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SUTURES SÈCHES

les crochets et par une tension appropriée rapproche les lèvres de la plaie en attirant l’une vers l’autre les deux séries d’agralès ; ou bien on relie seulement et successivement par un fil les agrafes disposées vis-à-vis l’une de l’autre (lig. 13). Ce procédé est susceptible de donner d’excellents résultats lorsque les sutures sanglantes sont contre-indiquées ; il peut aussi servir de renforcement à ces dernières, surtout dans les autoplasties, pour aider

Fig. 12. — Agrafe fix6e par des Fig. 13. — Suture de Layet.

bandelettes collodionnées.

à maintenir rapprochés des lambeaux fortement tendus. Il est en outre applicable à toutes les régions du corps, y compris le cuir chevelu.

Schürmayer a proposé de réunir, par des crochets fabriqués extemporanément avec des morceaux de fils de platine, les extrémités de bandelettes de sparadrap caoutchouté collées autour du membre. Les extrémités de ces bandelettes doivent s’arrêter à une distance suffisante des bords de la plaie pour permettre la traction nécessaire à l’accolement exact de ces bords et l’application d’un pansement aseptique ou antiseptique (fig. 14).

4^ Sutures élastiques. — Dans la suture à agrafes, en remplaçant le cordonnet de soie ou de coton par un fil

PANSEMENTS

élastique en caoutchouc, on obtient une suture dite élastique.

Vogel conseille de se servir de bandelettes de diachylon près du bord desquelles on perce de petites bouton-

nières qui reçoivent des doubles boutons de chemise ; les boutons sont reliés d’un côté à l’autre de la plaie par des fils élastiques.

II. Sninres saiiglautcs. — Les fils de catgut, la soie, le crin de Florence, le crin de cheval, les fils d’argent sont les matériaux généralement utilisés. Le catgut et la soie sont réservés aux sutures profondes; le crin de Florence, le crin de cheval, sont prétérés pour les sutures superficielles. La soie a ses indications particulières dans le cas où les tissus sont peu résistants, car elle ne les coupe pas comme les fils précédents, mais elle est parfois mal tolérée. Pour les os, préférer les fils d’argent et de platine.

SUTURES SANGLANTES

Les instruments qui servent à introduire les fils sont fort variés : aiguilles à sutures de formes diverses (fig. 15), aiguilles à chas à

ressort (fig. 16), aiguille de Keverdin (fig. 17), de V. Bruns, de Lamblin, l’aiguille tubulée de Startin, etc. (Voy. les traités de médecine opératoire.) On employait encore fréquemment, il y a quelques années, des épingles

particulières dites à insectes, pour l’application de la suture entortillée, presque abandonnée aujourd’hui, peut-être à tort, car les matériaux sont des plus faciles à stériliser.

La description des différentes sutures, si variées dans leur exécution suivant les organes auxquels elles s’adressent, est du ressort des traités de médecine opératoire.

Nous devons nous ])orner à mentionner les sutures les plus simples destinées aux solutions de continuité superficielles : la suture

Fig. 17.

Aiguille (1 Reverclin

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entrecoupée, la suture entortillée et la suture à agrafes de Michel.

P Suture entrecoupée. — Elle s’exécute à l’aide de fils et d’aiguilles à suture. Si l’on se sert d’aiguilles à suture ordinaires ou d’aiguilles à coudre, on s’aidera, pour les faire pénétrer dans les tissus, soit d’un porte-aiguille spécial (fig. 18), soit d’une pince à forcipressure qui saisira l’aiguille en avant de son chas pour ne pas la briser; on peut encore tenir l’aiguille entre le pouce et l’index.

Fig. 18. — Pince j)orle-aiguillc de Mathieu.

L’aiguille, année de son fil et solidement fixée par un des moyens précédents, est enfoncée de dehors en dedans dans l’épaisseur de la peau à 1 demi-centimètre ou 1 centimètre d’une des lèvres de la plaie tendue soit entre les doigts d’un aide, soit avec deux pinces, soit avec une pince spéciale à mors doubles ; on commence généralement par l’un des angles. Conduite dans l’épaisseur des téguments jusqii’au-dessous de la face profonde de la peau, elle traverse la plaie et pénètre dans la face cruentée de l’autre bord pour venir sortir, de dedans en dehors, à un centimètre ou un demi-centimètre de ce bord. Pour faciliter la sortie de l’aiguille, on déprime, avec les extrémités d’une pince à dissection légèrement entr’ouverte, la peau autour de la saillie que fait la pointe de l’aiguille en cherchant à traverser les tissus ; on a aussi inventé dans ce but des instruments spéciaux. Lorsque tous les fils sont placés, on en saisit les chefs entre le pouce et l’index de chaque main, en commençant en général par un des angles de la plaie, on les noue (nœud de chirurgien) ou on les tord l’un sur l’autre (fils d’argent) de manière que le*nœud se trouve sur un des côtés de la

