‹ Nouveaux éléments de pathologie généraleChapitre 86 sur 102 · IX. — NÉOPLASIE DE TISSU NERVEUX · texte numérisé non relu

IX. — NÉOPLASIE DE TISSU NERVEUX

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La néoplasie de tissu nerveux produit presque toujours des fibres nerveuses, très-rarement des cellules ganglionnaires. Elle se rencon-

trc, dans le premier cas, sous forme de régénération, d'hypertrophie et de tumeur nerveuse.

A. — Bégénération de fibres nermues coupées.

Cette régénération se produit différemment suivant que la section a été simple ou qu'elle a enlevé une portion du nerf. Dans les deux cas, le tronçon du nerf situé au-dessus de la section, reste normal (influence des organes nerveux centraux), tandis que le tronçon inférieur subit une dégénérescence, d'après les uns dans le voisinage seulement de la section, et d'après les autres dans toute son étendue jusqu'à son extrémité terminale. La dégénérescence laisse la gaine intacte; elle atteint principalement la moelle et à un léger degré le cylindre de l'axe. Elle commence par une coagulation peu marquée de la moelle ; puis celle-ci se ratatine et se divise en nombreux fragments, petits et grumeleux, qui subissent ensuite la dégénérescence graisseuse et se résorbent. D'après d'autres observateurs, la métamorphose de la moelle entraîne la confusion de la moelle avec le cylindre de l'axe, et la dégénérescence des fibres n'est autre chose, par conséquent, qu'un retour à l'état embryonnaire dans lequel cette confusion existe. Il se produit de nombreux noyaux dans la gaine de la fibre. A la suite de la section simple du nerf* la gaine cellulaire et le cylindre de l'axe se réunissent immédiatement; la moelle se détruit et le cylindre axile des fibres de l'extrémité périphérique se détruit peut-être également pour se régénérer plus tard. A la suite d'une section avec enlèvement d'un fragment, les fibres du tronçon phériphérique tombent en dégénérescence. Cette dégénérescence est décrite par les auteurs de diverses façons, de même que la régénération de ce tronçon et du fragment enlevé : suivant la plupart des observateurs, les noyaux du névrilème subissent d'abord une division répétée et sécrètent ensuite une substance homogène qui se transforme plus tard en matière nerveuse. Le fragment peut se régénérer quand il atteint une longueur de 1 à 4 et même 6 lignes. — D'après une opinion récente, il n'existe aucune différence essentielle entre la régénération qui se produit après une section simple, et celle qui survient quand on à enlevé une portion du nerf. Dans le tronçon central, il se forme de nouvelles fibres par formation endogène dans l'intérieur des ancienness. Dans le tronçon périphérique, elles prennent naissance dans l'intérieur des anciennes fibres dégénérées. La réunion des nouvelles fibres, formées dans les deux tronçons, se fait probablement

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par la pénétration des deux bords du nerf dans le tissu de granulation, (lest après les sections simples que le tissu nerveux se régénère le plus rapidement, ainsi que le démontrent les observations chirurgicales et expérimentales; la régénération est plus lente quand on a enlevé une portion du nerf, et si celle-ci est d'une certaine longueur (1 à 2 pouces) elle ne se produit pas. Généralement les nerfs sensibles se réunissent plus facilement et recouvrent plus aisément leur capacité fonctionnelle que les nerfs moteurs. A la suite de la section d'un nerf mixte, la sensibilité se reproduit plus tôt que la motilité.

Dcscot a vu la guérison et l'entier rétablissement de la fonction se produire dans les nerfs coupés, après quarante jours, et Schiff Ta observée chez de très-jeune? animaux, même au bout de sept el quatorze jours. Pagct (Leet. on sunj. Pathof.) a vu dan* deux cas les premières traces de sensibilité se montrer déjà au bout de quinze jours environ. — Après la section du nerf facial (dans la résection du maxillaire), la paralvsie des muscles du visage qui en résulte ne disparait babitucllement que vers le deuxième ou troisième mois. D'après Laugier, les mouvements auraient été possibles au bout de deux jours après avoir fait la suture des nerfs.

