‹ Nouveaux éléments de petite chirurgieChapitre 151 sur 331 · APPAREILS POUR LE TRANSPORT · texte numérisé non relu

APPAREILS POUR LE TRANSPORT

but, jadis, D. Larrey proposa et employa le premier les appareils inamovibles et occlusifs ; il fut imité par Bégin, et plus tard les Allemands utilisèrent le plâtre dans les guerres de Schleswig-Holstein, d’Autriche (Bohème, 1866) et de 1870-1871. Ces derniers usèrent largement de l’appareil plâtré fermé et n’en furent pas toujours très satisfaits, car chez eux les chirurgiens les plus éminents se sont partagés en deux camps au sujet de leur emploi. Esmarch, Volkman, Pirogoff, Billroth, Neudôrfer, se sont prononcés en sa faveur, etNeudôrfer, qui l’appliquaitdès le premierjour,a prétendu qu’aucun autre appareil ne pouvait le remplacer ; par contre, Stromeyer le repousse â cause de ses graves inconvénients, et v. Bruns, Beck, v. Langenbeck, n’en sont que des partisans assez peu résolus. Legouesta parfaitement indiqué les causes de cette divergence d’opinions. Ces appareils, dit-il en substance, outre que leur application demande une grande dextérité de la part du chirurgien et absorbe beaucoup de temps, exposent souvent â de grands dangers ; ils s’opposent au gonflement possible et peuvent déterminer la production d’accidents graves pouvant aller du phlegmon diffus jusqu’à la gangrène. Spillmann est aussi du même avis. Ces reproches ont été maintes fois vérifiés ; pendant la dernière guerre russo-turque, Watraczewski, à la suite de cas de gangrène survenus sous des appareils plâtrés fermés, s’est déclaré leur ennemi en principe. Notre opinion est conforme â celle de ces derniers chirurgiens, parce que, malgré remploi des procédés antiseptiques pour une fracture compliquée par arme à feu^ même peu esquilleuse, on n’est jamais sûr, dans les conditions de la pratique de guerre, au milieu de l’encombrement d’une ambulance pendant un combat, d’obtenir une asepsie absolue, et que, par conséquent, appliquer alors un appareil plcitré fermé, occlusif, c’est exposer le blessé à de grands dangers. Ce n’est pas sans une véritable appréhension que nous voyons des hommes comme Bergmann poser en principe l’occlusion immédiate antiseptique des plaies avec adjonction d’un bandage plâtré fermé : quelques heureux résultats isolés ne peuvent pas édifier encore une semblable loi, qui nous paraît des plus dangereuses entre des mains peu expérimentées.

APPAREILS A FRACTURES

ün appareil de transport, la fracture étant bien entendu antiseptiquement nettoyée et pansée, doit immobiliser \ absolument les fragments, être facile à préparer, présen- i ter de la résistance et de la solidité pour ne pas courir le 1 risque d’être brisé par les chocs ou détérioré par la i pluie, pouvoir être relâché facilement par le blessé lui- ! même ou par un aide s’il survient des douleurs vives : dues à la production d’un gonflement inflammatoire, ou < être conçu de telle sorte que le gonflement puisse se produire sous lui sans danger de gangrène. Les appareils qui nous semblent le mieux remplir ces conditions sont:

P les gouttières en zinc laminé de Raoult-Deslongchamps, I de Champenois et de Delorme, les attelles en zinc estampé de Guillery ; 2“ les appareils en toile métallique, quoique d’une manipulation plus difficile que les précédents ;

3® les gouttières en plâtre armé, les gouttières en carton imperméable de Merchie, moins solides que les appareils ci-dessus. Quant au pansement ouaté d’A. Guérin, combiné avec l’emploi de l’asepsie ou de l’antisepsie, il constitue en même temps un véritable et excellent appareil de contention et de transport, surtout avec l’adjonction d’une ou de deux attelles en zinc, mais il offre l’inconvé- . nient assez sérieux d’exiger beaucoup de temps, beaucoup de ouate et de bandes et une grande habitude d’application.

Parmi d’autres bons appareils de transport, nous signalerons ceux en rotang de Mooy, si légers et si peu encom- , brants. A la rigueur on pourra appliquer une gouttière j plâtrée faite avec soin, et protégée par du taffetas gommé • â défaut de moyens.d’imperméabilisation.

Lorsque le blessé est installé dans un lit d’hôpital, on ' se trouve alors dans les conditions du temps de paix, sur lesquelles il est inutile de revenir.

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