IV. — NEOPLASIE DE TISSU ADIPEUX
Weidmann, De Steatomat.. Mainz, 1817. — F«>r<ter, in Virch. Airh.t 1 8T>7. Ml, p. 107. — Fursteuberg, die t'etlfjeselnriilste der Thiere, etc., 18M. — Virchn\v'< .In//., 1855, Mil, p. b?û ; M, p. 281. — Die Krh. Geschw., I, p. 5(ii.
De même que le tissu graisseux normal, le tissu graisseux de nouvelle formation est constitué par du tissu conjonctif dont les corpuscules sont transformés par absorption de graisse, en grandes cellules rondes ut spliériques. Il ne dérive que du tissu graisseux et du tissu conjonctif (ou 'muqueux). Il se compose dune trame de tissu conjonctif vasculaire, pauvre en corpuscules et en libres élastiques, constituant, comme dans le tissu normal, des lobules ou des grappes dans lesquels sont déposées des cellules graisseuses.
Les cellules adipeuses de nouvelle formation se produisent rarement par subdivision des anciennes ; ordinairement elles proviennent du tissu conjonctif ou muqueux dont les corpuscules absorbent de la graisse, soit en restant inaltérés, soit après s'être multipliés par subdivision. Ces cellules sont d'abord petites comme chez les individus jeunes ; plus tard elles se distinguent ordinairement des cellules graisseuses normales par leur volume considérable ; toutefois ces dernières aussi sont presque toujours agrandies. La néoplasie du tissu conjonctif et des vaisseaux s'effectue suivant le mode ordinaire.
La néoplasie de tissu adipeux est fréquente et s'observe sous différentes formes:
A. — Régénération de tissu adipeux.
Celte régénération n'a pas encore été démontrée d'une manière directe ; toutefois on peut l'admettre avec grande vraisemblance d'après l'aspect des cicatrices des tissus qui renferment de la graisse.
B. — Hypertrophie du tissu adipeux.
Elle peut être circonscrite, constituant un degré de transition à la tumeur graisseuse, ou bien générale et répandue sur tout le corps.
a. Hypertrophie circonscrite de tissu graisseux, ne formant pas tumeur. Elle se produit très-souvent comme phénomène secondaire, dans le voisinage et dans l'intérieur d'organes en voie d'atrophie, par exemple dans l'un des reins ou dans les deux, dans l'atrophie consécutive à la pyélite et dans l'atrophie granulée ; dans la moelle des os où elle constitue en quelque sorte un phénomène sénile normal ; elle se produit aussi dans quelques os peu ou point employés; dans les muscles d'un ou plusieurs membres, sous forme d'hypertrophie musculaire (lipomatose musculaire progressive.)
Dans les os, l'atrophie du tissa osseux est sans doute toujours l'affection primitive, et la prolifération adipeuse l'affection secondaire. Dans des cas très-rares, il se produit une hypertrophie pathologique des muscles des extrémités avec diminution de eur pouvoir fonctionnel. Cette affection est constituée par une néoplasie diffuse de tissu adipeux entre les éléments musculaires avec destruction progressive de ceux-ci. (Griesinger, Arch. d. Heilk., 1865, p. 1. — Seidcl, die Atrophia musc, lipom., 1867.)
La transition de l'hypertrophie diffuse de tissu adipeux à la tu* meur graisseuse s'observe dans les cas où la graisse s'hypertrophie dans un organe déterminé et produit une tumeur qui semble consti-
41 i NOUVEAUX ÉLÉMENTS DE PATHOLOGIE GÉNÉRALE.
tuée par l'organe même : lipome capsulaire. On on trouve des exemples dans le tissu adipeux de l'orbite et dans celui qui entoure le péricarde, dans les reins spécialement quand ils sont en voie d'atrophie; nous citerons encore l'hypertrophie du tissu graisseux {le la glande mammaire de la femme, normale ou agrandie, ou bien en voie d'atrophie squiri lieuse ou inllammatoirc ; ensuite l'hypertrophie du tissu graisseux de l'épiploon renfermé dans un sac herniaire ; celle qui se produit dans la direction du sac en l'absence d'une hernie (hernie lipomaleu.se) ; la prolifération adipeuse qui se produit autour du sac (lipome herniaire capsulaire).
b. Obésité, pimelosis, pohjsarcie, Upomatose universelle. Si elle est héréditaire, elle se montre dans l'enfance ou seulement plus tard; ses causes prochaines sont inconnues. La polysarcie acquise se développe ordinairement tard et le plus souvent vers l'âge de quarante ans. Ses causes sont, d'un coté, un apport exagéré de matériaux nutritifs, spécialement une alimentation végétale et grasse excessive et l'abus de spiritueux ; d'un autre côté, l'usure moindre de la substance du corps (oisiveté, tempérament lymphatique). La graisse s'accumule surtout dans les régions où elle existe à l'état normal, spécialement dans le tissu conjonctif sous-cutané, dans le péricarde et le mésentère, autour des reins, etc. Quelques individus pèsent jusqu'à 500 livres et possèdent dans la paroi antérieure du ventre une couche de graisse de (i pouces d'épaisseur. Les personnes prédisposées à l'obésité par hérédité se portent habituellement bien ; leur appétit est bon, leur voix claire et leurs muscles puissants. Dans les autres cas, surtout quand l'obésité se développe tardivement et notamment chez les buveurs, on observe des troubles de la santé et des fonctions, particulièrement de la faiblesse musculaire, de la dyspnée, souvent des ver* tiges, etc. Ces symptômes sont dus soit aux causes de l'obésité, spécialement à la paresse des mouvements, soit à ce (pie le tissu adipeux se substitue aux tissus normaux ou les déplace, par exemple dans les muscles, surtout le cœur, dans les replis du péritoine ; soit à l'intiltration et à la métamorphose graisseuse concomitante du cœur, du foie, des reins, etc. (voy. p. 500).
L'ohésité .se développe chez l'animal de la mémo façon que chez l'homme et on ta désigne sous le nom (ïenyraissnnent. Elle reconnaît les causes que nous avons mentionnées plus haut, cl présente les mêmes phénomènes pathologiques. Il existe parfois, chez ranimai comme chez l'homme, une immunité contre l'engraissement dont les causes nous sont inconnues.