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XIII. NÉOPLASMES MIXTES

On pourrait donner le nom de néoplasmes mixtes à tous ceux qui se composent de plus d'un tissu, par exemple de tissu eonjonctif et de vaisseaux. 11 faudrait alors comprendre dans ce chapitre la plupart des néoplasmes que nous avons décrits et en particulier toutes les tumeurs. Ce nom peut aussi s'appliquer aux productions dans Ij composition desquelles entrent deux ou plusieurs des néoplasmes ou tumeurs composés, précédemment décrits. Toutefois, on rencontre encore certains doutes eu se plaçant à ce dernier point de vue ; ainsi, par exemple, 1° certains kystes proviennent non pas du néoplasme qui les renferme, mais de l'organe ou du tissu normal, comme c'est souvent le cas dans le sein ; w2" la grande richesse vasculaire d'une tumeur ne peut pas toujours être considérée comme une combinaison ; 5' ou ne peut appeler tumeur mixte une tumeur ou un tissu qui offre en même temps des degrés de développement différents ; i° enfin il est ordinairement impossible d'établir si deux ou plusieurs tissus se sont produits simultanément, ou bien s'ils procèdent les uns des autres.

Les tissus et les néoplasmes qui se combinent le plus souvent, sont les suivants :

1° Le tissu eonjonctif, ordinaire ou muqueux.

Ouand il existe en grande quantité, il rend la tumeur plus dure, ainsi qu'on le voit en comparant le sarcome cellulaire avec le sarcome libreux, le cancer mou avec le cancer dur (dans la plupart des casi.

Le tissu muqueux se rencontre dans diverses combinaisons que Ton ne connaît bien que depuis peu de temps, avec le tissu eonjonctif ordinaire, le tissu cartilagineux, le cancer, etc. Nous citerons spécialement le cancroïde muqueux (voy. p. 005).

2U Les vaisseaux qui, s'ils sont nombreux, donnent naissance à la dégénérescence téléangieetasique ou caverneuse du néoplasme (voy. p. 7)85).

5" Les kystes qui produisent le cystolibrome, le cystolipome, le CYstosarcome, le cvstoadéuome, le cvstoenchondrome et le evstoearcinoine. Autrefois on donnait le nom de cystosarcome à la plupart do ces tumeurs et on comprenait en même temps sous cette dénomination, les cystomes simples et les tumeurs accompagnées de productif

de kystes dans le tissu mère, etc., surtout* celles du sein et des glandes salivaires.

Toutefois les autres tissus et les autres néoplasmes peuvent également se combiner, comme le démontre du reste la description que nous avons donnée de chaque tissu.

C'est peut-être ici que se rapporte la maladie perlée de* bœuf*, que Ton peut considérer comme étaut une combinaison du sarcome avec le tubercule.

J'ai décrit dans les Arch. d. Heilk. T, p. 315, deux tumeurs particulières des reins, consistant dans une combinaison du cancer, du sarcome et de la tumeur glandulaire.

Il existe également des formes mixtes de sarcome et de carcinome, c'est-à-dire des tumeurs dont certaines parties sont sarcomateuses et d'autres carcinomateuses (sarcome carcinomaieux). Dans les cas de cette espèce que l'on observe surtout dans les tumeurs mélaniques, les éléments sarcomateux déjà développés peuvent ?c transformer en éléments cancéreux ou les produire ; mais ordinairement les deux espèces d'éléments procèdent du lissu primitif; le sarcome et le carcinome se développent parallèlement comme deux branches d'une même souche. (Virchow, Die krkh. Gescliw.,\\, p. 181.)

Enfin, il faut encore noter les tumeurs qui se composent d'une grande quantité de tissus analogues ou différents. Les enchondromes et les kystes dermoïdes nous offrent des exemples de tissus correspondants se produisant simultanément. Mais nous devons remarquer surtout les cas où l'on trouve, par exemple, dans la même tumeur toutes les variétés et tous les degrés de développement du tissu conjonclif, tissus osseux et cartilagineux, vaisseaux, substance musculaire, tissu eutané, kystes, etc., parfois même du tissu sarcomateux et du tissu cancéreux. Ces néoplasmes mixtes paraissent se produire dans tous les tissus et tous les organes ; ils sont surtout fréquents dans certaines glandes, spécialement dans les glandes salivaires (parotide, sousmaxillaire et les environs : combinaison d'enchondrome, de sarcome, et de myxome^, dans les glandes génitales (testicules et ovaires), dans les mamelles, etc.

Au reste les néoplasmes mixtes possèdent les propriétés des tissu* qui les composent. L'influence qu'ils exercent sur les parties environnantes et sur l'économie ne dépend pas de la multiplicité des tissus qui existent dans chaque cas, mais surtout de la richesse en cellules de chacun de ces tissus (structure sarcomateuse et carcinomateuse)*

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