‹ Nouveaux éléments de pathologie généraleChapitre 99 sur 102 · KYSTES · texte numérisé non relu

KYSTES

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52* NOtYEU'X ÉLÉMENTS DE PATHOLOGIE GÉNÉRALE.

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On donne le nom de kyste à une tumeur formée d'un sac fibreux clos, d'un revêtement épithélial el d'un contenu plus ou moins liquide.

II en résulte que l'on ne doit pas comprendre parmi les kyslcs les lacunes du tis>u conjonclif remplies d'un liquide séreux, les membranes kystifonnes qui entourent les corps étrangers et les parasites, et les tumeurs analogues aux kystes formées par le tissu muqueux.

Les kystes ne constituent que rarement des néoplasmes dès leur commencement : généralement ils se produisent par l'accumulation d'un liquide (transsudat, sécrétion, mucus, exsudât) dans des cavités naturelles ou de nouvelle formation (hyyrome). Ils touchent ainsi d'un côté aux hydropisies (l'hydroeèle, le spina bifida, l'hydrocéphalie), et d'un autre côté aux inflammations (certains cas d'hydrocèle et de ramollissement cérébral) et aux métamorphoses (par exemple la métamorphose muqueuse des glandes labiales, les dégénérescences colloïdes de la glande thyroïde).

Toutefois dans la plupart des cas, l'accumulation anormale du liquide se complique d'un développement de la paroi du kyste sous l'influence d'une néoplasic de tissu conjonctif, de vaisseaux et souvent aussi de cellules épilhéliales. C'est ce fait qui, en même temps que la pratique d'ailleurs, autorise à considérer les kystes comme des néoplashies.

Les kystes sont fréquents et se rencontrent dans tous les organes et tissus.

D'après leur mode de développement on distingue :

1. — Kysles résultant de la transformation de cavités normales.

Ouand le kyste commence à se former, la cavité malade peut ne contenir qu'un liquide presque indifférent (sérum, mucus), qui ne

subit que de légères altérations par la transformation de cette cavité en kyste ; dans d'autres cas, elle renferme une sécrétion spécifique, par exemple du lait, de la bile, de l'urine, etc., et à mesure que le kyste se développe, cette sécrétion diminue, puis disparaît complètement, et le liquide kystique est sécrété par les vaisseaux ou bien formé par les cellules épithéliales.

a. Kystes dus à la dilatation de sacs séreux ou muqueux normaux, plus ou moins bien clos : par exemple l'hydropisie des bourses muqueuses du tissu conjonctif sous cutané, spécialement de la bourse prérotulienne ; des muscles, des gaines tendineuses (ganglions, hygroma, tumeur synoviale, spécialement au dos et à la paume de la main, au dos du pied) ; l'hydropisie des gaines synoviales (ganglions synoviaux ou hydrocèle articulaire), de la bourse muqueuse souslinguale et l'hydrocèlc vaginale. Il faut également comprendre ici les kystes qui se forment dans les anciens sacs de hernie (hydrocèle herniaire).

b. Kystes qui résultent de la distension de follicules clos accompagnés ordinairement d'hypertrophie de la paroi folliculaire et consécutifs à l'hypertrophie ou à la métamorphose muqueuse des cellules épithéliales : cette distension s'observe dans les follicules de Graaf où elle produit la plupart des kystes de l'ovaire si importants dans la pratique, dans le corpus luteum, dans les follicules de la glande thyroïde, dans les follicujes solitaires de l'intestin, dans les corpuscules de Malpighi des reins, etc.

Klein (Virch. Arch.f XXXVII, p. 504) a démontré que certains kystes des reins sont dus a la dégénérescence des capsules de Bowman. Ces capsules renfermaient des masses gélatineuses de volume variable, dans lesquelles on trouvait des granulations graisseuses, divers cristaux, des molécules calcaires et des bbles de cholestérine. Les circonvolutions vasculaires étaient en voie de régression plus ou moins avancée, et leurs noyaux étaient souvent multipliés.

