C. — Tumeur graisseuse. Lipome
Ordinairement le lipome est nettement circonscrit, rarement il est diffus. Dans le premier cas, il constitue une tumeur de grandeur variable, souvent volumineuse et hémi-sphériquc ; elle est aplatie dans les parties qui sont soumises à une compression, tandis qu'elle proémine sous forme de polype sur les surfaces libres, telles que la peau, la muqueuse gastrique ou intestinale, les cavités articulaires, etc. ; elle est séparée des parties voisines par une capsule évidente de tissu conjonctif . La surface de la tumeur est uniforme ou tabulée. À la section, on aperçoit du tissu adipeux qui ne se distingue ordinairement du tissu normal que par le volume considérable des cellules graisseuses, et qui est partagé, par des cloisons de tissu cellulaire vasculaire, en lobules arrondis ou anguleux relativemeut volumineux. Parfois le tissu adipeux est plus ferme que le tissu normal, ce qui dépend d'un développement plus abondant de tissu conjonctif: lipome fibreux ou dur, stéatome. Dans d'autres cas, c'est la graisse qui prédomine: lipome mou. Dans quelques cas très-rares enfin, les vaisseaux sont très-développés : lipome téléangiectasique.
Le lipome s'observe très-souvent : il est surtout très-fréquent dans le tissu cellulaire sous-cutané des régions pourvues de graisse et d'une peau lâche, notamment au siège, au dos, à la nuque, dans le creux axillaire, à la paroi antérieure de la poitrine et à la cuisse ; il est beaucoup plus rare dans les endroits dépourvus de graisse, dans le tissu intermusculaire et dans les fascias ; on le rencontre assez souvent dans l'intérieur des articulations et dans les parties internes pourvues de graisse * comme le grand épiploon, le mésentère, le péritoine, la plèvre costale, l'endocarde, les glandes lymphatiques, le tissu sous-muqueux, particulièrement celui de l'estomac et de l'in* testin grêle ; on ne l'observe que rarement dans les organes dépourvus de graisse, tels que les méninges, les poumons, le foie, les reins, etc. , ainsi que dans les pseudomembranes des poumons.
Le lipome est ordinairement unique, parfois il est multiple ; on ne l'observe jamais sous forme métastatique.
Chez un homme de trente-huit ans, bien portant du reste, Foucher a trouvé 4 h- |M>mes à la nuque, i de chaque côté de la glande thyroïde, i de chaque côté de l'épigastre, 2 dans la région lombaire, 2 à la limite de celle-ci et de la région sacrée ; toutes ces' tumeurs étaient tout à fait symétriques relativement aux deux moitiés du corps. (Gaz. des hôpitaux, 1805, n" 122.)
Le développement du lipome est lent et ordinairement central, très-rare nient périphérique.
Les causes sont celles que nous avons indiquées dans les généralités. Le lipome se rencontre très-rarement dans l'enfance ; parfois il est héréditaire. A l'état acquis, il se développe sous l'influence d'irritations de toute nature ; à la peau c'est très-souvent par Paetiou d'une pression.
Les formes mixtes du lipome, c'est-à-dire ses combinaisons avec d'autres tumeurs, sont plus rares que la forme simple: on le trouve combiné au librome, à la tumeur conjonctive, au sarcome, aux kystes, à la tumeur vasculaire et au cancer.
On observe rarement les métamorphoses du lipome et elles n'atteignent le plus souvent que certaines parties de la tumeur. Celles que Ton rencontre sont : la régression spontanée; l'inflammation, accompagnée parfois d'hypertrophie conjonctive consécutive, et plus rarement d'abeédation ; le ramollissement ; la calcification du tissu conjonctif; la métamorphose en tissu muqueux, surtout dans les lipomes volumineux et pendants, etc.
Les lipomes pohpcux de la peau, des articulations et des membranes séreuses pouvent devenir libres par atrophie de leur pédicule : un certain nombre de corps libres des articulations n'ont pas d'autre origine.