La différence de rôle que remplissent les nerfs a été démontrée expérimentalement par la réunion de l'hypoglosse avec le facial (Bidder, 18 42 ; Philippeaux el Vulpian 18<»5 ; Kosenlhal 1864).

Nélaton (1865) et Laugier (1864) ont recommandé la suture du nerf pour obtenir un rétablissement plus prompt de la fonction; peut-être n'est-elle suivie de résultats que pour les nerfs sensibles. — D'après Szymanowki (Pray. Vjsehr., 1865, IV. p. .V2\ la fonction n'est qu'en partie abolie ou seulement interrompue pour quelques jours dans les nerfs sensibles, même après la résection complète (Wagner, Sehuh, Nussbaum, Szymanowski}. La fonction peut s'exercer par voie détournée dans les nerfs sensibles, sans que la réunion des bouts sectionnés se soit produite. C'est ce que l'on peut démontrer d'après Szymanowski (a) : par les préparations anatomiqut's; [b\ par la douleur que le malade ressent parfois à la suite d'une section à travers l'extrémité périphérique quand l'extrémité centrale est réséquée ; (r) jmr le fait que la névrotomie des nerf> de la face n'abolit que rarement la sensibdité d'une manière complète et instantané»», etc.

Les opinions sont fort partagées sur les phénomènes bistologiques de la régénération. Bruch et Schiff ont vu quelquefois la réunion immédiate des bouts se produire sans dégénérescence préalable — réunion par première intention. — D'après Waller et Bruch, si les libres primitive^ du tronçon périphérique se détruisent complètement, la régénération part de l'extrémité centrale et se fait entièrement. D'après Lent, ce ne sont que le cylindre de Taxe et la moelle qui tombent en dégénérescence dans les libres primitives du bout périphérique, et ils se reproduisent dans la gaine cellulaire qui reste. Suivant Schiff, la dégénérescence n'atteint que la moelle; l'intervalle entre les deux tronçons se comble à l'aide de fibres nouvelles qui partent de chaque extrémité pour se réunir dans cet intervalle : il se forme des strie* pâles et cylindriques dans lesquelles se montrent d'abord le cylindre de Taxe, pui< la gaine cellulaire et enfin la moelle. — Suivant Iljelt, après la section d'un nerf, les noyaux se multiplient excessivement dans les trabécules conjonctives de la cicatrice et de l'extrémité périphérique du nerf, et les nouvelles fibres résultent probablement de cette prolifération du tissu conjonctif.

Remak a tiré les conclusions suivantes d'une expérience dans laquelle il a examiné le nerf ischiatique huit mois après la section : les fibres cérébro-spinales perdent leur myéline quand elles cessent d'ôtre en rapport avec leurs organes centraux trophiques ; les fibres de nouvelle formation prennent réellement naissance dans la gaine de SchwanA ; il s'en produit plusieurs pour chacune des anciennes fibres, et il est probable qu'elles proviennent du cylindre de Taxe par division longitudinale. — Neumann émet une opinion analogue : suivant cet auteur, les fibres de l'extrémité centrale subissent une dégénération puis une régénération. La première consiste dans la disparition de la moelle pendant qu'il se forme du tissu de granulation dans la gaine des fibres nerveuses ; la régénération se fait par distension des fibres, portant principalement sur les gaines primitives ; ensuite les fibres se strient suivant la longueur, leurs extrémités se fendillent et se divisent en faisceaux de filaments pâles, étroits et parallèles, lesquels se changent vers le haut en fibres à moelle, et vers le bas se perdent dans le tissu de granulation. Neumann, contrairement à ce que prétend Remak, dit que ce n'est pas seulement le cylindre de l'axe qui se divise longitudinalement, mais aussi la moelle métamorphosée. La moelle se montre progressivement dans les fibres, du centre à la périphérie, soit par un véritable dépôt, soit par une transformation de leur couche externe. Enfin il est probable que la gaîne primitive épaissie de la fibre-mère envoie des prolongements entre chacune des fibres secondaires. La régénération de l'extrémité périphérique se produit de la même façon et indépendamment de l'extrémité centrale. — Philippeaux et Vulpian (Gaz. des Hôpitaux, 1861, n° 52) ont vu des portions de nerf, séparées du centre, se régénérer même sans réunion avec le bout central. Chez deux chiens, ils ont enlevé un fragment long de près de 1 pouce du nerf lingual et ils l'ont transplante sous la peau de la région inguinale. Six mois après, ils ont trouvé dans le bout périphérique, resté isolé, un très-grand nombre de fibres nerveuses de nouvelle formation, et dans le fragment transplanté une quantité de fibres minces, atteignant pour la plupart 0,005 de millimètre.