c. Kystes produits par la transformation de canaux muqueux : ils sont souvent la conséquence de catarrhes avec rétrécissement ou oblitération consécutive des conduits excréteurs, ou bien de l'oblitération de ces derniers par du mucus épaissi, par des calculs, des cicatrices, etc. 11 faut comprendre ici les hydropisies enkystées ou fausses ; l'hydropisie de la vésicule biliaire, l'hydromètre, l'hydropisie des trompes, de l'appendice vermiculaire, des reins et les bronchiectasies enkystées. Tous ces kystes renferment d'abord la sécrétion normale, mais plus tard ils n'en contiennent plus aucune trace ; on n'y trouve qu'un liquide séreux ou séro-muqueux ; l'épithélium cylindrique se couver-

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tit en épitliélium pavimeiitoiix ; la muqueuse acquiert de la ressemblance avec une uieinljrane séreuse.

(L Kystes dépendant de F oblitération, accompagnée dune accumulation de séorétion, etc., des conduits excréteurs des glandes, do leur> canaux et même des acini (kystes par rétention). Les causes sont : mit compression extérieure, le rétrécissement par des corps étranger-, (calculs, etc.,) et rinllammalion suivie de production cicatricielle: parfois les causes sont inconnues. Nous mentionnerons ici les conudons, le miliuui et rathérome de la surface du corps, lesquels résultent dune accumulation de la sécrétion des follicules sébacés ou pileux ou bien des uns et des autres à la fois ; les atliéromes ([dus rares do h muqueuse buccale et palatine ; les kystes muqueux (ou hydatiuYs des glandes muqueuses, surtout de celles de l'utérus, de l'estomac. du colon, de la vessie, des voies urinaires de la femme, de l'autre d'Higmore, du larynx, etc., les k\sles des conduits biliaires; ensuitt certains kystes du sein, dt^ ulandes salivaires, surtout de la sou>maxillaire (grenouillette), des glandes des lïartbolin, des glandes de (lowper de la femme, des glandes à suc gastrique, du testicule, uY> reins, surtout des pyramides ; enfin les kystes (très-rares) de la caduque vraie. Pour ce qui concerne la transformation du contenu glandulaire primitif et des cellules épitliéliales, nous renvoyons au paragraphe c.

e. Kystes prenant naissancealuns les oryanes du fœtus par arrêt <k développement : les kystes du cordon (restes du processus vaginal . ceux des trompes et du ligament large, (re>tes du parovaire, du corps et du canal de Wollf, du canal de Millier. ; les hydatides de Morga.ju: dans le testicule ; peut-être aussi les ky>tes de Tépididynie, ainsi «incertains ky-tes de la surface «lu foie dans le voisinage du liganieu suspeuseur ; renfermant constamment de répitliélium vibratîle, ; lu kv>tes séreux congénitaux ou hvuroines du tissu cellulaire du coud du sacrum.

Los kystes du cormnrn. «rn-'iit du o>rd<<u, auxquels on donne souvent le nui'.. d'hxdrocèl»' enk\>t»''e du cordon >pennatii|iie. piocèdout sans doute du corps uwiniuè (GirnldrM i|iii est un iv>te 'in »orp- de YVollf et l'analogue de l'organe de R'>- >cuuunler clic/ la Inum» . — Il luit not«T ici les k\>tes très-rares de l'ounip. provenant du d- U'iuppeut» nt de-'dilaîation> persistante^ si.smIo ou p--.uculec>. <kU bien du développement de parties de l'oura pie reiL'es cunaiiculées. (LuscLka, w Vircli. .1/y/i., Wlll, p. 1.)

/'. Kystes par dépression (un grand nombre de kystes dennoïdes). Certains kystes demandes sous-cutanés et certains athéromes se pro-

duisent par une simple dépression de la peau et par la séparation des masses épidermiques qui doivent former les follicules pileux. D'après cela, on doit considérer les athéromes comme résultant d'un arrêt de développement des follicules pileux. Pour les tumeurs dermoïdes éloignées de la peau, il faut prendre en considération l'occlusion des cavités du corps se produisant pendant la vie fœtale.

La présence de tumeurs dermoïdes dans l'ovaire s'explique par le fait que les conduits des reins primitifs et des organes sexuels se détachent du feuillet germinatif supérieur et non du feuillet moyen, comme on l'avait admis jusqu'à présent. (J\is.,Arch. f. microtcop. Anatom., 1865, I,p. 451.)

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