APPAREILS POUR LES FRACTURES DES MEMBRES
- MEMBRE SUPÉRIEUR § I. — Fractures des os de la main
1*^ Fractures des phalanges. — a. Fractures simples. — Bien qu’elles ne soient pas généralement accompagnées de déplacement, il faut surveiller la consolidation, qui parfois a de la tendance à se faire d’une façon vicieuse, si l’appareil employé n’immobilise pas parfaitement les fragments.
Lorsque la fracture siège sur le corps de la deuxième ou de la troisième phalange, on met le doigt en extension et on applique soit deux petites attelles en bois, en carton ou en aluminium, une dorsale et une palmaire, garnies de coton, ne dépassant pas en haut l’articulation métacarpo-phalangienne, et fixées avec des bandelettes de diachylon, soit une petite gouttière palmaire plâtrée ou en gutta-percha maintenue de la même manière. Dans les cas où une déviation a de la tendance à se produire
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latéralement, les attelles seront disposées sur les faces latérales du doigt; on peut, pour plus de sûreté, fixer le doigt aux deux doigts voisins avec une bande de, toile ou de tarlatane.
Si, au lieu de siéger sur le corps de Pos, la fracture se trouve près d’une des articulations inter-phalangiennes, il faut, pour éviter des raideurs articulaires, suivre le conseil d’A. Paré, et mettre le doigt un peu fléchi dans toutes ses articulations : on y parvient facilement avec une gouttière plâtrée ou en gutta-percha (fig. 266).
Fig. 26G. — Goullicre en gutta-pei’cha pour fracture des doigts (Hamilton).
Fig. 267. — Palette digitée pour fractures multiples des doigts.
Dans les fractures de la première phalange, on immobilisera l’articulation phalango-métacarpienne. Malgaigne indique de mettre le doigt en position moyenne, d’appliquer à la face palmaire une petite compresse longuette (ou du coton) sur laquelle on dispose une attelle solide en carton, fléchie au niveau de l’articulation, et remontant jusqu’au creux de la main. Nous avons employé, dans ces cas, uiie sorte de ï en tarlatane plâtrée, la branche verticale du ï formait la gouttière palmaire, tandis que la branche transversale venait entourer la main en arrière de la tête des quatre derniers métacarpiens. Pour le pouce, on moule tout autour de lui une gouttière plâtrée ou en zinc qui se prolonge le long de la face externe du métacarpien, et se termine par une branche transversale entourant le poignet. La palette digitée convient aux fractures multiples (fig. 267).
b. Fractures exposées. — Dans ces fractures, toujours accompagnées de déplacement, dès que la période inflammatoire est passée, on doit vérifier les rapports des fragments et recourir aux attelles pour les mettre en bonne position, le doigt étant légèrement fléchi. Dans un cas de section incomplète de trois doigts par une scie circulaire, la consolidation se faisant attendre trop long- ! temps, nous avons disposé un linge plâtré formant une ' palette digitée, chaque digitation entourant le doigt cor- ; respondant comme une gouttière ; la base de la palette se I fixait circulairement au poignet; la guérison fut rapide.
! Pour toutes ces fractures exposées, en raison du temps ' assez long exigé pour la consolidation, les doigts seront , placés dans la position de flexion moyenne, la plus favo- ! rable au blessé, en vue d’une ankylosé possible. Lossen I se contente de fixer le doigt aux doigts voisins, dans la flexion, par des bandelettes de diachylon.
I 2° Fractures des métacarpiens. — Le déplacement, qui ; existe surtout dans les fractures indirectes, consiste en june saillie dorsale, formée par le fragment inférieur. La ! réduction obtenue, on applique sur la face palmaire,
I quelquefois sur la face dorsale, soit une attelle en carton, garnie de coton, soit une attelle en gutta-percha ou plà- : trée un peu plus large que le diamètre transversal de la I main pour éviter la pression latérale des bandelettes I fixatrices ; la palette palmaire en bois, matelassée de
I ouate recouverte de taffetas gommé suivant la circonstance, suffit dans un cértain nombre de cas, surtout si Ton joint à son action celle d’une couche de coton placée au niveau de la saillie dorsale de la fracture, et sur ! laquelle passeront les liens fixateurs.
Malgaigne employait des compresses épaisses, l’une à :1a face dorsale pour refouler en avant le fragment inférieur, l’autre à la face palmaire pour repousser en arrière le fragment supérieur, et les recouvrait de deux larges I attelles transversales rapprochées fortement à l’aide de I bandelettes de diachylon. On sait que Lisfranc disposait I sur les espaces interosseux voisins de l’os fracturé, à la |face palmaire, des compresses graduées ou des attelles Ipour compenser la pression des bandes sur le bord de la
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main, pression qu’on évite avec une attelle plus large que la main.
L’extension continue peut être appliquée à ces fractures au moyen de bandelettes de diachylon fixées sur les doigts, et dans l’anse desquelles passe un tube élastique qui se recourbe sur le bord antérieur de la palette et vient s’arrêter sur la face palmaire de celle-ci ; nous n’avons qu’une médiocre confiance dans le procédé.
3® Fractures des os du carpe. — Immobiliser la main et le poignet sur la palette ordinaire garnie d’une épaisse couche d’ouate ; si le gonflement est peu marqué, employer un appareil silicaté ou plâtré laissant les doigts libres.
§ II. — Fractures de l’avant-bras A. — Fractures du radius