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ligne de réunion et non sur elle (fig. 19), puis on coupe les bouts au ras du nœud. Les aiguilles de Reverdin et de Lamblin sont plus commodes pour les grandes solutions de continuité et les plaies a lambeaux.

Pour enlever les sutures, on soulève un peu le fil avec une pince à mors fins et on le coupe près de son nœud ;

Fig. 19. — Suture en'recoupée (Clnlol).

puis on le retire avec précaution à l’aide de la pince, en maintenant avec un doigt les lèvres de la plaie afin de les empêcher d’ètre tiraillées.

2*^ Suture entortillée. — Il faut, pour l’appliquer, des épingles à insectes, une pince à verrou ou à pansement

Fig. 20. — Suture entortillée (Chalot).

à cran d’arrêt avec rainure spéciale sur les mors, et^des fils de soie.

L’épingle, fixée par la pince, est introduite comme il a été dit pour les aiguilles, en commençant par le point où la réunion semble le plus nécessaire ; on la maintient en

PET. CHIRURGIE, G® édit.

sa

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place provisoirement à l’aide d’un fil disposé en anneau. Lorsque toutes les épingles sont placées, on en coupe la tête et la pointe avec des ciseaux ordinaires ou la cisaille coupe-net. On applique ensuite le fil en engageant en anse sa partie moyenne sous les extrémités de l’épingle ; puis les chefs sont alternativement croisés sur la plaie et conduits sous les bouts de l’épingle de manière à décrire un huit de chiffre (fig. 20) et enfin noués l’un à l’autre; chaque épingle doit être fixée par un fil indépendant.

Suture à agrafes, de Michel. — Le procédé découle un peu de la serre-fine et peut être comparé à l’agrafage des angles des boîtes de carton.

Les agrafes sont de petites lames de nickel pur de 2 millimètres et demi de large dont les extrémités sont enroulées sur eHes-mêmes en boucle, de façon à former deux sortes de petits œillets terminaux portant chacun une petite pointa fine de 1 millimètre de longueur (fig. 22) ; la longueur totale de Tagrafe est de 1 centimètre. Elles sont enfilées par 24 dans une double broche en forme d’épingle à cheveux.

Pour leur application, Michel a imaginé deux instruments ; l’un, simple, est une pince à griffes du modèle ordinaire qui f)ré-

sente une légère modification consistant en une petite excavation en arrière des griffes pour recevoir la boucle de l’agrafe (fig. 21).

L’autre (fig. 22) est automatique : c’est le revolver à agrafes ou machine à coudre la peau. Ce revolver se compose d’une pince, d'un magasin et d’un dispositif permettant d’amener automatiquement, au moment voulu, les agrafes entre les mors. La pince présente, en arrière des griffes, un évidement pour le passage de l'extrémité du magasin. La branche droite porte une glissière où circule le magasin. Sur la branche gauche, une vis forme à la partie interne une butée réglable tandis qu’à la partie externe une touche élastique réservée au pouce se prolonge par une tige traversant la branche jusqu'à la partie interne. Le magasin ou réservoir sè compose de deux lames maintenues pa-

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rallèles par un pont ; entre elles sont logées les agrafes ; près de l’extrémité de la pince, les lames se recourbent. Ce canal fermé peut s’ouvrir en avant par une petite porte ou écluse maintenue par un ressort. Ce magasin coulisse sur la branche droite et peut contenir 48 agrafes qui entrent par l’arrière à frottement dur ; on les introduira tout embrochées, puis on re-

Fig. 22. 1— Pince à revolver pour agrafes, de Michel.

tirera la broche. A la partie interne du magasin, un bras mobile tend par l’action d'un ressort à venir s’engager dans la butée de la branche gauche. Enfin, un ressort attire en arrière le magasin. Si on ouvre en grand la pince, le bras mobile s’engage dans la butée : en refermant la pince, le bras ne pouvant plus reculer fait avancer le magasin, une agrafe est saisie entre les mors et oppose une résistance à la fermeture de la pince, la touche élastique cède sous la pression du pouce, la tige dont elle est munie pousse le bras mobile et lui fait franchir la butée : le ressort de

Fig. 23. — Piuce à griffes ordinaire, armée du magasin.

rappel ramène alors le magasin en arrière. Si on rabat le bras mobile à l’aide de l’annulaire, on possède une pince pour l’affrontement.

