IMMOBILISATION DANS LES ARTHRITES CERVICALES
L’immobilisation dans les arthrites des vertèbres eervicales et des premières dorsales est très difficile à obtenir, aussi se contente-t-on parfois de les traiter par Vextension horizontale pratiquée sur la tète, comme nous l’avons dit à propos des fractures. Cependant Sayre et d’autres chirurgiens ont recherché des moyens pratiques d’arriver à ce résultat, sans avoir recours aux divers appareils orthopédiques mécaniques, minerves et autres.
a. Procédé de Sayre. — Sayre ajoute à son corset une sorte de minerve (fig. 399) consistant en trois pièces de fer malléable dont la courbure s’adapte à celle de la partie supérieure du dos, qu’elles entourent comme trois demicercles; à ces pièces est fixée une tige de fer partant de leur milieu en arrière et s’élevant verticalement jusqu’à la partie supérieure de la tète, où elle se recourbe en avant vers le front; à l’extrémité de cette dernière portion recourbée est fixée une courroie qui va passer sous le menton.
b. Procédé de Falkson. — R. Falkson emploie la méthode suivante. On rase le patient et on lui coupe les cheveux, puis on le fait asseoir sur une table, et, afin de l’empècher de glisser, on l’y fixe par une cravate ou une bande qui passe dans le pli de l’aine et va s’attacher au-dessous des angles postérieurs de la table. Alors avec deux bandes de diachylon ou à l’emplâtre de céruse, larges de 4 à o centimètres, et longues de 40 cen-
timètres, on construit la fronde occipito-mentonnière de Furneaux-Jourdan déjà décrite page 564; dans l’anneau supérieur de cette fronde on engage le crochet de la moufle et on tire jusqu’à ce que le siège du patient ait abandonné la table. Nous ferons remarquer que cette suspension cervicale n’est applicable qu’aux enfants, et
que, chez l’adulte, on doit s’en abstenir et se contenter de mettre simplement l’appareil contentif. On n’applique aucun matelassage, sauf sur le devant du cou, si le larynx est très proéminent. Les bandes plâtrées sont alors trempées dans l’eau chaude et appliquées de manière à faire des croisés du cou, de la tète et de la poitrine, combinés pour recouvrir le cou, le menton, la tète, les épaules, la poitrine, et laisser les oreilles et la face libres; les entournures des aisselles seront tenues suffisamment] dégagées pour ne pas gêner les mouve-
ments des bras (fig. 400). L’appareil se termine en bas au-dessous des mamelons ou au niv^eau des épines iliaques. Si l’on a employé la suspension, on ne la relâchera que le bandage une fois sec, et on coupera alors les chefs de la fronde de diachylon au ras de la tète. Si c’est nécessaire, on incise l’appareil suivant les lignes ponctuées représentées sur la figure 400 et on y place des agrafes et des lacs, de manière à le rendre amovo-inamovible.
E. Fischer applique un appareil plâtré comme cidessus; après dessiccation, il l’incise, l’enlève avec soin et le referme eii le resserrant par l’addition de nouvelles bandes plâtrées; sur ce moule, il fait un appareil silicaté qui est ensuite garni des agrafes nécessaires, et appliqué sur le malade. ,
Lorenz (de Vienne) applique d’abord une bonne couche de ouate ordinaire, gommée sur l’une de ses faces, que l’on maintient avec une bande de calicot; il dispose alors des bandes plâtrées seulement sur le côté redressé. De ce côté, l’appareil doit être très épais et on le renforce avec des lamelles de bois flexible. Du côté de la tête, l’appareil sera allégé et on ne conserve qu’un diadème autour du froiit et de l’occiput.
Les abcès et les fistules constituent une contre-indication à l’emploi de ces moyens d’immobilisation de la colonne cervicale.