METAMORPHOSES DU CANCER A CELLULES PAVIMENTEUSES
Transformation cornée des cellules centrales ou de la totalité des cellules des alvéoles : le premier cas se présente si souvent que les productions qui en résultent ont été jadis considérées comme étant
caractéristiques de l'épi thélioma (voy. p. 501 ) ; dans le dernier cas, elle produit le cholestéatome.
V atrophie simple totale, le dessèchement des cellules du cancer à cellules pavimenteuses, surtout dans les tumeurs enkystées, donnent naissance à V épi thélioma à écorce cornée (carcinome kératoïde ou corné de Waldeyer). Ces cancers sont plus dura et secs; la coupe y fait apercevoir des masses blanches, tout à fait sèches, cassantes, homogènes ou, en partie, stratifiées, de grandeur et de forme variables.
Le cancrotde sec (Fôrster, Wûrzb. Verh., X, p. 162) est dû h ce que les cellules, bientôt après leur naissance, se dessèchent et, en partie, se remplissent d'air, ce qui donne à la tumeur une sécheresse et une légèreté inusitées. Les cellules à air sont au centre de l'alvéole, tandis que les cellules périphériques n'en contiennent pas.
Dans les anciens cancers, on trouve toujours un léger degré de métamorphose graisseuse des cellules; si elle est prononcée, elle conduit au ramollissement de la tumeur, entraînant l'ulcération dans les parties superficielles, la fonte athéromateuse et la formation de kystes et de cavernes dans les parties centrales et profondes.
On n'observe que rarement le ramollissement muqueux et ordinairement il est peu marqué.
Forster {Wûrzb. Verh. X, p. 162) et Sokolouski (Z. f. rat. Med. 1864, XX III, p. 23), ont décrit des cancioïdes avec calcification et ossification totales, ressemblant ainsi à des calculs circonscrits et pierreux. Dans l'un de ces cas, les cellules et le stroma étaient calcifiés, et on n'apercevait aucun vaisseau; dans l'autre, les vaisseaux étaient encore visibles et perméables.
b. Cancer à cellules cylindriques. — Ce cancroïde offre ordinairement la forme d'une infiltration plus ou moins bien limitée, jamais enkystée, et atteignant d'abord les membranes muqueuse et sousmuqueuse des organes creux, plus tard la musculaire, la séreuse et les tissus voisins. Elle est plus ou moins étendue, comprenant souvent toute la périphérie (cancer annulaire) des organes creux (estomac, intestins, utérus), et d'une épaisseur variable. Plus tard la partie moyenne s ulcère, surtout dans l'estomac et l'intestin. Dans les parties périphériques ainsi que dans les parties centrales non ulcérées, on trouve à la place des diverses couches de tissus (souvent du tissu conjonctif inter-musculaire seulement dans la membrane musculaire), une substance blanche, grise ou rougefttre, parfois indurée et plus souvent ramollie, homogène et dans quelques cas fibrillaire. Par le raclage, on extrait de la coupe un liquide souvent abondant, légèrement muqueux ou manifestement crémeux, d'une coloration semblable à celle de la surface de section et sortant uniformément de
tous les points de cotte surlace ou bien d'innombrables petites ouvertures distinctes. Quelquefois on aperçoit sur la coupe un réseau plus ou moins délicat ou grossier, dans les petites lacunes (du volume d'un grain d'orge et au-dessus) duquel est renfermé un suc crémeux ou légèrement easéeux, qui dans le premier cas recouvre uniformément la surface, et dans le second cas est évacué sous forme de grumeaux; quand ce suc est enlevé, les lacunes représentent des cavités lisses (cancer circulaire pultacéi, ou bien elles contiennent encore un tissu très-délicat, visible à l'œil nu ou microscopique.
Le cancer à cellules cylindriques ne se rencontre à l'état primitif, que sur les muqueuses à épithélium cylindrique simple ou stratifié, spécialement aux endroits rétrécis ou bien aux points de transition d'une surface muqueuse à une autre ; le plus souvent au col utérin où il atteint ordinairement des portions égales de l'utérus et du vagin; au pylore, se propageant rarement et par points seulement au duodénum ; il est plus rare au cardia et sur les autres points de l'estomac, dans le ea'euni, dans les courbures du côlon, dans les voies aériennes, dans la vessie, etc. Il se propage ensuite à la membrane sous-muqueuse correspondante , où il acquiert habituellement une grande étendue: à la musculaire et à la séreuse (normales ou hypertrophiées!, souvent à tous les organes avoisinants (dans le cancer utérin, à la vessie, au rectum, etc., dans le cancer du pylore, à IVpiploon, au tissu conjonctif du bile du foie, au foie lui-même, etc.).
A l'état secondaire, on le trouve souvent dans les ganglions 1 vin plia-
tiques correspondants, surtout dans le foie, s'il a pris naissance dans le territoire de la veine porte ; et, dans les deux cas, on le rencontre fréquemment dans les poumons et quelques séreuses, rarement dans d'autres organes.
lï <.>. | U'ba: le qu'il faut Kitt.ui.ei à celte tonne certains ca> de cancer du rein el du foie provenait d-*> conduit^ «a'ait.'-j'hoios ou biii.-u!r>.
Le tancer à ie!lule> c p lh» iiaU> , MirJn-iues se dé\eloppe dans des muqueuses qui étaient auparavant ni maies ou de; à al.- r».es : ainsi, dans l'estomac, j'ai souvent ol.M-ne que, d après l'examen . n.ite-n.ique et ananinetique. il s'était développé au jMi;t-ur d'.neuMie* ^L.. tiiccs d'.;kt'ie>. 1 a::> l'utérus, on le voit souvent survenir da;i> les cas d'inlautus «.hior.i pk> persis!..r.t<.
Les cellules de ce cancroide sont de foi me cylindrique plus ou moins manifeste, et leur disposition c<uiespond à celle de répithélium cylindrique normal. Elles ressemblent rai ement d'une manière complète à celles de la muqueuse malade ; ordinairement, elles sont de même que leurs novaux, plus grosses et moins régulièrement cy-
ANAÎOMtE Et PMYSÎOLOCIE PATHOLOGIQUES GÉNÉRALES. 5©Ô
lindriques. Dans d'autres cas, ce sont seulement les cellules placées à la périphérie de l'alvéole, qui présentent une forme manifestement cylindrique ; les cellules plus intérieures sont irrégulières, souvent carrées, pédiculées, étoilées, etc., celles du centre sont ordinairement rondes ou arrondies. Le stroma est habituellement peu abondant; les alvéoles volumineuses ou d une moyenne étendue, ovales, cylindriques, irrégulièrement anfractueuses, etc. Leur forme est aisée à reconnaître, non-seulement sur des préparations passées au pinceau, mais encore grâce aux cellules qui sont si intimement unies qu'elles peuvent être expulsées en masse des alvéoles.
