Ncoplasie de fibres musculaires lisses
Elle s'observe sous forme d'hypertrophie ou de tumeur; on ne Ta pas encore rencontrée sous forme de régénération.
A. — Hypertrophie de fibres musculaires lisses.
Elle consiste en une augmentation de volume et surtout de quantité de ces fibres. On l'observe souvent dans l'estomac, l'intestin, l'œsophage, l'utérus, la vessie, la prostate, etc.; elle est due à des causes diverses et généralement aune activité exagérée de ces organes prenant sa source dans une irritation , notamment l'inflammation, ainsi que dans l'existence de rétrécissements entre l'organe hypertrophié et la surface du corps (sténoses de l'œsophage, du pylore, de Turéthre, etc.). Dans ce dernier cas, il arrive souvent que l'hypertrophie compense si parfaitement le rétrécissement, que les conséquences nuisibles de celui-ci ne se manifestent que lorsque l'hypertrophie disparait par une cause quelconque, souvent par métamorphose graisseuse. L'hypertrophie atteint presque toujours en même temps le tissu conjonctif intermédiaire des organes membraneux, le tissu eonjonctif de la séreuse et du tissu sous-séreux, de la muqueuse et du
tissu sous-muqueux, et dans la prostate le tissu de la glande. Ordinairement les fibres musculaires de nouvelle formation ressemblent complètement aux fibres normales ; mais le plus souvent il s'en produit en outre qui sont très-larges et très-longues. L'hypertrophie résulte probablement de la division des fibres préexistantes.
Dans un cas d'empyème ancien enkysté, Arnold (Virch. Ârch., XXXIX, p. 270) a trouvé, & la face interne du kyste, des fibres musculaires de nouvelle formation en quantité telle qu'elles constituaient un revêtement musculeux continu assez épais. Elles provenaient de cellules arrondies et pour la plupart situées vers l'intérieur. — Léo Wolf avait observé auparavant un cas tout à fait semblable dans la plèvre et le péricarde (Heidelb. Dits. 1832).
Dans toutes les formes de la maladie de Bright chronique, Johnson (Royal tned. and. ckir. Soc, Dec. 1867) a trouvé la couche musculaire des petites artères rénales fortement hypertrophiées.
D'après Kôlliker (Z. f. wiss. ZooL, I. p. 72), Fôrster (Hdb. p. 260), Arnold, etc., les fibres musculaires lisses proviennent du tissu conjonctif , et d'après Moleschott et Piao-borme((Jnter«*c/i. z. Natwrl., IX, p. 5), des fibres musculaires elles-mêmes par division longitudinale, par ramification et bourgeonnement.
On observe le grossissement et la néoplasie physiologiques des fibres musculaires lisses dans les organes génitaux de la femme à la suite de la conception. Vers la fin de la gestation, l'utérus a augmenté de masse vingt-quatre fois environ, et cette augmentation est due principalement au tissu musculaire ; les fibres grossissent considérablement (de trois à onze fois en longueur et de deux à cinq fois en largeur), et jusqu'au sixième mois de geslation il s'en forme un grand nombre de nouvelles ; le tissu conjonctif intermusculaire augmente également (Kôlliker).— Les ligaments ronds, ainsi que les faisceaux musculaires qui partent de la couche musculeuse externe de l'utérus pour pénétrer entre les deux feuillets des ligaments larges, augmentent aussi considérablement de volume pendant la grossesse, et dans d'autres circonstances encore ils acquièrent une force inusitée. C'est ce que Luschka a vu à un degré élevé notamment dans des cas où les ligaments larges avaient subi un tiraillement marqué et continu, particulièrement dans le prolapsus utérin ancien. (Mûller's Arch., 1862, p. 204.)
B. — Tumeur de fibre* musculaires lisses.
(Myome. Léiomyoœe. Fibroïde. Fibro-myome, dans le sens restreint. Mfofibrome.)
Cette tumeur est généralement analogue au fibrome ordinaire (p. 400) ; elle est habituellement petite, ronde, nettement circonscrite et facile à énucléer. La coupe en est lisse ou un peu raboteuse, luisante et, d'après la quantité de fibres musculaires, soit analogue à celle du fibrome, soit rouge grisâtre, molle, irrégulièrement striée, soit enfin composée de petites tumeurs diffuses, arrondies et trèsadhérentes entre elles ; parfois elle présente des couches concentriques. Outre le tissu conjonctif ordinaire et les vaisseaux, le microscope y fait découvrir un noinbre variable de fibres musculaires
organiques; ordinairement elles constituent presque uniquement la tumeur ; dans quelques cas, elles n'en forment que la plus petite partie. Tantôt les libres sont enclavées dans un tissu cellulaire plus ou moins abondant; tantôt elles forment des traînées d'épaisseur variable.
Le myome s'observe le plus souvent dans le corps de l'utérus ou dans les parties voisines, et il peut être unique ou multiple : il siège au milieu de la substance musculaire (fibrome interstitiel), sous la séreuse qu'il distend parfois de manière à s'en former un pédicule (fibrome sous-sereux), ou bien sous la muqueuse {fibrome polypeux ou polype fibreux). On le trouve plus rarement dans l'estomac, l'intestin, l'œsophage, la prostate (le [dus souvent sous forme d'hypertrophie du lobe moyen), dans la peau, spécialement dans le scrotum.
Les métamorphoses et les combinaisons, ainsi que les conséquences du myome, sont les mêmes que celles du librome. Nous mentionnerons tout particulièrement le myome caverneux ou téléangiectode, qui jouit souvent de la propriété de se gonfler et de se dégonfler rapidement.
Les causes du mvome sont : la vieillesse, le défaut d'exercice, lecatarrhe des muqueuses atteintes, etc.
On constate parfois la production d'éléments plus ou inoins analogues aux libres musculaires lisses à côté d'autres tissus, par exemple dans l'eiichondroinc, le sarcome et le cancer.