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II. — Caustiques salins : sels métalliques

r ]\itrate d’argeut. — 11 est employé, soit en solutions plus ou moins concentrées, soit fondu à lalingotière sous forme de crayons appelés communément « pierre infernale ».

Pour tailler un crayon de nitrate d’argent, T. Gobby recommande de faire d’abord avec une lime douce quatre pans dont ou abat ensuite les arêtes, de manière à obtenir un cône très pointu ; en prenant quelques précautions pour se protéger les doigts, on arrive aü même résultat en le taillant comme un crayon ordinaire. •

Avant de toucher une plaie avec le crayon, il faut préalablement la sécher si elle est humide, ou, si elle est sèche, humecter un peu le crayon. Lorsqu’on veut exciter simplement la formation des bourgeons charnus, on touche très légèrement la surface de la plaie, sans frotter; si au contraire on veut réprimer des bourgeons exubérants, il faut cautériser plus vigoureusement, appuyer un peu la pierre et la laisser quelques secondes en contact : dans tous les cas, on évitera de cautériser le limbe cicatriciel en formation sur les bords de la plaie.

Après s’ètre servi du crayon, on le sèche avec un peu de ouate ou un petit linge, afin d’éviter que l'humidité ne le désagrège.

Dans la cavité buccale ou vaginale, il est utile de faire suivre la cautérisation d’un lavage à l’eau fraîche pour atténuer la dou-

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leur; après les cautérisations de la conjonctive oculaire avec les solutions, il est recommandé de faire un lavage ou un attouchement au pinceau avec de l’eau salée pour neutraliser l’excès de sel. On doit se rappeler que le nitrate d’argent produit sur les dents des taches fort longues à disparaître.

Nous avons souvent employé avec avantage pour la cautérisation des plaques muqueuses, surtout anales et vulvaires, un moyen recommandé par Thorel et qui abrège leur durée : après les avoir touchées à la pierre infernale, on y passe un crayon de zinc pur ; il se forme une petite escarre noire, et la douleur produite est assez vive, par suite de l’action énergique du nitrate de zinc naissant.

2“ IVitrate acide de mercure. — En raison de la puissance de ce caustique et pour se mettre à l’abri des accidents d’intoxication mercurielle, on ne doit pas cautériser tout à la fois une grande surface. Le liquide pur est appliqué avec un pinceau, un petit tampon de ouate ou l’extrémité d’une allumette taillée en biseau. On l’a utilisé dans les ulcères du col utérin, les loupes de la face et du cuir chevelu; c’est aussi le meilleur moyen de guérir rapidement les plaques muqueuses buccales et les végétations.

3« Sulfate de cuivre cristallisé. — Il s’emploie en cristaux purs ou en crayons mitigés de la même manière que la pierre infernale.

4“ Chlorure de zîuc. — Le chlorure de zinc n’agit que sur 'les surfaces dépouillées de leur épiderme ; c’est un caustique énergique, dont l’action est accompagnée d’une clouleur parfois assez longue.

On l’emploie, soit liquide, concentré ou déliquescent, soit sous forme de pâte de Canquoin ou de pâte â laguttape relia.

a. Chlorure de zinc concentré. — 11 est facile, en laissant le flacon ouvert, d’obtenir le sel déliquescent, concentré ; à la rigueur, quelques gouttes d’eau hâteront le résultat. On l'applique avec un pinceau, un tampon de ouate, un bout d’allumette taillé en biseau ; nous l’employons depuis de longues années contre les gingivites, surtout contre la gingivite mercurielle, en faisant glisser un bout d’allumette aminci entre la gencive et le collet des dents : ce caustique a 1 avantage de ne pas altérer l’émail

GALVANO-GAUSTIQUE GHIMIQUG; GLEGTROLYSE 0c9

des dents. Richet a employé le chlorure de zinc concentré, à la dose de quelques gouttes, en injections dans l’épaisseur des loupes, goitres, adénites, etc.

b. Pâte de Canquoin. — G’est un mélange de chlorure de zinc et de farine en proportions variables : la pâte n° 1, la plus employée, contient parties égales de chlorure et de farine de froment ; la pâte n° 2, 2 parties de farine, 1 partie de chlorure. En remplaçant une partie de farine par de la gomme arabicpie en poudre, on obtient des flèches caustiques plus faciles à préparer. On emploie aussi une pâte avec addition de chlorure d’antimoine : 2 parties de chlorure de zinc, 1 partie de chlorure d’antimoine et O parties de farine. Gette préparation est excellente pour agir sur les tumeurs végétantes.

c. Pâte à la gutta-percha. — Maunoury et Robiquet ont [)réparé cette pâte en mélangeant et faisant fondre le chlorure de zinc et la gutta-percha à parties égales; avant de s’en servir, on la trempe pendant quelques secondes dans Falcool.

La découverte de l’antisepsie a fait disparaître de la praticiue chirurgicale les pâtes au chlorure de zinc fort employées autrefois pour la destruction des tumeurs suivant la méthode de Maisonneuve.