Il faut rapporter ici également la forme que Ton rencontre surtout dans le sein et les ganglions lymphatiques et dans laquelle, lors de l'examen de préparations fraîches, on ne trouve pas des cellules ordinaires, mais des masses volumineuses, ressemblant à des cellules mères remplies de noyaux, reproduisant la forme de l'alvéole, (cylindriques, en massue, etc.); ces masses sont nettement limitées et se composent d'une substance fondamentale homogène, finement granulée et de noyaux ordinairement volumineux, pressés les uns contre les autres, assez régulièrement disposés, de forme ronde ou ovale, et pourvus d'un gros nucléole (tUsu hétéro-adénique). Ordinairement Tes cellules apparaissent après un repos d'une certaine durée, par l'action dune solution d'acide chromique, de chromate de potasse, etc.
Dans certains cancers, la plupart des cellules périphériques des alvéoles sont plus ou moins cylindriques, et dans leur intervalle on trouve d'autres cellules fusiformes. Celles-ci sont solidement reliées au stroma par une de leurs extrémités, tandis que l'autre extrémité se réunit avec d'autres cellules de même forme, ou bien cylindriques ou tout ù fait irrégulières.
Dans certains cas, les cellules du cancer sont toutes ou presque toutes pédiculées, c'est-à-dire que le corps de la cellule, dont la forme peut varier beaucoup, est pourvu d'un, deux ou plusieurs appendices plus ou moins longs, rarement épais et le plus souvent filiformes, au moyen desquels il se relie avec le stroma et avec les cellules voisines, d'une manièro plus ou moins parfaite.
Les cellules du cancer sont presque toujours perpendiculaires au stroma, parfois obliques et même parallèles. Dans ce dernier cas, le tissu cancéreux peut présenter de l'analogie avec le tissu sarcomateux.
Dans un certain nombre de cas que Ton doit sans doute encore rapporter ici, les cellules des alvéoles sont petites, de forme plus ou moins quadrangulaire, tantôt cubique, tantôt aplatie, et se rattachent au stroma par une large surface. Les alvéoles sont rondes, ovales, cylindriques ou acineuses. Le stroma est relativement abondant.
Dans les muqueuses, ce sont sans doute les cellules épi théli aies des glandes qui constituent le principal point d'origine du cancer épithélial à cellules cylindriques : dans l'estomac les glandes muqueuses et à pepsine ; dans l'intestin les glandes de Licberkuhn ; dans l'utérus les glandes tubuleuses. Un groupe de ces cellules envoie des prolongements dans la profondeur de la muqueuse, et ceux-ci
Ô10 NOUYE.YtX ÉLÉMENTS PU PATHOLOGIE GÉNÉRALE.
prolifèrent surtout dans la membrane sous-muqueuse et y forment les indUrations ou des tubercules, qui peuvent ne rester en communication avec la glande dont ils procèdent que par un point limité.
VARIÉTÉS DE L ÉPITHtXIOME A CELLULES CYLINDRIQUES.
Cancer villeux, — Ce cancer est constitué par la combinaison dune tumeur villeuse ordinairement molle avec le cancer à cellules cylindriques ; il ne se rencontre dans sa l'orme pure que sur les muqueuses (vessie; utérus et vagin : excroissance en chou-fleur du col; estomac i, rarement dans les parenchymes. Sur les muqueuses, il l'orme des masses de volume variable, pouvant atteindre la grosseur du poing et au-dessus, plus ou moins nettement circonscrites, grises ou gris rougeàtre, rarement pales, molles, riches en suc et offrant une structure uniforme ou manifestement villeuse (surtout quand on les examine sous l'eau). Les cancers villeux mous et volumineux sont ordinairement nettement circonscrits et se rattachent au tissu producteur par un pédicule plus ou moins large et plus ou moins long; parfois ils sont diffus, élevés dans le centre et diminuant progressivement à la périphérie. Le fond sur lequel est implantée la tumeur \illeuse est manifestement infiltré de cancer à cellules cylindriques.
A l'examen microscopique, on trouve général' mont dans le cancer villeux, le? caractères do< tumeurs \ilhu>es molles. Le stroma se compose de ma>ses conjonctives simple* ou diversement ramifiées, plus ou moins épaisses, renfermant à leur centre des \ais>eau\ ordinairement nombreux et larges, et constituant immédiatement à leur hase le >tionia c. un èreux décrit \ lu> haut. Le^ "wIlo>ilés sont entourées par une couche simple ou multiple de cellule» régulièrement déposées, de forme pavimenteuse ou ohndrique, très-r.ircm-'Ut \î'Talil»->. seinMables du reste à celles de l'infiltration cancéreuse à la ki^e de la tumeur Nilleme. Tantôt les cellules entourent seulement chaque \illoMte: tantôt elles toi nient en outre un revêtement commun ».utour de toutes les \illo*ités . dans le \ remiei cas la tumeur présente le caractère manifestement \ilhux; dans l'autre ea>. celui-ci n'apparail que si l'on enlève artiticiellemeut le revêtement icllulaiie couiUiim.
Les d«^iés les phiv lé.ei^ et \ î ^ i 1 » 1 1 • > M'ulement nu microscope du cancer villeux <e leucoutient «ur toutes h s muqueusis. méine «ur i elles qui sont dé|>oinvue5 de papilles, surmontant l'ituiltialion anui relise de la memlrane ou bien dansiez enviions.
IhuiN les jMien« Inines, le caïuer villeux ne *e distingue ordinairement pas de5 tuheiMiles c.iucéreux oïdinaires et ulcères. Le n\ st que v'.ans quelques cas que, sur la coupe fraîche ihi lavée, ou voit des masses, plus <>u moins ïamiiiéesou irrégulièrement villeu^os, ra\onuer de la périphérie \or> le antre.
Les autres \arietés du cancer à épitliéliuiu cylindrique sont les
mêmes que pour le cancer à cellules pavimenteuses et le cancer ordinaire.
Ce sont principalement les métamorphoses graisseuses et muqueuses que l'on rencontre dans le cancer à cellules cylindriques : la première aboutit, quand elle est avancée, au ramollissement avec produc- tion de cavités et à l'ulcération ; la seconde au cancer colloïde (voy. plus bas).
c. Cancer à cellules glandulaires. — Ce cancer qui jusqu'à présent a été considéré, soit comme un fongus médullaire, soit comme un cancer à cellules cylindriques, n'est pas encore assez bien connu pour que l'on puisse en donner une description générale. Il se présente toujours sous la forme de tubercules uniques ou multiples, nettement limités en apparence et qui ressemblent à l'infiltration du cancer à cellules cylindriques, au point de vue des conditions anatomiques et histologiques les plus essentielles. Souvent les cellules sont petites et leur ressemblance avec celles de l'épithélium est moins manifeste. Ce n'est que par un examen attentif que cette forme peut » être distinguée du cancer de tissu conjonctif mou.
