CHAPITRE II
PREMIERE CLASSE. — APPAREILS IMPROVISÉS. - RELÈVE- MENT, TRANSPORT ET COUCHAGE DES BLESSÉS ATTEINTS DE FRACTURE.
Sur le lieu de l’accident, le chirurgien, n’ayant pas généralement les moyens d’appliquer un appareil contentif régulier, ne doit pas insister sur les manœuvres de réduction si elles présentent quelques difficultés : il se contentera d’immobiliser.le membre le moins mal possible, souvent par-dessus les vêtements, de manière à éviter au blessé les mouvements qui pourraient se produire dans le foyer de la fracture et à atténuer ainsi les souffrances pendant le transport.
§ 1. — Immobilisation improvisée
■a. iMEMBRE SUPÉRIEUR
1° Avant-bras. — L’immobilisation est des plus simples et s’obtient en plaçant l’avant-bras fléchi dans le plein d’une petite ou moyenne écharpe fabriquée avec un mouchoir, une serviette, ou une cravate, qui doit aussi soutenir la main. On peut, à défaut d’écharpe, découdre ou fendre la manche de la chemise ou de l’habit et fixer les bords de cette gouttière improvisée sur le devant du vêtement à l’aide de quelques épingles.
Des fragments de store, de gouttière de toiture, de paillasson ou de grillage de serres, un segment d’écorce fraîche de saule ou de peuplier, etc., etc., placés autour
APPAREILS A FRACTURES
du membre en forme de gouttière ou d’attelles et main- I tenus par des bouts de ficelle, fourniront un excellent I appareil improvisé ; favant-bras sera ensuite soit sus- P pendu dans une écharpe, soit soutenu par la main [du il; côté sain. i.
2^^ Bras. — Quel que soit le moyen d’immobilisation em- ii ployé, le bras doit être fixé contre 'le thorax. L’avant- '
Fig. 210. — Immobilisation improvisée d’une fracture du bras.
bras, fléchi à angle droit, est placé dans une écharpe, tandis qu’une large cravate enserre le bras et la poitrine comme un bandage de corps (fig. 210). On peut encore utiliser le procédé suivant, indiqué par Delorme : le vêtement (redingote, veston, tunique, etc.) étant déboutonné de haut en bas jusqu’à la hauteur de la main, on engage avec les plus grandes précautions, sans secousses, la main et le poignet dans l’écartement ainsi produit, puis on les assujettit enjioutonnant à nouveau l’habit; le bras