Michel a fait aussi construire un magasin qui peut se monter sur n’importe quelle pince à griffes, ce qui est préférable poulie ])raticien et supprime l’emploi du revolver qui est d’un prix de revient élevé. Ce magasin se compose de deux lames parallèles entre lesquelles sont placées les agrafes ; deux ressorts en étrier permettent de le fixer sur une pince à griffes ordinaire (fig. 23).

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Il existe aussi une pince spéciale pour porter les agrafes avec toutes les orientations possibles clans les cavités ; bouche, vagin etc.

Application de la suture à agrafes, de Hlichel. — a)

Avec la pince simple . — Un aide affronte la peau avec deux pinces à griffes. Le chirurgien, avec la pince spéciale, prend sur la broche qu’il tient de la main gauche la première agrafe, la dégage, et, la mettant à cheval sur la plaie, serre modérément ; l’agrafe se plie en son milieu, les petites pointes qui pénètrent légèrement dans la peau empêchent le glissement, et l’affrontement définitif est assuré. On poursuit ainsi en plaçant les agrafes à une distance de 1 centimètre à 1 centimètre et demi.

Si le chirurgien opère seul, il lui sera très commode d’affronter les lèvres de la plaie avec une pince à griffes ordinaire tenue de la main gauche et armée du magasin spécial décrit plus haut; de la main droite il tient la pince spéciale avec laquelle il vient prendre une à une les agrafes sur le magasin. 11 peut aussi se servir de la pince revolver à agrafes qui donne le maximum de rapidité et de commodité.

b) Emploi de la pince revolver. — Dans la main gauche une pince à griffes ordinaire, dans la main droite le revolver tenu comme une plume à écrire, le pouce placé sur la touche qui lui est réservée. Avec l’annulaire, on repousse le bras mobile, et la pince sert d’abord à compléter l’affrontement, qu’on maintient ensuite avec la pince gauche. On ouvre alors en grand le revolver, on le referme progressivement, le magasin dépose une agrafe entre les mors qu’on maintient serrés pour qu’elle ne tombe pas, on la met à cheval sur la plaie contre la pince gauche et on serre un peu plus pour plier l’agrafe.

On reprend l’affrontement et ainsi de suite. En une minute au plus, on peut poser 12 à 15 agrafes.

Les agrafes seront laissées de cinq à sept jours; il sera bon quelquefois de les desserrer au bout de deux jours, et, si on fait plusieurs pansements, d’en enlever une sur deux vers le quatrième jour. Pour les retirer on peut employer un des moyens suivants : 1^^ les couper avec des ciseaux ; 2^^ les écarter avec deux pinces à pression pla-

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cées sur chacun des côtés de l’angle qu’on redresse par un mouvement de rotation des pinces; 3® saisir les boucles avec des pinces à griffes et tirer à droite et à gauche en évitant les échappées; 4° faire usage de petits crochets qu’on introduit dans les boucles de l’agrafe, puis on tire à droite et à gauche en dégageant une des pointes avant

Fig. — Pince pour enlever les agrafes, de Michel.

l’autre par un petit mouvement latéral combiné avec un mouvement de bascule ;■ 3® enfin se servir de la pince spéciale (fig. 24) qui porte un bec creusé d’une rainure dans laquelle pénètre une sorte de couteau mousse; on introduit le bec entre l’angle de l’agrafe et la peau et une pression recourbe l’agrafe en sens inverse sans le moindre tiraillement.

L’application de ce mode de suture est presque complètement indolore parce que la peau n’est pas traversée. L’asepsie de ces agrafes s’obtient avec la plus grande facilité en les portant au rouge ; elles peuvent servir plusieurs fois.

L’application ne présente de difficultés que dans les régions à peau épaisse (cuir chevelu, plante des pieds) ou à peau trop tendue (ablation du sein).

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ARTICLE V

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