C'est le cancer à cellules glandulaires qui constitue la forme primitive la plus fréquente du carcinome des grosses glandes, surtout des seins, plus rarement du foie, des glandes salivaires, de la prostate, des reins et des testicules. A l'état de propagation et de métastase, c'est surtout dans les ganglions lymphatiques, les poumons et le foie qu'on l'observe le plus souvent, de même que le cancer à cellules cylindriques.
Il prend son origine dans les conduits et les vésicules glandulaires: dans le premier cas il constitue un degré de transition au cancer à cellules cylindriques.
Les métamorphoses sont les mêmes que celles du cancer ordinaire*
Griesinger et RindOeisch (Arch. d. Heilk., V, p. 585 et 395) décrivent, sous le nom à adénome du foie, un néoplasme présentant la forme de tubercules mous, nettement circonscrits, de volume et de coloration variables et formes de tissu hépatique ; ils s'étaient produits en très-grand nombre et avaient entraîné la destruction de la plus grande partie du foie, de l'ictère, de l'œdème; du marasme et la mort. Ce néoplasme doit, sans doute, être raUaché à la forme dont il est ici question.
Relativement au foie, on ne sait pas si le cancer épithélial y procède des conduits biliaires ou des cellules du foie (Naunyn, /. c, p. 717). Dans le sein, Waldeyer distingue le cancer primitif des vésicules glandulaires (cancer parenchymatetix) de celui qui provient des gros conduits galactophores [cancer galactophore).
Naunyn (Arch. f. anal. Phyt. u. wiu. Med.% 1866, p. 710) décrit un cyslosarcome du foie analogue au cystosarcome de la mamelle (Reinhardt, Meckel, etc.), et qui provient de la dilatation des conduits biliaires occasionnée par la prolifération
do leur épithélium et du tissu conjonctif qui les entoure ; toutefois, les cellules du l'oie participent également plus tard à l'altération. Les tumeurs étaient nombreuse* et atteignaient le volume d'un grain de millet.
!>. — Cancer ordinaire ou de tissu conjonctif.
Le cancer ordinaire prend la forme soit dune tumeur, soit d'une infiltration.
Les deux éléments essentiels, le stroma et le suc cancéreux, s\
trouvent en proportions très-variables, et le cancer s'appelle fongus médullaire quand le suc cancéreux prédomine, squirrhe quand c'est le stroma qui l'emporte.
A F examen microscopique, on trouve dans le fongus médullaire un grand nombre de cellules ressemblant généralement aux globules blancs du sang, souvent aussi plus grosses et renfermant un noyau très-volumineux ou plusieurs noyaux; parfois ce sont des cellules de forme irrégulière, plus ou moins volumineuses et analogues à certaines cellules épilbéliales ; dans d'autres cas, on ne rencontre que des noyaux libres. Ces cellules et ces novaux sont isolés ou bien «jroupés en nombre restreint dans les petites lacunes du stroma. Si les cellules sont peu nombreuses, celui-ci ressemble au tissu conjonctif ordinaire; si, au contraire, elles sont multipliées, il présente beaucoup d'analogie avec le tissu cytogène ordinaire ou hyperplastique. Il est ordinairement très-vascularisé.
Il résulte de ce qui précède que, jusqu'à présent, il n'existe encore aucun caractère histologique propre au tancer de tissu conjonctif, et que ce néoplasme, particulièrement le longus médullaire riche en cellules, ne peut être que difficilement ou nullement distingué du tissu cytogène lnperplastique (\oy. p. i4ô), de certains sarcomes (p. 487), même de certaine* infiltrations purulentes, etc. Le cancer ne conclue donc encore qu'une entité clinique et non anatomique.
En général, le cancer ordinaire se développe de la même manière que les autres néoplasmes cellulaires procédant du tissu conjonctif. Il provient principalement des corpuscules du tissu conjonctif et des divers tissus normaux ou patbologiques.
La subdivision répelée des corpuscules cnnjonclifs donne d'abord naissance a de.« cellules indifférentes qui persistent dans cet état ou prennent plus tard des formes plus caractérisées. Parfois il se produit, par formation endogène, un amas de novaui qui se débarrasse de la membrane du corpuscule conjonctif, et les noyaux se transforment ensuite en cellules, etc. C'est de cette manière que se développe le cancer dans le tissu osseux ; au pourtour du foyer cancéreux récent et ordinairement le long des vaisseaux, la substance fondamentale de l'os perd ses sels calcaires et se transforme en un tissu fibreux. Il est probable que c'est encore suivant ce mode que
se développent les cellules cancéreuses procédant des globules blancs du sang (dans les thrombus), des noyaux des capillaires et du sarcolemme, etc.; et que se produit la transformation cancéreuse des néoplasmes d'une autre nature (fibromes, kystes, sarcome). Dans certains cas, le cancer ne provient que d'un seul tissu; dans d'autres cas, de plusieurs tissus à la fois.
Au début, le stroma du cancer se compose de tissu conjonctif dont les corpuscules produisent des cellules cancéreuses, ou bien d'un autre tissu en voie d'atrophie, la mi bs tance glandulaire par exemple. Plus tard, le stroma est formé, dans certains cas, par la prolifération des corpuscules conjonctifs.
On comprend d'après ce qui précède que le cancer doive surtout se développer dans les tissu* qui se composent en partie ou en totalité de substance conjonctif e : peau , muqueuses , membranes séreuses et fibreuses , tissus sous-cutané , sousmuqueux et sous-séreux, tissu conjonctif interstitiel et inter-acineux, tissu conjonctif glandulaire, névroglie, etc.
l'accroissement du cancer résulte de l'augmentation de volume et de la multiplication des anciennes cellules (par division et formation endogène), et du développement de nouvelles cellules dans le stroma. Toutefois l'accroissement est sut tout périphérique, c'est-à-dire que les tissus conttgus se transforment en cancer couche par couche, suivant le mode qui a présidé au premier développement.
a. Squitrhe, cancer fibreux ou chondro\de> carcinome fibreux, tquirrhe ligneux , etc. — Ce cancer se caractérise par sa coupe ferme qui parfois offre la consistance du tissu normal, quelquefois est beaucoup plus résistante, analogue à celle du Gbrome et du cartilage, ainsi que par le cri qu'il donne sous le scalpel. La coupe en est grise, blanc grisâtre ou rouge grisâtre; régulièrement lisse, lardacée ou fibreuse,, peu humide, dépourvue de suc, donnant parfois un peu de liquide séreux ou de suc laiteux soit par places, soit sur toute la surface. Ces cancers sont ordinairement petits et infiltrés ; quelquefois arrondis, ils présentent parfois sur la périphérie des prolongements plus ou moins longs et nombreux. Leur développement est habituellement lent. Us se rencontrent principalement dans le sein, plus rarement dans les séreuses, les os, etc. Les tumeurs secondaires sont parfois des squirrhes, mais plus souvent des fongus médullaires. Cette variété de cancer peut se transformer en fongus médullaire par multiplication de ses cellules, etc.; d'un autre côté, un fongus peut se transformer en squirrhe (voy. plus bas).
