III. — Fractures de rolécrûue
Leur lieu d’élection est la base de l’os ; les fragments sont écartés, et le fragment supérieur a de la tendance à basculer en ; arrière. ’ \
La position à donner au membre pour l'application d’un appareil a soulevé de grandes discussions; les opinions se partageaient entre la demi-flexion, la flexion légère et l’extension complète ; actuellement la flexion légère et l’extension sont les seules méthodes employées. A. Cooper, Desault, Malgaigne, Hamilton, Follin et Duplay, Poulet et Bousquet sont partisans J déclarés de l’extension, qui est la méthode de choix et facilite le ■ rapprochement des fragments et n’expose pas plus que les autres procédés à l’ankylose. Tillaux conseille la flexion si le déplacement est peu marqué, 1 extension modérée dans le cas contraire.
Lorsqu’on emploie l'extension, il faut commencer à masser et ' à mobiliser le membre dès le 6* jour (Hamilton) en maintenant ^ l’olécràne fixé; après chaque séance on remet en place l’appa- j
FRACTURES DE L’OLÉCRANE
reil. Le massage ne doit pas être négligé. La suture a été employée avec de bons résultats.
a. MÉTHODE DE l’eXTENSION Appareil de Malgaigne.
Le membre étant complètement étendu, appliquer à la face antérieure une attelle matelassée de ouate, puis placer le plein d’une bandelette de diachylon sur le bord supérieur de l’olécrâne et ramener les chefs en avant pour les
Fig. 275. — Appareil de Malgaigne (fracture de l’olécrâne).
fixer sur l’attelle; si l’olécrâne a de la tendance à basculer en arrière, on met en outre une bandelette circulaire, étroite, dont le plein passe sur le milieu du fragment déplacé. Les extrémités de l’attelle sont fixées par une bande ou par des bandelettes adhésives (fig. 275).
Cet appareil est excellent et permet une surveillance constante du membre. Guillemin a proposé de remplacer la bandelette de diachylon par un lacs élastique; peut-être cette pression élastique constante serait-elle difficile à supporter. Si le diachylon détermine de l’irritation, on interposera un peu de ouate entre lui et les téguments.
Une attelle antérieure en plâtre ou en gutta-percha peut remplacer l’attelle en bois.
2° Appareil d’Hamilton
Choisir une attelle de bois mince et léger, assez longue, pour aller du poignet à 8 ou 10 centimètres de l’épaule, large comme le plus grand diamètre du membre et sur laquelle on pratique à 8 centimètres au-dessous de l’olé-
APPAREILS A FRACTURES
crâne une encoche de chaque côté. Cette attelle, matelassée avec une épaisse couche de crin ou de ouate recouverte d’une étoffe souple de coton, est placée sur la face antérieure du membre et maintenue par un bandage roulé qui commence à la main et s’arrête aux encoches; à partir de là, la bande est conduite en haut et en arrière au-dessus de l’olécrâne et ramenée ensuite sur le côté opposé de l’attelle, à un point correspondant à son point de départ; on exécute un deuxième tour oblique audessus de l’olécrâne et on fait descendre peu à peu la bande, en rendant chacun de ses tours moins oblique que le précédent et en le ramenant toujours dans une des encoches jusqu’à ce que toute la face postérieure du membre soit recouverte. On termine alors en remontant par des tours circulaires qui recouvrent la partie supérieure du membre jusqu’au-dessus de l’extrémité de l’attelle.
On aura soin, avant que la bande arrive au niveau du coude, de refouler l’olécrâne en bas, et de disposer, partie au-dessus de l’apophyse, et partie sur elle, une compresse pliée en plusieurs doubles et mouillée pour qu’elle ne glisse pas.
S’il vient à se produire un gonflement considérable, desserrer le bandage.
Cet appareil, en raison de la largeur de l’attelle, empêche la bande de gêner la circulation du membre, mais il ne nous paraît pas supérieur à celui si simple de Malgaigne.
b. MÉTHODE DE LA FLEXION MODÉRÉE
Appareil de Nélaton.
Appliquer sur la partie postérieure du coude plusieurs compresses graduées et disposées en forme d’un coin dont la base corresponde au sommet de l’olécrâne, les fixer par quelques tours de bande; placer ensuite, sur l’avant-bras et le bras en flexion légère, une bande roulée sèche, puis, par-dessus une bande enduite de silicate ou des attelles de carton ramollies dans l’eau et fixées à l’aide d’une bande amidonnée ou silicatée (fig. 276). Une attelle plâtrée antérieure sera préférable au silicate et aux attelles en carton.
FRACTURES DE L’OLÉCRANE 425
L’usage de cet appareil, dit Nélaton, doit être continué de 40 à 50 jours, mais, pendant ce temps, il est nécessaire de le fendre longitudinalement pour visiter le membre et imprimer quelques
Fig. 276. — Appareil de Nélaton (fracture de l’olécràne).
mouvements au coude afin d’éviter l’extrême rigidité^qul' succéderait à une immobilisation prolongée. Gosselin dans ses cliniques se déclare partisan de cette méthode.