoses qui s'y produisent exercent une influence généralement fâcheuse. Dans les autres productions, et particulièrement dans les tumeurs proprement dites, elles sont parfois favorables en entravant h ur développement ultérieur (calcification, etc.) ; parfois elles en déterminent la diminution ou même la résorption complète ( dégénérescence graisseuse, etc.) ou du moins elles les rendent moins infectieuses (métam. muqueuse); parfois enfin elles sont funestes : ainsi certains ramollissements, la gangrène, etc.

Les néoplasmes, et spécialement les tumeurs, peuvent être, ainsi que nous l'avons déjà dit, uniques ou multiples; quand elles sont multiples, les tumeurs existent, soit dans un seul et môme organe (fibromes de lfutérus, tumeurs folliculaires de la peau, cancers du foie ou des poumons, etc.); soit dans des organes analogues (exostoses des os, sarcomes des ganglions lymphatiques) ; soit enfin dans des organes différents. Dans ce dernier cas, et parfois aussi dans le premier, les néoplasmes ne présentent que rarement des propriétés identiques, ainsi qu'on l'observe cependant dans le cancer aigu et quelquefois dans le cancer chronique. Habituellement les tumeurs, et surtout les cancers qui se rencontrent dans des organes différentes offrent un aspect variable qui est souvent en rapport avec le plus ou moins de du* rée de leur existence. On donne le nom de tumeur primitive à celle que le malade a remarquée d'abord, ou qui présente les altérations les plus profondes, et qui souvent aussi est le plus volumineuse. Les productions siégeant dans des organes voisins et qui sont en rapport de continuité avec la première, prennent le nom de tumeurs par propagation. Toutes les autres tumeurs, qui sont ordinairement plus petites et récentes, sont désignées sous le nom de secondaires ou metastatiques. Ces productions secondaires peuvent siéger, soit dans le même organe ou tissu que la tumeur primitive, soit dans le voisinage de celle-ci , soit en un point plus ou moins éloigné. Parfois elles se trouvent dans les glandes lymphatiques correspondantes (dans les glandes mésentériques correspondantes dans le cas de tuberculisation intestinale ; dans les glandes ax il 1 aires dans le cas de cancer de la mamelle) ; dans d'autres cas elles ont leur siège dans des organes ou tissus qui sont en rapport avec l'organe atteint par le néo-

ie

370 SOrVEAUX KI.KMESTS DE PATHOLOGIE GENERALE.

plasme primitif; ainsi la séreuse dans la tuberculose delà muqueuse intestinale, la plèvre dans le cancer de la mamelle, la veine port* dans le cancer intestinal, le foie dans le cancer de l'estomac et iL l'intestin; enfin elles peuvent atteindre des organes qui n'ont aucun rapport avec celui où siège la tumeur primitive, par exemple \v< reins dans le cancer de l'estomac, les glandes jugulaires dans le cancer de l'utérus. Le nombre des productions secondaires est plus nu moins considérable, et parfois très-grand.