b. Fongus médullaire; cancer médullaire; encéphaloide; cancer mou; cancer cellulaire, etc. — Le fongus médullaire se caractérise par sa coupe, qui est d'un blanc médullaire, blanc grisâtre ou bien plus ou» moins teintée de rouge, parfois aussi rouge en certains points ou marbrée de jaune. Sa consistance est ordinairement molle a un
l'BU IT WACHBB. — PATII. GÉK. 53
bU NOÏYEAIX ÉLÉMENTS DE PATHOLOGIE GÉNÉRALE.
degré plus ou moins prononcé et pont se rapprocher de celle de U substance médullaire du cerveau chez le fœtus ; elle est rarement dure. La coupe est complètement homogène ou bien obscurément fibrillaire en certains endroits. Par le raclage, on enlève de tous lo points un liquide souvent, abondant, parfois un peu nmqueux, mai* plus souvent crémeux ou laiteux, surtout quand l'examen se f.iit longtemps après l'extirpation ou après la mort.
Le fondus médullaire constitue ordinairement des tumeur:* d un volume parfois très -considérable. Il se rencontre sur les partieexternes, dans la profondeur des tissus, dans les seins, les os, le? glandes lymphatiques, etc.
Ces deux varirt»"^ de cancer présentent tous les degrés de transition de l'uiu ii l'autre, de telle mu te <jut . dan* un seul et nn'-iiie cas, on («eut les trouver toutes d<ui non->euknn nt dans de< oivaurs d. fièrent.*, m:i:s ausM dan- le même organe, et «i^ri" le même tubercule ou la même infiltration cancéreuse.
MÉTAMORPHOSES Dl* CANCER EPITIÏELlAL ET l'U CANCER DE TfcSO
CONJONCTIF.
Après une durée plus ou moin> longue, quelquefois après quelque semaines, la plupart des cancers subissent des métamorphoses qui tantôt sont insignifiante:* et appréciables seulement au microscope, tantôt modifient tellement l'aspect du néoplasme qu'il acquiert plus «»u moins de ressemblance avec un autre variété de carcinome et même avec une tumeur dune autre nature, fe dernier mode de métamorphose est ausM le plus intére>sant au point de vue clinique.
Les modilicatinns portent >oit >^ur les cellules, soit sur le stronu. et le plus soment, quand ille> sont prononcées, sur les deux élément à la lois.
Pan> ii..n]\ie ••r.\."î'-. le< éléments du caiiiYi >uli;«.ut surtout les niétamorp!"^ auiquell'S. dji.s 1'- ». ir. *..L 'ii* n rmale*. k> e- Mul^s rpithelLles de la région .*■ t sujettes: ain^i. d.in> le >► in. ia m-.uiniè-n'hûs»* :mi»euse: dans la peau, la traiiii'.-rmatioa cornée ivVAakk}cr .
La mctam'^'phitsi' 'jr^i^sciKc c7 F atrophie sont les modification que subissent le plu- souvent les cellules cancéreuses, et souvent elle? s'observent simultanément. A fo il nu, l'aspect de l'altération varie selon le de^ré qu'elle atteint et a\ee la prédominance de Tune ou l'autre métamorphose. Les dejrés le* plus légers ne sont pasappreciahies à l'œil nu et existent dans tout cancer. Le* deerés élevé? ne
sont pas rares : c'est habituellement au centre du cancer que la métamorphose est le plus prononcée, et quelquefois elle porte sur toute la niasse du néoplasme. Ces deux métamorphoses donnent à la coupe de la tumeur une coloration jaune grisâtre ou jaune, rarement uniforme, ordinairement plus ou moins régulièrement réticulée ou ponctuée : cancer réticulé. Leé points dégénérés sont secs, dépourvus de suc, lisses , friables ( analogues au tubercule jaune : tvberculisation du cancer) et ordinairement tout à fait exsangues. Quelquefois le centre de ces tubercules est très-dur ; d'autres fois, ramolli et même creux (cavernes cancéreuses).
Si la métamorphose graisseuse l'emporte considérablement, le cancer est plus mou, plus gras, semblable à du beurre ou à du pus.
Ces deux métamorphoses entraînent la destruction et la résorption des cellules cancéreuses, et, dans les degrés élevés, l'ombilication et l'atrophie du carcinome.
Ce n'est pas à ces altérations des cellules cancéreuses qu'il faut attribuer tous les points secs et jaunes que l'on aperçoit sur la coupe d'un cancer : ceux «ci ne sont sou- Teotque des parties altérées du tissu normal; par exemple des conduits galactopbores ou des bronches remplies d'un exsudât épaissi, des vaisseaux atteints de thrombose.
Ces métamorphoses sont le plus souvent dues à l'atrophie des vaisseaux du cancer, parfois à un grand nombre de petites hémorrhagies. D'après Wedl (Wien. Sitzungsber.f 1859, XXXVII, p. 265), le cancer réticulé résulte de la dégénérescence cancéreuse et de l'infiltration graisseuse des vaisseaux sanguins.
L'ombilication du cancer consiste dans la production d'un sillon périphérique plus ou moins profond, et se rencontre principalement dans les cancers du sein et du foie, plus rarement dans ceux des poumons, de l'estomac et de l'intestin. Dans la mamelle, il se produit parfois en même temps une rétraction^cicatricielle des gros conduits galactophorcs et par suite un tiraillement et une dépression du mamelon. La peau qui recouvre de semblables cancers est fortement adhérente, mais normale; la séreuse reste rarement inaltérée; ordinairement elle s'épaissit et devient exsangue ou se vascularise. A la coupe, les cancers ombiliqués présentent toujours un degré élevé de métamorphose graisseuse et d'atrophie simple de leurs cellules ; dans les parties centrales, on aperçoit souvent, eu outre, une substance fibreuse abondante, qui n'est autre que du tissu cancéreux dont les cellules se sont résorbées en partie ou en totalité sous l'influence de ces métamorphoses, tandis que le stroma a persisté.
Quand la métamorphose graisseuse et l'atrophie simple atteignent la totalité du tubercule cancéreux et qu'ensuite le détritus se résorbe,
MO NOl'VEAl'X ÉLÉMENTS DE PATHOLOGIE GÉNÉRALE.
se produit ce qu'on appelle le carcinome atrophique. Dans ces cas. l'organe atteint n'est pas augmenté de volume ; il est au contraire diminué soit dans sa totalité, soit à l'endroit malade, et en ce point il est souvent affaissé, adhérent à la membrane sous-jacente et il présente une dureté cicatricielle. La dépression est parfois d'autant plu< prononcée que, dans les parties environnantes, il s'est produit une hypertrophie, par exemple du tissu adipeux. A la coupe, on n'aperçoit qu'un tissu analogue à celui des cicatrices, parfois aussi une substance pale, lardacée (cancer lardacc), rarement un tissu cancéreux ramolli, inaltéré ou bien en voie d atrophie simple et graisseuse. Les ganglions correspondants sont tantôt en voie d'atrophie, tantôt manifestement cancéreux.
