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LINGES CHARGÉS DE PLATRE SEC

peut se servir aussi des appareils décrits pour rouler les bandes silicatées.

Pour faire un appareil, on trempe la bande roulée

Fig. 253. — Appareil à rouler les bandes j)lâlrées, de \Vjwod/,olT (d’après Esmarcli).

dans de l’eau, tiède de préférence, pendant environ un quart de minute, et on l’exprime pour la pénétrer de liquide et en chasser l’air; on l’applique ensuite sans serrer, comme une bande roulée ordinaire, mais il est nécessaire de mouiller avec un linge ou une éponge les

Fig. 254. — Planchette d'Esmarch pour plâtrer les bandes.

tours au fur et à mesure de leur application. On lisse le bandage une fois terminé, comme il a été dit à propos des gouttières. Le plus souvent on met préalablement sur la peau une bande de flanelle. On peut encore avoir des modèles de gouttières chargées de plâtre sec et qu’on applique d’après les mêmes règles.

Pour rendre un appareil plâtré circulaire immédiatement amovible, Wibin (1901) opère comme il suit. Toutes les saillies os-

seuses du membre à immobiliser étant recouvertes d’une mince couche de coton, on enroule sur lui une bande de coton modérément serrée. Sur cette bande, on place une longue sonde cannelée en aluminium (au besoin plusieurs sondes posées bout à bout) dans la direction de la ligne projetée pour la section (le long du bord externe de la crête tibiale à la jambe). Par-dessus cette sonde maintenue en place par un aide, on enroule une première couche de bandes plâtrées mouillées dans l’eau tiède. Ensuite, de chaque côté de la saillie formée par l’instrument, on applique sur toute la longueur de l’appareil et parallèlement à l’axe du membre, une bande plâtrée déroulée. Ces deux bandes longitudinales limitent la ligne suivant laquelle on incisera le plâtre et elles servent aussi et surtout à maintenir la cohésion des bandes pendant l’incision. Ceci fait, au moyen de ciseaux ou d’un bistouri, on sectionne la première couche plâtrée sur la sonde cannelée, puis on dégage cette dernière en la soulevant légèrement, et on la recouvre d'une deuxième couche de tours circulaires plâtrés sur laquelle on étend, de chaque côté de la sonde, comme précédemment, deux autres tronçons longitudinaux de bande plâtrée. On procède à une nouvelle section sur la sonde, puis au dégagement de celle-ci et à l’application d’une troisième couche plâtrée qu’on sectionne de la même façon, etc.

, Appréciation. — Malgré l’engouement d’un grand nombre de chirurgiens étrangers, surtout en Allemagne, pour ces appareils enveloppants dans les cas de fracture, nous ne saurions les recommander, en raison des accidents graves qu’ils ont maintes fois occasionnés. Un appareil de ce genre appliqué sur une fracture récente, surtout si elle est compliquée, peut déterminer de la gangrène par compression, lorsqu’il survient du gonflement ; le fait a été signalé ; d’un autre côté, lorsque le membre tuméfié au moment de l'application vient à diminuer de volume, les fragments remuent et se déplacent. Pour ce dernier motif, on doit formellement les proscrire dans les fractures épiphysaires avec déplacement à surveiller. De même, ils sont contreindiqués chez les enfants, qui les salissent très rapidement, ce qui en nécessite un renouvellement répété, toujours pénible.

En raison de la faible quantité de plâtre que renferment les bandes, ces appareils durcissent moins rapidement que les autres, se détériorent et s’imprègnent plus facilement des sécrétions.

On les réservera pour immobiliser les membres, soit sur la fin du traitement d'une fracture pour protéger simplement un cal déjà formé, soit dans les cas d’arthrite en pratiquant une large fenêtre au niveau de farticulation. Ce mode d’emploi des

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