Après la section du nerf, les fibres terminales pâles, contenues dans l'intérieur des disques moteurs, tombent en dégénérescence, tandis que les noyaux et la substance finement granulée restent inaltérés (Krause, ZUchr. f. rat, Med. 1865, XXI, p. 75). — Nous ne connaissons rien sur la régénération des fibres nerveuses les plus fines, des cellules épithéliales nerveuses, des disques terminaux, etc.

Courvoisier (Ârch. f. rnicrosc. Anat., II, I H., p. 15) a utilisé les altérations qui se produisent dans les tronçons central et périphérique après la section d'un nerf, pour découvrir la marche des fibres des branches communiquantes du sympathique. Il a vu d'abord la moelle se coaguler dans les fibres nerveuses périphériques d'une cellule ganglionnaire, puis les globules de graisse se résorber de même que le cylindre de l'axe (probablement aussi en voie de métamorphose graisseuse), et enfin la gaîne celluleuse de la fibre se vider et s'affaisser. Les cellules nerveuses subissent aussi la dégénérescence graisseuse : dans ces cas, il se forme à la surface de petits nodules pédicules (nodules de dégénération), qui forment comme une garniture de perles autour de la cellule.

Chez l'homme on n'a pas encore démontré d'une manière positive la régénération ni des cellules ganglionnaires, ni de la substance cérébrale et médullaire.

D'après Valentin et Walter (de Regener. gangl. Bonn, 1855), chex les animaux, les cellules ganglionnaires se reproduisent après l'extirpation des ganglions, phéno-

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mène dont Schrader et Scliiff n'ont pas trouvé la confirmation. Arnemann, Brown- Séquard ot H. Millier ont observé chez les animaux la régénération de la partie inférieure de la moelle ; Schiff a vu le même phénomène après la résection de différents parties de la moelle et du cerveau. 11. Demme (Mililar. chir. Studien, 18f>i, I, p. M\> considère comme probable une espèce de réunion immédiate des'plaies par instruments tranchants et piquants dans les organes centraux du système nerveux. Dan» les lésions accompagnées de perle de substance, celle-ci est comblée par un tissu cicatriciel interstitiel. Demme prétend avoir observe un cas de régénération de sul>stanee nerveuse véritable dans les organes centraux : elle est duc à la formation librv de tubes primitifs dans le tissu conjonctif interstitiel.

B. — Hypertrophie des nerfs.

Elle s'observe parfois clans l'hypertrophie de l'organe qui les renferme (extrémité, conir) ; toutefois il semble qu'elle n'atteigne jamais les fibres primitives, mais seulement le tissu conjonctif du nerf. Ce n'est que dans la rétine qu'il paraît exister une véritable hypertrophie nerveuse : elle consiste en un épaississement des tubes primitifs ou bien en un dépôt de moelle dans les fibres qui n'en contenaient pas auparavant.

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