Ces modifications s'observent surtout chez les vieillards et dans le cancer du sein de la femme, plus rarement dans celui des glande* lymphatiques et des plèvres, dans le cancer épithélial (p. 505), etc. La marche de ces carcinomes est habituellement très-lente ; ils durent parfois de dix à vingt ans.
La métamorphose muqueu.se des cellules cancéreuses donne au carcinome un aspect qui varie d'après l'étendue, le degré de la dégénérescence, et d'après les altérations consécutives du stroma et des vaisseaux.
Elle est rare ou peu étendue dans le cancer à cellules pavimenteuses et dans le fongus médullaire, plus fréquente dans le cancer à cellules cylindriques. Dans ce dernier, elle se rencontre à deux degrés différents.
On observe souvent une métamorphose muqueuse légère, êtendueà toutes ou presque toutes les parties du néoplasme, et alors le suc cancéreux possède les caractères du mucus : il est clair ou plus ou moins trouble, incolore, gris ou jaune grisâtre, et il offre la consistance de l'albumine ou du mucus clair. Sa quantité est fort variable; dans un grand nombre de cas, elle est si petite que l'aspect crémeux du suc en est peu altérée ; parfois elle est plus considérable ; quelquefois enfin elle est telle, que le suc possède manifestement le caractère du mucus. Tantôt c'est sur toute la coupe, tantôt en certains points seulement que le suc offre ces caractères.
La métamorphose muqueuse prononcée, limitée à certaines régions plus ou moins étendues du cancer, donne naissance aux combinaisons du fongus médullaire et du cancer colloïde.
Les degrés les plus légers de cette dernière forme donnent naissance, sur la coupe, à des points nettement circonscrits, d'étendue variable,
très-pâles, contenant peu ou point de vaisseaux et ramollis, dont sort un liquide ordinairement abondant, incolore ou finement ponctué de jaune et d'une consistance muqueuse plus ou moins prononcée. Les autres parties du cancer sont normales, ou bien présentent en certains points de l'atrophie simple ou de la métamorphose graisseuse.
Dans les degrés les plus prononcés, on aperçoit habituellement, en différentes régions d'un fongus assez mou, des taches arrondies ou irrégulières , blanc grisâtre , verdâtres ou ponctuées de jaune , irrégulièrement disséminées et dont l'étendue peut varier depuis le volume d'un pois jusqu'à celui d'une fève et au-dessus ; ces taches proéminent quelque peu sur la surface de section et tantôt restent isolées, tantôt deviennent confluentes. Elles correspondent à des cavités remplies de substance mucoïde. Dans la plupart des cas, la superficie de ces taches est peu considérable relativement au volume du cancer ; parfois cependant l'ensemble des cavités muqueuses et le cancer normal représentent à peu près une égaie étendue. Dans certains cas enfin, les cavités muqueuses l'emportent tellement sur les parties inaltérées du cancer que celles-ci peuvent passer inaperçues. Ces cavités acquièrent souvent alors le volume d'une noix et au-dessus. Leur forme est rarement ronde, plus souvent irrégulière. Le mucus qu'elles renferment s'écoule rapidement à la coupe et est habituellement très-poisseux. — La métamorphose muqueuse ne s'observe à ce degré que dans les cancers primitifs et surtout dans ceux de l'estomac , quelquefois cependant aussi dans une partie ou dans la totalité des cancers secondaires. Il est rare de ne la rencontrer que dans ces derniers.
Sous le microscope, la métamorphose muqueuse des cellules du cancer ne se distingue pas essentiellement de celle des cellules physiologiques. Dans ses degrés les plus élevés, elle s'accompagne de l'atrophie du stroma et surtout de celle des vaisseaux.
L'examen microscopique, dans la métamorphose muqueuse prononcée et dans le cancer colloïde, donne des résultats concordants.
Le stroma des parties dégénérées subit des modifications qui, en soi, n'offrent rien de particulier, mais qui, cependant, méritent d'être signalées à cause de leur analogie avec ce que l'on observe dans le cancer colloïde. Elles sont la consé |uence de l'augmentation considérable du contenu des alvéoles, due a la métamorphose muqueuse des cellules. Ces alvéoles sont habituellement rondes ou ovales ; elles ne présentent presque jamais de sinuosiU's, ni d'irrégularités quelconques; elles sont le plus souvent très-grandes. Dans les endroits atteints de dégénérescence muqueuse, le stroma est très peu abondant; ses nbres ne sont plus ondulées, mais droites; elle* sont cependant encore fibrillaires ou plîssées, ou tout a fait homogènes. Dans tous les cas, ses corpuscules sont très-petits et peu développés ; très-souvent ils sont remplaces par de
petits amas fusiformes ou filiformes de gouttelettes do graisse, ou bien ils semblât tout à fait absents. Le stroma renferme très-rarement des vaisseaux. Au centre incertains espaces muqueiix étendus, le Mroma manque complètement ; dans le> parties périphériques, les trabécules sont encore, dessinées, mais elles s'amincissent pr.v i:ressivcmcnt en avançant \ers le centre et elles finissent ordinairement par se terminer en pointe libre.
Cancer colloïde, alvéolaire; cancer à cellules muqueuses. — On donne ce nom à une variété de cancer dans laquelle on trouve, au lieu du suc cancéreux ordinaire, une substance blanc grisâtre, claire nu légèrement trouble, muqueuse ou gélatimforme, liquide ou poisseuse (d'où le nom de cancer colloïde, (jum-cancer), et dont le stroma présente le plus souvent une structure aréolaire bien marquée et visible à l'œil nu. II offre encore d'autres caractères, mais qui sont moin* constants : ainsi il ne se rencontre habituellement que dans certains organes (estomac, côlon, péritoine); il prend ordinairement la forme d'infiltration et montre peu de tendance aux métastases.
Toutefois, ces particularités ne suffisent pas pour faire du cancer colloïde une espèce à part. 11 est au contraire très-probable qu'il n'est rien autre qu*un cancer ordinaire, arrivé à un liant don ré de métamorphose muqueuse (à l'exception du camer à trame muqueuse, voy. p. 4!*8) ; ainsi :
1* Les éléments microscopiques de la matière gélatineuse des cancers colloï'le> et des cancers en roie de métamorphose muqueuse, sont tout à fait identiques : ce sont surtout des cellules arrivées le plus souvent à un degré prononcé de métamorphose muqueuse et des débris de ces cellules.
"J* L'examen chimique n'a fait reconnaître aucune différence essentielle; il est, du reste, incertain pour des substances qui ne peuvent être isolées.
