RELÈVEMENT ET TRANSPORT DES BLESSÉS
faut s’assurer qu’il n’est pas chargé et le fixer avec le levier en dehors et la crosse en haut contre le thorax. Le membre malade sera toujours lié au membre sain.
Les fractures des os du tronc et de la face ne nécessitent pas absolument une immobilisation provisoire ; pour
Fig. 211. — Immobilisation du membre inférieur au moyen d’une couverture , (procédé Tourainne).
le tronc, on se contentera de placer une large serviette en bandage de corps ; pour la face, un simple mouchoir suffira.
§ IL — Relèvement, transport couchage
Les blessés atteints de fracture du membre supérieur sont le plus souvent capables de se relever seuls et de se transporter à pied ou en voiture dans le lieu où ils pourront recevoir les soins définitifs nécessaires à leur blessure.
Pour relever un blessé ayant une fracture du membre inférieur, le chirurgien dispose ses aides comme il a été dit (voy. p. 169), soutient lui-même le membre brisé et donne le signal de l’action, afin d’éviter tout mouvement irrégulier et toute secousse douloureuse.
Lorsque la fracture siège sur la colonne vertébrale, la manière la plus pratique de relever le blessé est de glisser sous lui une couverture, un drap solide, de façon à former un hamac dont les côtés sont saisis par les aides (v. aussi page 169).
Le transport en brancard est le meilleur ; le blessé y sera déposé avec soin, et on calera latéralement le mem-
APPAREILS A FRACTURES
bre fracturé pour assurer une immobilité complète. « Les porteurs, dit Malgaigne, doiventêtre, autant que possible, de la même taille, sinon on met le plus grand du côté des pieds, afin que le poids du corps ne porte pas sur le membre fracturé ; » ils marcheront en rompant le pas, c’est-à-dire que celui qui est en tète partira du pied droit, l’autre du pied gauche, et ne devront pas faire de grands pas afin d’éviter toute secousse au blessé ; dans un escalier, les membres inférieurs passeront les premiers si l’on monte, les derniers si l’on descend.
Un exemple de brancard improvisé a été donné par P. Pott qui, s’étant brisé la jambe, se fit transporter sur une porte sous laquelle furent cloués deux bâtons : une large échelle recouverte de planches peut rendre le même service ; avec deux perches, des traverses et de la toile à sac, on pourra facilement improviser un brancard.
Letransport en voiture, pour des blessés n’ayantqu’une immobilisation provisoire, est déplorable ; si l’on est obligé d’y avoir recours, on fera disposer sur le plancher de la voiture un lit de fagots de bois bien serrés les uns contre les autres et recouverts d’une épaisse couche de paille et d’un matelas. Quant au transport en chemin de fer, en temps ordinaire, pour un blessé isolé, il ne se prête à aucune considération particulière, à condition de bien immobiliser le membre dans un appareil rigide.
Couchage. — Le lit qui va recevoir le blessé doit être absolument découvert, garni d’alèzes, modérément large, accessible de tous côtés et posséder un matelas résistant ; pour les fractures des membres inférieurs, de la cuisse en particulier, il est d’une bonne pratique de glisser une planche sous le matelas : la tête ne sera pas trop élevée, un simple traversin suffit.
Le blessé étant reposé sur le lit, on retire d’abord son appareil provisoire s’il est disposé par-dessus les vêtements, puis on le déshabille. Lorsque la fracture siège au membre supérieur, on le fait asseoir sur son séant et on enlève ses habits en commençant par la manche du côté sain ; passant ensuite au membre blessé, le chirurgien soutient la fracture et retire doucement la manche de ce côté, que l’on découd même si la gravité du cas l’exige. Pour le membre inférieur, on procède de même.