Le développement i\e^ productions secondaires ou métastatiquepeut s'expliquer de la manière suivante : le néoplasme primitif fournit un liquide dépourvu d'éléments solides, qui pénètre dan* la circulation par l'intermédiaire des vaisseaux sanguins et lymphatiques, infecte les tissus et y provoque la formation de productions semblables. Ce mode de développement ne peut toutefois être observé directement. — Il est plus vraisemblable que les éléments solides du néoplasme, et particulièrement les cellules douées encore de leurpropriétés vitales et reproductrices, pénètrent dans les vaisseaux sanguins ou lymphatiques, sont ensuite emportés par le couran*, du sann ou de la lymphe, pour s'arrêter, soit dans le système capillaire le plus proche (glandes lymphatiques, foie, poumons), soit dans les capillaires d'autres organes et tissus, où ils se multiplient ou bien provoquent un travail m'oplasiique analogue dans les cellules qui les entourent. La fréquence des productions secondaires dans les organes où vont se perdre les vaisseaux qui partent du néoplasme primitif (glandes lymphatiques, — foie, poumons), est un argument qui parle pour l'une comme pour l'autre de ces deux opinions. La seconde opinion toutefois est confirmée par le fait que les néoplasmes riches en cellules se propagent souvent dans l'intérieur des vaisseaux sanguins et lymphatiques, et s'étendent avec ou contre le courant circulatoire ; il faut ajouter encore que des portions de tumeur visibles à l'œil nu, et même microscopiques, ont été irtrouvées, par exemp'e dans les cas de thrombose embolique, danles vaisseaux des ganglions lymphatiques, dans la veine porte et ta artères pulmonaires (observations faites principalement dans le cancer, rarement dans le sarcome et renchondrome). Nous citerons en outre la structure particulière de certains cancers secondaires des ganglions lymphatiques, des poumons et du foie, ainsi que leur analogie avec les abcès secondaires ou métastatiques des mêmes or-

ganes.

Nous citerons, à l'occasion de chaque néoplasme, les preuves spéciales particulière>.

Jusqu'à présent il n'est pas encore établi par l'observation, si ce sont les cellules emportées par le courant sanguin ou lymphatiques qui continuent de se développer, ou bien si elles ne sont que le véhicule de l'élément spécifique qui provoque, dans les éléments qui les entourent, une néoplasie analogue. Thiersch et Waldeyer soutiennent la première opinion relativement au cancer épithélial secondaire, tandis que 0. Weber, Klebs et d'autres sont partisans de la seconde.

Enfin, il peut se produire encore des néoplasmes secondaires par l'intermédiaire des vaisseaux lymphatiques ou des conduits excréteurs des glandes. Le premier cas peut s'observer dans les membranes séreuses, du moins dans la plèvre, où le transport immédiat des cellules cancéreuses, de la plèvre pulmonaire Sur la plèvre costale n'offre rien d'impossible au point de vue histologique. Le second cas peut avoir lieu à la peau et à certaines muqueuses où parfois, dans le cancer, c'est le point opposé à l'endroit malade et en contact avec ce dernier, qui est d'abord atteint : ce serait quelque chose d'analogue à ce que l'on observe dans d'autres affections cutanées, par exemple les syphilides.

Après une longue durée, quelques néoplasmes, notamment le cancer et le tubercule , entraînent à leur suite une cachexie particulière (dyscrasie) surtout quand ils atteignent un organe important ou bien plusieurs organes à la fois, et quand la décomposition commence ; cette cachexie se caractérise par les symptômes habituels de l'anémie chronique, soit de celle qui dépend de pertes de sang et d'humeurs, soit de celle qui résulte d'un défaut d'alimentation (anémie d'inanition).

Les causes de celte cachexie sont habituellement les suivantes : la diminution ou la suppression de la fonction d'un organe important (cancer de l'œsophage, de l'estomac ou de l'intestin, tuberculose intestinale) : les douleurs, l'insomnie, ainsi que l'alimentation insuffisante qui en résulte; le développement de nombreux néoplasmes et la soustraction d'albuminates qui en est la conséquence; l'introduction d'éléments néoplastiques dans les humeurs, et les troubles consécutifs de certaines fonctions ou de l'économie tout entière ; la résorption de produits septiques provenant de néoplasmes en voie de décomposition ; les hémorrhagies ; le développement d'affections diverses consécutives à la néoplasie, etc.

Dans certaines néopiasies lymphoïdes aiguës, spécialement dans la néoplasie typhique, on observe une cachexie aiguë ordinairement accompagnée d'une fièvre vive plus ou moins typique : on ne sait pas encore si celle-ci dépend de la néoplasie.

Les causes des hypertrophies et des néoplasmes sont prédisposantes et occasionnelles :

CAISIS PREniSPOSANTES.