7>° Le stroma du cancer colloïde ne diffère nullement de celui du cancer parvenu à un haut de^ré de métamorphose muqueuse. Tantôt il forme de grandes alvê*»le* visibles à l'œil nu, tantôt celles-ci ne se voient qu'au micro>cope, variations que l'on rencontre également dans le cancer ordinaire. A l'examen microscopique, ou découvre c[ue le stroma du cancr colloïde est rigide et homogène; on y aperçoit des corpuscules fonjonctifs peu apparents, en \oie de métamorphose graisseuse ou d'atrophi' simple, et très-peu de \aUM\ui\; paifui* même on n'en voit aucun. Ces particularité* s'expliquent par la di>temii»n qu'ont subie les trabécules du stroma, par suite d? rauirmentation de volume du contenu des alvéoles. 11 n'est pas étonnant, non plus, que les ahéohs du cancer colloïde communiquent souvent entre elles; cette communication < st !e résultat de la structure primitive de ce cancer, ou bien J»1 l'augmentation du contenu des ahéoles et d'une atrophie consécutive des trabécules.
4l Le cancer colloïde et le cancer ordinaire se développent et s'accroissent d'après un mode tout à fait identique.
,V Le cancer colloïde se rencontre au^i souvent à l'état pur qu'en combinaison avec le cancer ordinaire, combinaison qui s'effectue de différentes manière: quelquefois, on trouve encore à la périphérie du cancer colloïde une couche plu* ou inoins épaisse de cancer ordinaire, habituellement mou; parfois, en mènie temps qu'un cancer colloïde primitif, on rencontre comme productions secou-
daires, soit des cancers ordinaires et des cancers colloïdes à la fois, soit les premiers seulement.
6° Le cancer colloïde s'observe surtout dans l'estomac, le colon et le péritoine ; toutefois, il a été également rencontré dans d'autres organes, quoique plus rarement. 11 résulte de là que les cancers de ces organes subissent souvent, sous Tinfluence de causes inconnues, la métamorphose graisseuse, de même que les cancers du sein et du foie sont fréquemment atteints d'atrophie simple très-prononcée ou de dégénérescence adipeuse.
7* Le peu de tendance du cancer colloïde aux métastases est loin d'être aussi constante qu'on Ta dit, car il n'est pas rare de trouver de nombreux cancers secondaires dans les cas de cancer colloïde, et, d'un autre côté, les tumeurs secondaires sont loin d'être fréquentes dans le cancer à cellules cylindriques de l'estomac et de l'intestin.
8° La bénignité du cancer colloïde qui se manifeste par la rareté relative des dépôts secondaires, par sa marche lente, etc., est la conséquence de la destruction des cellules cancéreuses par métamorphose muqueuse, ainsi que de l'atrophie du stroma et surtout des vaisseaux.
On n'observe que très-rarement la calcification des cellules cancéreuses : elle n'existe ordinairement que sur quelques points isolés, parfois cependant elle envahit presque en totalité de gros nodules cancéreux, de façon à leur donner la consistance de la pierre. Quand elle est peu prononcée, elle se combine souvent avec l'atrophie simple et la métamorphose graisseuse des cellules cancéreuses. Il se forme alors une substance jaune grisâtre, semblable à du mortier, dans laquelle on trouve des cellules en voie d'atrophie simple ou de métamorphose adipeuse, des molécules de graisse et de chaux et des cristaux de cho lesté ri ne (voy. p. 507).
C'est surtout Y ossification du cancer qui présente de l'intérêt (cancer ostéoide) . Le plus souvent, c'est 4ans les cancers provenant du périoste qu'on la rencontre, mais parfois aussi dans les tumeurs métastatiques de ces derniers, par exemple dans les poumons, rare* ment dans d'autres organes. Elle atteint ordinairement le cancer ordinaire, rarement le cancer épithélial.
V œdème du cancer s'observe chez les hydropiques, ainsi que dans le cancer des extrémités et des organes internes en même temps qu'un œdème local. Les altérations qui en résultent ressemblent à celles qui se rencontrent dans d'autres parties œdématiées. Les cellules cancéreuses n'en éprouvent que les effets d une addition d'eau.
Les hémorrhagies se produisent principalement dans les fongus médullaires mous ettrès-vasculariscs, surtout dans ceux des parties extérieures, des reins, des glandes rétro-péritonéales et des os ; et leur degré de gravité est en rapport avec la quantité de sang épanchée et l'altération de la tumeur. De petites hémorrhagies se produisant dans
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une tumeur molle donnent au sue cancéreux une coloration rouireàtre. framboisée et parfois une consistance plus grande ; si elles surviennent dans des cancers durs, elles n'exercent aucune influence. Quan>l elles sont plus abondantes et plus étendues, la coagulation sanguine qui en résulte entraîne à sa suite diverses dégénérescences des cellules, spécialement l'atrophie simple et adipeuse. La matière colorante extravasée subit les altérations ordinaires, ainsi qu'on peut souvent le constater sur le stroma. Si répanchement est très-abondant, il se produit une véritable cavité hémorrhagique qui ren ferme du sanc et des débris du tissu. Ces cavités se dessèchent et déterminent la rétraction du cancer tout entier ; parfois elles donnent naissance à de> kystes ou bien elles occasionnent la fonte du cancer. — Les épanchements qui se produisent à la surface des carcinomes ulcérés de la peau et des muqueuses, ou bien sur les tumeurs villeuses , n'ont habituellement pour résultat local que l'écoulement du sang, mais ils exercent une influence marquée sur la santé générale.
Les hêmorrhnuie* sont dues, sans doute, en partie h la délicatesse originelle d'> vaisseaux du cancer, en partie à des ni»tainoq»ho>es subies par ces canaux.
Le ramollissement du cancer s'observe tantôt isolément , tantôt combiné avec la métamorphose graisseuse ou muqueuse des cellules du néoplasme ou avec la suppuration de celui-ci. Dans le premier cas, il se manifeste sous la forme d'une diminution de consistance des parties superficielles des cancers cutanés et muqueux ainsi que des parties centrales des tubercules cancéreux des parenchymes ; cette diminution de constance e>t ordinairement diffuse, rarement circonscrite. Kl le e^t due à une production de substance intercellulaire liquide et à une modilication patticulière des cellules cancéreuse. (.elles ci deviennent plus grosses et leur forme plus arrondie; la membrane cellulaire est moins apparente, plus mince et enfin disparaît complètement ; le contenu devient plus abondant et plus clair; le noyau reste normal, ou bien subit les mêmes altérations, quelquefois il tombe en atrophie simple ou graisseuse.
Le ramollissement aboutit Mirtout à la fonte et à l'ulcération «lu cancer.
Les troubles circulatoires constituent h cause principale du ramollissement conipre5>sion veineuse, thrombose, etc. l.
La suppuration est rare dans l'intérieur du cancer, plus fréquente à la surface. Tantôt elle est si peu prononcée qu'elle ne peut cire
constatée que par l'examen microscopique; tantôt si abondante qu'elle est appréciable à l'œil nu. Quelquefois elle est diffuse ; parfois, au contraire, elle donne naissance à des cavités semblables à des abcès ou à des kystes, par exemple dans le sein. Dans certains cas, la surface interne de ces kystes est recouverte de végétations semblables à des granulations.