Parmi les autres caustiques salins, nous mentionnerons encore le chlorure d'antimoine concentré, qui agit avec une grande puissance et détermine une réaction fort vive; il a été préconisé contre les morsures d’animaux venimeux et enragés ; le bichlorure de mercure en poudre, vanté contre la pustule maligne,

I IV. — GaLVANO-GAUSTIQUE CHIMIÜUE, ÉLEGTROLYSE

Le galvano-caustique chimique a reçu aussi les noms d’électrolyse, électro-puncture, galvano-puiicture, galvanolyse. Cependant E. Bœckel en sépare l’électrolyse, dont il considère l’action dissolvante comme un phénomène vital, dynamique : pour lui, le courant électrolytique modifie la nutrition des parties de telle façon que leurs éléments se dissolvent, subissent une évolution régressive et se résorbent facilement sans élimination des parties mortifiées. Cette manière de voir est trop absolue, car il n’y a pas de galvano-caustique chimique sans action électrolytique, et lorsqu’on cherche l’action électrolytique, seule, presque toujours l’action caustique se produit à un degré quelconque.

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La galvano-caiistique chimique est basée sur l’action chimique différente que les deux pôles de la pile exercent sur les tissus organiques. Le pôle positif dégage et attire les acides des tissus,

Fig. 414. — Batterie à courants continus, de Gaiffe (petit modèle)

d'où coagulation et escarre sèche et solide ; au pôle négatif se rendent les bases qui n’ont aucune propriété coagulante et produisent une escarre molle sans consistance. On voit de suite quel parti on a pu tirer de ces propriétés différentes : l’action coagulante du pôle positif a été utilisée dans les anévrismes, les tumeurs érectiles, l’action fluidifiante du pôle négatif a été

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appliquée au traitement des tumeurs, loupes, kystes, des rétrécissements de l’urètre, à l’épilation, etc. Quant à l’action électroly- Hque proprement dite, sans action caustique, elle est recherchée contre les collections liquides : hydrocèle, kystes séreux du foie, de l’ovaire : ici l’électricité, employée d’une certaine manière pour éviter l’action caustique, agirait en modifiant la composition du liquide et en excitant les propriétés absorbantes des vaisseaux périphériques, mais elle détermine aussi mécaniquement un

Fig. 415. — Couple de la pile de GailTe au bisulfate de mercure.

écoulement lent de liquide par l’orifice de la piqûre. On l'a encore employée contre les fibromes utérins et,^sans résultat, contre les névralgies.

lustrnnieuts et appareils. — Toutes les piles à courant continu peuvent être utilisées, à condition de donner une intensité dépassant facilement 50 milliampères. Généralement on se sert de piles en séries, à éléments de petite suçface. Aux piles, on préférera les accumulateurs électriques dans les villes où il sera possible de les faire recharger avec facilité.

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Les piles les plus employées sont celles de Gaiffe , de (ihardin, de Trouvé.

Pile de Gaiffe au bisulfate de mercure. — Elle est composée d’un nombre variable de couples (fig. 414). Chaque couple se compose d’un cylindre creux en charbon A (fig. 415) au centre duquel est fixé un zinc Z portant en haut et en bas une bague de caoutchouc 1 servant à éviter tout contact entre le zinc et le charbon du même couple. Le charbon et le zinc sont fixés sous le caisson du collecteur. Dans le petit modèle, le cylindre creux est remplacé par une baguette de charbon et le zinc est voisin au lieu d’être fixé au centre.

La solution de bisulfate de mercure se prépare en mélangeant 150 grammes de bisulfate avec 90 grammes d'acide sulfurique au soufre; on ajoute ensuite peu à peu un litre d’eau en agitant jusqu'à dissolution complète du sulfate. La liqueur est alors abandonnée à elle-même jusqu’à ce qu’elle refroidisse et ser clarifie. Les vases des couples sont remplis avec ce liquide jus- ([u’aii milieu de la lettre A G, gravée sur eux, bien essuyés extérieurement et replacés dans la batterie.

Des collecteurs rectilignes permettent de faire entrer dans le circuit les couples un à un ou deux à deux, ou un segment quelconque de la pile, ou la pile toute entière suivant l’intensité cherchée, et enfin de renverser graduellement le courant dans les excitateurs sans produire de choc volta'ique.

Un galvanomètre indique en milliampères la puissance du courant. Le rhéostat placé en résistance permet de faire varier séparément la tension et l’intensité du courant.

La batterie étant chargée, il suffit, pour la mettre en marche, de soulever le casier par la poignée et de le soutenir en place à l’aide du croisillon. Les excitateurs étant fixés par leurs conducteurs, l’un au pôle négatif N, l’autre au pôle positif P, et appliqués sur le malade, on fera glisser lentement le curseurducollecteiir de manière à augmenter graduellement le nombre des couples jusqu’à ce qu’on obtienne l’intensité voulue qui est indiquée par lé galvanomètre intercalé sur le trajet des fils.

La séance terminée, on ramène lentement le curseur, on détache les excitateurs et on redescend le casier 'aux verres au repos. Chaque fois que les excitateurs sont recouverts de toile, peau, amadou, il est nécessaire de les tremper pendant dix minutes environ dans l’eau avant l’opération.

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