IMMOBILISATION IMPROVISÉE
sera ensuite fixé contre la poitrine comme ci-dessus. De même, en disposant l’avant-bras fléchi sur le devant du thorax et en relevant en gouttière le pan du vêtement • que l’on fixe avec quelques épingles, on constitue une sorte d’écharpe qui supporte assez bien le membre.
b. MEMBRE INFÉRIEUR
L’immobilisation est ici plus difficile à résoudre et demande toute l’attention du chirurgien. En règle générale, il ne faut jamais faire transporter un blessé de cette catégorie, sans avoir préalablement immobilisé le membre fracturé. Les moyens d’immobilisation sont nombreux, très variés, et le plus souvent ôn devra s’inspirer des circonstances pour utiliser les objets, à portée, les mieux appropriés au but cherché.
1° Jambe. — xV défaut de tout autre moyen, on peut se contenter de rapprocher la jambe brisée du membre sain servant d’attelle et de les fixer ensemble avec des mouchoirs, cravates ou courroies dont l’une embrasse à la fois dans un bandage croisé les pieds et la partie inférieure des jambes, et dont les autres entoureront les membres au-dessus et au-dessous des genoux. Ce procédé employé seul est des plus insuffisants ; la contention sera bien plus efficace si Ton a préalablement disposé autour de la jambe une ou deux attelles improvisées.
Les écorces d’arbres, de petites branches reliées parallèlement entre elles par des cordelettes, des morceaux de store, de grillage de serre, des fragments de gouttière de toiture, de paillassons, etc., fourniront de bons moyens d’immobilisation, surtout si on les matelasse avec quelques pièces de linge ou bien avec de la mousse, des feuilles, des attelles de paille, etc. Chez le soldat, on trouve dans les pièces d’armement et d’équipement le matériel nécessaire : le fourreau de sabre ou de baïonnette servira d’attelle en interposant entre lui et le membre un mouchoir replié en plusieurs doubles ou des tresses de paille : les courroies du sac, la cravate ou la ceinture, constitueront les liens contentifs. On n’oubliera pas de fixer le membre blessé contre le membre sain et de soutenir le pied à angle droit au moyen d’une
PETITE CHIRURGIE, 6® édit.
APPAREILS A FRACTURES
courroie ou d’une compresse placée en étrier ; les lacs seront glissés sous le membre sans le soulever.
Une couverture de moyenne grandeur, un manteau employés d’après le mode suivant décrit par Tourainne constituent un procédé d’immobilisation provisoire supérieur à ceux qui viennent d’être indiqués : étendre la couverture et la doubler dans le sens de sa longueur de manière qu’elle puisse dépasser le pied de 15 centim. environ et remonter au-dessus du genou. Enrouler ensuite dans chacun des bords latéraux, en serrant autant que possible, un bâton, un fourreau de sabre, de manière que son extrémité inférieure reste distante de 15 centim. du bord inférieur de la couverture ; les deux rouleaux ainsi formés doivent arriver à se joindre vers le milieu de la couverture. L’appareil ainsi préparé est retourné sens dessus dessous et glissé par un aide sous le membre qui est soulevé et maintenu par le chirurgien : la ligne médiane longitudinale doit correspondre à l’axe du membre et le talon doit venir tomber à 15 centim. plus haut que le bord inférieur de la couverture. Le membre est reposé dans cette sorte de gouttière dont on déroule un peu les bords latéraux pour les adapter convenablement le long des faces interne ou externe de la jambe. Avec deux liens quelconques, on fixe l’appareil au-dessous du genou et au-dessus des malléoles, et la portion de couverture qui dépasse l’extrémité inférieure de la jambe est ramenée sur les cotés et sous la plante du pied pour les encadrer et les immobiliser; cette extrémité de la couverture est liée circulairement avec une petite corde ou fixée par des épingles. Cet appareil peut s’appliquer soit par-dessus le pantalon, soit mieux sur le membre à nu après réduction de la fracture (fig. 211).
2*^ Cuisse. — L’immobilisation s’obtient par des moyens analogues à ceux qui viennent d’ètre décrits, seulement les attelles improvisées devront arriver au-dessus de ia crête iliaque pour pouvoir être fixées autour du bassin. La couverture, roulée d’après le procédé de Tourainne, sera employée de préférence. Chez le soldat, le fusil, le sabre, fourniront des attelles résistantes, en glissant entre eux et le membre un matelassage quelconque presque toujours indispensable ; si l’on emploie le fusil, il