CHOIX D’UN APPAREIL
Si la fracture s’accompagne d’un 'gonflement considérable, ce qui est surtout le cas pour les fractures directes produites par une grande violence, les appareils plâtrés, fermés ou en gouttières, ne nous semblent pas devoir être appliqués de suite, à cause des risques de gangrène ; on serait obligé le plus souvent de les retirer ou de les renouveler au bout de peu de temps, non sans difficulté ni sans peine. On mettra alors le membre soit dans une gouttière en treillis métallique ou en zinc bien matelassée, soit dans un scultet ou dans un appareil à attelles ; si un des fragments tend à perforer la peau, on n’entourera pas le membre avec des bandelettes séparées, mais on usera de certains artifices décrits à propos de chaque fracture. La gouttière plâtrée ne sera employée que lorsque toute crainte aura disparu et que le gonflement aura diminué, c’est-à-dire vers le o® ou le jour.
Contre le chevauchement considérable des fragments impossible à empêcher avec les appareils contentifs quels qu’ils soient, enjoindra l’application de l’extension continue.
Pour les fractures de cuisse, on emploiera l’extension continue dès le début.
Vers la fin d’une fracture, lorsque le cal est formé, mais est encore peu solide, on appliquera un appareil inamovible léger, fait avec du silicate de potasse ou du plâtre, pour permettre au blessé de se lever sans s’exposer aux chances d’une nouvelle fracture.
2® Fractures exposées. — La condition essentielle d’un appareil destiné à une fracture compliquée de plaie est de permettre l’emploi des pansements antiseptiques et leur renouvellement. C’est assez dire que les appareils inamovibles fermés et même fenètrés doivent être rejetés, les pansements devant envelopper toute la circonférence du membre. P. Bruns et Volkmann, qui ne sont pas très partisans des appareils fermés dans ce genre de fracture, les regardent cependant comme indispensables si le blessé est très agité et est atteint de délirium tremens : la gouttière d’Hergott enveloppant la moitié du membre sera alors préférée.
En régie générale, tant que la plaie nécessite un renouvellement fréquent du pansement ou tant que l’antisepsie
APPAREILS A FRACTURES
n’a pas été obtenue, on doit se servir d’attelles ou de gouttières peu larges, en carton, feutre plastique, plâtre, zinc ou toile métallique ‘qu’on appliquera sur le pansement antiseptique. On les protégera contre les sécrétions abondantes en les imperméabilisant ou en les enveloppant de gutta-percha laminée ou de taffetas gommé, et on évitera de les faire passer sur la blessure elle-même. Nous avons étudié ailleurs les excellents appareils proposés par A. Guérin ; les attelles-gouttières de Bœckel, les gouttières de Raoul t-Deslongchamps, de Champenois, de Delorme, les appareils de Hogden, les appareils en plâtre armé, etc., rendront aussi des services précieux. Les gouttières et les attelles plâtrées peuvent cependant se combiner avec le pansement antiseptique et être alors appliquées directement sur le membre, ce qui est un grand avantage pour le blessé. Dans ce cas, on préparera la bouillie plâtrée avec une solution de sublimé â 4 p. 1000, pour empêcher la putréfaction des liquides qui viendraient â imprégner l’appareil ; le pansement enveloppe ensuite la plaie, l’appareil et le membre.
Dans le cas de fracture avec grande plaie, on a utilisé â l’étranger les appareils plâtrés interrompus, reliés par des liteaux ou des arcs métalliques, que nous avons décrits plus haut. Ces appareils sont longs â appliquer, ne facilitent pas beaucoup les pansements, et nous leur préférons ceux dont nous venons de parler.
Souvent on se trouvera bien de combiner la suspension avec les appareils contentifs.
Lorsque la plaie est en voie de guérison, le foyer aseptique, on se conformera â ce qui a été dit au sujet des fractures simples.
§ II. — Appareils pour le traxsport des blessés