Décomposition superficielle du cancer ; ulcère cancéreux. — Le cancer des organes membraniformes, spécialement de la peau et de la muqueuse digestive, s'ulcère après une durée plus ou moins prolongée.
Les caractères de l'ulcère cancéreux varient en partie suivant les organes. Le liquide ou sécrétion qui le recouvre, ressemble au suc cancéreux ordinaire, ou bien il est séreux, parfois séro-purulent , souvent coloré en rouge ou en brun par du sang, inodore ou bien doué d'une odeur pénétrante, fétide et adhérente aux doigts de l'observateur (sanie cancéreuse). Il contient souvent aussi des particules plus ou moins grosses de tissu cancéreux.
Le fond de l'ulcère présente une étendue et une configuration qui varient considérablement d'après le volume de la masse cancéreuse et d'après l'âge de l'ulcère. Il ressemble d'abord à une simple érosion du tissu cancéreux, laquelle augmente tous les jours en étendue et en profondeur ; dans d'autres cas, à côté de la première érosion, il s'en forme de nouvelles qui finissent ordinairement par se réunir. Finalement, l'ulcère offre une coloration grise, rougefttre, verdàtre ou noirâtre ; quelquefois il est uni ; ordinairement il présente des anfractuosités plus ou moins profondes et tout à (ait irrégulières ; il est mou ou friable. La coupe de l'ulcère et de ses bords possède la structure normale ou un peu ramollie du cancer ordinaire. En même temps que la masse cancéreuse se décompose, il se développe sur le fond de l'ulcère de nouvelles excroissances offrant plus ou moins manifestement la forme vi lieuse, et qui possèdent les caractères, soit des granulations luxuriantes, soit du cancer villeux. Ces masses se décomposent également au bout d'un temps plus ou moins long, et ordinairement en même temps que la couche caucéreuse contiguë : l'ulcère devient ainsi plus profond ; il augmente rapidement et il donne naissance à de nouvelles végétations.
C'est ordinairement pendant le cours de ces phénomènes qu'arrive la mort du malade. Dans d'autres cas, la décomposition de la masse cancéreuse l'emporte tellement sur son extension périphérique qu'on ne retrouve que des restes du néoplasme sur les bords de l'ulcère ou
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l)ien que ce dernier ressemble à un ulcère simple chronique, en voie de cicatrisation. 11 est très-douteux que la guérison complète puisse s'effectuer ainsi (voy. p. 503).
Los variétés d'aspect que peuvent encore présenter les ulcères cancéreux, dépendent en partie de substances qui s'y trouvent normalement ou accidentellement (suc gastrique, débris d'aliments, urine), <n partie de l'action des médicaments.
Il est un grand nombre de cas d'ulcère phagêdénique des parties extérieures ou de la matrice, qui ne sont que des ulcères cancéreux où la néoplasie est très-peu prononcée et même seulement appréciable au microscope.
Dans certains cas. la foute ne se produit pas seulement dans les parties carcinomateu<es, mais aussi dans les tissus voisins.
Les causes de la décomposition sont les suivantes : avant tout, la dissociation des tissus normaux par les ma»cs cellulaires de nouvelle formation, occasionnant l'agrandissement des anciennes alvéoles et la formation de. nouvelles; ensuite, la dégénérescence cancéreuse des couches superficielles du tissu entraînant h perte des couches épidermiques prolectrices et exposant ainsi le cancer à l'influence de l'air extérieur, des sécrétions muqueuses (surtout du suc gastrique), etc.
La fonte du cancer a pour conséquence de rétablir la lumière des points rétrécis, phénomène important surtout clans l'œsophage, Testomae et l'intestin ; d'éliminer des particules cancéreuses par les vomissements, les selles, la toux, etc. ; île perforer les membranes séreuses (avec phlegmasie consécutive I , les vaisseaux (donnant lieu à des hémorrhagies légères ou colossales et mortelles, par exemple dans l'aorte à la suite du cancer de l'œsophage), les organes creux contigus (produisant des fistules simples ou plus rarement multiples) ; d'amener le marasme par suite de l'écoulement continuel du suc cancéreux et des hémorrhatiies capillaires ou autres.
On désigne sou< le nom de cancer kystique, différentes formes de cancer d'aspect et d'origine variables :
1° Des cancers qui se développent dans des kystes, soit que la paroi du kvste devienne eareinomateuse, soit que des villosités cancéreuses de volume et de nature variables prennent naissance en même temps sur la surface interne de cette paroi ; ils se rencontrent principalement dans les ovaires, rarement dans le sein, les testicules et les os.
2" Des cancers dans lesquels, à la suite de la métamorphose muqueuse des cellules cancéreuses, il se forme des cavités cvstiformes ordinairement petites, mais atteignant parfois le volume d'une noix, remplies d'un liquide plus ou moins clairet muqueux : ces cavités sont d'abord irrégulièrement vi lieuses, plus tard les parois deviennent lisses comme celles d'un kyste; ils se rencontrent dans l'estomac, le foie, les poumons, les os, etc.
5° Des cancers qui occasionnent la transformation en kystes de certaines parties du tissu normal, par exemple des conduits galaotophores et des acini du sein de la femme.
4° Des carcinomes qui présentent une structure glandulaire et renferment des cavités remplies d'un liquide muqueux : cancroide avec kystes muqueux.
Dans certains cas, on trouve dans l'intérieur des gros tubercules cancéreux, surtout dans ceux du foie, des cavités plus ou moins grandes, irrégulièrement villeuses et remplies d'un liquide presque séreux ou très-faiblement muqueux. Les alvéoles y sont plus petites que dans les autres parties de la tumeur, et elles sont remplies de liquide seulement, ou bien renferment en outre quelques cellulos en voie d'atrophie ; le stroma est plus abondant, d'une structure fibrillaire moins apparente, et, parfois, tous les corpuscules conjonctifs y sont en voie de dégénérescence graisseuse très-avancée.
Les causes du cancer primitif ne diffèrent pas en somme de celles des autres néoplasmes. Nous renvoyons à ce que nous avons dit dans les généralités pour ce qui concerne les causes du cancer secondaire (voy. p. 576).
Il est très-probable que les vaisseaux lymphatiques et sanguins entraînent dans la circulation, non-seulement le liquide, mais encore les cellules du cancer primitif, lesquels provoquent le développement d'un cancer secondaire aux points où ils arrivant. Dans un grand nombre de cas, ces points sont en rapport avec la direction des vaisseaux sanguins et lymphatiques ; mais, parfois aussi, l'endroit ou se produit le cancer secondaire ne correspond nullement à la direction de ces vaisseaux. C'est surtout dans les grosses glandes, tels que le foie et les poumons, qu'on l'observe souvent.