1° l'hérédité : elle est démontrée surtout pour l'obésité, la tuberculose, le syphilomc, le cancer, certaines lumeurs conjonctives, cartilagineuses et osseuses (mevi), les verrues cl les kystes. Dans les cas de transmission héréditaire, le néoplasme peut exister déjà à l'époque de la naissance (surtout certains nœvi et les tumeurs multiples de la peau), ou bien se développer plus tard (obésité, fibrome, tubercule, cancer).

2" l.'ihje. Les néoplasmes et surtout les tumeurs présentent généralement leur maximum de fréquence à l'âge de trente et uu ans, et surtout de cinquante à soixante-dix. L'hypertrophie cérébrale se développe le plus souvent à l'époque de la dentition ; celle des mamelles et des organes génitaux à l'a «je de la puberté. Quelques néoplasmes, particulièrement ceux qui croissent rapidement, ne s'observent guère que dans la jeunesse (téléangiectasie, enchondrome, foutus médullaire) ; d'autres se montrent surtout à Page adulte (fibrome, kystes); d'autres enfin se déclarent spécialement dans la vieillesse (cancer épithélial); il en est un grand nombre, an contraire, qui se rencontrent à tout âge (tubercule, syphilome, cancer). — Il est des tumeurs congénitales se rattachant au développement frétai et extra-utérin qui proviennent d'éléments fœtaux ; ainsi les tumeurs colloïdes de la glande thyroïde, les kystes du ligament large, etc., les exostoses et les enchodromes du voisisinage ou de l'intérieur de cartilages épiph y sa ires.

Chez une femme de 57 ans, arrivée au terme de ta grossesse, Friedreicli (Virch. Arch., XXXVI, p. £i\b) a observé un cancer primitif du foie et de très-nombreux cancers secondaires, entre autres dans le sein, l'utérus, la glande thvroide ; et chez le fétu*, né quelmiev semaines avant terme et mort à six jours, il a trouvé un tubercule cancéreux dans la peau et le tissu cellulaire sous-cutané recouvrant l'omoplate gauche.

r>° Le sexe. Les néoplasmes sont généralement plus eommuns chez l'homme que chez la femme : quelques-uns d'entre eux toutefois s'observent plus souvent ehez l'homme (eancer épilhéliab, et d'autres plus souvent ehez la femme (lipome, fibrome, kvsles).

i° 11 est certaines conditions endémiques et épidémiques dont l'influence est incontestable (hypertrophie de la glande thyroïde, des glandes lymphatiques, tuberculoses

5° Une disposition particulière de certains organes ou parties (for-

ganes (Siège de prédilection) : Prédilection de la tuberculose pour certains organes (sommets des poumons, iléon, surface inférieure du larynx, etc.), du cancer (pour la lèvre inférieure, l'utérus, le vagin, le sein, le pylore, etc.) ; des productions syphilitiques, pour les régions périostique et osseuses exposées aux influences mécaniques et peut-être aussi thermiques.

Tantôt les parties atteintes sont incomplètement développées à l'état physiologique (extrémités articulaires des os, racines des dents de lait, mamelles, utérus, testicules), tantôt ce sont des tissus pathologiques imparfaits (les néoplasmes sont communs dans les cicatrices ordinaires des parties molles, dans le cal osseux, dans le testicule non descendu), tantôt enfin la nutrition en est troublée par des maladies actuelles (les polypes, les verrues, les tubercules, les ostéophytes et les exostoses se rencontrent souvent dans les muqueuses, la peau ou la substance osseuse atteintes d'inflammation chronique).

6e Les efforts corporels et intellectuels excessifs, les émotions morales dépressives, les conditions sociales fâcheuses, occasionnent parfois la tuberculose et la carcinosc.

V Certaines maladies antécédentes, telles que la rougeole, le typhus, donnent naissance aux tubercules ; les catarrhes des muqueuses produisent des polypes, etc.

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