Les preuves en faveur de ce mode de développement du cancer secondaire ou mé- (astatique se sont multipliées dans ces dernières années. Il a été positivement démontré, dans quelques cas, que des masses cancéreuses et en particulier des cellules, mises à découvert dans les vaisseaux sanguins, puis transportées par le courant en d'autres points de l'organisme, y ont déterminé la formation de cancers. Récemment, Schûppel (Arch. d. Heilk., 1868, IX, p. 587) a publié un cas de cancer secondaire du foie, tout à fait probant sous ce rapport. Jusqu'à présent, l'injection de suc cancéreux dans le système vasculaire d'animaux vivants n'a encore donné aucun résultat positif. Les expériences, faites sur ce sujet par Langenbeck, Lcbert et Follin, ne sont pas concluantes. 0. Wcber, au contraire (Chir. Erf., p. 289), ayant inoculé chex un chien et chex un chat une quantité considérable de substance encéphalolde, a vu se produire une prolifération de nature analogue, ce qui prouvait, peut-être, un développement direct des cellules inoculées. Les cellules renfermées dans les masses cancéreuses, qui se trouvent à l'étal libre dans les vaisseaux lymphatiques, sont toujours en voies d'atrophie simple ou de métamorphose graisseuse très-avancées.
La marche du cancer est presque toujours chronique ; le cancer . atrophique et certains cas de cancer épithélial des parties extérieures
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durent de nombreuses années, mais, en général, la durée du carcinome est de six mois à trois ans. Les grandes variations que présente la marche du carcinome dépendent surtout de la nature et de l'importance biologique de l'organe atteint, du volume, du nombre et de l'espèce des cancers ( la marche est d'autant plus rapide qu ils renferment plus de cellules et de vaisseaux) ; des métamorphoses que subit le néoplasme ( surtout les métamorphoses graisseuse et muqueuse), etc.
Il est rare de voir le cancer suivre une marche aiguë, analogue à celle de la tuberculose niiliaire aiguë (carcinose miliaire aigu,. Dan> ces cas, il existe habituellement un ancien cancer ; il est beaucoup plus rare encore d'observer le cancer aigu primitif. Les symptômes de cetle forme morbide sont une lièvre qui s'ajoute dans le premier cas aux symptômes. du cancer chronique, souvent des phénomènes cérébraux et pulmonaires graves, etc., entraînant la mort en quelques semaines. A l'autopsie, on trouve dans différents tissus et organes et parfois dans tous, surtout dans les membranes séreuses, parfois même dans les néoplasmes, un très-grand nombre de tumeurs cancéreuses très-petites ou atteignant môme le volume d'un pois, isolées ou corifluentcs, blanc grisâtre ou ronce çrisùtre; on constate en outre dans les séreuses les symptômes de l'inflammation.
Kohlor [I. c, p. 110 . — Piokiluii<k\ [Ishrb.. 1850, I, p. 255). — Demino (Srhueiz. Mmmtsrhr. f. priai. .Vty/., 1850. n° 07 i. — Bamberger {(Estr. Ztwhr. f. pruct. Heill;.. 1S57, n 8 et in. — Erichsni i Yiich. Arch., XXI, p. i05).
Altérations des parties de i organe exemptes de cancer. — Ces altérations sont antérieures ou consécutives au cancer; mais on ne peut pas toujours distinguer les unes des autres. Les principales altérations qui dépendent du cancer sont les suivantes : hypertrophie portant spécialement sur les parties musculeuses des organes tubuleux, situées derrière le cancer, lesquelles sont ordinairement dilatées (canal intestinal depuis l'œsophage jusqu'à l'anus; utérus, vessie) ; plus rarement hypertrophie glandulaire : atrophie atteignant surtout les ulandes ifoie, glandes lymphatiques, ovaires) : catarrhe aiçu ouchronique «le la muqueuse environnante ou bien de la muqueuse de l'organe tout entier, avec toutes ses conséquences; pigmentation, épaississemont, état mamelonné, ulcération, hémorrhagie, hydropisie fausse (utérus, reins, etc. ï: plu> rarement inflammation croupale ou diphthéritique ; pseudo-meinbrane> et adhérences des membranes séreuses produisant un plus grand nombre de symptômes que le cancer lui-iiiéim\
empêchant les perforations, etc. ; inflammation suppurative etseptique des membranes séreuses, consécutives au cancer local ou aux affections produites par le cancer (hydronéphrose, dilatation intestinale, etc.), mais ne présentant parfois aucun rapport appréciable avec le carcinome (péricardite) ; thrombose veineuse (à la suite de compression, de dégénérescence cancéreuse de la veine, du marasme). Souvent les parties épargnées par le cancer sont tout à fait normales (certains cas de cancer de l'estomac, des glandes, etc.).
Influence du cancer sur l'économie. — L'influence générale qu'exerce le cancer dépend du nombre et du volume des tumeurs, de leurs métamorphoses et surtout du siège qu'elles occupent. Il en résulte que la plupart des cancers, à leur début, et quelques-uns même jusqu'à la mort de l'individu, n'entraînent aucune conséquence générale appréciable. Les symptômes généraux et la mort sont amenés le plus souvent par le cancer primitif, lequel, dans quelques cas, ne subit que peu ou point d'altérations ; il agit alors par son volume, par son siège dans des organes importants (cerveau), en rétrécissant ou oblitérant des canaux indispensables à l'existence (œsophage, estomac), en comprimant des parties importantes (cerveau, moelle épimère supérieure) ou bien des veines, etc.
Plus souvent ce sont les métamorphoses du cancer qui entraînent les suites graves et la mort :
Ainsi le ramollissement sanieux et par suite l'anémie et la cachexie (parties extérieures, estomac, utérus);
Les hémorrhagies, très-considérables ou souvent répétées, surtout dans le cancer villeux (vessie, estomac, utérus) ;
La perforation des parties contiguës, surtout celle des grosses artères avec hémorrhagie mortelle (œsophage), celle des voies aériennes (cancer de l'œsophage) et des membranes séreuses (inflammation consécutive) ;
Dans certains cas moins communs, les conséquences graves sont dues à la production de cancers secondaires, petits et même miliaires, nombreux ou à développement rapide (carcinose aiguë) ;
Dans d'autres cas, elles sont dues à des maladies qui, comme renseigne l'expérience, surviennent fréquemment chez les cancéreux, et dont la cause est tantôt visible (thrombose veineuse, inflammation de séreuses contiguës), tantôt inappréciable (péricardite et endocardite, pneumonie, surtout dans le cancer de l'œsophage et de l'estomac, dysenterie, particulièrement dans le cancer de l'utérus, dégénérescence graisseuse du cœur, maladie de Bright) ;
Elles dépendent enfin d'affections qui sont sans rapport aucun avec le cancer (par exemple tuberculose pulmonaire) ; Ou bien elles se produisent d'une manière inconnue.